Rostr'o bien, journal du stage de Rostrenen (août 2012)

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stage, grand ouest, grand-ouest, grand ouest

Le conseil. Échanges du mercredi 22.10.2012.

 

Le conseil.
Échanges du mercredi 22.10.2012.

 

Pour amorcer le débat, chaque participant a écrit sur des petits papiers des réponses à la question « Pourquoi le conseil ? », une idée par petit papier. Les petits papiers ont été mélangés puis redistribués. Alors les échanges ont démarré sur une première question. Au cours de la discussion, chacun a pu lire un papier qui lui semblait correspondre au moment présent ou relancer une autre piste. À la fin, tous les papiers ont été lus.

Le conseil, c'est pour régler les conflits/Le conseil, ça n'est surtout pas pour régler les conflits.
Ces deux papiers ont été les premiers à être lus. Ils se répondent parfaitement pour bien lancer le débat. Si le conseil peut servir aussi à régler les conflits, plusieurs participants ont expliqué comment, en l’instaurant à cette fin, leur groupe s'est vite retrouvé dans une impasse dans laquelle les conflits prenaient de plus en plus de place.

Le conseil, c'est pour que les enfants puissent faire des propositions.
Pourtant... « Personnellement, le conseil est apparu dans ma classe pour gérer les problèmes d'activité : que faire de tous ces textes, dessins que les enfants produisent en quantité ? Il n'y avait pas de problème de conflit à gérer : je débutais et, en bon "Maître d'école sévère mais juste", je gérais personnellement tous les conflits avec la bienveillance et la justice nécessaires. » Ce qui n'empêcha pas, après un certain temps, que les enfants s'emparent du conseil pour régler les conflits personnels.
Il faut alors inventer des moyens de réguler le temps imparti aux conflits, éliminer les conflits mineurs qui pourraient se régler seuls, hors conseil. Des outils ont été proposés.
Le conseil permet de différer (pour les plus âgés), alors on ne parle que des problèmes datant de 24 ou 48 heures.
Utiliser un cahier de doléances, un tableau ou des papiers : en général, le jour du conseil, environ la moitié des demandes tombent et la moitié de la moitié restante ne demandent qu'une lecture sans discussion.
Ne pas rester dans la seule sanction : faire en sorte qu'il y ait toujours possibilité de réparation afin que chacun (accuseur/accusé) puisse clore le conflit.
Limiter le temps pour chaque conflit.
Externaliser le plus possible par des outils tels que les messages clairs et les médiateurs (références à trouver sur le site de l'ICEM).
Il a été discuté du cas d'élèves harcelés par un autre, par un groupe, par la classe. Ces situations comparables au racket ne vivent que du silence des victimes qui sont souvent dans le déni par honte ou par peur. Si l'adulte a connaissance de tels faits (qu'il les ait remarqués seul ou qu'il ait été prévenu par l'enfant victime ou par un copain de celui-ci), il faut faire en sorte que le problème puisse venir à la lumière en proposant à la victime de le dire au conseil, en lui proposant qu'un copain en parle, en lui demandant l'autorisation d'en parler.

Le conseil c'est un lieu de parole et d'écoute ouvert à tous.
De toutes façons, avant que le conseil ne règle ces problèmes, l'adulte est garant de la sécurité physique et affective de tous et se doit d'intervenir.
Mais il faut revenir le plus vite possible à un conseil de gestion et d'organisation de la vie de la classe. Si besoin en intervenant soi-même au conseil si le groupe ne prend pas ce chemin de lui-même (part du maître).
Le conseil, c'est pour créer du lien autour d'intérêts communs.
Plus on développera les possibilités d'activités vraies pour les enfants, moins il y aura de conflits personnels, plus il y aura de problèmes d'organisation et de propositions.
« T'interdir de les punir t'obligera à les occuper. » Fernand Deligny dans "Graines de crapules".

Comment se fait la mise en place des règles de vie ? Doit-on les mettre toutes en place dès le début ou est-ce que ça vient petit à petit ?
Certains ont eu des expériences où des règles mises en places avec les enfants dès le début répondaient en fait à ce que les élèves pensaient que l'enseignant attendait et n'étaient finalement pas respectées. C'est lorsque les règles sont mises en place avec les enfants, mais pour répondre à un problème, qu'elles sont effectivement investies.
On a fait la différence entre les lois qui ne sont pas négociables et les règles qui sont instituées, rediscutées et modifiées lors des conseils. Selon les classes, ces lois sont plus ou moins explicites, voire écrites. Elles tournent toutes autour du respect de la personne : pas de violence, pas de moquerie, droit de chacun à être dans le groupe et respecté...
Le plus possible, tenter de formuler les règles de façon positive : "Se déplacer en marchant" vs "Ne pas courir". "J'ai le droit de …".

À quelle fréquence le conseil doit-il se faire ?
Selon l'âge, l'enfant peut plus ou moins différer. En maternelle, on peut le faire tous les jours un peu ou uniquement si besoin. En cycle 2, soit tous les jours soit une ou plusieurs fois par semaine. En cycle 3, chaque semaine ou tous les 15 jours. L'important est qu'il réponde bien à tous les besoins, à toutes les demandes. Lorsque les enfants se trouvent en sécurité dans le groupe et dans le conseil, ils pourront exprimer leur insatisfaction quant à sa fréquence.

Comment se prennent les décisions ?
Dans la majorité des classes, les décisions sont prises suite à un vote à la majorité absolue.
Certaines classes ne prennent les décisions qu'au consensus. Lorsqu'un choix binaire est à trancher, on cherche généralement un compromis acceptable par tous afin que chacun puisse s'y reconnaître. Mais une troisième voie est souvent possible. Cela oblige le groupe à mettre en œuvre sa créativité.
On cherche toujours à ce que la majorité n'empêche pas les projets minoritaires ou n'impose pas un projet à une minorité. Dans la plupart des cas, la discussion permet d'éclairer les points de vue et de les rapprocher pour une décision satisfaisante... et une décision prise pour être rediscutée ensuite après confrontation au fonctionnement réel.

