CréAtions N° 96 – Rendez-vous avec son corps - mars /avril 2001

Mars 2001

 


CréAtions n°96 - Rendez-vous avec son corps

mars /avril 2001
 

 

Sommaire

 
Titre et chapeau
Niveau classe
thème
Techniques utilisées
artiste
Rendez-vous avec son corps   édito    

Danser l'espace

 

IUT Carrière sociale Comment bousculer l'espace normé d'une salle de cours ? écoute, parole, geste, danse  
L'arbre qui donne vie Maternelle: 2ème - 3ème années L’identité de chacun, la vie, la mort, thèmes d'un projet-théâtre.

écriture (dictée à l'adulte), dessin, peinture, expression corporelle

 
 

Une activité artistique en partenariat : la danse

Maternelle :   GS La rencontre d'une artiste, de l'enseignant et des élèves d'une classe. écoute,  mouvement, danse Chloé  Ban de la compagnie DCA
 

L’envol

  article non disponible  
  L'abbaye en tous sens 

Elémentaire : CP-CE1

Visiter un lieu culturel chargé d'histoire proche de l'école.

visite active, dessin, pavage

 

Danse à l'abbaye

Elémentaire :  CP-CE1 –

Découverte, à travers la danse contemporaine, de l'espace d'un monument historique.

écriture, dessin,vidéo, photos,album, expression corporelle, danse

Ingrid Keusemann, chorégraphe

Pas de deux   Entretien entre Jean-François Bizieau et Nicole Bizieau   J-F Bizieau, danseur-peintre.
Bibliographie        

 

Edito

Avril 2001

 



CréAtions 96 - L’abbaye en tous sens - publié en mars-avril 2001

Edito

 

 Rendez vous avec son corps


La danse est nécessaire. Outil fondamental de la structuration de l’identité, elle permet à chacun d’habiter son corps.

Mise au service de l’expression, elle « sculpte l’espace », apprivoise l’objet, transforme le temps.

« Il serait indispensable au développement de l’enfant que celui ci puisse avoir accès à cette forme particulière d’expression et d’organisation symbolique de son univers, sous peine d’un manque d’intégration globale et d’un appauvrissement de l’esprit et de l’imaginaire. Idéalement, la danse (éducative, créative) devrait avoir sa place évidente, indiscutable dans les projets d’éducation. L’enfant a droit à la danse... » écrit Jacqueline Robinson.

Par l’expression personnelle, la danse permet de se diriger à la rencontre de l’autre pour communiquer ses sentiments, partager ses émotions. Véritable éducation du mouvement, elle est un éveil et un développement sensoriel, perceptif, cognitif, relationnel et créatif des compétences et des connaissances corporelles.

Jacqueline Robinson poursuit : depuis son plus jeune âge, « l’enfant se découvre lui même, apprend à connaître son corps, à le maîtriser, finalement, à l’habiter totalement. Par cette connaissance progressive, il élabore son schéma corporel, son être-au-monde. Il prend conscience des possibilités d’expression de son corps comme étant un instrument propre à traduire les sentiments les plus divers. »

Dès leur plus jeune âge en effet, les enfants de l’Athénée de Waremme osent s’interroger sur l’essence même de l’humanité. A peine plus âgés, ceux de l’école maternelle Franc-Moisin à Saint Denis découvrent et expérimentent leurs possibilités corporelles que leurs aînés de l’école élémentaire Victor Hugo à Epinay sur Seine mettront au service de la découverte partagée d’un lieu historique et architectural fort.

A l’inverse, c’est dans l’espace terne d’une salle de cours ordinaire que des étudiants bordelais sauront communiquer leur énergie.

« Quand tu danses, c’est l’espace qui est comme ton partenaire principal car tu en fais ce que tu veux. Tu le remplis, tu le traverses, tu le sculptes, tu l’écrases, tu le prends, tu lui parles avec ton corps et il te répond. Il devient plein de tes idées et de tes sentiments. » JR

« Les artistes sont des gens très importants. Nous avons besoin d’eux, parce qu’ils nous permettent de rêver et de voir les choses invisibles de la vraie vie. » dit encore Jacqueline Robinson, la pédagogue. L’artiste, Jean François Bizieau répond en écho : « Plus que jamais, nous avons besoin de rêver, d’inventer et d’avoir une pensée sur le monde que nous fabriquons. »

Alors,à notre tour, rêvons, plongeons dans les images de Geneviève Roy et transportons nous à travers la poésie des corps.


