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logo blog 1936, 1966 et 2016 - Tome 2

Pourquoi ces dates ?
C'est simple : l'année 2016 verra les 80 ans de la victoire électorale du Front populaire (le 3 mai 1936) et le cinquantenaire de la mort de Célestin Freinet (le 8 octobre 1966).
Je souhaite donc rendre hommage à Célestin Freinet en m'arrêtant sur ses écrits en lien avec cette période particulière du Front populaire (1935-1938). Dès 1935, on y perçoit les espoirs de changement avec l'alliance politique du Front populaire en cours (Parti Socialiste, Parti Communiste et Parti Radical-socialiste) .

Tout au long de l'année 2015/2016, je proposerai  sur ce blog à la lecture quelques textes de Freinet.

Ceci est le deuxième tome, le premier est ici : 1936, 1966 et 2016

logo blog Plus que jamais, travail coopératif, 15 octobre 1937

Lors d’une réunion du Groupe Français d’Éducation Nouvelle à Paris, Freinet et ses camarades présents sont déçus de la forme qui reste académique avec une organisation bureaucratique qui ne sollicite pas les militants de province qui pourtant ont réalisé un énorme travail pour la création de sections départementales. 

Freinet va exprimer ses critiques tout en souhaitant le développement du G.F.E.N. une nécessité pour l’éducation nouvelle. S’’il ce dernier n’en devient pas l’organisateur où tous coopèrent, il piétinera et mourra.

Ce discours franc a été entendu par le G.F.E.N. et le travail repart sur de nouvelles bases.

logo blog Vers un nouveau Plan d’Études Français, 31 octobre 1937

 

La réforme avance ; la concertation et l’expérimentation sur le terrain semblent préoccuper le ministère. Les éducateurs, les inspecteurs se tournent vers l’Imprimerie à l’école, mais plus largement, c’est la Technique Freinet qui doit enrichir les expériences en cours.

Les camarades sont invités à réaliser coopérativement la mise au point des techniques dans leurs classes, puis d’envoyer leurs communications pour la revue, en particulier celles qui se rapportent à la scolarité prolongée et aux horaires réduits. Il est important de participer à cette « œuvre commune » d’école populaire.
Le débat à l’intérieur du mouvement est indispensable, c’est de la confrontation d’idées que pourront sortir les préconisations à adresser aux éducateurs et au ministère.
Dans ce numéro, il sera traité de la scolarité prolongée.

logo blog Un pas décisif, 1er octobre 1937

 Comptes rendus de Freinet de ses participations aux congrès de l’été.
Des congrès bien différents, le premier où l’enfant et les collectifs sont au centre avec des réflexions de sociologues, le deuxième où ce sont plutôt les problèmes d’éducation que rencontrent les éducateurs et les pédagogues, moment essentiel pour la divulgation des techniques du mouvement, le troisième celui de l’Imprimerie à l’École belge aux présentations et préoccupations communes avec le groupe français et le dernier, celui des jeunes instituteurs, groupe déjà intéressé par la Coopérative.  

logo blog Techniques et Méthodes, 15 février 1937

Réflexion au-delà du seul domaine scolaire ; le terme « méthode » peut servir des visées politiques, économiques et sociales.
La méthode, c’est le but, la direction et les techniques sont les moyens d’action. Une lecture de l’œuvre de quelques pédagogues contemporains à travers cette définition s’avère utile.

Quant aux écrivains pédagogiques, inspecteurs, professeurs ils préfèrent enrober leurs propos d’une enveloppe savante plutôt que de s’occuper d’organisation pédagogique.

La spécificité du mouvement tout en étant partie prenante de la masse des instituteurs, c’est d’expérimenter et d’élaborer les chemins – les techniques – pour guider ceux qui le souhaitent à réaliser une partie de leur idéal pédagogique.

Un appel à poursuivre les expérimentations et les réalisations pour améliorer la visée d’éducation libératrice que porte le mouvement.

logo blog Préparons pratiquement le nouveau Plan d’Études Français !, 15 décembre 1936

Le travail de pionnier réalisé depuis dix ans est à poursuivre et à développer pour susciter l’engagement de l’immense masse des éducateurs et entraîner toute l’École française qui doit devenir efficiente, plus adaptée à la société contemporaine et les techniques expérimentées le permettent.

Il est important que le mouvement se présente comme celui qui peut aider les enseignants en volonté de changement pédagogique pour éviter qu’ils n’abandonnent définitivement devant les premiers obstacles.
Freinet rappelle que le problème de l’acquisition n’est pas sous-estimé, mais les procédures mises en œuvre ne permettent pas aux connaissances de s’accrocher à l’individu et donc s’évaporent très rapidement.
L’établissement d’un « Plan de Travail » s’avère indispensable avec pour l’élaborer une grande consultation auprès des anciens élèves et des parents, sans oublier les acteurs de la société (grands groupes humains, syndicats, coopératives, entrepreneurs…).
Pour articuler les intérêts, les plans de travail individuel des enfants et ce qui est essentiel à savoir, des plans de travail annuels par discipline et par degré d’enseignement seront élaborés. Ils guideront les élèves et les instituteurs dans leurs cheminements personnels.
C’est aussi un appel au travail, car ce Plan d’Études doit être une œuvre collective.

logo blog Il faut sortir de l’impasse, 15 novembre 1936

Une introduction de Freinet à deux articles du numéro sur la radio scolaire et l’éducation physique à l’école.  