Le président est-il toujours le même ?
Là encore, selon les classes, selon les années, les réponses diffèrent. Soit on fait tourner pour que tous les enfants s'essayent à cette tâche, soit on garde le même président et le même secrétaire pour des tâches complexes qui demandent une compétence qui met du temps à se forger ; tous les enfants peuvent alors s'essayer à la présidence lors d'autres moments collectifs (quoi de neuf, présentations, choix de texte...).

Le conseil c'est le moment pour discuter et décider des métiers", des "responsabilités".
Certains en font un moment à part. D'autres incluent dans le conseil les bilans de fonctionnement des responsabilités.
Au cours de cette discussion s'est posée la question du type de responsabilités. Doit-on inventer des "responsabilités" qui n'en sont pas vraiment ? Soit on le fait car les responsabilités sont un moyen fort d'intégration des individus dans le groupe. Soit on reste sur une fonction purement utilitaire des responsabilités qui doivent aider réellement au fonctionnement de la classe (si la responsabilité n'est pas assurée, la classe ne fonctionne plus correctement).

Le conseil est-il le moment des débats philo ?
Si des thèmes de débat peuvent émerger lors du conseil, comme lors de tous les autres moments, le débat lui-même doit se tenir hors du conseil qui a une autre fonction.

 

Le conseil, c'est pour partager le pouvoir.
Quelle disposition matérielle pour organiser le conseil.

Compte-rendu partial et partiel (pléonasmes) écrit par Philippe Wain.

 
 

 

Groupe Méthode naturelle de lire-écrire cycle 2

En bleu les textes inventés

En rouge les choses importantes
En vert les questions
 
 
Groupe Méthode naturelle de lire-écrire Cycle 2 Animation Danièle Thorel 22.08.12
21 participants (dont 2 hommes)
 
On est réuni pour parler du texte libre et de la MNL ; on est 3 animateurs.
On commencera par discuter du texte libre, pratique emblématique de la PF.
Vous direz quelles représentations vous en avez.
On entend dire souvent que les textes libres des enfants sont pauvres : c’est faux, ils sont plein de richesses et expriment plein de choses. On lira des textes d’enfants, on les commentera, puis on se mettra nous aussi en écriture de textes libres. Après une pause, on abordera comment s’appuyer sur les textes libres pour apprendre le français.
 
Les participants : très hétérogènes, quelques débutants.
On ferait 2 groupes ( -1.démarrer 2.continuer)  ….
En tout cas nous avons tous un point commun : nous avons tous démarré un jour.
…. ou pas ? Car c’est intéressant d’écouter des pratiques différentes, avec des affinités différentes.
 
Danièle présente un travail réalisé par le groupe étude de la langue de l’ICEM (composé de 5 femmes)
« Est-ce que les textes libres sont pauvres par leur contenu et pauvres par la forme ? »
Voilà ce qu’on y a vu : beaucoup de textes parlent des animaux domestiques (texte sur mon chat CE1)
Il pose le problème de la relation enfant/animal domestique, enfant dominateur, sentiment de solitude.
« texte Dans un zoo CE2» : qu’y voyez-vous ? ça parle de l’enfermement, problématique du zoo, ambiguïté du pour et du contre le zoo, ce texte pourrait provoquer un débat à un autre moment de la semaine.
« le château magique CP » « le sapin de noël » « le petit chien » : beaucoup de transfert, de remise en question des normes, dans son imaginaire l’enfant essaie de s’y confronter, la violence comme résolution de conflits.
On retrouve dans les textes d’auteur de littérature enfantine beaucoup d’animaux aussi, et peut-être si on lisait les textes bruts, sans l’image, on les trouverait « pauvres » ?
 
Il se confronte à des situations humaines fondamentales, les grands thèmes de l’existence, comme en littérature. On peut dire que ces textes sont sur le chemin de la littérature. Les enfants font l’expérience de la littérature. C’est par le plaisir, la jubilation, que l’enfant aura envie de bien écrire.
On retrouve aussi toute une mythologie, que l’enfant se construit personnellement.
On retrouve les peurs archaïques (le noir, l’abandon…), la relation avec la famille.
A force d’écrire sur sa famille, l’enfant va mieux la connaître, son milieu de vie et mieux se connaître lui-même.
 
Il y a des textes qui sont d’une grande profondeur.
 
Dans un des derniers n° de Sciences Humaines, lire l’article sur l’imaginaire des enfants.
L’imaginaire considéré comme une fuite du réel, est considéré maintenant comme une source d’apprentissage.
 
Questions
  1. Quel était le 1er jet des textes de Danièle a lu ? comment les corrige-t-on ?
  2. A l’inverse, comment fait-on avec des textes dictés à l’adulte trop longs ?
  3. Comment est pris en compte l’adresse du texte ? comment tenir compte de la psychologie de l’enfant ?
  4. Comment faire écrire des enfants qui ne veulent pas ? ça se situe dans la durée, et dans la régularité on se confronte à d’autres types d’expression (correspondance, publication dans le journal, contrat d’un texte par semaine pour les CP, 3 écrits (texte libre, exposé, lettre au corres).
Le 1er jour Danièle leur donne un cahier de TP d’écrivain, faites un dessin qui va raconter une histoire vécue ou inventée, pensez à votre histoire, qui a déjà son histoire dans sa tête, maintenant celui qui va dire son histoire (au micro) et je vais l’écrire ; là on montre que l’oral n’est pas l’écrit, est-ce qu’il y a une fin, qui a une idée ; à la fin de cette 1ère journée, on 5-6 textes libres. Et à la fin de la semaine, on a déjà un matériau pour la lecture.
 
Chez Pascale, dans son CP-CE1, elle s’appuie sur l’expérience pratique des CE1.
C’est un rituel du lundi matin, on explique le chemin. Il y en aura un de choisi qui servira à l’apprentissage de la lecture.
 
Les multi-niveaux sont un support très riche pour la mise en route. Il faut que les textes libres soient très présents dans la classe.
 
Autre pratique possible : sous forme d’atelier, en petit groupe.
 
Commencer par le dessin, ou pas.
 
Quelquefois, on sent un basculement : l’enfant n’écrit plus pour les autres mais pour lui.
D’autres enfants s’exprimeront mieux par la peinture ou le théâtre…
Mais on doit leur faire vivre l’expérience cruciale de la littérature.
 
  1. Comment avoir le temps de corriger tous les textes des enfants de la classe ? (voir pratiques de classe)
On essaie de corriger avec l’enfant le plus possible mais on peut différer.
 