Créations           

* les citations sont extraites de l’ouvrage de Jacqueline Robinson : «L’enfant et la danse ».


    sommaire n° 96 


 

Danser l'espace

Avril 2001


CréAtions 96 - Danser l'espace - publié en mars-avril 2001

Département Carrières Sociales - IUT Michel De Montaigne, Bordeaux III - Enseignante: Simone Cixous ; étudiante/animatrice: Babette Gazeau ; Etudiant/photographe:  Marc Dupeyron


 

« La danse peut aller plus loin que les mots »

Comment bousculer l’espace normé, aux places assignées, d’une salle de cours, pour l’investir autrement et libérer ces tensions, crispations, gestes parasites des corps « assis » à longueur de journée ?
Une salle de cours comme les autres, assez grande pour les 40 étudiants du département Carrières sociales (filière Arts, Culture et Médiation) de l’I.U.T. Michel Montaigne, avec tables vaguement en cercle et désordre de chaises et de tables à utilisation variable : la salle sert souvent pour les contrôles. La question de l’espace se pose lorsque cet « ordre » est vécu comme obstacle aux projets du groupe, projets d’expression, d’écriture, d’échange…
« Le corps écoute avant d’agir » les mots arrivent ensuite comme une respiration, un souffle dans le mouvement.

L’exemple du travail de Jacques Lecoq*, avec ses élèves de théâtre enseignant comment « chauffer l’espace, en prendre possession, l’habiter, se servir de ses attitudes comme d’un langage… » fait naître l’envie de dégager l’espace des objets sur lesquels s’arriment, ou se déposent habituellement les corps, tables et chaises, sculptant l’habituelle posture scolaire.

 *Jacques Lecoq : maître de la pédagogie théâtrale, Ariane Mnouchkine, Dario Fo, Luc Bondy, Philippe Avron… ont été « ses élèves ». Une émission en son hommage et diffusée sur Arte, a présenté un film réalisé avant sa mort sur son « atelier des merveilles » (video disponible auprès de la chaîne).

Apprivoiser l’espace

Une étudiante, Babette, propose au groupe, et ce sera l’objet de sa réalisation de l’année dans le cadre du module « expression »* dont j’ai la responsabilité, de prendre possession de cet espace quotidien autrement, à partir de son expérience personnelle de la danse africaine.
Je me retrouve, moi l’enseignante, en position d’observateur, situation inconfortable : les ateliers d’ expression corporelle pratiqués pendant certains stages pédagogiques, très à la mode il y a quelques années, mais peu efficients parce que sans objectifs définis et sans questionnement sur l’importance du corps, du geste, du non verbal dans un espace éducatif, m’ont au moins appris à mesurer les enjeux pour soi et pour le groupe d’une telle rupture avec les repères, codes assignés aux gestes, rapports – proximité, distance – des corps dans l’espace du quotidien. Normes « incorporées » qui jouent comme garantie d’un certain ordre, mais aussi paralysent, associées la plupart du temps à un « encadrement » dans des horaires et des espaces fragmentés. Corps niés ou absents, neutralisés mais qui font signes malgré tout : gestes répétitifs, rires hors de propos, balancements…


 

 

Babette me rassure : elle est consciente de ce qu’elle engage dans cette séance, son contrat avec le groupe est que chacun choisit librement de parti-iper ou non. Elle n’oublie pas non plus la présence dans le groupe de Sylvain sur son fauteuil roulant. Elle s’explique sur ses objectifs : il ne s’agit pas d’expression corporelle mais de danse « sûrement pas d’une approche technique de la danse, ni d’un apprentissage, mais plutôt d’une exploration, d’une découverte d’un rapport plus personnel à la danse. Une mise en risque de l’imprévu, de l’inattendu, un voyage à faire avec l’autre, avec les autres, où l’on s’autorise la découverte, la liberté d’expression ».


  * Module expression
: réalisation qui met en rapport une écriture personnelle avec d'autres modes d'expression : image, sculpture, volume, musique, geste.

écoute, parole, geste, danse

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L'arbre qui donne vie

Avril 2001


 

CréAtions 96 - Rendez-vous avec son corps  - publié en mars-avril 2001

2ème et 3ème années de maternelle
Un projet-théâtre à l’Athénée de Waremme (Belgique) - Enseignante : Françoise Dor


  Quand et comment le travail théâtral que je réalise dans ma classe a-t-il démarré ?

Il faut pour cela remonter à seize ans d’ici, à mon arrivée dans l’enseignement ordinaire à l’Athénée de Waremme, après avoir travaillé quinze ans dans l’enseignement spécial. A Waremme, j’ai d’abord travaillé pendant trois ans avec des tout jeunes enfants (de deux ans à trois ans et demi).


 

J’étais très attirée d’une part par le théâtre pour enfants et d’autre part, par le théâtre réalisé avec des enfants. Et j’étais tout à fait persuadée que c’était là un domaine qui pouvait réellement épanouir et faire grandir les enfants.
Le jeune âge de mes élèves ne m’a pas découragée. Je me suis mise à la recherche d’une personne ressource. J’ai frappé à beaucoup de portes et j’ai fini par trouver une animatrice, Danièle Grenier, qui travaillait à cette époque à  l’Ecole Buissonnière (troupe de théâtre pour enfants). Elle était la seule personne à avoir accepté de travailler avec de très jeunes enfants. Nous avons décidé d’essayer .....

Pendant plusieurs années, nous avons travaillé ensemble, créant de petits spectacles bien adaptés à l’âge et aux désirs de mes élèves. Souvent, on démarrait d’une histoire de J magazine, revue éditée par PEMF pour les enfants de 5 à 8 ans, que les enfants aimaient particulièrement. On travaillait beaucoup l’expression corporelle et les déplacements dans l’espace. Et les décors occupaient déjà une grande place.

