CréAtions N° 74 – nov-déc 1996 - Calligraphie-Ecriture

Octobre 1996

 


CréAtions N° 74 - Calligraphie/Ecriture

novembre/décembre 1996

 
Equipe de rédaction : Nicole Bizieau, Annie Crocherie, Agnès Joyeux, Maud Léchopier, Jeannette Go, Hervé Nunez, Eliane Sayou, Annie Solas.


 Sommaire
Titre et chapeau
Niveau classe
thème
Techniques utilisées
artiste
  Ecriture    édito    
  Calligraphie Collège Une expérience menée avec une vingtaine d'élèves au CDI Calligraphie  
  De la recherche graphique à l'expression Maternelle: section des tout-petits Comment faire naître le désir d'agir sans nuire à la spontanéité du geste créatif ? Craies
Encre
Feutres
Peinture

 
  Des graphismes pour une affiche Maternelle Réaliser collectivement une affiche pour diffuser une information Graphisme
Ecriture imaginaire Elémentaire: CP Prendre conscience que les écrits peuvent adopter des formes différentes

Peinture
Signe
Ecriture (dictée à l'adulte)

 
  De l'écriture à la calligraphie

Maternelle: MS
Elémentaire: CP

Des enfants de CP et de maternelle partagent des moments de vie.

Porte-plume Feutre
Craies

Pinceau
Ecriture

Calligraphie

 
La calligraphie   définition Calligraphie  
Agir sur le paysage Elémentaire Une action inscrite dans la durée - Se mesurer au temps et à l'espace Peinture
Traces Installations éphémères In-situ
Corps
Michel Barjol
Michel Barjol, l'ordonnance du paysage rêvé   Un contemplatif qui aime voir se développer le cycle de la nature. Encre de chine Michel Barjol, artiste
Le monstre de la forêt Elémentaire: CM Un projet dépassé par l'imaginaire des enfants Ecriture
Volume par assemblage
F Walas, sculpteur, L. Rosenblat, écrivain
Eduquer à la citoyenneté par l'expression plastique Elémentaire La Semaine de l'école publique à Roanne Peinture  

Histoire d'un tableau

Artiste "Mes travaux se présentent comme des tableaux en relief"   Marc Bellanger, sculpteur
Poèmes

Collège: 3e

Pour libérer l'expression Poésie  
Un matériau de création : la pâte à modeler ... Maternelle: PS ... pour s'exercer à représenter les images séquentielles d'un conte. Pâte à modeler  

 

 

Edito Créations n° 74

Décembre 1996

 

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996

Hervé Nuňez

 

Ecriture

 

La calligraphie est, selon Le Petit Robert, «L’art de bien former les caractères de l’écriture.»

Cette définition définitive conforte l’attitude des maîtres qui font des « lignes » l’activité principale de contact avec l’écriture. Elle doit par contre faire violence à tous les pédagogues qui pensent comme l’artiste Degottex que l’écriture est l’expression de «la pensée en mouvement».

Les peintres de toutes les époques ont mis volontiers du verbe dans leurs peintures. Mais celui-ci était souvent seulement informatif. Aujourd'hui, les artistes l’utilisent comme objet plastique.

Ainsi, Anne-Marie Jugnet propose des mots-néons écrits de façon manuscrite, flottant entre deux arbres dans l’île du Centre d’art de Vassivière. Nous pensions ici être en contact direct avec la nature… ces textes qui luisent dans le bois nous rappellent la permanence du verbal dans notre rapport au monde.

Ainsi J. Pollock met en relation deux précepts considérés comme opposés : la ligne abstraite et la couleur concrète. Pollock invente la ligne-couleur qu’il déploie «à la manière» d’une écriture dans ses Dripping.

Ainsi Christian Dotremont écrit ses Logogrammes directement sur la neige de Laponie, soumettant l’instant de l’écriture au jugement du support.

La liste n’est qu’entrouverte mais déjà des problématiques apparaissent : à l’opposé de la «belle lettre», le désir de ces artistes est de retrouver le sens de l’écriture. Interrogeant le visible entre le lisible et l’illisible, entre le mot et la chose, entre le signe et sa trace, entre le concept et l’affect, ils veulent revenir à l’origine de la perception et du geste.

Car l’écriture est aussi une image. Elle est une « gestuelle » de l’être: la «quantité objective» des mots (référent) n’est jamais dégagée du scripteur. Celui-ci transporte avec lui une «qualité subjective» déterminante (choix des mots, syntaxe, style et… matérialité de l’écriture).

Les artistes (et d’autres) ont pensé que l’image et la lettre ont été séparées en Occident, contrairement à d’autres civilisations qui ont gardé la trace d’une expression dans l’écriture. La calligraphie leur semble devenue ornement ou décoration. Leur désir est d’en réaffirmer le sens.