6. Qu’est-ce que le texte libre ? il n’y a pas une commande de l’adulte.
Les textes de fiction sont d’une grande profondeur, l’enfant se lâche vraiment et parle de lui.
 
Le rôle du maître c’est de provoquer le désir d’écrire, c’est le plus important, quel que soit le point de départ (dessin, oral, écrire seul ou à deux, texte collectif…)
 
 
 
Texte libre adulte et commentaires, questions …(qu’est ce que le texte nous a apporté de nouveau (quelle nouvelle audace /patrimoine de la classe), qu’est-ce que ça nous a fait, quel titre,
 
  1. « Vive les vacances » texte vécu
Les travaux, c’est sympa mais c’est du boulot
Des machines compliquées, des mesures démesurées…
Après, on découpe, on scie, on colle, on visse, on cloue.
Mais bientôt tout ça, ça sera terminé.
OUF !
Suzon
  1. « La taupe » d’Olivier ; le texte fait rire la classe ; texte vécu. Tu l’aimes bien ? Elle a un nom ? et si elle s’attaque à ton potager, tu l’aimeras toujours ? est-ce un animal nuisible ?
Dans mon jardin, il y a une taupe.
On ne la voit jamais, mais on sait qu’elle est là.
Elle monte de grosses taupinières un peu partout dans le jardin.
Mais toujours dans l’herbe, jamais dans le potager qu’elle doit doit sûrement respecter.
Je l’aime bien, la taupe de mon jardin.
Olivier
 
  1. Les extra-terrestres de Chloé ; c’est du vécu ? c’est quoi les flaques noires ? et les pierres qui rendent idiots ? ça m’a fait un peu peur , c’est angoissant : c’est un peu ma première rentrée ; c’est un changement de point de vue : là c’est le terrien qui arrive sur mars ; on peut provoquer chez les enfants le désir de changer la situation ; le texte de Chloé donne à Marion envie de continuer, et Anne de voir le dessin.
 
Le martien jaune dressa les yeureilles :
Encore une empreinte de terrien.
Il avança quatre pattes en arrière
Et s’assit tranquillement sur sa bouche pour réfléchir.
Pourtant la peur suait à grosses gouttes
De son cerveau arrière.
Cette espèce invasive maudite était donc revenue !
O ma belle planète rouge, pensa-t-il,
Que vont-ils encore faire de toi ?
Déjà, en glub dernier,
Il avait pu observer les abominables traces de leur présence.
Mais pourquoi fabriquaient-ils des choses aussi laides ?
Ça n’avait même pas de couleur.
Et puis ces énormes flaques noires menaçantes
Et leurs pierres qui rendent idiots.
Ils pensaient à tous ses copains qui s’étaient blessés
Avec leurs trucs coupants, ou brûlés avec leurs poudres.
Le pire c’est qu’il était impossible de leur parler,
Ils avaient trop peur.
Chloé
  1. Le dindon : ça mériterait un dessin, de le dire moins vite, de le rythmer, de le slamer.
Des chiffres partout, des chiffres dans tous les sens,
Des petits, des grands et soudain,
Une gamme absente et trois petits points en suspension.
La gamme s’est envolée, comme cette mélodie qui me trottait dans la tête depuis ce matin.
Cette mélodie sans nom soudain disparue,
Et je ne m’en rappelle plus.
Comment était-elle déjà ?
Je crois qu’elle me faisait me dandiner doucement sur place.
J’oublie déjà de la retrouver car je ne peux m’empêcher de penser
A un dindon qui se dandine et je cherche des sonorités semblables :
Le dindon se dandine tel un dandi à un dîner,
Il danse divinement avant de s’affaler sur un divan.
Et je repense à cette gamme absente,
Qui en fait, était sans doute,
Partie danser avec le dindon
Des textes libres sans présentation deviennent pauvres.
Il faut laisser du temps à ce moment.
Comme l’écriture des textes, il faut le faire souvent.
Danièle prenait 10 mn avant chaque récré pour les présenter.
A Mons chez les grands, les textes pouvaient être mis en scène : sur une musique, mimé, ou l’adulte offrait un texte d’auteur à l’enfant…
On veut que la classe devienne une communauté culturelle d’auteurs ; c’est ça qu’on vise : la classe, le groupe fabrique son histoire, c’est ce qui donne du sens à nos activités. « Aucun sens ne nous sera jamais donné, on doit créer notre sens » Castoriadis.
 
Les activités de texte libre sont émancipatrices.
La notion de patrimoine de classe qui se construit est très importante.
On parle beaucoup du vivre ensemble mais il faut déjà être citoyen de soi-même (Paul Le Bohec)
 
Pratiques de classe
 
Danièle Thorel (vidéo)
Met au tableau un texte d’enfant déjà entendu. (texte libre dicté à l’adulte car n’a jamais vu en début de CP un enfant qui savait écrire).
On va essayer de voir la pensée de l’enfant. On va essayer de le lire ensemble, voir de quoi il parle, ce qu’il raconte. (le texte étudié est le 4ème de l’année ; 2 sont déjà affichés, avec les remarques affichées également, que l’on retrouve dans le cahier de lecture)
On va se mettre en position de détective.
Il y a combien d’histoires dans la classe? 3 (rappel de ce qu’on a déjà vu avant)
En s’aidant des textes et des remarques on peut essayer de lire un peu ce texte là.
« un jour » - l’enfant montre et Danièle entoure.
« il »
« Il » c’est une autre façon de faire un i ? c’est quoi comme autre façon ? en scripte ? non, en attaché, non, c’est une majuscule.
« Brahim » pourquoi j’ai écrit Brahim ? parce que c’est son histoire.
« le »
« le » encore le
« son » dans quel texte on a « son » ?
« petit »
 
On nous reproche d’aller dans tous les sens, de ne pas suivre la ligne dans un 1er temps ; mais cette façon de faire permet de mémoriser, c’est plus vivant.
Et tout le texte va se lire comme ça ; en même temps, Danièle écrit les remarques à côté.
« ça commence comme jeudi et comme joue ».
Une nouvelle affiche est faite avec les remarques.
Parfois, Danièle remet les affiches au tableau, et on cherche pourquoi tous les mots ont été mis ensemble.
Les enfants savent retrouver les mots car ils connaissent bien la géographie des textes.
 