Je dois beaucoup à Danièle qui m’a vraiment initiée au travail théâtral avec des enfants. Puis, j’ai changé de bâtiment et on m’a demandé de prendre en charge une classe de deuxième et troisième maternelle. J’ai continué le travail commencé avec Danièle ainsi qu’avec une autre animatrice, Christine Robinson. Celle ci a même organisé de petites formations théâtrales pour adultes auxquelles j’ai participé avec d’autres instituteurs du groupe Freinet.

Puis Danièle a décidé de changé de métier et elle a pris courageusement les chemins de l’Ecole Normale. J’ai du donc trouver d’autres personnes ressources.


 



 

Dans ma classe, il y avait un petit Tristan dont les deux parents travaillaient dans le domaine du théâtre. J’ai d’abord travaillé pendant environ trois ans avec la maman de Tristan : Martine Quaglia. C’est elle qui nous avait aidés à l’élaboration de notre spectacle « Jouets » joué lors de notre exposition « Expressions d’enfants » en novembre 94.
Ensuite, j’ai travaillé avec le papa, Nicolas. Et depuis ce temps, notre collaboration, très fructueuse n’a pas cessé...

Nous avons pendant de très (trop) nombreuses années présenté notre travail à la fête scolaire de l’école c’est à dire toujours dans de mauvaises conditions : trop grande salle, mauvais éclairage, mauvaise sono, stress,... Mais depuis deux ans, les choses ont changé. J’ai obtenu l’autorisation de présenter notre travail dans une petite salle, dans le bâtiment où je travaille, uniquement pour les parents et amis de la classe, à la date de notre choix, avec un bon éclairage, une bonne sono (matériel emprunté gratuitement au service d’Aide à la Jeunesse – organisme provincial belge).

Dans cette petite salle, nous avons pu mieux montrer et mettre en évidence tout le travail corporel et créatif réalisé avec les enfants.

C’est ainsi qu’il y a deux ans, nous avons présenté un petit spectacle très intime : « L’arbre qui donne vie ». Ce projet-théâtre nous a tous passionnés : enfants et adultes.
 

Souvent, les gens me demandent : « Comment ça a démarré ? Comment choisis-tu ton thème ? »
Cela varie très fort d’une année à l’autre, bien sûr.L’année précédente, nous nous étions passionnés pour « La flûte enchantée » de Mozart (voir Créations n° 93) grâce à une merveilleuse animation que nous avions vécue en classe avec Myriam Sarle
t.

 

écriture (dictée à l'adulte), dessin, peinture, expression corporelle

    sommaire n° 86 


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Une activité artistique en partenariat

Avril 2001

 



CréAtions 96 - L’abbaye en tous sens - publié en mars-avril 2001

Projet mis en oeuvre dans la classe de Philip Lavis et Marylène Lelay (grande section) - Intervenante : Chloé Ban de la compagnie DCA - Extraits d’un texte rédigé par Philip Lavis, Alain Mary et Roger Müh

 

  Une activité artistique en partenariat: la danse

 

L’utilité de l’art c’est de n’avoir aucune utilité […]
L’art a pour vocation de dire le non-dit, afin d’en alléger la charge. C’est un cri, un espace non censuré du désir, l’expression d’un droit à la différence que l’homme perd petit à petit partout ailleurs. »
Ionesco

 

 

Art et culture


Pour apprendre, l’enfant a besoin de tout son être, de multiplier les expériences, de ne pas séparer approche concrète et tentative d’abstraction, aussi bien de recourir à l’imagination, l’invention, l’adaptation à des situations nouvelles que de développer ses capacités rationnelles et la mise à distance critique.
Art et culture sont intimement liés. Il se trouve que c’est dans l’Art que se concentrent les valeurs d’une société et que ces mêmes valeurs sont mises à distance. L’Art permet de “ remodeler ” le réel. “ L’Art rend visible sans reproduire le visible ” G. Deleuze
Derrière le mot culture, on trouve la notion de “ patrimoine ” à transmettre (un “ bien ” collectif) et en même temps la recherche de “ valeurs communes ” à différents groupes humains, valeurs passant du “ particulier ” ou du local à l’universel.
“ L’Education Artistique à l’école a une double visée esthétique et culturelle : esthétique au sens éthymologique du terme : explorer le monde à l’aide de tous ses sens avec émotion, intelligence et sensibilité ; culturelle, au sens où elle favorise la rencontre avec les lieux et les objets reconnus comme porteurs de valeurs, et la possibilité, pour l’enfant, de développer sa réflexion critique, sa capacité de comparaison entre des oeuvres qu’il convient de rapprocher, de confronter ou d’opposer.” (L’éducation artistique à l’école, Savoir Livre CNDP).