Car ceux pour qui l’écriture est un outil sont facilement passés du manuscrit à l’imprimerie et au clavier, générateurs de signes préformés. Ils ont le sens de l’efficacité, de lisibilité. Pour eux, l’écriture manuscrite, bien que « caressante » génère les ratures, les réécritures, le temps perdu et peut-être aussi l’effort difficile, humiliant, du dévoilement de soi dans la «trace»: «taper» un texte est beaucoup plus rapide, maîtrisé, anonyme jusqu’à l’immatérialité…

Et Le Petit Robert de donner des lettres de noblesse à la calligraphie pour mieux la ranger du côté du sacré et de l’inutile. Eh bien, non ! Fini les «belles lettres» formées par des enfants sages et dociles! Vive les lettres qui crient, qui parlent à nos yeux et à nos oreilles en même temps. Et que l’on entend; Vive les lettres qui déploient partout leurs arabesques sur les murs ou sur la chaussée en face de l’école et qui nous disent le bonheur ou le malheur d’être.

Car ce que veulent les pédagogues Freinet, c’est mettre en rapport les enfants avec la connaissance de tout ce qui donne du sens, pour qu’ils puissent être plus attentifs au monde, mieux le comprendre et mieux se comprendre eux-mêmes.

Pour cela, en même temps que le traitement de texte et les réseaux interactifs, la calligraphie en tant que trace première ne doit pas être oubliée.

Hervé Nuňez


 

 

 

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 Edito

 

Calligraphie

Décembre 1996

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996

Collège Lei-Garrus, Saint-Maximim (Var) – Intervenant : Thierry Hamy - Professeur : Bernard Vanmalle

Calligraphie

 

Une expérience menée avec une vingtaine d’élèves dans les locaux du CDI 

 

Créer, oui, mais pour se créer.
Libérer sa forme et se libérer
par rapport à elle
en jouant avec : en la multipliant
puis en créant une organisation
dans l’espace – en cherchant
des variations, des déformations,
des additions.


Noëlle Couraleau

 

 


 

 


 

L’objectif est d’explorer un domaine artistique qui développe des capacités peu prises en compte au collège, telles que la concentration dans le plaisir, la création tournée vers l’intériorité et la découverte de soi.

L’activité se déroule en une journée tous les deux mois pour les enfants volontaires de 11 à 16 ans. Des séances de travail libre permettront le réinvestissement des acquis.

Le choix de l’écriture des poèmes, du thème, des couleurs est laissé à l’appréciation des jeunes.

L’attention de l’intervenant s’est focalisée sur les moments de création, pour accueillir l’idée et aider l’enfant à l’exprimer. Ainsi, les réalisations sont toutes différentes.

La calligraphie proposée ne fait pas référence à celle du Moyen Age, mais à celle d’un XXe siècle riche en innovations.

   

" Il est plus que nécessaire de travailler au recentrage, à l’équilibre ou rééquilibre des jeunes êtres en cours de formation. On sait combien l’informatique contribue à pousser les gens dans les couloirs d’une logique extrême, pour ne pas dire implacable. Il faut donc nécessairement, et cela même dans l’intérêt de la "santé logique", que quelque part, il y ait en contrepartie une respiration, une détente. Sinon, on court à la catastrophe. Et apporter une contrepartie, ce ne peut être, face à une conscience de plus en plus systématisée, que d’accorder une place égale à l’inconscient. C’est que les êtres humains ont encore un inconscient !
Alors vraiment est-ce qu’à l’école on ne peut pas aider à faire une vie où l’on peut s’exprimer en profondeur, en remodelant, au moment voulu, les éléments psychiques embrouillés que l‘on porte en soi depuis la naissance, et peut-être même avant ? "

Paul Le Bohec


 

 

 

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 Calligraphie

 

De la recherche graphique à l'expression

Décembre 1996

 

 

 

 CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996 - Calligraphie/écriture -
 

Ecole maternelle de Lagnes (Vaucluse) – Enseignante Annie Solas

 

 

De la recherche graphique


                         à l’expression

 

 

 

A l’âge de deux ans, l’enfant prend une feuille, s’assoit ; d’un geste encore saccadé, haché, il laisse une trace et puis s’en va… Il a fait un dessin, il peut reproduire ce comportement indéfiniment.

C’est toute l’attention qu’on va y accorder qui valorisera son graphique: le regarder, dire, échanger, le présenter sur un support ou encadré, le montrer.

 

 

Comment faire évoluer ce geste, en faire émerger la conscience, faire naître le désir d’agir sans nuire à la spontanéité du geste créatif pur, sans le dénaturer par des apprentissages techniques ?

 


Myriam, 2 ans

 

Adrien, 3 an

Il est tentant de chercher à vivre une expérience de ce style dans une section de petits, où ceux-ci n’ont pas la chance des enfants de classe enfantine d’évoluer au côté des plus grands.

A cet âge, la capacité à observer, à s’exprimer, à communiquer, à être attentif est balbutiante. Elle va se développer parallèlement à la socialisation. C’est le mode de vie de la classe qui favorisera cette progression.
 
 
 
 
Je m’interdis toute consigne, sans négliger ma part d’action, d’intervention, d’induction ; mais avant tout, les matériaux, les échanges doivent induire le geste.

Chaque matin, à l’accueil, une grande table est installée, entièrement recouverte de carton, de papier de textures différentes ou même de tissu. A côté, sur deux petites tables, des matériaux : crayons gris, couleur, fusains, craies, feutres, peinture, pinceaux, rouleaux, couteaux, etc. sont proposés. Un par un d’abord, puis plusieurs en même temps, le choix est inducteur. Les enfants s’installent, debout le plus souvent pour une plus grande liberté du geste.

