Les hommes ne naissent ni libres ni égaux en droits, les enfants encore moins

Novembre 1996

Des millions d'enfants meurent chaque année ; d'autres sont livrés à la prostitution, enrôlés dans la guerre, réduits en esclavage, soumis au travail avant 12 ans, victimes de violences sexuelles, de sévices physiques... y compris dans des pays d'Europe. Il est donc nécessaire que le combat pour leur défense et leur protection s'amplifie.(1)

Il ne suffit pas de s'apitoyer sur la médiatisation de ces injustices, mais il faut se mobiliser en exigeant, par nos actions, que soit mis fin à de telles pratiques.
Aujourd'hui, la montée de la violence dans les écoles, collèges ou lycées n'est-elle pas une réponse au non respect des droits et de la dignité des enfants et des jeunes ?
Le 20 novembre 1989, jour anniversaire de l'adoption de la déclaration des Droits de l'Enfant de 1959, l'Assemblée Générale des Nations Unies adoptait à l'unanimité la Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant. La convention est entrée en vigueur en France le 6/09/90. Dans notre pays même, nous devons être vigilants afin que des mesures soient prises pour l'application de la convention et que les libertés et les droits de l'enfant passent dans la pratique des individus et des institutions.
A l'heure où tous se penchent sur la recherche de solutions, du Ministre à l'enseignant, l'école ne peut plus continuer à fonctionner hors du champ du droit. Les libertés fondamentales ne doivent plus s'arrêter à sa porte.
Or, les programmes de l'Education Nationale ne font aucune mention des textes de la Convention et de leur application dans le cadre scolaire.
Le 20 novembre est la journée des Droits de l'Enfant. Utilisons donc cette occasion pour diffuser, faire connaître et expliquer les textes de la Convention, encore méconnus. Profitons de cette opportunité pour réfléchir sur les modalités de leur application, pour leur faire une place dans les projets d'écoles... Peut-être cette citoyenneté dont on parle tant pourrait-elle déjà commencer par la connaissance des droits et devoirs de chacun ?
Nous invitons tous les militants des Droits des Enfants à profiter de cette journée pour réfléchir collectivement à une nécessaire transformation des pratiques pédagogiques et éducatives.
 
Nicole Bizieau, J.Marie Fouquer C.D de l'ICEM.