                                                                          

 Les enjeux


En pratiquant une activité artistique à l’école, on peut prétendre re-trouver la “ Chose artistique ” à condition de situer les enjeux. L’école est un lieu où l’on apprend. Il s’agira d’apprendre à goûter, à comprendre (prendre avec) avec ce qu’on a, ce qu’on est, avec ses référents familiers. Devenir un amateur (celui qui aime), un être curieux qui s’étonne, un être capable d’écouter, de s’écouter, d’écouter les autres. Pour cela, l’enfant a besoin d’acquérir des repères. Dans une activité artistique, l’enfant découvre, en outre, le travail de la pensée qui analyse, compare, prévoit, mémorise, développe des compétences essentielles et transversales. Il s’agit de mettre en relation, sans confusion, l’activité artistique avec tous les apprentissages et l’expérience globale de l’enfant, de refuser des intimidations “ technicistes ” : faire, tenter, progresser, reprendre, expérimenter...L’art n’est pas jaillissement, “ spontanéité ”, il est plaisir de la reprise, variation. L’art avec les enfants doit être découverte, exploration, guidage.

Redonner confiance


On entend ici ou là des propos qui dévalorisent les activités artistiques à l’école : “ L’art est un amusement... A quoi ça sert ?... Je n’ai pas de temps à perdre... Ces enfants sont trop faibles, il faut renforcer la lecture ”, etc. Souvent, ces affirmations recouvrent une vision péjorative du jeu dans les processus cognitifs. L’éducation artistique développe les capacités intellectuelles, la sensibilité, l’imaginaire, en recourant aux conduites ludiques, qui sont essentielles dans les processus d’acquisition de l’enfant.Dans le développement des compétences transversales, la sensibilité, la sensorialité, et les capacités cognitives sont en interaction dans les situations d’apprentissage.
Les activités artistiques mobilisent très souvent des compétences ignorées ailleurs et contribuent ainsi à revaloriser certains enfants. Elles leur redonnent confiance en eux et aident à leur meilleure intégration scolaire.
La culture artistique joue un rôle social dans la société et dans l’école :une société ne trouve pas uniquement son sens dans des activités “ utilitaires ” et “ productives ”. En confrontant très tôt l’enfant à d’autres formes de sensibilité, l’éducation artistique contribue à éduquer à la tolérance, à la citoyenneté. Elle favorise aussi la cohésion sociale et le partage des valeurs communes. Bien qu’activité en apparence “ gratuite ” et “ désintéressée ”, la pratique artistique mobilise chez l’enfant des compétences fondamentales (connaissance de soi et des autres, goût à entreprendre, sens des responsabilités et de la prise en charge de soi-même).
“ L’utilité de l’art c’est de n’avoir aucune utilité (...). L’art a pour vocation de dire le non-dit, afin d’en alléger la charge. C’est un cri, un espace non censuré du désir, l’expression d’un droit à la différence que l’homme perd petit à petit partout ailleurs. ” a écrit Ionesco.

Après le chant, la danse...


Nous sommes dans la Z.E.P. Franc-Moisin à Saint DENIS , dans la classe de grande section de Philip Lavis et de Marylène Lelay, de l’école maternelle Franc-Moisin. L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet d’école dont un des axes prioritaires est l’éducation à la citoyenneté. De fait, les domaines de la musique et de la danse favorisent le développement de l’autonomie dans l’espace et par rapport aux personnes, une meilleure écoute et le respect de l’autre, qualités essentielles pour vivre ensemble.
L’atelier suivait un travail de plusieurs années sur le chant, et l’éducation musicale dans la classe et plus largement dans l’école, par la constitution d’une chorale d’enfants. Les sonorités, la voix, le chant avaient été largement explorés au sein de la classe mais cependant un besoin s’était fait sentir : en effet, le chant contient également du corporel qui nécessite d’être exprimé. La danse constituait un excellent canal par lequel les enfants peuvent s’exprimer plus intensément par le mouvement.

 


Un partenariat cohérent


Durant le premier trimestre, les sonorités ont été explorées à travers des instruments de percussion et des objets sonores, en associant gestes et mouvements dans l’espace. A partir de fin janvier, un travail spécifique a été mené par une artiste chorégraphe, Chloé Ban, pendant douze à treize semaines, avec des temps de concertation entre les différents acteurs du projet, indispensables à sa réussite.
Si l’école n’est pas le lieu exclusif des apprentissages artistiques, elle demeure le lieu des apprentissages nécessaires à l’élaboration des significations. Le maître en fonction du projet d’école, dans le cadre d’un projet d’équipe (au sein d’un cycle, d’une école ou d’un regroupement pédagogique), en plus des connaissances ou de l’aide qu’il apporte aux enfants, pour structurer leur apprentissage, assure la mise en cohérence des informations multiples que l’enfant est amené à recueillir dans l’école et hors l’école. Sa fonction est essentielle, tant dans son rôle d’enseignant que dans les actions en collaboration que nécessite tout partenariat. Ce partenariat peut prendre des formes diverses (interventions ponctuelles ou régulières). Le partenariat repose sur le souci d’une meilleure efficacité de l’éducation artistique, il introduit une conception nouvelle des apprentissages. Pour le maître, il implique une recherche sur les contenus, les modalités et la complémentarité de ses interventions et celles du professionnel culturel. Si l’école reste évidemment le maître d’oeuvre de cet enrichissement de l’action éducative, la confrontation des points de vue, des compétences et des langages modifie positivement les représentations, les pratiques, les savoirs et les savoir-faire au bénéfice des élèves.
 