 
L’accès de l’atelier est limité, il faut apprendre à s’y succéder, à laisser la place. Présente à l’installation des enfants aussi souvent que je le peux, j’observe, dialogue avec eux.

Amandine, 2 ans et demi

Mélanie, 3 ans

Ils agissent le plus souvent en silence, mais peu à peu, des expressions jaillissent, ils s’expriment. Au bout de trente minutes, nous accrocherons l’œuvre du jour. Un moment de l’entretien lui sera consacré.

Pour citer un exemple de ce qui se passe, pendant un temps "la mode" est, dans un autre atelier, de faire des chemins de cailloux qui "ne s’arrêtent plus…", se croisent, etc. Un jour, Léo trace à la peinture noire un trait qui tourne, retourne, s’allonge, occupe l’espace au fur et à mesure que Léo fait le tour de la table.

 Léo, 2 ans

"Tu vois, j’ai fait aussi un chemin, tu dis aux autres de pas l’abîmer."Les «autres» remplissent précautionneusement les espaces de couleur. Les copains mettent à la mode le chemin de Léo.

On regarde, bavarde, commente : celui qui a fait, les autres… Très vite, ils aiment ce moment. Je prépare des fenêtres de dimensions différentes pour isoler des espaces. Après la récréation, ces espaces sont découpés, affichés.

Des échanges de ces créations émergent des idées d’agir, des propositions de trace, de geste qui, sans que je le demande, deviennent des consignes naturelles entre eux. Ce même atelier est proposé pendant des jours. Les enfants ne sont pas obligés de s’y présenter, "invités à" to
ut au plus, mais peu l’évitent. Il est très recherché. 


Un atelier vient en prolongement de ce travail : une grande table à côté d’un meuble à casiers, dans lequel les enfants disposent d’un éventail de tous les matériaux utilisés le matin (papiers, cartons, de format et texture différents).

Les enfants deviennent plus autonomes ; dans une grande boîte toute proche, les éléments des recherches du matin sont là, comme des fiches.

Katarina

 Camille, 3 ans

Ils apprennent à choisir une "fiche" pour déterminer le choix des matériaux, une forme d’action. C’est comme une consigne non formulée. Mais cela est surtout vécu comme un déblocage, une incitation à agir. Au début, certains tentent de reproduire, mais presque toujours et de plus en plus, ils imaginent autre chose à partir de là. Chaque enfant s’exprime personnellement; rien ne se ressemble.

Quel cheminement s’est fait dans leur inconscient,
au cours des échanges ?

Les deux ateliers vivent, les enfants y viennent spontanément avec un réel plaisir et parfois beaucoup de jubilation. Ils apportent leurs productions sur le mur d’exposition.

Un temps d’observation et d’échange y sont consacrés, qui peu à peu, ont des retombées. On voit un travail prendre, inconsciemment sans nul doute, une forme, une allure que la discussion a fait émerger.

Ils progressent dans l’intériorisation de leur démarche, dans la durée de celle-ci.

Pour les plus grands, ce sont des gestes conscients qui apparaissent en même temps qu’un projet oralisé : "Tu sais, aujourd’hui, je ne vais pas faire ça… mais, je vais faire…" et ils réutilisent le vocabulaire, les formes syntaxiques de nos discussions. Leur langage s’enrichit, se précise, la communication entre eux s’installe, ils se regardent… Ils regardent les productions de leurs camarades et ceux-ci en action. Certains ont besoin de plusieurs séances pour réaliser un travail ; ils rangent, reprennent, assurent une continuité.

On est loin du : "il trace… et puis s’en va…"

Les travaux sont affichés à tour de rôle, tous sont présentés sur Canson ou carton et un mur y est consacré où j’explique le déroulement depuis la création collective. Les parents y portent un grand intérêt et viennent regarder chaque soir. Des petits groupes se forment, la discussion s’installe chez les adultes, et les enfants, bien sûr, y participent.

 

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Craies
Encre
Feutres
Peinture

 

Des graphismes pour une affiche

Décembre 1996

 

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996 - Calligraphie/écriture -
 

Ecole maternelle de Craintilleux (Loire) – Enseignantes : Mesdames Gouzy, Gagnaire et Faure

 

 


pour une affiche

ans le cadre du projet « la semaine du conte », la nécessité de diffuser l’information dans les lieux proches de l’école et auprès des parents fait naître l’idée de réaliser collectivement une affiche.

Après un travail d’observation autour d’affiches accrochées dans la classe, la réflexion s’installe à propos de cet écrit spécifique :
Une affiche, comment c’est fait ?
• Quels types de renseignement y trouve-t-on ?
• Quelle est sa fonction ?
• Où peut-on
en voir ?

e texte en est élaboré, puis l’équipe d’adultes fait le choix d’une technique de décoration graphique qui va impliquer tous les enfants au stade de la recherche.
L’idée est retenue de travailler en utilisant des graphismes très fins à l’intérieur de lettres dont le contour aura été tracé par l’adulte. Ce qui doit être considéré comme une complémentarité nécessaire à propos d’un outil de communication.
Pour éviter de procéder à un simple travail de remplissage, des exercices préalables sont proposés aux enfants : ils ont pour objectif d’aider l’enfant à agir, à tâtonner et à réaliser des productions graphiques diversifiées :
- faire des traces de semelles de chaussures après avoir marché dans de la terre mouillée, ce qui se révèle insuffisant, puis dans de la peinture noire ;
- des empreintes à l’aide d’objets divers : éléments de jeux, legos, clipos, petits cubes, fermetures éclairs, etc. sur de la pâte à modeler.

