Bibliothèque d’éducation nouvelle populaire

N°45 – avril-mai 1949

 

TECHNIQUES D’ILLUSTRATION

 

Editions de l’Ecole Moderne Française

 

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TECHNIQUES D'ILLUSTRATION

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En 1930, les « Editions de l'Imprimerie à l'Ecole » publiaient, sous le titre « Nos techniques d'illustration », une brochure de quelque soixante pages, dans laquelle étaient rassemblées les diverses techniques découvertes ou mises au point par des camarades pour la décoration des journaux scolaires, livres de vie, la reproduction des cartes géographiques, en un mot pour tout ce qui touchait à l'illustration. En voici la préface :

 

« La technique de l'Imprimerie à l'Ecole a dû se constituer d’après des procédés et avec un matériel originaux, qui n'ont que de lointains rapports avec la technique typographique actuelle. Nous avons dû, de même, étudier, découvrir et expérimenter des techniques d'illustrations qui nous permettent d'embellir et d'enrichir nos imprimés par des moyens d'une simplicité enfantine et avec un matériel plus que rudimentaire, à la portée de nos écoles les plus pauvres.

 

Avons-nous atteint notre but ? En partie, certainement - l'originalité moyenâgeuse de nos publications en est la preuve évidente. Mais en partie, seulement !

 

Cette brochure, recueil des divers articles publiés dans notre bulletin et mis à jour, apportera à tous nos adhérents, et aux nombreux camarades qui, chaque mois, se joignent à nous, toutes les indications et précisions actuellement possibles. Mais nous ne voudrions pas que cette publication marquât un arrêt des recherches dans ce sens. Cette brochure n'est qu'une étape. Par les efforts de tous, nous améliorerons encore nos techniques. Nous souhaitons que cet opuscule vous guide et vous encourage dans vos recherches. »

 

Depuis cette époque, ces diverses techniques ont été soumises à l’« épreuve du feu » et suivant les résultats obtenus, ont été abandonnées ou, au contraire, approfondies dans les milliers de laboratoires que sont pour la C.E.L. les écoles de France et, parfois, de l'étranger.

 

Les bricoleurs et spécialistes que sont les instituteurs, ont découvert de nouvelles techniques, amélioré les anciennes, confirmant ainsi ce qui était dit dans la brochure de 1930.

 

Nous avons voulu, dans cette nouvelle brochure, mettre en lumière le chemin parcouru dans ce domaine de l'illustration, redonnant les premières techniques, les complétant par celles mises au point depuis, afin que chacun y puise et, selon ses possibilités, ses goûts et ceux de ses élèves, utilise tel ou tel procédé.

 

Evidemment, ces techniques d'illustration ne se rapportent qu'aux journaux scolaires, aux livres de vie, ou tous autres documents polygraphiés.

 

Nous parlerons donc des moyens d'illustrations utilisant le limographe, le nardigraphe, la pâte à polycopier, pour en arriver à l'imprimerie, technique plus intéressante et outil pédagogique plus puissant.

 

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Le limographe

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Nous ne nous étendrons pas sur les possibilités de cet appareil à polygraphier, puisque la C.E.L. a publié, sous le n° 31 de sa collection des Brochures d'Education Nouvelle Populaire, une brochure complète sur la construction, le fonctionnement, les résultats obtenus grâce à cet outil simple : le limographe.

 

Nous signalerons seulement que, dorénavant, la C.E.L. est en mesure de livrer des « baudruches » qui remplacent les stencils onéreux. Ces baudruches, pour un prix de revient six fois moins élevé, donnent des reproductions identiques à celles données par le stencil (Prix actuel du limographe, C.E.L. 13,5x21, avec cello lime : 2.250 fr. ; avec lime bronze 2.500 fr.).

 

Le nardigraphe

 

Nous citerons, pour mémoire, l'article paru dans la brochure de 1930.

 

L’essentiel y est dit sur cet appareil qui, bien manié, donne des résultats parfaits.

 

Mais nous avons maintes fois parlé de sa manceuvre délicate, parce que demandant trop de minutie et, par conséquent, moins à la portée des enfants de nos classes :

 

Il se compose essentiellement d'une plaque de verre épais finement dépolie sur une face, d'un socle et d'un couvercle. La plaque de verre est encadrée par des réglettes clouées sur le socle en bois.

 

« Grâce à son double fond feutré et à ressorts, le couvercle presse fortement sur la plaque lorsqu'il est fermé. Des charnières, pareilles à celles des portes d'appartement, permettent de l'adapter au socle ou de l'en séparer instantanément.

 

« Le Nardigraphe possède, en outre, les accessoires suivants : un plateau encreur en fer-blanc, un rouleau encreur en caoutchouc, et un rouleau fouleur en caoutchouc également.

 

« Avec une encre spéciale, encre autographique à odeur d'ammoniaque caractéristique, nous écrivons ou dessinons sur une feuille de papier le texte ou le dessin à reproduire. Nous laissons sécher. Quand notre original est sec, nous versons sur la plaque de verre dépoli quelques gouttes d'un liquide nommé netto-sensibilisateur nous l'étendons avec un tampon de coton hydrophile sur toute la surface. Ensuite, nous appliquons 1'oriinal face écrite contre le verre, nous engageons le couvercle dans ses charnières, nous fermons : la feuille est alors pressée fortement sur la plaque et nous attendons. Le temps de contact varie avec le temps depuis lequel l'original est sec (une demi-minute pour un original sec depuis l'instant, une minute s'il est sec depuis une heure, une minute et demie de une heure à 4 heures, etc.) Le temps voulu écoulé nous ouvrons, nous retirons le couvercle nous ôtons l'original : rien sur la plaque. Nous versons alors sur notre verre quelques gouttes d'un deuxième liquide : le préservateur. Nous l'étendons avec un autre tampon de coton : rien n'apparaît. Nous prenons un troisième tampon de coton nous y déposons un peu d'encre d'imprimerie, gros comme un pois, et nous en frottons le verre dépoli : au bout de quelques secondes, des traits commencent à apparaître. En continuant à frotter nous apercevons le texte reproduit à l'envers qui se dessine peu à peu et qui se révèle à nos yeux comme une plaque photographique dans son bain. Ce cliché fait triste figure : le texte est bien là, mais il est barbouillé d'encre, voilà de grandes traînées noires. Nous saisissons alors le rouleau encreur, enduit d'encre d'imprimerie, et nous le promenons sur le cliché. Le voile disparaît, l'écriture seule subsiste, claire et nette dans ses moindres détails. Le cliché est prêt. L'opération a duré 8 ou 10 minutes.

 

« Nous appliquons alors une feuille de papier blanc sur le cliché, nous l'étalons du revers de la main et nous pressons avec le rouleau fouleur. Nous la retirons : elle est imprimée. Nous encrons à nouveau avec le rouleau encreur. L'encre ne se dépose que sur les traits du cliché et laisse vierges les blancs et le reste de la plaque dépolie. Une deuxième feuille un deuxième coup de rouleau presseur, et voilà la deuxième copie. Nous n'avons plus qu'à encrer et presser autant de fois que nous désirons d'exemplaires dix, vingt, cent, deux cents, six cents, à volonté.