la marche de l'éléphant

le petit ballon

écoute,  mouvement, danse

    sommaire n° 96 


 

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L’abbaye en tous sens

Avril 2001

 



CréAtions 96 - L’abbaye en tous sens - publié en mars-avril 2001

Classes de CP et de CE1 - Ecole élémentaire G. Monmousseau - Méry-sur-Oise (Val d’Oise) - Enseignantes : Maud Léchopier et Isabelle Desjardins

En début d’année, nous emmenons nos élèves visiter l’Abbaye de Maubuisson, un lieu culturel chargé d’histoire proche de notre commune.

Une exposition permanente intitulée “ Histoires de femmes ” retraçant la vie des nonnes et l’histoire de l’Abbaye est installée dans la salle du Parloir et la salle du Chapitre. 

 

Pour pouvoir découvrir les lieux dans de bonnes conditions, les enfants sont répartis en petits groupes et vont tour à tour:

- se promener dans le parc pour s’imprégner de la dimension historique du lieu et observer l’architecture du bâtiment;

- circuler dans les salles pour visiter l’exposition et ressentir l’atmosphère si particulière d’un endroit hors du temps et de l’espace.

Afin de les guider dans leurs découvertes, nous leur proposons :

- une exploration des activités ludiques mises en place dans l’exposition,

- habiller une poupée en nonne,

- construire la maquette de l’Abbaye,

- reconstituer le puzzle d’une reproduction d’un vitrail,

- retrouver les différents moments de la journée d’une nonne ...,

- une écoute active des chants des moniales,

- une observation et reproduction des écritures et enluminures, des objets usuels, du sol ... sur leur carnet de croquis.
 

 



 

 

Outre l’exploitation historique de cette visite, les élèves de chaque classe vont réinvestir différemment leurs productions. Les enfants de CE1 vont faire des travaux autour de la calligraphie et des enluminures.

Les enfants de la classe de CP proposent de décorer la porte de leur classe en reproduisant les différents pavages du sol de l’Abbaye.

Après un travail mathématique autour du carré, ils vont donc réaliser un pavage en collant des carrés de papier dont les couleurs sont proches de celles du carrelage de l’Abbaye.

 



Les enfants ont été sensibles à la richesse de ce lieu et auront l’occasion d’y retourner, l’Abbaye accueillant, dans ses autres salles, des expositions temporaires.

    sommaire n° 96 


 

 

 

visite active, dessin, pavage,

 

Pas de deux

Avril 2001


CréAtions 96 - Rendez-vous avec son corps - publié en mars-avril 2001

                        Conversation entre un danseur-peintre, Jean-François Bizieau,

                                              et une conseillère pédagogique Arts Plastiques, Nicole Bizieau.


Jean-François Bizieau - Pour se lancer dans un projet aussi important que celui de devenir artiste, on doit s'y engager avec tout son être, et c'est souvent toute une vie qui prend sens autour de cet engagement. Etre artiste c'est tout d'abord oser faire un choix, parler du monde réel mais aussi oser le rêver, l'imaginer en son propre nom, se mettre en situation de danger.
Ce que l'homme tente alors d'offrir au regard, le résultat (jamais définitif) de ses recherches n'est ni une copie de la réalité, ni une vision en décalage (voire à l'opposé de celle-ci) mais ce réel là qui lui est propre, ce monde là qui lui appartient, enfin un corps : ce corps.
L'image, l'émotion montrée est belle et bien celle du monde qui est sien parce qu'il y existe, lui donne sa vie. Son geste se pose comme son propre reflet. Il s'agit d'exister véritablement et de vivre l'aventure pleinement pour affirmer sa présence en tant que corps "agi et perçu". Il se tourne vers son prochain, ce n'est plus lui qui donne à voir mais l'autre qui devient lui, cette image du monde qui devient son monde.
Il me serait impossible de réaliser un monde où je ne serais pas et qui serait pur objet de contemplation survolante.
Lorsque je peins, je vis en toute conscience la scène que je représente, je suis le personnage qui vous regarde, je pourrais aussi bien être le paysage qui vous contemple.
Lorsque je danse, je vis sereinement le danger de mettre mon corps devant vous et suis tout enclin à la poésie. Je m'amuse de ce danger, j'expérimente ma présence au monde.

Nicole Bizieau - Danser est une expression, une proposition d'interprétation du réel parmi tant d'autres. C'est un langage, un besoin de communiquer par le geste-image, le geste-signe, le geste-sens qui puisent leur réalité dans la mémoire du corps comme dans la mémoire sociale, culturelle.

   A l'origine, le corps

N. B. - Le corps chez l'enfant bouge et exprime des états d'être. Au fur et à mesure qu'il grandit, le geste s'étiole par perte d'habitude mais bien plus encore par tabou du corps, surtout dans nos sociétés occidentales. Nos corps sont engourdis, guindés, retenus … interdits. Il n'en est pas de même, dans d'autres sociétés, africaines en particulier, qui ont gardé tout le sens de l'expression du corps pour manifester un langage de l'esprit comme de l'âme.