  

  nfin, passer à la reproduction de ces signes graphiques pour constituer un répertoire.
              

ce stade, l’enseignant propose un apport culturel : observation de documents variés montrant une grande diversité de lignes et d’empreintes.

Un premier travail est demandé aux enfants : décorer les lettres de leur prénom par remplissage en utilisant un seul élément graphique de leur choix. Cette étape apparait précipitée, les enfants ne sont pas encore prêts, d’autres préalables sont proposés.

es séquences de tâtonnement, de recherche se succèdent alors, dont le but est de rassurer, inciter, déclencher :
- création individuelle de lignes graphiques toutes différentes sur carrés de papier 5 x 5. Le format ayant le rôle de définir l’espace et donner plus de force aux tracés : on trouve alors des lignes-bouclées, lignes-tunnel, lignes-pont, lignes-vagues, lignes brisées, lignes créneaux, etc. ;
- utilisation d’une machine à transformer la ligne dans un format 21 x 29,7 sur un quadrillage de 12 cases : la ligne graphique doit se modifier quand elle franchit une frontière et prendre un autre aspect.
Ceci nécessite le réinvestissement du travail réalisé précédemment et de piocher des idées dans le répertoire de signes, traces, empreintes.

près quoi, le remplissage des lettres du prénom est à nouveau proposé avec toutefois quelques consignes aidantes : remplir les espaces, travailler à partir du contour, de rayures, de cloisonnements de la surface en plusieurs zones. Les enfants ont à leur disposition des outils plus ou moins fins selon l’effet recherché : stylos à bille, feutres extra-fins, moyens, marqueurs…
Les étapes se succèdent jusqu’à posséder un stock de lettres très diverses.

e montage des affiches peut se faire, il reste à choisir les couleurs, à sélectionner, les lettres à photocopier, agrandir, réduire puis découper et enfin procéder au montage.

 

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Graphisme
Affiche

 

Ecriture imaginaire

Décembre 1996

 

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996 - Calligraphie - Ecriture

Ecole primaire de Villelaure (Vaucluse) – Classe de CP de Joëlle Février – Intervenante : Odile Fabre

Ecriture imaginaire

 

Notre projet est ici de faire observer aux enfants différentes écritures : chinoise, arabe, égyptienne, aztèque, indienne, etc., afin de leur faire prendre conscience que la pensée des hommes se transmet autrement que par l’oral et que les écrits peuvent adopter des formes différentes : des codes graphiques qu’il faut traduire pour les mettre à la portée de tous.
Afin d’introduire ce concept, nous leur proposons d’inventer une écriture. Pour cela, s’imaginer « dans la peau » d’un extraterrestre qui, soit raconterait une histoire courte, soit enverrait un message à un enfant terrien. Il faudrait ensuite traduire cet écrit dont le code est inconnu pour permettre à la classe de le connaître.
Au préalable, plusieurs séquences sont consacrées à reproduire, dans leur apparence graphique, sans connaissance du code, les différentes écritures observées.
Les enfants sont donc entraînés à une gestuelle graphique au crayon, pinceau, morceau de cagette et encre…
Pour rédiger le message, ils disposent d’un Canson 30 x 40, de gouache et de pinceaux.

 

Bonjour les amis. Je ne vous connais pas mais je vous fais de gros bisous. Mélissa

 

 

Un petit extraterrestre tombe sur la Terre. Il voit un cheval. Il le trouve drôle et joue avec lui. Il voit d’autres animaux. Il joue aussi avec eux. Il rencontre des humains. Les humains le trouvent marrant, ils discutent avec lui.  Boris

 

Les enfants n’étaient pas assez sages. La maîtresse les a grondés. Ils ont fait l’écriture et ils se sont calmés. Puis ils sont sortis en récréation.  Charlotte

 

 

L’extraterrestre saute de Mars jusqu’en France. Il tombe sur un arbre rempli d’oiseaux.  Yoann
 

  

 

Un extraterrestre envoie une carte à une fille mais elle n’en veut pas. La fille passe, l’extraterrestre lui dit bonjour et elle ne répond pas. Puis, elle repasse et cette fois, c’est lui qui ne répond pas.  Guillaume


 

 

 

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Peinture
Signe
Ecriture (dictée à l'adulte)

 

De l'écriture à la calligraphie

Décembre 1996

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996

Ecole maternelle Alain Meynard, Ecole élémentaire H. Crevat, Pertuis (Vaucluse) – Enseignantes : Gisèle Caste, Eliane Sayou

De l’écriture à la calligraphie

 

Le projet de cet atelier est né du désir de partager des moments de vie avec les enfants du CP de l’école élémentaire H. Crevat.

La présentation des ateliers se fait à l’école élémentaire avec la participation des parents des deux classes.
Aussitôt les enfants du CP prennent en charge ceux de la maternelle.

Ils découvrent ensemble et transmettent leur savoir. Cela commence par une recherche de différents types d’écritures dans l’histoire. Des « déclencheurs » permettent de continuer l’écriture du prénom pour se reconnaître, et de « Bonne fête Maman » pour la relation affective.