 

« Lorsque nous voudrons reproduire un autre texte, nous verserons sur le cliché utilisé précédemment, quelques gouttes de netto-sensibilisateur. Le vieux cliché s'effacera sous le frottement du tampon de coton et la plaque de verre sera sensibilisée en même temps pour recevoir un nouvel original.

 

« Les documents manuscrits ne sont pas les seuls à pouvoir être reproduits. On peut aussi « nardigraphier » les textes tapés à la machine. On se sert pour cela des stencils ou feuilles de papier paraffiné sur lesquelles les caractères de la machine ont frappé à nu, sans l'intermédiaire du ruban encré. Le choc a perforé le papier, ce qui fait que l'on a obtenu un texte ajouré. Pour faire un cliché sur le verre, après avoir sensibilisé la plaque au netto-sensibilisateur, on place le stencil, endroit contre le verre, pardessus on pose un carton préalablement enduit d'encre autographique, on pose le couvercle, on ferme, et tout se passe comme avec un original ordinaire. L'encre dont le carton est imprégné agit à travers les ajourements du stencil et les caractères de la machine se reproduisent sur le verre.

 

« On peut aussi tirer des dessins en couleurs. Il suffit de faire un original pour chaque couleur : un pour les taches de rouge un pour les taches de jaune, un pour les taches de bleu, etc. Chacun d'eux ne doit porter que les parties du dessin qui doivent être teintées d'une même couleur. Le tirage polychrome est intéressant, mais il est long et assez difficile à bien réussir. Tous ces clichés successifs doivent, en fin de compte, coïncider et se juxtaposer exactement pour reconstituer le dessin, couleur après couleur sur les feuilles tirées. Très souvent on obtient des épreuves où le rouge, par exemple, est décalé d'un ou plusieurs m/m à droite ou à gauche ; où l'enfant qui lève les bras au ciel a les jambes à côté de son pantalon ou porte sa tête au bout de ses bras. C'est qu'il est très difficile de poser une feuille exactement entre deux repères, de premier coup, en la tenant par les deux coins inférieurs et sans pouvoir rectifier position si elle est défectueuse.

 

« Mais les dessins au trait d'une seule couleur n'exigent pas autant de précision dans le repérage et permettent un tirage accéléré.

 

« Pour une seule personne, l'ouvrage est assez long, mais a deux, une personne qui encre, l'autre qui tire, on arrive facilement à sortir 300 copies soignées, à l'heure. On peut atteindre le nombre de 400 et même le dépasser, mais alors le travail obtenu n'est pas impeccable. L'essentiel, si l'on veut faire vite et bien, c'est de n'avoir sur la table que les objets strictement nécessaires et de les disposer rationnellement, de façon à ne faire aucun geste inutile. - PLAN (Var). »

 

Aluminocopie

 

Dans le n°44 de « l'Education Nationale », sous la signature de notre camarade Legrand, à Janzé (Ille et Vilaine), paraissait un article nous donnant le secret, de la polycopie sur verre ou aluminocopie.

 

Cet article était repris dans « L'Educateur » n°7, du 1er janvier 1947. Nous nous contenterons de le reproduire à nouveau ici :

 

« L'aluminocopie est basée sur les principes chimiques suivants :

 

1° L'alun de potasse, en présence d'une base, donne un précipité d’alumine gélatineuse.

2° Cette alumine a la propriété, d'une part, d'adhérer très fortement au verre dépoli et, d'autre part, de retenir le benzoate de soude.

3° Ce benzoate de soude a le pouvoir ,de retenir les matières colorantes telles que l'encre d'imprimerie.

 

Ce procédé de polycopie est donc assez peu coûteux

 

Le matériel nécessaire est le suivant :

 

1° Une glace dépolie sur une face (épaisseur 4 m/m au minimum).

2° Une presse à copier (qui peut être remplacée par une lourde pile de livres).

3° Deux rouleaux de caoutchouc.

4° Un flacon d'encre de la composition suivante : bonne encre à stylo 150 c.c. ; carbonate de soude 20 gr., gomme arabique en poudre 10 gr.

5° Un flacon de sensibilisateur : alun de potasse 10 gr., eau 100 c.c., glycérine pure 100 c.c.

6° Un flacon contenant une solution de benzoate de soude.

7° De l'encre d'imprimerie.

 

PRATIQUE :

 

Ecrire le texte à l'encre carbonatée sur un papier de très bonne qualité. Lorsqu'il est sec, l'appliquer sur la plaque de verre préalablement frottée avec un tampon humecté du sensibilisateur et mettre sous presse une minute - davantage si le texte est sec depuis longtemps ,(Pour un texte de 4 à 5 jours : 15 minutes).

 

Après le pressage, frotter la plaque à aide d'un tampon d'ouate enduit de benzoate de soude. Frotter la plaque à l'aide d'un autre tampon d'ouate sur lequel on a déposé un peu d'encre d'imprimerie. Le texte apparaît à l'envers.

 

Encrer la plaque avec un des rouleaux, appliquer une feuille de papier non collé, (papier à duplicateur), passer le second rouleau et retirer.

 

Après tirage, laver la plaque au sensibilisateur. Si le texte ne s'en va pas, mettre un peu d'acide chlorhydrique. La plaque peut servir indéfiniment. »

 

A la suite de cet article, nombreux furent les camarades qui tentèrent d'utiliser ce procédé de reproduction. Les essais furent un succès pour certains un échec pour d'autres, et conduisirent à des mises au point, de nouvelles recherches qui, peu à peu, amenèrent les expérimentateurs à préciser l'emploi, la composition des produits le temps de pose, la qualité du papier, etc..

 

Voici donc les précisions obtenues :

 

Encre carbonatée : Certains colorants sont décomposés par le carbonate de soude. Il faut donc employer un colorant basique. On obtient de bons résultats avec la composition suivante :

 

Eau 20 gr., bleu de méthylène 5 gr., gomme arabique 15 gr., carbonate de soude 25 gr., un peu de glycérine.

 

Alun : L'alun se dissout mal dans l'eau calcaire. Prendre de l'eau de pluie. Mais attention ! L'alun ne se dissout pas à l'ébullition il se transforme.

 

Sensibilisateur : Eau 160 gr. , alun de potasse 10 gr., glycérine 50 gr., acide chlorhydrique 7 c.c., colorant méthylorange.

 

Mordant ou révélateur : Eau 50 gr., benzoate de soude 10 gr., glycérine 50 gr., colorant fluorescéine.

 

Encre autographique : Encre quelconque additionnée de bicarbonate de coude jusqu'à saturation 50 c.c., ammoniaque 2 c.c.

 

Autre formule : Encre de Chine en bâton (ou noir d'ivoire d'aquarelle) délayée dans une solution concentrée de bicarbonate, puis rendue légèrement ammoniacale.

 

Nettoyage de la plaque : Essence minérale de thérébenthine, puis acide chlorhydrique dans le cas où il reste des taches rebelles.