J.F. B. - Cette expression là puise dans des traditions ancestrales qui nous parlent d'humanité.

N. B. - Nos sociétés ne produisent plus ce type d'expressions. Ne devons-nous pas lutter contre ce repli sur soi ? Contraindre le potentiel naturel du corps est probablement source de violences, soupapes d'énergies trop contenues.
La libération positive de ce potentiel ne pourrait-elle pas nous aider à lutter contre ces violences, contre LA violence ?

J.F. B. - Nos racines sont vitales. Sans le respect de notre énergie ancestrale, nous resterions comme orphelins de nous-mêmes, contrits dans un corps sans histoire et sans lendemain. L'homme sans ses racines dépérit, tourne en rond, à la recherche de quoi ? Il ne sait sans doute plus. Enclin à l'inertie, à l'abrutissement de ses sens, il peut entrer dans (ou céder à) un état de grande violence à l'égard de son prochain, de lui-même.

   Tout langage est à construire

N. B. - On peut tout dire avec des mots à condition d'en connaître le sens et de maîtriser la syntaxe qui permettra d'exercer l'art du langage ; pourquoi ne pourrait-on pas tout dire avec le corps ? Une condition cependant : comme pour le verbe, il est indispensable de connaître la force d'un geste, la signification qu'il exprime envers l'interlocuteur visuel, et de savoir lier les mouvements harmonieusement et de façon cohérente pour aboutir au phrasé gestuel.

J.F. B. - C'est un rapport particulier avec l'autre mais aussi avec soi-même qui s'instaure, un nouveau rapport à l'espace, à la forme et au temps qui se met en place. C'est un corps à corps.

   Accès au domaine chorégraphique

N. B. - D'abord il y a le geste, nécessaire, puis il y a toutes ses déclinaisons possibles qui permettent de passer de l'ordinaire naturel à une chorégraphie, une énergie humaine mise en scène où le corps répond à ce que l'esprit propose.
La danse met en lumière la dimension poétique du corps humain. Puissions nous sensibiliser chacun à une représentation de son expression par son corps dans le plaisir de créer mais aussi la nécessité d'apprendre :
d'apprendre son corps pour mieux le libérer, l'utiliser,
d'apprendre sa pulsation,
de libérer ses pulsions internes,
de considérer la réalité de l'espace,
de répondre aux sollicitations extérieures sonores, visuelles, événementielles, …

J.F. B. - Puissions - nous faire que la danse tout en développant l'écoute des sensations physiques, devienne par le corps le prolongement de l'esprit pour accéder à la poésie !

N. B. - Les types, les styles de danse sont suffisamment nombreux pour permettre à chacun de retrouver la route de son corps, l'énergie pour le mouvoir et jouer avec ses intentions.
Petits gestes, mimiques, attitudes, grâce, vitesse, énergie, amplitude, rencontres, rythme, variations, poids, légèreté, espace temporel et relationnel, symbolismes… Tant de pistes sont tracées lorsqu'on ouvre la porte à la danse.
Qu'elle soit contemporaine, jazz, de salon, hip hop, classique, folklorique, traditionnelle … maladroite ou maîtrisée, chacun peut trouver le domaine où il rencontrera le plaisir de "bouger", de construire son propre langage du corps.

Le langage chorégraphique se construit comme tout autre en explorant d'abord ce dont chacun dispose en soi comme matériau nécessaire. Ensuite il faut passer de ce capital à sa mise en valeur.

J.F. B. - Le langage chorégraphique s'articule d'abord autour d'un projet, d'une idée, d'une envie de nommer, de dire quelque chose de façon figurative ou abstraite.

N. B. - Le geste naturel simple peut devenir chorégraphique si l'on prend conscience de son pouvoir d'expression par l'alchimie d'une amplification, d'un rétrécissement, d'une répétition, d'un rythme contrôlé, choisi, ralenti accéléré, la découverte de l'espace, sa gestion et son appropriation, qu'il soit vide ou encombré, vaste ou étroit …

  Du potentiel personnel à la créativité

N. B. - Comment passer de la richesse du potentiel humain en déclenchant la spontanéité première source d'expression, à la découverte de la créativité ?
La dynamique du corps ne suffit pas, c'est l'esprit par la découverte de ses sensations et des effets produits qui va permettre la compréhension et le contrôle de la gestuelle. Prendre conscience de son corps et l'utiliser pour s'exprimer : vaste programme dans l'éducation du petit humain. Apprendre par le plaisir, exprimer ses sensations, découvrir les lois de l'équilibre, des appuis, se réaliser avec l'autre rencontré, dialoguer, s'approprier l'espace, maîtriser le temps, se jouer des rythmes, des sons, des images, communiquer par tout son être et son identité singulière, offrir une proposition de sa perception des choses, du monde qui le sollicite.

J.F. B. - Il ne faut pas hésiter à se rassembler autour d'un projet, partager pour rebondir.