L’atelier devient un vrai lieu d’échange lorsque les enfants de la maternelle dessinent et demandent à ceux du CP d’écrire leur histoire.
La correction sommaire de l’écrit est faite lors d’une lecture avec un adulte.
La maîtresse du CP reprend dans sa classe chaque texte et le fait écrire dans le cahier pour le présenter aux enfants de la maternelle.

 

  

 

 

  

Porte-plume, Feutre, Craies, Pinceau, Ecriture, Calligraphie

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La calligraphie

Décembre 1996

 

 

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996 - Calligraphie-Ecriture

 

La calligraphie 

Le mot calligraphie signifie « la belle écriture » (du grec kallos, « beauté » et graphein, « écrire »).

Avant l’invention du stylo à bille (commercialisé dans les années 50), avant l’invention du stylo à plume (commercialisé vers 1900), on se servait de plumes métalliques et de porte-plume. Celles-ci étaient d’un emploi difficile, mais elles remplaçaient les plumes d’oie savamment taillées et d’un emploi encore plus délicat. Avoir une belle écriture supposait un long apprentissage. Il fallait écrire proprement. Il fallait aussi savoir faire des pleins et des déliés, ce qui supposait une grande maîtrise des doigts, du poignet, du bras, du corps et de l’esprit !

C’est pourquoi la calligraphie était un art. Avec le développement massif des stylos, de la machine à écrire (fin du XIXe siècle), des stylos à bille et de l’informatique (traitement de texte), on pourrait croire que la calligraphie a disparu. C’est une erreur. Actuellement, en France mais surtout à l’étranger (Angleterre, Allemagne, Etats-Unis, etc.) se développe un nouvel intérêt pour la calligraphie que l’on utilise beaucoup dans la publicité. Par ailleurs, les tags (ces graffiti bombés sur les murs) témoignent eux aussi, à leur manière, d’un renouveau de la calligraphie. Ce renouveau est sauvage et très discutable mais, quand on donne aux tagueurs des emplacements réservés, les plus doués d’entre eux réalisent, à leur façon et avec leurs outils, de vraies calligraphies.

Nous connaissons mieux la Chine et le Japon où la calligraphie est un art très important. Cependant, on se sert, là-bas, de pinceaux et non de plumes. Plus près de nous, la calligraphie arabe est, elle aussi, très importante. Elle utilise le calame (un roseau taillé),. Enfin, n’oublions pas que la calligraphie a été très utilisée au Moyen Age – avant l’imprimerie Gutenberg, vers 1450 – dans des manuscrits magnifiquement ornés d’enluminures.
C’est évidemment la foi religieuse qui inspirait les calligraphes arabes, chrétiens, et juifs.

Illustrations d'Hassan Massoudy

 

 

 

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Agir sur le paysage

Décembre 1996

 


CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996

Ateliers de pratique artistique - Ecole de la Rebeyrade, Malaucène (Vaucluse) – Enseignante : Anne Isnard – Intervenant Michel Barjol – Association Martagon

 

Agir sur le paysage 

 

Ateliers de pratique artistique  

Cette action s’est inscrite dans la durée : deux ans avec la même classe d’enfants. Elle avait pour objectif de se mesurer au temps et à l’espace en agissant sur l’espace, en collectant pour inventer, en se souvenant pour réinvestir et en prenant conscience du temps qui passe. Chaque intervention de l’artiste, Michel Barjol, est marquée par un exercice aux consignes précises où l’élève doit apporter sa sensibilité.
Il doit créer mais aussi réinvestir ses connaissances antérieures.

 

Laisser sa trace dans l'espace

 

Laisser une trace de sa vie d’écolier aux générations futures

C’est le but à atteindre par les élèves lors de la première intervention. Ils utilisent l’empreinte d’objets usuels tels que règles, gommes, crayons, équerres, ciseaux, mêlée à une ou deux empreintes de leurs mains. Seules sont autorisées les couleurs primaires, le noir et le blanc.
Il en résulte un travail très construit, parfois un graphisme très élaboré qui se termine par une discussion critique passionnée.

 

 

 

 

Laisser une trace individuelle
 

A l’aide d’un crayon, d’échantillons de papier peint, de ciseaux, plus les couleurs primaires, le noir et le blanc, les élèves doivent créer la silhouette de personnages en donnant à leur visage une impression de gaieté, de tristesse, etc. Bien sûr, cette intervention nous renvoie à Gaston Chaissac.
Le résultat est étonnant de fraîcheur, chacun y affiche sa sensibilité intérieure
.


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corps, installations éphémères, in-situ, Michel Barjol, peinture, traces

 

Michel Barjol, l'ordonnance du paysage rêvé

Décembre 1996

 


 CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996

 Michel Barjol, artiste

 

 

Michel Barjol est né en 1952. Il vit et travaille à Malaucène dans le département du Vaucluse. Fils de paysans, son attachement à la terre est viscéral. C’est un contemplatif : il aime voir dans les plus petits détails se développer le cycle de la nature. L’on pourrait imaginer que son regard est proche de celui d’un oiseau voltigeur qui verrait le sol comme une grande tapisserie abstraite. Ses œuvres, toutes faites à l’encre de Chine, expriment à la fois ses humeurs, comme les saisons.