Déjà ce constat : la contradiction entre intérêts des professeurs pour les savoirs encyclopédiques et résistance de la jeunesse en proie au surmenage scolaire. Le temps d’apprendre sans hâte est révolu, les manuels scolaires sont de plus en plus copieux et encombrants pour suivre des programmes élargis de nouvelles matières.
La première victime est l’enfant qui travaille sans lever le nez, à la chaîne. 
S’instruire, se former ne s’arrêtent pas à la fin de la scolarité, on apprend tout au long de la vie, mais si l’enfant a appris les techniques essentielles dans le temps de sa scolarité. 
La société a changé, les moyens de diffusion aussi. Freinet demande au gouvernement populaire de moderniser l’organisation et les techniques de l’école populaire qui datent d’un siècle. C’est urgent, car le danger d’une réorganisation de l’école avec des techniques militaristes pour évincer les principes émancipateurs de l’école populaire n’est pas écarté… 
Le nouveau Plan d’Études français s’impose ! Pour contribuer à la « régénération » de l’école populaire, le mouvement doit diffuser ses « idées-forces » pour « remuer le monde ».

logo blog Pour un nouveau Plan d’Études Français, 15 octobre 1936

 Un numéro spécial de l’Éducateur Prolétarien :  le projet de réalisations immédiates soumis au Ministre de l’Éducation nationale, aux Députés du Front Populaire et aux Organisations pédagogiques.

La victoire du Front Populaire nourrit quelques espoirs de rénovation de l’École. Un événement important : le 9 août 1936 Jean Zay prolonge la scolarité obligatoire jusqu’à l’âge de 14 ans.
Le mouvement de l’Imprimerie à l’École et toute l’Éducation nouvelle doivent se saisir de cette opportunité et proposer leurs recherches, leurs expérimentations et leurs réalisations dans cette rénovation de l’École pressentie.

logo blog Notre vrai visage, 25 juin 1936

Entre « communiste », « bolchévik », « bourgeois » et « petit-bourgeois », le mouvement a connu depuis trois ans des représentations politiques caricaturales selon les modes, les événements et les organisations politiques. Freinet trouve important non pas de se disculper, mais de montrer le « vrai visage » du mouvement, ce qu’il est véritablement dans ses principes et réalisations.

Dans l’école nouvelle et sa pédagogie populaire, la confiance en l’enfant est telle, qu’il est impossible de lui imposer des convictions et des opinions. Au contraire, tout est fait pour que l’enfant construise sa personnalité et sa culture. La laïcité sans être nommée est bien présente.
On ressent quand même de l’amertume envers le silence de certains, dits d’avant-garde qui n’ont jamais levé leur petit doigt ou pris leur plume !
On ressent également le besoin chez Freinet de justifier une pédagogie créatrice, émancipatrice et révolutionnaire auprès des militants, mais aussi des parents, de tous les ouvriers et paysans pour qu’ils comprennent les actions du mouvement et les soutiennent et diffusent.
Néanmoins, l’espoir demeure très présent : « En avant ! » termine cet article.
 

logo blog Conférences à Oslo, déclencheurs politiques, 1er novembre 1936

Freinet rentre d’un voyage en Norvège : conférence à l’Université d’Oslo ainsi qu’un cours tous les soirs pour initier les enseignants à la technique de l’imprimerie.

C’est dans le bateau qui le ramène qu’il rédige les notes pour l’article « La diffusion mondiale de notre technique » dont un extrait est reproduit ci-dessous.  

Ce cours a obtenu un grand succès : « C’est que ce cours diffère essentiellement des conférences théoriques que des professeurs plus ou moins éminents sont parfois appelés à donner Non pas que notre technique, et surtout nos réalisations, n’autorisent actuellement de longues controverses psychologiques et pédagogiques. Nous aurons bientôt fort à faire dans ces domaines. Mais nos nouvelles conceptions pédagogiques ne doivent point sortir toutes faites de spéculations théoriques ; elles doivent être la résultante d’une technique de travail qui, en changeant les rapporte entre milieu social, milieu scolaire, enfants et éducateurs, bouleverse les enseignements de vingt siècles de scolastique. C’est cette technique de travail, c’est la nécessité subséquente de ces rapports nouveaux que nous nous appliquons plus spécialement à susciter, dans la pratique de nos classes populaires. »

Dès le lendemain de l’arrivée de Freinet, scandale à Oslo ! La réaction fait paraître un article dans un journal fasciste. Une soi-disant interview – réalisée avec des « copier-coller » d’articles de l’Éducateur Prolétarien – le mouvement affirme faire de la politique à l’école et préparer par sa pédagogie  la révolution.
Freinet réaffirme alors les visées d’une pédagogie populaire et libératrice, respectueuse des enfants en refusant tout enseignement dogmatique et idéologique.
Les instituteurs sont des citoyens, et c’est de leur responsabilité d’être parmi les plus clairvoyants, surtout dans une période sombre.