Le texte est tapé en script et en cursive.
Avec les mots outils, on remet des structures « dans l’eau, dans la maison… » ; pareil avec qui, le ,, avec.
La méthode naturelle est orthographique, elle est analogique. Elle est tout de suite dans la bonne orthographe. Les bons lecteurs ont une lecture orthographique.
Les recherches ont prouvé que les bons en orthographe sont bons en lecture, l’inverse n’est pas vrai.
L’après-midi, à 13h30, on invente des phrases avec des mots du texte qu’on connait.
Tous les soirs les parents doivent faire lire l’enfant.
Surtout c’est l’enfant qui met le doigt pas le parent. La manière de faire est expliquée, mimée aux parents lors de la réunion de rentrée.
Danièle ajoute parfois un petit document (sur le chat par exemple)
 
En avançant dans l’année, les textes sont plus longs, des remarques de sons apparaissent, sans oublier les petites structures
En comparant avec les autres méthodes, l’écriture est première
On est d’abord émetteur de message.
Tout au long de la méthode, les enfants continuent à écrire sur un bloc de papier blanc.
Les enfants s’y entraînent ; c’est pour ça que les modèles de textes sont en cursive.
En cherchant les mots dans les textes, on peut écrire.
Les enfants aiment beaucoup écrire dès le mois d’octobre, ça fait des histoires louffoques.
 
Petit à petit, ils demandent comment s’écrit un mot.
Vers janvier-décembre, Danièle leur donne un cahier de brouillon de textes, et là ils écrivent leur texte libre. Pendant les moments de travail individuel, 6 enfants inscrits travaillent en atelier avec Danièle. Les mots inconnus sont écrits sur un post-it qu’ils emportent.
On peut aussi mettre un trait pour un mot qu’on ne sait pas écrire, ou des traits pour chaque syllable.
A la fin de la semaine ils sont tous passés.
 
Après il y a la correspondance, qui est une grande motivation.
Dès le mois de janvier, ils ont un plan de travail avec un contrat.
Ils ont un petit livret de 3 pages qu’ils ont à faire à partir du texte étudié (des exercices classiques). Ça reste dans le patrimoine de classe.
Il y a 25 exemplaires dans un tiroir, chaque livret est numéroté, mais tous les enfants ne le feront pas au même moment. Dans le plan de travail, ils ont des choses à faire différenciées.
Au mois de septembre on apprend à le faire pour être autonome.
 
Attention à trop de lignage qui rajoute des contraintes aux enfants.
Danièle organise sa classe de manière à être disponible pour l’activité centrale : le texte libre.
 
  1. Est-ce qu’on laisse les enfants écrire comme ils pensent ? grand débat dans l’ICEM
 
Les chercheurs ont testé en fin de CP à Mons, les enfants écrivaient mieux, avec moins de fautes.
 
 
 

 

Création mathématique collective (Pierrick D et Thierry C.)

Démarrage : sur une feuille blanche, on fait une création mathématique avec des lignes, des points des signes. Un temps très court.
On affiche les créations au tableau, ici 6 par séance. On a une observation générale silencieuse de l’ensemble . Puis on peut dire une chose sur chacune, avant de les explorer une par une pendant une séance de 45 min à 1h si les enfants sont vraiment intéressés. Des groupes de 8 à 12 devant le tableau sont constitués. Il faut que les élèves puissent se rendre facilement au tableau.
On se donne une règle et après on explore.

Création 1 : 4 suites numériques de 1 à 9 sur côtés de carré, les mêmes numéros opposés sont reliés entre eux.
Il y a parfois des remarques plastiques, on peut réorienter vers le regard mathématique.
On peut finir le tissage. Quelqu’un propose de faire une opération à la place des traits qui relient.
En début d’année il peut être bien de laisser les choses émerger. Si la création n’intéresse pas on peut passer à une autre création. Par la suite, on peut explorer davantage.
On finit toujours par donner la parole à l’auteur de la création pour qu’il s’exprime et exprime son intention s’il en avait une.
De nombreuses pistes de recherches s’ouvrent. Le maître relance, propose d’approfondir avec des remarques comme : « Et si, …. », « Et pour… », « C’est comme… »,
Les élèves plus tard peuvent se questionner sur une façon de faire. On peut alors tous se mettre à sa table pour chercher.

Création 2 : opérations avec un signe inconnu : 3*4=15 4*5=24 6*3=…
Les créations peuvent ne pas parler. Il peut y avoir une application technique après pour rendre plus concret le travail mathématique. Mais l’entrée par l’abstrait est une façon de faire.
On trouve l’idée de l’auteur, la formule utilisée, on imagine une façon de calculer avec les nombres ; on peut donner des valeurs différentes au signe inconnu *…
Ça donne la possibilité aux enfants d’imaginer des choses, des façons de faire différentes. Le maître doit faire attention à ne pas imposer ce qu’il voit. L’importance de la reformulation. Il faut être en écoute active par rapport aux élèves. Ne pas désapproprier les enfants du sujet.

Comment on met en mémoire ?
Les créations peuvent-elles être un brevet ?
Peut-on faire du calcul mental à partir de cela ?
Une création avec ou sans intention mathématiques : Avec: l’enfant projette déjà quelque chose dans son « dessin » une façon de faire, un calcul, une formule. Sans : il jette sans pensée mathématique quelque chose sur la feuille.

 

 

Création 3 : un poisson géométrique
On peut introduire le vocabulaire des formes géométriques de façon informelle au départ puis plus institutionnalisée.
Encore une fois et si … on reproduisait la figure en symétrie quelle forme obtiendrait-on ?...
Intéressant : dictionnaire de Stella Barük sur les mathématiques pour les CM2 et collège.
Lien entre la balade mathématique (promenade dans un milieu avec appareil photo et croquis pour observer d’un point de vue mathématique) et création ? On peut utiliser les photos comme créations math.
Elles servent à poser un regard math dans la nature, on aiguise son regard, on met des lunettes math.
Cela vient nourrir et ouvrir d’autres pistes.
Que fait-on de ces supports, créations mathématiques.