 

En somme, « le secret de l'obtention de beaux tirages réside, dans l'emploi d'une très bonne encre autographique, laquelle doit posséder les qualités suivantes :

- être fortement basique ;

- être très coulante et parfaitement homogène ;

- laisser une trace glacée en relief très net ;

- n'être absolument pas absorbée par le papier.

 

En effet, tous les, papiers ne conviennent pas pour établir l'original et, en particulier, il faut prescrire les papiers glacés dont la charge produit des taches sur le verre. »

 

Nous ferons à ce procédé le même reproche qu’au Nardigraphe : la minutie qu'il nécessite le rend impropre à la manipulation par des élèves.

 

(Pour plus de détails, voir les récents n° de L'Ecole Libératrice ».)

 

Pierre humide

 

Chacun connaît la simplicité de manipulation de ce moyen de reproduction, simplicité qui le met à la portée des enf ants.

 

Chacun connaît aussi ses possibilités du point de vue des tirages en couleurs par l'emploi d'encres diverses.

 

Nous reprocherons à cette technique sa pauvreté quant au tirage. On ne peut en effet, avec la pâte à polycopie, obtenir plus de 40 exemplaires nets, ce qui est insuffisant dans les classes à gros effectif et pratiquant la correspondance interscolaire.

 

Bleu d'architecte

 

C'est notre camarade Grisot qui donne, dans « L'Educateur », ce procédé simple, propre et peu coûteux pour la polycopie des documents ou de journaux scolaires.

 

Nous citerons ici son article donnant toutes les indications nécessaires pour l'emploi de cette méthode :

 

Matériel : Un rouleau de papier photographique Ozalid, une feuille de papier calque ; un châssis photographique du format des documents à reproduire ; un récipient en tôle (boîte à biscuits, vieil arrosoir), un flacon d'ammoniaque, de l'encre de Chine.

 

MODE D'EMPLOI :

 

Découper le papier photographique au format désiré, en chambre obscure ou demi-obscure. Le couvrir pour éviter qu'il soit impressionné ; préparer le cliché sur papier calque à l'encre de Chine ; exposer à la lumière solaire dans le châssis (endroit du cliché sur le recto du papier photographique) environ 10 secondes au soleil et 10 minutes -à l'ombre ; retirer du chassis et placer vos épreuves dans le récipient que vous fermerez après y avoir placé une soucoupe contenant quelques centimètres cubes d'ammoniaque.

 

Les vapeurs de ce produit feront apparaître tous les détails (durée : 10 minutes environ). Le grain, le fini, le fondu et les nuances dans le coloris s'obtiennent en tâtonnant un peu et suivant les temps d'exposition à la lumière et aux vapeurs.

 

Il existe du papier virant au violet, bistre, blanc, jaune, noir (prix 1947 : 300 fr. environ le rouleau de 20 m. x 1 m.)

 

On peut aussi exposer à la lumière électrique (temps variable suivant intensité lumineuse).

 

Illustrations par l'emploi du carton

 

L'EMPLOI DU CARTON POUR FOND DE COULEUR

 

Le carton permet d'illustrer les journaux et livres, et cela de différentes façons.

 

L'EMPLOI DU CARTON POUR FOND DE COULEUR

 

Procédé employé par les imprimeurs pour faire des fonds de couleur sur lesquels le texte est imprimé ensuite.

 

On peut obtenir, par ce procédé, de très jolis résultats.

 

LE CARTON REPOUSSÉ

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Nous tirons de « l'Educateur » ce procédé d'illustration.

 

But : Reproduire à, la presse d'imprimerie des dessins simples au trait, des cartes, des croquis, des titres calligraphiés.

 

Matériel : Du carton glacé, du genre de celui qui couvrait les gros cahiers avant guerre (2 à 3/10 de m/m. très rigide). Pour graver : une pointe à bout arrondi, au manche bien en main, une planche de bois tendre ou une feuille de carton épais.

 

Réalisation : Dessiner directement sur une face du carton, au crayon ou mieux, à l'encre. Repasser ensuite le dessin à l'aide de la pointe en appuyant fortement. Le dessin apparaît en creux. Retourner le dessin : il apparaît en relief et à l'envers. Prendre de la seccotine ou du soude-grès et, avec le doigt, en remplir les parties creuses. Quand tout est sec, au bout de quelques heures, le carton est dur comme du bois.

 

Tirage : Placer le carton sur la presse, après l'avoir collé à la gomme arabique forte sur une feuille de papier plus grande dont les bords seront serrés entre les bois de montage.

 

Tirer alors comme pour un lino en, mettant très peu d'encre.

 

Remarques : Ce procédé permet de tirer 100 exemplaires sans déformation. Il est extrêmement bon marché. La réussite est une question de doigté : si les traits ne sont pas gravés assez profondément, le dessin apparaîtra sur fond taché. Si le sillon est trop profond, le carton se fendra et le trait n'apparaîtra pas au bout d'un certain nombre de tirages. A conseiller pour des garçons aux poignets robustes.

 

On peut remplacer le carton par de la tôle d'affiches bien plane. - J. R. MAURY (Lot).

 

CARTON DÉCOUPÉ

 

Nous citerons simplement les expériences des camarades :

 

« Ce procédé est d'une simplicité surprenante. Il suffit de découper le carton qu'on colle ensuite à la seccotine sur une planche de bois porte-cliché. Avec une pointe quelconque on peut graver les détails.

 

Deux précautions essentielles à prendre :

 

a) Choisir un carton bien homogène, ne s'effritant pas, supportant la gravure des détails. Ce choix est difficile : le papier des cartes de visite donne de bons résultats. Nous venons de découvrir un papier spécial pour imprimeurs, parfaitement homogène, se découpant et se gravant avec une grande netteté.

 

b)Eviter les bavures. Pour cela, divers procédés : l° coller deux épaisseurs de carton ; 2° le procédé de Mme Pichot ci-dessous ; 3° l'emploi des caches.

 

Dans le tirage par pression, ces précautions sont en général inutiles.

 

DES CLICHÉS CARTON

ET DE LA REPRODUCTION

EXACTE DES DESSINS

 

Par un hasard extraordinaire, je n'ai jamais eu d'ennuis avec les clichés de carton: nous avons fait parfois jusqu'à, 100 tirages du même dessin, et les clichés sont toujours bons. Il n'est peut-être pas impossible de connaître le nom - s'il en a un - de ce léger carton, à peine plus ,épais que du papier timbré, qui a l’apparence du buvard et servait de couverture à nos cahiers de dessins.

 

Mais il nous est arrivé un accident une fois..

 

Selon les procédés indiqués, nous collons le dessin sur le carton nous découpons et nous traçons les détails avec une aiguille à canevas, qui ne déchire ni papier ni carton. C'est parfait, si le dessin est assez petit et si les détails sont nombreux. Mais si le dessin est grand et les détails rares, le papier ne résiste pas et adhère au rouleau encreur.