 

Lorsque l’on voit le paysage, on se trouve dans la situation du spectateur qui voudrait visionner plusieurs films à la fois. Pour le comprendre, il faut en isoler des parties, se rapprocher, étudier les détails, entrer dans chaque élément jusque dans les molécules de ses composants.
Les dessins nous invitent à ce voyage dans le détail.

Depuis 1980 le référent du travail de Barjol, le paysage de la Région Ventoux et des Baronnies, a évolué suivant un rythme lent, le temps que met le paysage à se structurer. Du sillon aux parcelles arrachées, à la montagne, où s’alignent rangées de vignes et de lavandes, constructions qui donnent au terrain une amplitude que façonnent les intempéries et le quadrillage des fruitiers à la fois ordonné et chaotique, pour arriver à l’élaboration de trames noires et blanches envahissant l’espace, comme la friche grignote la surface cultivée.


Friche au sol, friche au mur, c’est un peu la friche qui nous gagne. Simple constatation rendue par des formes simples, signes et empreintes en noir et blanc. Simple l’est aussi le support papier parcouru par les bouts de bois taillés qui déposent les traces d’encre de Chine et donnent des dessins structurés, ensemble de signes aléatoires et réfléchis, résultat de l’observation sans cesse renouvelée du paysage photographié.

 

On entre dans le paysage par la porosité de la matière ; les écailles de la couleur réfléchissent la lumière d’un clair-obscur actuel.

 

 

 

Michel Barjol dans son atelier travaillant à l’encre de Chine sur le dos de cageots de fruits qu’il a peints en blanc.
C’est le travail qu’il entreprend en ce moment et qui deviendra, dans les prochains mois à suivre, une exposition.

Encre de chine
Michel Barjol, artiste

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Le monstre de la forêt

Décembre 1996

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996 - Calligraphie-Ecriture

Classe de CM, Ecole Gérard Philippe, Soissons (Aisne) – Enseignant : Pierre Fourrier – Intervenants : Francis Walas, sculpteur - Lucien Rosenblat, écrivain

Le monstre de la forêt

Le projet "Dis-moi ton quartier", par le comité de pilotage de la Z.E.P. de Soissons, doit permettre aux enfants de montrer leur vision de l’habitat et leur façon d’y vivre. Deux intervenants sont prévus : un écrivain et un plasticien qui doivent également faire les illustrations du recueil final.

En ce qui concerne la classe de CM1, l’imaginaire dépasse vite l’objectif, même si le quartier avec sa réalité et ses problèmes y est présent.

Une animation organisée avec le sculpteur Francis Walas est le point de départ de l’écriture :
 
Faire des gribouillages : tout d’abord, cette demande surprend tout le monde.

Y chercher des personnages : toujours aussi bizarre… Puis, en tournant la feuille, en observant, en rêvant, des personnages apparaissent, un peu tordus, torturés mais ils sont là, comme cachés. A travers ces gribouillages, des traits soulignés révèlent un pingouin, une sorcière, un monstre…

 

 

L’écriture commence à ce moment-là. Sept groupes se forment autour de sept personnages principaux issus des dessins.

Chaque moment de travail est très riche. La communication avec les autres groupes permet de préciser, de relancer l’histoire et comporte même une recherche mémorable de formules magiques.

Une correspondance avec l’écrivain Lucien Rosenblat, nous permet, à ce moment-là, d’avoir notre premier lecteur critique. Il nous aide à organiser nos histoires, à les rendre plus logiques, à ménager le suspens.

Le caractère de chaque personnage est maintenant défini.
 

 

 

Mais comment rendre ces personnages plus palpables ?

Il faut un matériau pouvant traduire la finesse des traits d’origine. Avec l’aide de Francis Walas, au cours d’une discussion avec les enfants, le grillage est choisi parce qu’il permet d’aller plus loin, de montrer par le remplissage de la sculpture, le caractère du personnage qu’elle représente.

Ainsi le voyou est rempli de clous, de vis ; le monstre de la forêt, de feuilles, de pommes de pin ; la fée, de matériaux très doux, coton et velours ; la tortue qui se transforme en table contient, elle, une serviette à carreaux rouges et blancs…

 

Au cours d’une dernière rencontre avec l’écrivain, chaque groupe lit sa production. Mais il faut un titre d’ensemble. Lucien Rosenblat propose de choisir un conte qui comporte tous les autres. Le Monstre de la forêt, écrit par un des groupes, se prête le mieux à cela mais il faut réécrire des passages servant de liaisons.

 

 


Le travail touche à sa fin. Les enfants précisent à Francis Walas quel type de dessins d’accompagnement ils souhaitent, des esquisses étant réalisées "en direct".

Outre le plaisir de la sortie du livre, sa présence dans les vitrines des libraires, ces mois d’écriture pour une production commune à la classe et aussi à l’ensemble de la Z.E.P., paraissent très positifs. Ils permettent d’aller plus loin, "plus profond". Les enfants écrivent avec et pour d’autres adultes et d’autres enfants et leur vision du quartier est là, au travers du rêve…

 

 

 

Ecriture
Volume par assemblage
F Walas, sculpteur
L. Rosenblat, écrivain

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Eduquer à la citoyenneté par l'expression plastique

Décembre 1996

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996

Ecoles de Roanne

Eduquer à la citoyenneté par l'expression plastique

 

La Semaine
de l’école publique
à Roanne
en février
1995
était destinée
à montrer
le dynamisme laïque.