Création 4
 : chat aux yeux en trois.
Il y a 2 triangles (les oreilles). Peut-on parler de triangles ? Le maître peut choisir de rester là-dessus s’il ne sent pas sa classe prête. « Vous pensez que c’est un triangle ? », « Ça ressemble à un triangle ? ». Titiller un peu les élèves en demandant d’expliciter. C’est pointu alors faire une figure pointue mais non triangulaire et les questionner.
Il est important de réorganiser le tableau quand une idée émerge et n’est plus lisible. Important d’avoir une bonne lecture.

 

Eléments sur la Méthode Naturelle de mathématiques (suite)


Eléments sur la Méthode Naturelle de mathématiques (suite)
 
DVD Monique Quertier
"La création mathématique collective" Editions ICEM - Pratiques et recherches n°63
 
Pendant les créations mathématiques, l'autre groupe est en autonomie sur des exercices d'entraînement (livrets ou fiches d'abord collectives puis peut-être plus individualisées), des choses qu'ils savent faire qui ne demandent pas la présence de l'adulte. Ils peuvent ensuite continuer leur travail personnel: recherches documentaires, textes libres...
Un affichage sous formes diverses est conservé (au tableau ou sur paper board) comme mémoire mais peu réutilisé.
Un affichage des choses qui ont émergé avec le nom de celui qui est à l'origine de la création.
Ou un affichage en bleu de la création de départ et en rouge ce qui en est ressorti. On relit la fois suivante ce qui a été écrit, ici, par le même.
A l'issue on peut proposer aux enfants de lancer de façon plus individuelle sur une recherche.
 
 
Recherches mathématiques
 
Pour les recherches, un cheminement est proposé:
  1. Je choisis une idée, une piste.
  2. J'essaie sur plusieurs exemples.
  3. Petit à petit, je trouve un but.
  4. Je développe vers ce but.
  5. Je présente ma recherche et je peux lancer un défi.
 
La cage à fils, la balance Roberval peuvent aussi déclencher des recherches. Les enfants explorent ces pistes et vont voir l'enseignant quand ils sont bloqués.
Attention de ne pas désapproprier l'enfant en l'amenant là où il n'est pas prêt à aller. On peut lui lancer un défi.
On fait des temps bilan (très court) des recherches. Savoir où il en est dans le cheminement, relancer une recherche, ...
On donne aussi un temps de présentation où les enfants présentent leur produit fini et abouti. Ils peuvent lancer un défi aux autres ou non. On peut garder la trace dans le cahier de progrès de l'enfant.
Certains le font aussi au cycle 2 en fin de cycle.
Les mathématiques posent problème culturellement. Il est plus difficile de rentrer dans cette démarche. Il faut du temps pour s'installer.
Ce qui est suggéré, c'est de pouvoir expérimenter cela un moment pour ne pas se sentir coincé. Il faut un minimum de pratique et de culture. C'est un travail de formation et de méthode en mathématiques.
Proposition de faire une semaine « création mathématique ». On se retrouvera pour faire le point dans les GD.
Par rapport aux résolutions de problèmes, il y a le calcul vivant: compter les sous de la coopérative, organiser une sortie... On peut aussi proposer un temps où la consigne est de proposer un problème aux autres élèves.
 
 

 

Créations mathématiques - quelques créations de stagiaires (cycle 2)

Jeudi 23 août 2012 groupe méthode naturelle lire-écrire cycle 2

Jeudi 23 août 2012 groupe méthode naturelle lire-écrire cycle 2 ( Danielle Thorel et Martine Legay)

20 présents
 
Réfléchir sur ce qui s’est passé hier en écrivant les mots qui nous viennent pour caractériser la pédagogie Freinet :
 
Le mot « pouvoir »
En pédagogie traditionnelle, c’est l’adulte qui a le pouvoir. En pédagogie Freinet, les enfants ont des droits et donc un pouvoir. Quelle est la visée de ce pouvoir ? L’émancipation.
Discussion sur ce qui définit la PF. et qui la définit.
Quels mots utiliser ?
Faut-il utiliser les mêmes mots ? Ou plutôt être d’accord sur les fondements même si on utilise des mots différents.
Crainte de voir la pédagogie Freinet disparaître. Manque de reconnaissance par l’institution parce qu’il faut théoriser.
La question du choix d’une pédagogie est un choix politique.
Pour transmettre il faut théoriser.
La théorisation de la PF n’est pas un obstacle pour que chacun fasse son chemin, au contraire.
Ça doit être une aide pour l’argumentation, pour la présentation de la PF.
Etre capable de dire pourquoi on le fait.
 
Lire le Nouvel éducateur, les éditions ICEM.
 
Faire la distinction entre désir de pouvoir et désir de puissance de vie.
Souvent le pouvoir veut dire le pouvoir sur les autres, ce n’est pas le but.
Pas plus que la recherche de toute puissance.
L’essentiel c’est de s’entendre sur les mots qu’on utilise.
Le stage est un endroit pour échanger sur les écrits de Freinet, sur la théorie.
 
Comment vivre la méthode naturelle en formation ?
Il faudrait 3 ans...
Odile

 

Organisation de la classe - animations Danièle et Marcel Thorel

28 présents

Tous niveaux, 3x2h, atelier coopératif sur l’organisation de la classe.
Indispensable dans un stage.

On va partir d’une journée type.
L’organisation de la classe doit être au service de 3 choses :
- De l’expression
- De la communication
- Du tâtonnement expérimental
On la considèrera sous 3 angles : pédagogique, politique, éthique.
L’objectif de la pédagogie Freinet est l’émancipation, ce que Freinet appelait la puissance de vie.

On va prendre une journée type d’une classe Freinet déjà entraînée et ensuite on verra comment démarrer ailleurs ; Freinet lui-même disait qu’il faisait du Freinet à 70%.

Le problème dans l’organisation de la classe c’est le maître.

1. L’entretien du matin : 30 mn
(dans le secondaire, c’est le prof qui a les élèves en 1er qui le fait)
Passage entre « le dehors » et le « dans l’école », pour faire entrer la vie dans la classe, pour faire la transition entre la vie du quartier, de la famille et la vie de la classe.