 

Désastre ! Il faut refaire le cliché

 

Supprimons alors le papier, et pourquoi ne pas dessiner directement sur le carton ? Non, parce que l'enfant ne peut dessiner d'un premier jet, sans effacer. Mais lorsque le dessin est collé, les cartons découpés, retournez le dessin, et cette fois, il sera plus facile de tracer les détails avec l'aiguille. Si votre carton est bon, vous irez sans ennui jusqu'à la fin du tirage.

 

De plus, vous aurez un cliché qui reproduira le dessin exact, dans le bon sens, - Quelle idée de placer le clocher de l'église à droite, quand en réalité et sur le dessin, il est à gauche ! de faire tenir sa canne au grand-père de la main gauche, quand il la tient habituellement de la main droite !

 

Marg. BOUSCARRUT. »

 

UN PROCÉDÉ

POUR IMPRIMER LES DESSINS

 

« Tous les élèves illustrent le texte sur l'ardoise. Les dessins sont examinés par tous : on choisit celui qui, pense-t-on, rendra le mieux en imprimerie ; ce n'est pas forcément le plus joli dessin ; on tient compte aussi de la difficulté du cliché. L'enfant qui a l'honneur de l'imprimerie, reproduit son dessin sur un carton assez ferme, mais cependant pas trop épais (carton vendu chez les libraires pour travail manuel).

 

Il le découpe, choisit deux de ses camarades pour l'aider, et tous trois se mettent au travail de l'imprimerie. L'un encre le cliché (qui n'a été collé ni sur carton, ni sur bois, mais simplement posé sur une feuille de papier quelconque), le place ensuite sur une feuille de buvard bien propre et toujours au même endroit. Le deuxième élève pose le papier à imprimer sur le cliché, passe le rouleau presseur et enlève la feuille.

 

Le dessin obtenu est très propre, très net, « sans brouillard », disent mes petits. Le premier élève reprend le cliché, l'encre, et le place à nouveau sur le buvard bien blanc. Le troisième élève range les feuilles. L'encrage et le tirage ne se font donc pas à la même place : c'est ce qui permet d'obtenir un travail propre.

 

Comment nous avons amené les enfants à se vendre compte qu'un, dessin se prête à l'impression ?

 

Au début de nos essais, surtout, tous voulaient voir leur dessin imprimé, aussi en ai-je entendu des : « Madame, on imprime mon dessin ? » Le dessin n'était peut-être pas trop mal, mais il était trop petit, ou un trop grand nombre de détails le rendaient impossible à découper.

 

J'essayais d'expliquer pourquoi, mais je perdais mon temps. Alors, je donnais à l'enfant un morceau de carton et des ciseaux et je disais : dessine et si tu parviens à découper, nous l'imprimerons. L'enfant, content, se mettait au travail, mais il se rendait vite compte qu'il lui était difficile de découper... une ligne par exemple. Et, aujourd'hui c'est très amusant Tentendre ces bambins de 7 à 8 ans critiquer un dessin qui peut ou ne peut pas être imprimé.

 

Mme PICHOT, Lutz-en-Dunois (E.-et-L.) »

 

« C’est un procédé grâce auquel on obtient de véritables gravures. Voici coinment on peut obtenir un véritable paysage, avec des plans superposés donnant l'impression du relief et de la perspective :

 

1° On dessine et on découpe dans du carton le fond du paysage : des montagnes aux lignes très simples. Avec la pointe d'une épingle un peu forte, on « grave » des arbres, des maisons, on marque les arêtes, etc..

 

2° On prépare une planchette qui n'a pas nécessairement la hauteur des composteurs (les parois d'une boîte de craie suffisent), on lisse le bois au papier verre pour éviter que l'encre reste dans les aspérités d'un bois trop rugueux.

 

3° On colle le carton préparé (fond du paysage) sur la planchette avec de la seccotine.

 

4° On dessine et on découpe ensuite des arbres, des personnages, des animaux, une petite scène qu'on veut mettre au premier plan.

 

On peut superposer ainsi toutes les images qu'on veut, en les collant, toujours avec de la seccotine sur le 1er carton. En collant, par exemple, un arbre, puis un personnage en avant de l'arbre, l'impression de perspective est parfaite.

 

5° On encre plus ou moins, selon l'image qu'on veut obtenir. Il vaut mieux très peu encrer et avec une encre de couleur, pour avoir des images plus claires. (Les noirs sont trop funèbres pour des textes d'enfants.)

 

6° On pose la feuille sur l'image ainsi préparée. Avec des doigts très propres, on appuie sur le dos de la feuille à tous les endroits où l'on sent le relief du carton,

 

7° Si l'image n'est pas assez nette, trop flou, la corriger (tant que l'encre est fraîche) avec du crayon noir ou de couleur. Accuser un contour, foncer un plan, en éclairer un autre. C'est du travail d'artiste dans lequel nos petits réussissent très bien et qui les enchante.

 

LAGIER-BRUNO (Htes-Alpes). »

 

 

« N'ayant pas reçu de trousses à linograver et désirant illustrer mes premiers journaux, j'ai employé le procédé du carton découpé. Prenant du simple carton et le retournant pour éviter la feuille illustrée qui, à l'encrage, se décolle, j'ai fait décalquer le dessin fait par un élève. Si ce dessin permettait un décor de page, je découpais le carton. En me servant de la pointe d'un clou, je pressais sur le trait du dessin. Puis, collant à la seccotine les cartons sur une planchette, de manière que le carton soit à la hauteur des lettres, j'encrais le bloc en procédant au tirage à la presse.

 

Le dessin était très net et le carton permet plus de cent tirages. En prenant une carte postale et en suivant les traits avec un clou ou une aiguille a tricoter, on peut reproduire facilement un paysage ou un édifice. Si les 2 parties ne sont pas symétriques, la gauche se trouve à droite et inversement. Pour rétablir l'ordre, après avoir collé la carte sur un carton, puis sur le bloc de bois, on tire une seule épreuve sur carton clair et sur l'épreuve, on procède avec le clou, pressant sur les parties blanches. Et, décollant le premier carton, on colle l'épreuve. On procède alors au tirage.

 

Ce procédé est beaucoup plus rapide que la linogravure et les effets obtenus sont comparables à ceux de la gravure sur bois.

 

P. COLIN, à Joncherey. »

 

LA PRÉPARATION DES CLICHÉS à l'Ecole de Plasencia-del-Monte (Espagne)

 

« L'an passé, dès que nous eûmes introduit dans notre classe la technique Freinet, en suivant les conseils de l'Imprimerie à l'Ecole et de notre ami M. Herminio Almendro, nous sentîmes immédiatement la nécessité de faire des clichés.

 

Tous nos enfants se mettaient avec ardeur à la confection du cliché qui représentait l'idée qu'ils voulaient extérioriser. Nous essayâmes simultanément le carton, le zinc et le bois.

 

Le travail sur la tôle de zinc fut rapidement abandonné parce que les enfants ne la trouvaient pas assez maniable. La dureté du matériel, la difficulté d'obtenir un cliché partait, et en plus l'inconvénient, de ne pouvoir utiliser à ce travail les jeunes enfants, fit encore que le zinc fut tout à fait délaissé.