 

Les opérations interdisciplinaires mobilisant des groupes importants d’enfants ont pris des formes variées : productions puis expositions diverses, comptes-rendus de pratiques pédagogiques, ouverture des portes des écoles, etc.

 


 


Et les arts plastiques, sous des formes variées, ont été un moyen spectaculaire de répondre au thème :
« A Roanne, l’école publique bouge et vit. »

Ainsi, à l’école maternelle Berthelot, les enfants ont eu l’idée « de peindre et de décorer les vitres de l’école pour mieux la faire connaitre ».

Des personnages qui dorment, qui lisent, qui bougent : des petits aux plus grands, ils ont représenté les activités de leur école.

 

Cependant, la réalisation la plus originale a été celle qui a consisté à faire « s’afficher » 600 élèves des écoles sur 14 panneaux 4 x 3 m de l’afficheur Giraudy.

Les citoyens, tous différents, s’unissent avec la volonté de former ensemble la cité. Voilà ce que semblent nous dire tous ces enfants. Car ils ont su reconnaître et apprivoiser leur image, se l’approprier en maquillant leur propre photographie « d’identité. En la grimant parfois jusqu’à la caricature, mise en scène…

D’autres ont osé se « nommer », comme pour contrarier encore plus l’idée que la publicité est affaire de produits sans « identité », et cela en toute citoyenneté.


D’autres se sont peints dans des couleurs très contrastées, des sentiments exacerbés, pour, semble-t-il, montrer encore mieux leur capacité à exprimer la diversité.

Au contraire, certaines classes ont voulu favoriser l’image d’un groupe solidaire, soit en disparaissant derrière le contour des silhouettes détourées et traitées en aplats de couleurs arbitraires, soit en se fondant parmi la multitude des mains tendues qui se tiennent pour « vivre et bouger » ensemble.

Et c’est là l’image de la laïcité: affirmer des diversités, construire une unité.

 

 

 

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 Peinture

 

Histoire d'un tableau

Décembre 1996

 

 

CréAtions 74 - Calligraphie - Ecriture  -  publié en novembre-décembre 1996

Marc Bellanger, sculpte

 

                Histoire d'un tableau

 

                                  Marc Bellanger, sculpteur

Du principe d'incertitude,
résine polyester, faïence, 51 x 62 cm.

Je me rappelle très tôt avoir fait du modelage avec beaucoup de plaisir et de facilité. J’ai continué dans cette voie en fréquentant M.J.C. et centres culturels. La première fois que je disposais d’un véritable atelier, c’était à la résidence universitaire de Toulouse-Rangueil, en 1981. Je l’employais immédiatement à expérimenter le moulage en plâtre sur des théières et statuettes de ma production. J’étais en licence de biochimie ; j’allais abandonner l’année suivante, en maîtrise, pour me consacrer exclusivement à la sculpture.

La vente de mes œuvres ne m’a jamais procuré les revenus suffisants pour en vivre. J’ai trouvé, après divers emplois, un complément de revenus en donnant régulièrement des cours de sculpture. Le statu d’artiste, dont je bénéficie depuis 1990, date de mon affiliation à la Maison des artistes, me permet de travailler avec des institutions (DRAC, rectorat…) en encadrant des stages plus spécialisés.

 

 

 

Au carrefour de la peinture et de la sculpture, mes travaux se présentent comme des tableaux en relief. Les éléments qui les composent sont issus de mon environnement quotidien (chaussures, plaques d’égout…), plus particulièrement du vivant et du comestible, ou simplement leurs épluchures et déchets : poireaux, œufs au plat, peaux de bananes, pattes de poule, pelures d’orange…
Il s’agissait au début d’effectuer une expérience plastique sur le poireau. Je choisis ce légume car il me paraissant suffisamment rigide et fibreux pour résister à la pression d’une feuille d’argile, et produire une empreinte en creux. En y coulant ensuite du plâtre, j’obtenais la réplique durable et permanente de mon poireau. J’étais subjugué par les jeux de lumière, l’entrelacs des racines sur ce matériau blanc-gris tout neuf. Mon attention se porta ensuite sur des fruits capables de rouler en imprimant la terre : épis de maïs et ananas.

Fuite de poireaux et banane filante, résine polyester, 107 x 84 cm.

Schrödingers katze, résine polyester, 50 x 52 cm.

Je me procure de tels objets avec une intention particulière et sachant ce que je vais en faire. Quelquefois, je les découvre au hasard de mes promenades. Ils attirent mon attention parce que je les trouve beaux, intéressants ou rares. Je les conserve tels quels ou je les moule lorsqu’ils se dégradent rapidement. Ce fut le cas d’un cadavre de chat trouvé sur les berges de la Garonne. J’en moulais la tête. La peau tannée, tendue sur le crâne et la mâchoire grande ouverte laissant apparaître les crocs exprimaient une atroce souffrance.