Comment s’organiser ?
Tout d’abord la qualité de l’écoute du maître.
Que fait-on de l’événement ? Exemple, « je suis allé voir un match de foot, Lille a battu Marseille 2 à 0, il y avait 30000 spectateurs, j’ai le ticket. »
Est-ce que c’est intéressant ? Est-ce que ce n’est pas une discussion, un bavardage de café du coin ?
L’entretien du matin a une dimension politique : pourquoi ?
Dans les familles un peu précaires, on est dans l’immédiateté ; l’école doit lui permettre de se projeter ; ce qu’a fait l’enfant qui présente son billet, qui s’est projeté la veille, qui prend du recul.
Nous prenos ce qui se passe et allons l’intégrer à la vie de la classe.
On peut avoir un tableau pour s’inscrire en arrivant (5/jour), c’est sérieux, ce n’est pas un caprice.

 

 

 

 

 

 

 

A partir de là, recherche possible, à partir d’une problématique dégagée de l’événement.
Tout est consigné dans le journal de classe que chaque enfant aura.
Le temps est limité à 3mn/enfant avec un sablier. On donne une heure limite.
Ça ne veut pas dire qu’on va sauter sur tous les événements.
Pour ceux qui démarrent : on ne dit pas aux enfants que l’on met en place l’entretien, mais proposer à un enfant qui vous parle d’un événement dans le couloir d’en parler aux autres. Et ainsi de suite, le lendemain.
Quelquefois, on doit veiller pour que la vie privée ne s’expose pas sur la place publique, ou que certains enfants n’utilisent pas l’entretien comme le journal de TF1 (foire aux faits divers pour se faire mousser).
Et celui qui ne parle jamais à l’entretien ? Ce n’est pas grave si on constate qu’il s’exprime ailleurs sous une autre forme.

Exemple de Laurie : Marcel lance un débat « Pourquoi on aime bien une chanteuse ? »
Lors du débat, une gamine a répondu « Parce que je voudrais bien être comme elle quand je serai grande. » : problème de l’identification.

Exemple de « la mémé qui s’est cassé une jambe et l’ambulance est venue » : le maître en questionnant l’enfant, fera émerger ce qui l’intéresse : la peur pour sa mamie, le gyrophare, les pompiers,…

Donc un événement peut provoquer un débat qui sera inscrit dans l’emploi du temps (au tableau) : lors de la réunion de coopérative, qui fera le bilan de la semaine et organisera la suivante. On peut avoir un panneau projet.

L’entretien n’est pas forcément le matin.

Evidemment intérêt pour l’expression orale.
On accueille toute la complexité du monde et la vision que les enfants en ont.
C’est une activité coopérative.
On va « travailler l’oral » en reprenant les erreurs de l’enfant pour qu’il arrive à exprimer sa pensée.
La position de l’enseignant doit être active pour susciter le bon dialogue, tout en restant sensible à ce qu’est l’enfant.
Le but de tout ça c’est de dégager des concepts (économique, philosophique, maths, …)
Pour y arriver, c’est un travail de formation, il faut s’entraîner en groupe, ce n’est pas du talent.
On se met dans les pas des enfants.
On peut laisser une trace dans un journal, un cahier de vie ou pas.
Mais il faut se dire que la conservation garde la trace de la construction du groupe.
L’appareil photo numérique est un outil précieux, il peut y avoir un responsable de jour.

Attention à ne pas être dans l’automatisme de vouloir tout exploiter.
Quelle disposition de classe ?
Il faut être vu des autres et que les enfants puissent se déplacer.

circuit de circulation

 

2 autres conditions : apprendre à se déplacer et à chuchoter.
Mais il faut dire que le chuchotement entre dans un projet global.

On chuchote, même si pour la gorge c’est mieux de parler tout bas ; auquel cas, on se tait.
Les tables sont face à face et perpendiculaires au tableau : pour permettre de se voir le plus entre élèves. Et quand on fait une réunion de coop, on est en carré.
Mais il faut préciser que le tableau est peu utilisé pour la copie.
En cycle 2, on prévoit un coin regroupement devant le tableau.

2. Le temps est divisé pour moitié en temps individuel et temps collectif.
Le travail individualisé est prévu pour une semaine (ou deux dans le secondaire)
Le contrat de travail fait par le maître est dans une couleur.
Celui qui n’a pas fini son contrat doit s’expliquer. Ce sont des négociations (mais il y a des choses non négociables). L’enfant inscrit dans son plan ce qu’il prévoit de faire (avec un rond par exemple) et met une croix quand c’est fait. Chez les petits, on utilise des symboles.
Ça peut être des fiches avec des n°, des travaux de texte, de création, de recherche, des ateliers.
Chez Marcel, le T.I. (travail individualisé) durait de 9h à 10h, mais à 9h45 micro- présentation : lecture de textes libres présentables, ….
2 jours par semaine, il était disponible pour les maths, 2 autres pour l’écrit.
Il faut qu’ils puissent faire des choses qu’ils savent faire : exerces, recopie, texte libre…
(dans le secondaire : sur 4 h de cours, 2h consacrées au T.I.)

Le matin : seulement maths et français.

Il faut que la classe soit bien rangée pour que l’enfant trouve ce dont il a besoin.
Chez les petits, on peut commencer avec 2 ou 3 choses à faire, mettre dans la boîte à corriger, aller chercher sa fiche, aller chercher une gomme.
C’est l’accumulation de petits détails matériels qui fait la différence 9 fois sur 10.
C’est la conquête de la dignité.

Il y en a qui recopient la correction : c’est pour ça qu’il faut avoir des fiches intermédiaires sans correction (tests).
Les fiches sont répétitives pour que ça marche.
Si un enfant va vite, il passe au niveau d’après.

En T.I. le maître reste assis, les enfants choisissent de venir voir le maître.
Pour ne pas avoir une queue d’attente, écrivent leur nom au tableau.
Quelqu’un qui est autonome doit l’être vraiment, donc on prend le temps de l’apprendre.

Comme pour le texte libre et la recherche maths, il faut que ce soit fait régulièrement.

Comment évaluer la qualité de l’entretien ?
- Quelle circulation de la parole : passer de l’étoile – la parole qui repasse toujours par le maître- aux diagonales – circulation de la parole entre enfants, le maître étant participant au même titre.
- Quelles questions, interventions : paroles supplémentaires (je parle de moi, effet miroir) ou paroles complémentaires (je m’intéresse à ce qu’a dit l’autre, le champ s’élargit).