 

Nous continuâmes sur le carton et sur le bois, parce que les enfants travaillaient avec plaisir sur ces deux matières. Les gosses se procuraient les morceaux de bois chez l'ébéniste qui le leur donirait gratuitement et ils préféraient surtout le pin et le peuplier.

 

Comme cette technique se développe dans les écoles populaires, nous devons l'adapter aux maigres ressources de nos budgets, Le linoléum lui-même est trop onéreux si réellement nous le mettons à la libre disposition des élèves, comme il faut le faire, puisque nous devons respecter rigoureusement la liberté des enfants.

 

Le hasard nous aida a résoudre ce grave inconvénient. Un enfant arriva en classe avec un jeu de cartes pour s'amuser. Je proposai à un de mes élèves (un artiste) d'essayer de confectionner un cliché avec une de ces cartes. Il me répondit qu'il essayerait chez lui. Deux jours après, il arrivait avec le portrait exact du capitaine Galan, fusillé par la « Réaction ». C'était bien fignolé, et on l'aurait cru photogravé.

 

L'essai fut un triomphe. Nous avions trouvé le matériel gratuit pour faire nos clichés, nous, les enfants des pauvres. Depuis ce moment, tous les enfants eurent les poches pleines de jeux de cartes, inutilisés par le vice, et qu'ils cherchent avec fougue pour servir de moyen éducatif. Contraste de la vie, énorme soufflet à la figure de notre société pourrie ! Ce que l'adulte prend comme passe-temps et comme moyen de dissiper ce qui ne lui appartient pas, l'enfant, le fils ou le frère, le recueille pour sa culture, pour être plus instruit, meilleur, plus humain, et plus utile à ses semblables.

 

Maintenant les enfants préparent leur cliché chez eux et viennent à l'école avec le négatif prêt à l'impression, s'ils ont le bonheur que leurs camarades choisissent leur travail.

 

L'enfant dessine sur le recto de la carte à jouer, il y trace des lignes précises, il y grave, en creux, avec la pointe d'un couteau, les parties qui doivent disparaître, pour obtenir des effets de lumière. Ensuite il découpe les bords de la figure. Il colle la carte découpée sur un carton quelconque qu'il découpe comme la carte. Et voilà notre cliché prêt à être cloué sur un morceau de bois pour être placé sur la presse.

 

Cette technique est une excellente activité : travail manuel, véritable développement et acquisition du sens artistique.

 

S. OMELLA (Espagne). »

 

Enfants de 6 ou 8 ans :

 

« Le travail de ces enfants est en relation avec l'apprentissage de la lecture. Chaque enfant illustre spontanément sa page écrite et, les travaux une fois achevés, les enfants choisissent eux-mêmes le dessin dont on préparera le cliché. Il est facile d'observer l'attention concentrée durant le temps qu'ils illustrent leur page de dessins susceptibles d'être choisis pour la revue.

 

On livre alors à l'auteur du dessin une paire de ciseaux, de la gomme à coller, et un morceau de bristol ou de carte. Si c'est du bristol, il fait le dessin directement. Au contraire, s'il s'agit de carte, il fait le dessin sur un papier blanc de même format. Puis il découpe. Enfin il découpe pareillement la carte. Il faut utiliser la surface satinée de la carte afin de pouvoir donner les effets de lumière et d'ombre.

 

On imprègne alors les figures de colle ou de gomme, on les colle sur un carton et, sans perdre de temps, on les porte sur la presse de bois jusqu'à ce qu'ils sèchent. Après quelques minutes, on découpe les bords de carton le plus près possible autour des figures pour que ces parties inutiles ne tachent pas le papier l'encrage. On fixe alors le travail sur un morceau de bois. Le cliché ainsi obtenu pourra être reproduit autant de fois qu'il sera nécessaire.

 

Si nous encrons à l'aide de grands rouleaux de gélatine, il pourra arriver qu'en raison de l'humidité, la figure se décolle du carton et vienne adhérer au rouleau lui-même. Nous avons supprimé cet ennui en employant des rouleaux spéciaux de caoutchouc, à axe de bois, mais leur confection est un peu chère. Dernièrement, nous avons essayé avec succès de coller la carte ou le bristol avec une gomme spéciale qui, une fois sèche, est inaltérable à l'humidité.

 

Dessiner des clichés sur carte ou bristol, les découper et les coller, est, pour un enfant de 6 ou 7 ans, un moyen éducatif incomparablement supérieur à n'importe quel autre procédé. Si nous ajoutons à cela la satisfaction de l'élève à voir reproduites avec tant de grâce dans la revue scolaire les silhouettes qu'il a lui-même dessinées, nous ne pouvons que nous sentir satisfaits, pleinement satisfaits de nos essais.

 

Siméon OMELLA.

(de la revue espagnole Colaboracion,

bulletin de la Coopérative espagnole de la Technique Freinet. »

 

CARTON ET FICELLES COLLES

 

Encore une expérience.

 

Nos correspondants ayant demandé la situation géographique exacte de notre village, j'ai cherché à confectionner un cliché de la carte d'Alsace en lignes fines et courbes. Notre stock de linoléum étant épuisé, j'ai collé sur un carton solide (porte-cliché) des bandes fines de carton pour obtenir des lignes droites ou peu courbées, et de la ficelle solide pour les courbes arrondies.

 

Il suffit de tracer sur le carton ou planche porte-cliché, la carte sans oublier de la retourner. Passer sur les lignes du dessin une couche de colle forte, plier et presser entre les doigts la ficelle dans l'angle voulu, l'appuyer et laisser sécher.

 

Pour les villes, par exemple, coller une petite rondelle de carton. Se servir de carton et de ficelle de même épaisseur.

 

HEINEMANN (Hat-Rhin).

 

UTILISATION DU PAPIER-PEINT POUR L'ILLUSTRATION A L'ÉCOLE MATERNELLE

 

Ceux de nos camarades qui assistèrent au Congrès de Besançon, ont pu voir, dans l'exposition des travaux des Ecoles Maternelles travaillant avec l'imprimerie, les curieuses illustrations que l'on peut obtenir avec du papier peint découpé et collé.

 

Ces illustrations, obtenues à très peu de frais, plaisent à nos petits, les occupent agréablement, tout en leur donnant le goût de dessiner et en développant leur habileté manuelle.

 

Il est facile de se procurer chez les commerçants de vieux échantillons de papiers peints hors d'usage. Il en est de très jolis dont les couleurs vives permettent d'obtenir des dessins d'un bel effet.

 

Les petits dessinent beaucoup, à l'école maternelle. Au lieu de les laisser gribouiller sans raison sur l'ardoise, la maîtresse distribue à chacun un morceau de papier peint. L'enfant dessine sur cette feuille des personnages, des animaux, des arbres, des objets quelconques selon l'inspiration du moment, (le dessin est fait sur l'envers de la feuille afin que les traits maladroits ne paraissent pas à l'endroit).

 

Avec des ciseaux à bouts ronds ou de vieux ciseaux usagés, il découpe ces petits dessins. Il prend à ce travail un plaisir extrême et devient rapidement assez habile pour découper soigneusement les croquis les plus minutieux.