Il est difficile de décrire comment viennent les idées. Elles peuvent survenir et se développer à tout instant, surtout dans les moments d’attention flottante, en bicyclette, dans le métro, en regardant la rue, la nature, au gré d’une rêverie. Ainsi, à la suite d’une lecture (Le Chat de Schrödinger de John Gribbin), j’eus l’idée d’un tableau avec la tête du chat trouvé, évoquant ce fameux paradoxe de la physique quantique. En fait, je crée surtout en dehors de mon atelier. Il me vient tout d’abord à l’esprit une image mentale qui intègre l’objet trouvé et le sujet du tableau. Elle s’impose d’elle-même, ou elle est mûre, réfléchie longuement pendant plusieurs semaines, voir plusieurs mois.

 

   

Je définis ensuite les matériaux et techniques à mettre en œuvre. Je cherche des astuces, des trucs inédits. Mon plan de travail ressemble à un organigramme. Je ne fais pas d’esquisse mais j’écris quelques mots sur un carnet. En fait, j’ai une idée très précise de ce que je eux obtenir quand je commence à sculpter. Les objets sont moulés sur nature avec du latex, du silicone, et reproduits en résine polyester. Leur assemblage se fait aussi en résine polyester, par l’intermédiaire d’un moule en plâtre, obligatoirement cassé pour dégager la forme. Chaque composition est donc unique et peinte ensuite avec toute la gamme des médiums et pigments. La couleur, inspirée du réel et rehaussée, souligne les volumes, renforce les ombres, et devient même parfois criarde ; jeu du réel et du faux, pour sur-représenter une réalité qui, dès lors, nous saute à la figure.

Paysage en forme de Scherzo, résine polyester, faïence, 67 x 97 cm.

  

 

 

 

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Poèmes

Décembre 1996

 

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996

Elèves de 3e du collège Jean Jaurès, Cenon (Gironde) – Enseignante Catherine Mazurie

Poèmes

 

 

On lui a volé sa chaleur de vivre


On l’a laissé au beau milieu
D’un désert de glace

Flamme lasse
Elle fait fondre le noir
    

Les étoiles brillent
On a enlevé les Beach-Boys
L’infini est noir
Noël est encore loin
Je vais couper la moustache
Du père Noël

Laëtitia Huillet

« Au bout de cinq ou six ans de
pratiques pour libérer l’expression,
ils arrivent à une écriture
authentique et peu s’y refusent. »
Catherine Mazurie.

 

D’autres vies
D’autres planètes
Infini…
Tout petit ?
Dans la nuit hors du lit
L’univers, qui est-il ?

Sébastien Ducousso

 

Moi je suis l’esprit
Et tout m’est possible puisque
Je peux l’imaginer
 

François-Xavier Delavault

Partir pour ne plus revenir
Nager pour ne pas se noyer
Penser pour ne pas t’oublier
Te contempler

Laure Roubertie

 

Cette vie qui peut paraître banale
Est une belle invention
Qui nous sert énormément
Sans elle,
Pas de porte avec serrure

Nathalie Vignolles

  La mort nous pourchasse sans arrêt
Et ne perd jamais une occasion de
nous rattraper

Sébastien Ducousso

Tic… Tac… Tic… Tac…
Silence
Dans un monde devenu trop bruyant
Et accablant de paroles absurdes.

Catherine Robert

 

  

 

 

 

Poésie
 

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Un matériau de création: la pâte à modeler

Décembre 1996

 

 

CréAtions 74 - publié en novembre-décembre 1996 - Calligraphie/écriture -
 

Classe de PS de l’école maternelle Mayollet, Roanne (Loire) – Institutrice : Marie-Christine Stelmaszick

 

 


La venue régulière d’un conteur a permis de sensibiliser les enfants à l’histoire d’Aïcha (Petit Chaperon rouge d’Afrique du Nord).

La pâte à modeler est un matériau bien traditionnel et pourtant si riche lorsqu’on le met au service de l’expression, de l’appropriation des concepts, de la création.

Les petits maîtrisent mal leur geste créateur, mais encore faut-il leur faire ressentir qu’ils peuvent en avoir la maîtrise.

 



 


Il en est de même quel que soit le matériau. Expérimenter le monde est un projet ambitieux à mettre en route dès le plus jeune âge.

Intervenir sur l’erreur permet à la maladresse de devenir objet d’apprentissage, d’analyse, de remède même.
Avec le matériau que les enfants connaissent bien pour l’utiliser souvent, la pâte à modeler, ils ont pu s’exercer à répondre à la consigne «représenter les personnages, les lieux, les images séquentielles de l’histoire».

La pâte à modeler permet de modifier, d’améliorer… les formes, les attitudes, les positions; de créer à loisir tous les personnages, toutes les mises en scène, en ajoutant, retranchant, déplaçant et complétant les éléments selon les besoins.

La maîtresse a utilisé l’appareil photo pour fixer les images abouties lorsqu’elles correspondent au projet. Petit à petit, les prises de vue se succèdent, les histoires se reconstituent, les notions de succession de temps s’installent.

 

Ce travail permet un échange coopératif, un travail d’équipe et un réajustement de la production par rapport au projet.

Les diapos réalisées à partir des séquences mises en scène vont permettre de fixer l’éphémère, de recréer le conte d’origine et même d’en créer d’autres. Le processus de création est enclenché !

 

 

  


 

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Pâte à modeler