3. Après la récréation du matin jusqu’à l’heure du repas
Travail collectif : maths ou français.
Exemple : on va travailler sur un texte libre, en mettant au point ce texte on va travailler la grammaire, l’ortho, etc.
Autre exemple : en maths : on va travailler sur une recherche terminée ou sur une recherche non terminée qui bloque, on va travailler pour trouver des solutions.

D’autres formes d’organisation existent bien évidemment ; c’est à chacun de le définir en fonction du milieu.

Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut donner du temps au travail individuel.
Au lycée de la Ciotat, le principe a été conservé (sur 4 h de cours d’un prof, 2 sont réservées au T.I.)

En collectif, on apprend à travailler individuellement.
Le travail collectif fournit également en matériau pour le journal scolaire (lu pendant l’entretien), pour les correspondants.

4. Après la pause du midi
30 mn ( 20 mn de préparation, 10 de présentation) : Activités de lecture dans toutes les classes, sous différentes formes : des grands vont lire en maternelle, livres de bibliothèque, présentation d’un livre (rituel : 2 fois un sablier, présentation du livre, de l’histoire et lecture parfaite d’un passage)

5. 14h : Etude du milieu sous 2 formes :
- Exposés : on cherche des documents pour exposer
- La conférence : partir d’une problématique, tâtonnement, et conclusion provisoire.
A partir de l’étude du milieu, on peut tout faire.
Essentiel d’apprendre à connaître son milieu pour pouvoir agir dessus.
Avoir une classe de correspondants (ou deux).
Partir en classe de découverte.
Exemple : dans la classe de Marcel, une classe du Sénégal et une classe française.
« le Sénégal on s’en fout », on part de ce que disent les enfants. Exemple : les enfants sénégalais demandent « Qui est le chef de votre village ? » pour y répondre, on va voir le maire, on fait des parallèles. C’est pour ça que la classe soit au Sénégal ou ailleurs n’a pas d’importance, sauf d’être différente.
On apprend à se poser des questions, à problématiser, à émettre des hypothèses, les vérifier, poser des conclusions provisoires.
C’est la même démarche que la main à la pâte de Charpak, sauf le point de départ : enfant auteur.

14h30 : une conférence 5 sabliers pour l’enfant et 5 sabliers pour le maître derrière. Tous les jours.
On a modélisé la forme A3, réduite en A4 au photocopieur, avec une alternance de 3 zones de texte et 3 images. (au lycée de la Ciotat, dans les écoles de Belgique itou).
Format utilisable aussi en maternelle.

Dernier point : on favorise les conférences sur « mon chat » (celui dont j’ai parlé à l’entretien et qui m’a griffé) et pas « le chat », par exemple.
L’erreur est de prendre les sujets trop vastes, hors de portée des enfants ; pour reprendre l’exemple du chat, on fera une conférence sur la griffe du chat qui est différente de celle du chien.

Le cahier d’étude du milieu : 24x32, avec d’un côté le travail de l’enfant, de l’autre, celle du maître.

Il y a une correction de la conférence par le maître une semaine avant. C’est organisé à la réunion de coopérative.

Et en histoire ? Il y a des dates incontournables à apprendre ?
Nous ne recommandons pas de suivre une chronologie, car notre pédagogie est événementielle.
On a une frise historique traditionnelle, déjà affichée, en 2 ou 3 parties sur laquelle on verra apparaître les sujets traités en conférence, les événements sensibles de notre classe et au-dessus les événements historiques.
En cycle 2 : frise du 20-21ème siècle, ça suffit.

L’histoire pose un problème de représentation, car on utilise de la longueur. C’est très compliqué.
Le journal quotidien mis dans le classeur représente le temps d’une année.

Si on constate qu’un sujet n’a pas été abordé, le maître fait une conférence.

En géographie, il faut avoir des outils (cartes) en permanence. En sciences, un tableau de classification des plantes, des animaux.

Les petits s’intéressent aux dinosaures et aux châteaux-forts : sur des choses qui leur échappent de toute façon, l’intérêt sera de construire la frise avec eux : le sens de la frise, qu’est-ce qu’on va mettre avant l’autre.

Qu’est-ce qu’on attend des enfants dans la conférence ? De présenter leur travail en lisant, avec des power point, et de plus en plus, avec un document qui devra être complété par les autres, les réponses étant données dans la conférence.

Au primaire, c’est pas mal de rester sur notre milieu.
Au secondaire on peut aller s’intéresser à d’autres milieux.

L’exposé doit être rythmé à la mesure de l’élève.
Pour que chacun passe il faut 4 semaines. On peut se mettre par deux.
Le projet doit être bouclé en une semaine.

Les enfants ne font pas vraiment la différence entre exposé et conférence.
Mais pour le maître, c’est important de le faire.

Ce qui vient d’être dit est une trame ; si on a besoin de temps pour manipuler, expérimenter on le fait.

Tout le monde est en travail de conférence ou d’exposés.
Tous les résultats sont photocopiés pour tous.

6. Après la récréation de l’après-midi
Jusqu’à 16h15 : EPS ou art…
A 16h15 : chacun complète son plan de travail, fait sa responsabilité, le maître passe pour regarder.

7. Foire aux questions

- Agenda, cahier de texte, devoirs : oui ; les enfants de l’école de Mons ont des mots à apprendre à la maison, rencontrés lors de l’entretien ou de la journée.
Ils seront dictés une fois dans la semaine. On essaie que ce soit un apprentissage avec une touche de sensibilité ; et tables de X (pas à n’importe quel moment de l’année) ; en CP lecture du cahier du soir (on apprend aux parents à le faire lors de la réunion de rentrée), une dictée coopérative du texte sur lequel on a travaillé toute la semaine.
Dans d’autres classes, les enfants ont un carnet avec des mots personnels, qu’on se dicte à deux, on met des points verts.
Il y a plusieurs façons de le faire.
Il n’y a pas de contrôle d’histoire, de leçons à apprendre.
Pourquoi ? le fonctionnement est un va et vient ; on utilise les cartes, les frises régulièrement.
Les travaux des élèves sont classés avec les enfants et accrochés sous le tableau de la classe puis archivés ensuite dans l’école. On produit du savoir vivant.