 

Les petits se constituent ainsi toute une collection de silhouettes qu'ils rangent précieusement dans une boîte pour les utiliser au moment où il s'agira d'illustrer l'imprimé qui vient de sortir de la presse. C'est à ce moment que chacun fait l'inventaire de ses trésors.

 

S'agit-il de Marcel qui est allé chercher un sac de pignons dans le bois ? Voilà que sortent des boîtes des arbres qui figureront la forêt, des maisons pour représenter le village ; s'il manque un personnage, on aura vite fait de le dessiner et de le découper.

 

Ces petites silhouettes groupées, arrangées selon l'inspiration de l'enfant et collées sur la feuille, donneront une jolie petite scène pleine de naïveté et d'inattendu.

 

Nous avons ainsi illustré notre Livre de Vie de l'année dernière, un recueil de chansons, et une histoire pour les petits qui a eu beaucoup de succès auprès de nos camarades.

 

M. L. LAGIER BRUNO (Htes-Alpes).

 

 

Clichés en caoutchouc

 

Par une communication destinée à « chacun sa pierre », j'ai appris qu'un camarade se servait de silhouettes découpées dans le caoutchouc et collées sur des cubes pour faire orner les cahiers de ses élèves.

 

J'ai pensé que l'on pourrait peut-être se servir du caoutchouc découpé pour décorer nos imprimés.

 

J'ai essayé, et les résultats sont satisfaisants : il faut un bon foulage et un caoutchouc bien lisse.

 

Les noirs sont très bons, les bords sont sans bavures, on peut même tracer sur le cliché de légers traits avec la pointe des ciseaux. Je n'ai encore employé le caoutchouc que pour faire des silhouettes assez grandes et peu découpées. On doit pouvoir faire mieux, car le caoutchouc se découpe très bien avec de bons ciseaux.

 

Voici comment j'ai opéré : la silhouette est dessinée au crayon du côté lisse d'un rnorceau de chambre à air d'auto (les élèves m'en ont procuré un stock). L'élève découpe la silhouette soigneusement, puis il étend sur le côté rugueux du caoutchouc et sur la planche (nécessaire afin d'atteindre la hauteur des caractères) une mince couche de dissolution ordinaire. Cinq minutes après, on applique soigneusernent la silhouette sur le bois et on la colle en la pressant sur une surface plane.

 

Que beaucoup de camarades essayent cette nouvelle technique de décoration et l'améliorent.

 

BERTOIX (Allier).

 

A PROPOS DES CLICHÉS EN CAOUTCHOUC

 

J'ai employé ce système qui donne d'excellents résultats, le caoutchouc, par sa consistance, ayant beaucoup plus d'adhérence que le bois ou le métal. Il reste une difficulté : c'est le découpage du dessin une fois reproduit sur le caoutchouc ; si le caoutchouc est épais, les ciseaux font des bavures presque inévitables. On peut se servir de ciseaux de menuisiers pour les traits droits et de gouges semi-rondes pour les traits courbes ; on obtient ainsi, en se servant de ces outils comme pour le travail du bois, des coupes nettes.

 

On peut aussi, à défaut de ces instruments, confectionner des ciseaux ou gouges à l'aide d'une simple plaque de tôle aiguisée. Ces instruments de fortune, chauffés au rouge naissant entaillent le caoutchouc impeccablement. On peut de même travailler des gommes, ou objets mous.

 

GUILLARD (Isère).

 

Clichées sur ardoise

 

J'ai essayé d'utiliser les morceaux d'ardoise cassée pour l'illustration des textes d'imprimerie.

 

Cette matière, m'a donné des résultats meilleurs que le contreplaqué. Elle ne nécessite pas un « canif » très dur, très coupant et robuste en même temps, comme le contreplaqué.

 

Une queue de lime aiguisée en pointe, une autre aiguisée en forme de ciseau, suffisent. La première sert à tracer les contours du dessin et à faire les incisions délicates, les traits fins. La deuxième, à creuser les larges blancs.

 

Les traits sont plus nets qu'avec le contreplaqué. Dans le bois il est difficile d'arrondir les courbes souvent, le bois « file ». Avec l'ardoise, cet inconvénient disparaît.

 

Enfin, l'ardoise est moins pénible à graver que le contreplaqué.

 

GRANIER (Isère).

 

Les clichés en métal

 

CLICHÉS SUR TOLE DE ZINC REPOUSSÉE

 

L'article du n° 15 d'Avril 1928, intitulé « Pour avoir un cliché inusable » en se servant de la tôle de zinc des affiches placardées sur les murs m'a fait penser qu'on pouvait autrement qu'il est dit, employer cette tôle pour imprimer des dessins linéaires plus gais que ceux obtenus jusqu'ici et qui sont noirs rayés de blanc.

 

Voici donc comment j'opère :

 

1° Avec du papier carbone, je reproduis le dessin sur la tôle du côté où l'affiche est imprimée.

 

20 A l'aide d'une grosse pointe de charpentier dont j'ai limé et arrondi légèrement le bout pointu avec une lime très douce pour enlever toute aspérité, je passe une ou deux fois, sur les traits du dessin, en appuyant assez fort pas trop cependant, pour éviter l'éclatement du zinc. (Après plusieurs clichés, le tour de main est acquis.)

 

Ce travail achevé, j'obtiens sur l'autre face de la tôle mon dessin en relief et à l'envers.

 

3° C'est alors que :

 

Toujours à l'aide de ma pointe, je trace assez rapidement, à 1 ou 2 m/m de chaque côté des traits en relief, deux autres traits avec moins de force, ce qui a pour effet :

 

- d'accentuer le relief,

- de rendre la plaque de zinc qui s'était boursouflée, suffisamment, plate pour permettre un tirage correct.

 

4° Le cliché ainsi obtenu est alors cloué aux quatre coins sur un morceau de planche assez épaisse pour que l'ensemble atteigne la hauteur des composteurs, et coupée de telle sorte qu'elle se mette à la place des composteurs - carré ou rectangulaire.

 

5° Il ne reste plus qu'à tirer les épreuves à la presse à volet ou au rouleau. (Ne pas mettre trop d'encre.)

 

CARTES GÉOGRAPHIQUES

 

L'intérêt du moyen d'illustration décrit ci-dessus s'augmente du profit qu'on en peut tirer pour l'enseignement de la géographie.

 

Notre camarade et ami Coutelle déplorait, dans son article du n° 10 de Janvier 1928, que la confection de clichés par contreplaqué ne fut malheureusernent utilisable que pour l'étude des côtes et des régions circonvoisines.

 

Le cliché sur tôle de zinc permet, au contraire, la confection de toutes les cartes, puisque le trait obtenu en relief peut indiquer la direction générale des chaines de montagnes, le tracé du cours des rivières, des côtes.

 

Point de limites, donc, dans l'emploi de ce cliché dont on utilisera les épreuves comme l'indique Coutelle (confection des cartes par les élèves après la leçon, interrogations écrites par distribution à, chaque enfant d'une épreuve ; révisions).