N. B. - Comme pour tout autre mode d'expression, il y a donc nécessité d'offrir à chacun des situations permettant la rencontre, la découverte, l'exploration, l'expérimentation, l'appropriation de tout ce potentiel existant en soi, pour mieux s'exprimer par le corps si le cœur lui en dit.

    Assumer, revendiquer sa créativité et son mode d'expression.

J.F. B. - Il faut supprimer cette idée que l'on s'excuse presque de danser. Il faut oser parler en son nom, donner sa vision personnelle, son monde propre. C'est une proposition du réel que chacun peut faire parmi tant d'autres. C'est la seule qu'il puisse montrer en son nom propre parce que c'est impossible autrement. Il faut en finir avec l'excuse de l'artiste fou ou inconscient. Tout homme qui essaie de danser, peindre, … ne peut qu'assumer ce qu'il fait et ne montrer que ce corps là qui est le sien sous la totale maîtrise des sens.
Parce que le danseur joue "sa partie" dans l'image qu'il va donner à voir de lui-même et de l'autre par lui-même, il ne peut plus tricher à l'intérieur de cette réalité qui l'incombe.
Parmi les taches de lumière et d'ombre, les gestes, l'espace, les formes qu'il propose, il pourrait risquer de se perdre et avec lui son entourage, l'identité des choses.
Le danger est présent. C'est une prise de risque, une responsabilité.
La danse est ce danger là, pris dans ce face à face entre "Autrui" et "Moi", tout entier entre Art et Néant.

Quel est l'endroit privilégié choisi pour construire ce monde qui m'attend ?
Le réel est là devant celui qui s'essaie à la création : tout puissant.
Pourtant, il ne s'agit pas d'en rester à une simple "mimésis", copie de la réalité. Il faut aussi ouvrir l'œil intérieur, celui de l'imaginaire, pour que la vision, dépassant la simple perception, se fasse compréhension profonde : on assiste alors à l'avènement d'une autre vérité du visible, quelque chose comme dire vrai sans se plier au vraisemblable.

Ainsi sommes-nous devant le réel, prêts à le "vivre pour nous", à le transgresser si on en ressent la nécessité pour en parler plus librement.

    Danser pour soi et/ou pour les autres ?

N. B. - De même que l'édition implique un travail de fond dans la recherche d'une "perfection" écrite, qu'une exposition nécessite du sens, le spectacle de danse est un prétexte à une expression plus élaborée, justifiée.
Les temps de mise au point et de répétition, de préparation d'un spectacle, le rendez-vous avec le trac, sont des temps d'interrogation, de rencontres, de confrontations qui permettent de passer du besoin d'exprimer au besoin de communiquer sa production à un groupe social semblable ou différent. Le spectacle est un aboutissement.

… sans lequel l'artiste s'enfermerait dans l'autisme.( J.F. B.)

N. B. - L'expression artistique, quelle qu'elle soit, pourrait-elle se satisfaire de son existence en vase clos ? Elle interroge l'auteur, l'interprète et ne se grandit-elle pas, ne se construit-elle pas non plus si elle interroge l'autre ?
Ces temps de rencontres entre créateurs, interprètes et spectateurs sont des convocations culturelles dont on peut difficilement faire l'économie.

    Conclusion

J.F. B. - Aujourd'hui plus que jamais, notre quotidien s'est rempli d'une utopie futuriste. On nous parle d'un monde au-delà du nôtre, d'une possible odyssée de l'espace à la découverte d'autres civilisations. Nous rêvons…
Aujourd'hui nous avons besoin d'ordre et d'organisation, nous avons certes besoin d'hommes d'affaires et de scientifiques, d'idoles aux corps athlétiques mais plus que jamais nous avons besoin de rêver, d'inventer et d'avoir une pensée sur le monde que nous fabriquons.
Nous avons besoin d'artistes qui s'envolent dans un saut de l'ange pour peut-être voler vers un jour nouveau.
Le futur appartient aux enfants ; qu'ils n'oublient surtout pas le saut de NIJINSKY* qui nous avait propulsé dans le monde moderne nous emplissant d'espoir, il y a presque un siècle !

*Vaslav NIJINSKY ( Kiev 1890. Londres 1950 ) est l'un des danseurs chorégraphes les plus importants du début du vingtième siècle. Ses contemporains disaient de lui que lorsqu'il sautait, il restait quelques longs instants suspendus avant de retomber sur le sol. On parle d'un bond prodigieux qu'il effectuait pendant le spectacle "Le spectre de la rose" en 1911 dans les Ballets Russes. Aujourd'hui il est devenu une véritable
légende. Il propulsa l'art de la danse dans une grande modernité, chorégraphiant avec les Ballets Russes le célèbre "Prélude à l'après-midi d'un faune" où il interprétait le rôle du faune. En 1912, la pièce fut présentée à Paris. La chorégraphie en était si révolutionnaire qu'elle provoqua le scandale dans le monde du spectacle. Mais elle s'imposa et fut reconnue comme une œuvre fondamentalement nouvelle, ouvrant la route d'un nouveau monde chorégraphique vers la danse moderne.