 

Enfin, ce cliché ajoute a l'avantage d'être inusable, celui de se nettoyer à l'essence, comme les caractères.

 

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Gravure à l'eau forte

 

Voici le nécessaire pour la gravure sur zinc :

 

1° Se procurer du zinc épais 1 mm au minimum pour les petits clichés, 2 mm. pour les clichés plus grands (annonces, en-têtes) ;

2° Du vernis à l'alcool pour métaux ,chez tous les droguistes vernis noir de préférence) ;

3° Un petit pinceau très fin, en marbre ;

4° De l'acide nitrique.

 

Préparation du cliché

 

Nettoyer le zinc préparé aux dimensions convenables, soit avec de la pierre ponce en poudre, soit avec de la toile émeri très fine jusqu'à ce que le zinc soit très brillant. Cela des deux côtés de la plaque.

 

Ensuite, en tenant compte évidemment que le dessin doit être tracé à l'envers sur le zinc, dessiner le sujet à l'aide du pinceau et du vernis. (Se rendre compte avec une glace, de la correction du dessin et des ombres.) Enduire complètement l'envers et l'épaisseur du zinc avec le même vernis. Laisser sécher (cela ne demande guère qu'un quart d'heure).

 

Préparation des bains de morsure

 

Préparer un premier bain avec : Eau : 100 c.c. ; acide nitrique, 5 c.c.

 

Puis un deuxième bain avec : Eau : 100 c.c. ; acide nitrique, 15 c.c.

 

Première morsure :

 

Plonger complètement la plaque préparée dans le premier bain. L'acide, en attaquant le zinc, produit des bulles qui gênent la gravure. Pour remédier à cela et pour éviter l'élargissement des traits, promener sur la surface du cliché dans le bain, un pinceau doux (queue de morue en chèvre) ou un tampon d'ouate au bout d'un bâtonnet.

 

De temps en temps, vérifier l'épaisseur de la gravure avec l'ongle.

 

Laisser creuser environ 4/10 à 5/10 de m/m.

 

Deuxième morsure :

 

Les grands blancs doivent avoir 1 mm. au moins de creux. Après la première morsure, bien laver la plaque à l'eau courante et la sécher dans un linge. Puis repasser du vernis en débordant autour des détails.

 

Quand les détails sont très rapprochés, on peut carrément noyer de vernis après la 1re morsure, de façon que l'acide n'attaque pas le zinc par l'épaisseur des reliefs.

 

Quand le zinc est sec de nouveau, le plonger dans le 2e bain et procéder comme pour la 1re morsure.

 

Bien faire attention que le zinc ne soit pas attaqué par l'envers de la plaque et, pour cela, la retirer souvent du bain pour la surveiller.

 

Quand on a obtenu la profondeur de gravure désirée, retirer le cliché de l'acide, le laver d'abord à, l'eau, puis le débarrasser du vernis à l'aide d'un tampon imbibé d'alcool.

 

Monter la plaque, en la collant avec la seccotine (ou en la clouant) sur un support de bois d'épaisseur convenable.

 

POULLEAU (Saône-et-Loire).

Clichés en métal fondu et moulé

 

Inévitablement, le developpeent de nos procédés de tirage devait susciter chez nos camarades le désir d'imiter les clichés industriels pour la reproduction des dessins d'enfants.

 

PRINCIPE. - Couler une quantité suffisiante de métal en fusion sur un moule où le dessin figure en creux, pour obtenir un cliché où il sera en relief.

 

LE MOULE. - L'essentiel est une plaque de bois contreplaqué sur laquelle est gravé le dessin et qui forme le fond du moule. Je découpe un rectangle de bois assez grand pour contenir le dessin. Je décalque celui-ci sur le contreplaqué. Avec un stylet, obtenu avec une petite lime aiguisée à la meule (il faut un outil bien tranchant), j'entaille le bois par deux traits parallèles au trait du dessin et distants l'un de l'autre d'environ un millimètre. J'ai soin de tenir mon outil en biseau de façon à ce que la rencontre des deux coupures se fasse au niveau de la deuxième couche du bois. Il importe de veiller à ce que les entailles soient de même profondeur si on veut que les traits en relief sur le cliché aient la même hauteur et donnent un tirage aussi parfait que possible. Le tracé du dessin ainsi fait, on peut, régulariser les traits en creux avec un crayon qu'on y passe en appuyant fortement.

 

Voilà donc le moule proprement dit terminé. Il s'agit maintenant de le placer de telle manière qu'on puisse couler dessus une certaine quantité de métal fondu. Il faut donc l'entourer d'un cadre assez haut pour maintenir le métal liquide. Voici le petit dispositif que j'ai réalisé : un socle en bois assez épais (3 ou 4 cm.) sert de support. J'ai cloué une règle de 1 cm. de section le long d'un des grands côtés Une deuxième règle est placée en équerre et en bout de celle-là, mais sans être clouée. Elle est simplement serrée entre l'extrémité de la règle et 2 clous. Elle peut donc coulisser d'arrière en avant selon la largeur du dessin. Deux autres règles portant deux ou trois trous finissent l'encadrement du moule. Il suffit de placer un ou deux clous dans les trous pour assujettir ces deux règles. On a ainsi un moule qui donnera un cliché de 7 à 8 mm. d'épaisseur avec un dessin en relief de 1 mm. environ,

 

LE MÉTAL. Quelques vieilles cuillers d'étain apportées par les élèves, quelques vieux caractères d'une imprimerie-jouet m'ont donné la quantité d'alliage nécessaire. Je pense y ajouter ma police actuelle lorsqu'elle sera hors d'usage. De ce côté, pas de dépenses nouvelles à engager.

 

LE MOULAGE. - Dans une petite casserole en fer étamé nous faisons fondre notre métal. Notre lampe à alcool suffit à cette industrie. Le métal bien fondu, aussi fluide que possible, nous le versons dans le moule préparé et... nous attendons qu'il veuille bien se refroidir.

 

Voici, donc notre cliché : examinons-le, Certains détails peuvent avoir besoin d'être retouchés ; d'un coup de stylet, enlevons un peu de métal sur un trait trop large ; d'un coup de lime, diminuons ceux qui sont trop forts. Il peut arriver que des bulles se soient formées et rendent le cliché inutilisable. Il ne faut pas se décourager. Il n'y a qu'à refondre et recommencer. Ces bulles sont souvent de la vapeur provenant de l'humidité du bois. Or, celui-ci finit bien par sécher dans ses bains de métal en fusion.

 

LE TIRAGE. - Ne l'essayons pas à la presse : nous aurions des déboires. Mais on peut tirer par pression ou au, rouleau.

 

Par pression : avec 4 punaises fixons sur une table la plaque en caoutchouc de la presse. Plaçons-y la feuille. Encrons le cliché et appuyons sur la feuille. Il faut prendre soin de bien presser sur toute la surface du cliché.

 

Au roulea : placer le cliché sut une table (son propre poids suffira à le maintenir en place). Encrer, placer la feuille, donner un coup de rouleau. Ce tirage donne un ton dégradé autour du trait qui peut être d'un heureux effet.

 

J'ai obtenu par ce moyen quelques dessins assez réussis. Des camarades plus habiles que moi pourront en tirer davantage. D'autres, plus ingénieux, pourront le perfectionner, Je me mets bien volontiers à la disposition de ceux qu'il intéressera pour leur donner les explications complémentaires dont ils pourraient avoir besoin.

 

BENOIT, Le Pendedis

par St-Martin-de-Boubaux (Lozère).

 

REMARQUES SUR LA CONFECTION DES CLICHÉS EN MÉTAL

 

Notre, camarade Benoit a un procédé très intéressant pour obtenir des clichés en métal

 

Je l'ai essayé et je dois avouer que mon coup d'essai n'a pas été très brillant. Il nest pas facile d'entailler règulièrement le contreplaqué, la couche in termédiaire n' est pas toujours bien polie et le moulage reproduit les inégalités.

 

J'ai donc été amené à améliorer le procédé. Je crois y être arrivé puisque je tire maintenant mes clichés à la presse de façon parfaite.

 

Ce n'est pas très difficile :

 

Après avoir gravé notre contreplaqué, cloué des réglettes autour, coulé notre alliage, laissé refroidir et obtenu un cliché brut, considérons notre oeuvre. Les traits en relief nont pas partout la même hauteur ni la même épaisseur : une surface en relief un peu importante, porte les mêmes stries que le bois mal poli ; un creux assez large qui doit rester blanc au tirage, n'est pas assez profond et prendra de l'encre à l'encrage, les bords et les coins de notre cliché rectangulaire en prendront aussi et nous devrons employer un cache, ce qui est fastidieux.

 

Il faut remédier à ces imperfections.

 

Serrons notre cliché à l'étau. Avec une lime douce égalisons les reliefs et supprimons les stries du bois et les boursoufflures. Manions notre outil légèrement, bien à plat, en décrivant de petits cercles, « en frisant », comme disait mon professeur d'atelier à l'E.P.S. Notre cliché prend peu à peu un aspect plus honnête, les surfaces en relief se polissent et brillent et si nous n'avons pas trop appuyé, le relief reste suffisant.

 

Avec un canif à tarso, à défaut avec un couteau pointu, taillons un peu les traits pour leur donner la même épaisseur partout, creusons les vides trop élevés et incisons les détails que le moulage n'a pu, nous donner. Là !... Un dernier petit coup de lime pour « affleurer » les bavures que le canif a soulevées et... c'est presque fini.

 

Découpons à la scie à métaux la matière superflue qui entoure le dessin (et que nous refondrons une autre fois). Dans un creux, perçons deux trous fraisés où nous planterons deux pointes pour fixer notre cliché sur un socle de bois qui lui donnera la hauteur des caractères.. Et voilà !

 

La surface polie des clichés peut être ensuite travaillée au burin pour obtenir tous les détails désirables.

 

Pour terminer, j'engage les camarades qui voudront essayer de faire des clichés à employer de l'alliage de caractères de préférence au plomb qui s'écrase, se rave et se déforme trop facilement.

 

E. PLAN (Var).

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Clichés en contreplaqué

 

CONFECTION DE CLICHÉS POUR CARTES GÉOGRAPHIQUES

 

Nous utilisons pour l'illustration de nos imprimés des clichés de contreplaqué permettant d'avoir un dessin net et de faire une feuille propre, sans bavure,

 

Le dessin à reproduire est fait sur une feuille de papier ou mieux sur un léger carton de l'épaisseur d'une carte postale. La feuille est fixée à la colle ordinaire sur une planchette de contreplaqué. Quand elle est bien adhérente, à l'aide d'un petite scie à découper, vous découpez le contour du dessin à reproduire. Pour diminuer la noirceur de la masse, vous suivez toutes les lignes que vous pouvez scier sans nuire à la solidité de votre cliché. Vous avez ainsi des blancs très nets qui ne prendront pas d'encre. Avec la pointe d'un canif, gravez les détails que vous voulez voir apparaître.

 

On peut dessiner directement sur le bois : dans ce cas, il faut bien poncer la planchette. En dessinant sur carte legère et en collant, ce travail est évité, et la reproduction est plus belle.

 

Fixez, par une pointe, le cliché terminé sur un morceau de bois de la hauteur des composteurs. Il n'y a plus qu'à tirer. Les contours sont parfaits et ne s'écrasent pas. L'épaisseur du contreplaqué, 4 m/m, évite au rouleau de porter de l’encre sur la planchette de support. Vous tirez donc une épreuve propre.

 

Poursuivant l'illustration à l'aide de clichés de contreplaqué, nous avons essayé de faire des clichés pour cartes de géographie, Ceux-ci nous ont été très utiles.

 

Confection des clichés. - La carte est destinée sur une feuille qui est collée sur la planchette à découper. A l'aide de la scie, vous suivez le tracé de la côte et, arrivé à l'extrémité, votre planchette est en deux et vous donne deux clichés. Pour en tirer des épreuves, voir ci-dessus.

 

Utilisation des épreuves. - Chaque cliché donne le contour exact des côtes, mais avec l'un, la mer sera en blanc et la terre en noir. Avec l'autre, la terre apparaîtra blanche et la mer sera noire. Vous distribuez les deux épreuves obtenues aux élèves. Sur la première (mer en blanc) ils feront figurer les noms des caps, golfes , îles qu'ils devront dessiner. Sur la seconde, (terre en blanc) les noms des villes, des fleuves côtiers, et à l'aide de signes particuliers, hâchures, pointillé, traits épais, ils pourront indiquer la nature de la côte : falaises, sable ou rochers.

 

Avec ce procédé, la leçon est plus facile à retenir. L'enfant indique sur ce croquis les noms au fur et a mesure qu'il les trouve dans le texte de son livre.

 

Vous pouvez donner à chaque élève plusieurs épreuves, tirées au dos d'imprimés inutilisés (bulletins de vote ou autres). De la sorte il peut, à son tour, essayer de faire le croquis qu'il est plus facile de copier sur son épreuve que sur son livre.

 

Les épreuves peuvent être utilisées avec profit pour une interrogation écrite ou une composition, en distribuant les cartes muettes que les enfants feront parler.

 

Ce procédé n'est malheureusement utilisable que pour l'étude des côtes on des régions circonvoisines.

 

Robert COUTELLE.

 

 

TECHNIQUE POUR LA CONFECTION DE CLICHÉS EN CONTREPLAQUÉ

 

Principe. - Le contreplaqué est formé par trois couches minces de bois tendre, collées, à fibres croisées. Ces couches se décollent facilement en passant entre elles le bout d'une lame de couteau par exemple. on arrive ainsi à enlever des parties de la première et même de la deuxième couche et à obtenir des plans différents, des creux et des reliefs, des blancs et des noirs, si nous encrons.

 

Et c'est là tout le principe du procédé.

 

Le matériel.- Nous employons comme matériel : un stylet, un petit marteau, et des petits clous.<