 

 Etrange attentat

La compagnie du Sixième étage - Une performance chorégraphique et théâtrale

Aujourd'hui, deux anges sont entrés par une fenêtre restée ouverte sur le corridor du sixième étage. Ils ont replié leurs ailes invisibles pour se jouer de nos sens, se sont mis à danser.
" Vous êtes morts… Bienvenue !" a proclamé le plus grand, l'œil rieur. Le plus petit s'est empressé d'applaudir pour nous inviter au voyage vers un au-delà fantaisiste.
Puis des images, parasites, neiges et brouillards électroniques sont arrivés comme de nulle part pour nous projeter dans un état de douce torpeur, pour nous baigner dans une atmosphère céleste bleue sombre à l'ombre de nous-mêmes.

Inventer est la chose la plus difficile qui soit.
La création commence là : quand la pensée connue finit, et que l'on sort des sentiers déjà piétinés, répétés, recopiés, imités.
La Compagnie du Sixième Etage a choisi de se réaliser autour de projets mêlant différentes disciplines artistiques. A la croisée de la danse, du théâtre et des arts plastiques, Jean-François BIZIEAU et Pascal RENAULT construisent un univers mental spécifique où déambulent des personnages espiègles, où se collent le geste et le mot avec surprise. Au beau milieu d'un paysage chorégraphique éclaté, comme suspendu entre tourbillons et marigots poético-politiques, en deçà des océans de la reconnaissance, existe un monde où ils ont trouvé refuge.
"Etrange Attentat" s'organise autour de l'idée de proximité avec le public et se joue ici ou là, dans la cuisine d'un grand restaurant, le bloc opératoire d'un hôpital, le grenier de votre immeuble, la salle de classe d'un lycée scientifique… hors cadre habituel du spectacle.
Au cours du temps, les artistes et leurs modes d'expression ont évolué, ils se sont tournés vers l'échange entre les disciplines, leur art est fragile et singulier.
Ouvrons les yeux… Ca commence !  

Camille ROCHWERG – Plasticienne et journaliste sur internet

Système Castafiore / La compagnie

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Bibliographie

Avril 2001

 


CréAtions 96 - L’abbaye en tous sens - publié en mars-avril 2001

Bibliographie

 

• La Valse, la révolution du couple en Europe, Rémi Hess, Ed. A.-M. Métaillé, 1989, (2ème édition)


• Le Tango, Rémi Hess, Ed. PUF, Coll « Que sais-je ? », 1996.


• Les Tangomaniaques, Rémi Hess, Ed. Anthropos, 1998.


• Les Trois Temps de la valse, Rémi Hess, Ed. Plume, 1996.

 

Danse, Education et Société, Pour n°145, coordonné par Rémi Hess et A. Welland, 1995.

Un des théoriciens de l’analyse institutionnelle et de l’ethnologie de l’éducation, se penche à partir de 1979 sur une anthropologie de la danse. L’auteur s’intéresse au rôle de la danse dans l’éducation. Il rappelle son rôle dans l’éducation de la noblesse mais étudie aussi son rôle dans l’apprentissage de la socialisation et du goût de vivre à l’œuvre dans les danses socialisées et les bals populaires.


Les Verbes de la danse, Suzanne de Soye, Ed. L’Arche, 1991.

Il s’agit du trésor des verbes utilisés dans les écoles de chorégraphie. La danse est action dans un espace et en un temps de représentation ; il est donc normal que les éducateurs des classes de danse et de ballet se soient emparés des verbes. L’actrice éclaire ainsi quelque 107 verbes communément employés, accompagnés de schémas explicatifs. Un dictionnaire pour entrer en danse, certes, mais aussi un lexique fabuleux pour des ateliers d’écriture voire une réflexion sur le corps. Un judicieux outil pour travailler le rapport du corps et du langage.


• Céline, l’enfant ballerine, Michèle Mira Pons, photographies de Nicolas Pacaret, Ed. Hachette Jeunesse.

Entre documentaire et biographie fictive d’enfant, ce livre pour les pré-adolescents présente l’univers du Conservatoire de musique et de danse de Paris. On regrettera l’absence de regard critique sur de pratiques où la coercition est à l’origine d’un discours sur l’expression artistique du corps. Le récit est accompagné d’un dossier sur la danse.


• La Danse hip hop, Marie-Christine Vernay, Ed. Gallimard-Cité de la Musique ‘livre + CD).

Ce livre et son CD s’adressent aux 11-15 ans. Très dynamique, il présente la danse tant au niveau historique que pratique, mais aussi en lien avec son environnement vestimentaire, spatial. Un lexique et un carnet pratique complètent avantageusement le tout. On trouvera dans la même collection La Danse moderne et La Danse Jazz.


L’enfant et la Danse, Jacqueline Robinson, auto édition 1988.

Destiné aux enfants et aux jeunes comme aux éducateurs, ce livre d’une grande pédagogue montre un très rand respect pour le corps et l’expression de l’enfant.


• Vidéo « Enfant Danse, Danse à l’école » CDDP Eure-et-Loir (BP 27 28001 Chartres Cedex) 1995, 41 minutes.


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