- Quand l’enfant ne réussit pas ?
Il aura une dictée adaptée ; il ne fera qu’une partie.

- Et les parents : une réunion de rentrée et 3 fois 20mn avec chaque famille.
Un des arguments massue : on va respecter le rythme des enfants.

- Et si on nous dit : « mais en 6ème, comment vont-ils faire s’ils n’apprennent pas à la maison ? » les études d’universitaires sur l’école de Mons ont prouvé le contraire ; les enfants ont une culture générale supérieure aux autres écoles tests (y compris l’école « Main à la pâte )

- Des notes ? non, ni des lettres, ni des couleurs.

- Et les enfants qui s’insultent et se battent ? A Mons, il existait une grande violence, l’expression a été tout de suite mise en place, avant les règles, puis l’heure des parents où les enfants présentent leurs travaux aux familles, et les ateliers du soir (16h45 à 17h45) pris en charge par les parents (cuisine, menuiserie, foot….) (un adulte pour 3 enfants )(subvention par la Fondation de France, du vrai matériel acheté par l’école pour de vraies réalisations, subvention CAF). Il y a toujours 20 à 25 ateliers par semaine depuis 11 ans. Les parents s’engagent pour une session, 80 % des enfants y participent ; ça a crée une relation positive entre les enfants et les adultes. L’association de quartier a été associée aussi.

8. La coopération

En pédagogie Freinet, il y a 3 grands types d’activités : activités d’expression, de communication, de recherche
et une organisation sociale, la coopération : élaboration de règles de vie, exercice de responsabilité et participer à la réunion de la coopérative.

Comment on choisit les responsables : pas de vote, tir au sort, ou on tourne chacun son tour. Tous les enfants ont une responsabilité (seul ou à deux), sauf un le remplaçant.
Le président qui donnera la parole change tous les jours, et ça dès la fin du CP.

L’élaboration des règles de vie en commun : très important car ça a un rapport avec le droit.
Il existe des lois que tous sont tenus de respecter. Mais chaque classe élabore ses règles au fur et à mesure de ses besoins, votées à la majorité, qui sont mises à l’essai pendant une semaine. Au début de l’année, il n’y a aucune règle, seulement des lois.
Ces règles peuvent être des interdictions ou des autorisations.

Une règle n’a pas de rapport avec la morale mais au travail : ce qui empêche ou permet le travail. Il n’y a pas de jugement de valeur.

Le respect des règles donne le droit à une autonomie, qui s’obtient.
On a l’autonomie pour une semaine seulement, elle peut être perdue la semaine suivante.
C’est la réunion de coopérative qui décide, ça ne dépend pas du bon vouloir du maître.

Exemple : un enfant Y dispose de 4 croix, s’il les a gardées, il garde son autonomie.
Mais un croix perdue un jour, peut être obtenue à nouveau.
C’est une règle qui n’a pas été respectée, et qui a nui au travail de la classe, ça se fait en cours de journée, par le maître.
A Mons, la perte d’autonomie est rarissime.

L’autonomie donne le droit de se déplacer seul, se servir du photocopieur, etc…
Celui qui l’a perdu, devient comme un élève dans une école habituelle ; il n’aura pas le droit de se lever en classe, non plus, c’est le maître qui lui apportera son travail.
Mais rien n’est changé pour son plan de travail.

Les ceintures de comportement appartiennent à la pédagogie institutionnelle.

Certains enfants (hyper-actifs, par exemple) peuvent être dispensés de certaines règles.
On apprend la différence et la tolérance.

Au début : faire une réunion de conseil chaque jour, avec un point à l’ordre du jour. Quand une décision est prise, on ne lâche pas. Une règle vaut pour tout le monde (même l’inspecteur d’académie).

L’ordre du jour s’organise autour des responsabilités, les projets tenus ou pas, et organisation de la semaine suivante, et vérifier si les règles de vie fonctionnent bien.

Une étude de sociologue montre que l’école de Mons arrive en tête pour le sentiment de justice.

2 délégués participent à une réunion du conseil d’enfants de l’école (démocratie participative).

La grande cohérence : tous centrés sur le travail et l’éducation au travail.

Odile Landoas
GD 35

 

 

 

 

 

 

 

 

L'organisation du milieu en texte libre (groupe de Marcel T)

Texte libre : MNLE (Méthode Naturelle de Lecture Ecriture)

 

Un exemple d'organisation en tout début d'année :

Jour 1 : écriture de textes. Le maître ramasse et « corrige » le soir même.

Jour 2 : copie au propre par les enfants sur leur cahier d'écrivain (individuel).

Jour 3 : le maitre à choisi un texte et propose à la classe de travailler dessus (avec l'accord de l'élève) : dictée coopérative.

Jour 4 : Etude de la langue sur un texte.

 

Le texte libre :

A faire au moins une fois par semaine, deux si possible.

Lors des premières mises en place de l'activité, pour lancer les élèves :

on explique qu'ils peuvent écrire n'importe qu'elle sorte de texte, et on donne des exemples (un texte qui raconte une histoire, qui joue avec les mots, qui explique quelque chose, un texte d'une histoire vraie qui nous est arrivée ou qu'on a entendue, une histoire inventée...).

On s'assure que tout le monde à une idée pour écrire. On demande des exemples d'idées (l'idée d'un élève peut être reprise par un autre). En début d'année, on interroge bien tous les élèves, pour ne pas en laisser de côté).

Pour aider au début : on les laisse démarrer, et on les interrompt très vite (quelques dizaines de secondes), pour voir qui a vraiment commencé à écrire. On fait lire les quelques mots, on fait proposer des idées pour continuer. Ils recommencent à écrire, on peut les interrompre une deuxième fois si on voit qu'il y en a qui ne se sont pas encore lancés. On ne laisse pas une classe « débutante » dans le silence de la page blanche.....

Quand un élève ne sait pas écrire un mot, il met la première lettre suivie d'un trait. En passant dans les rangs, le maitre écrira lui même le mot manquant. Ceci évite de bloquer les élèves pour des problèmes d'orthographe.

On annonce la fin du temps d'écriture un peu à l'avance pour que les enfants écrivent une vraie fin. On « choisi » quelques élèves pour qu'ils viennent lire leur texte (on leur demande avant), pour éviter que tout le monde ne réclame, et pour éviter de mettre un élève en danger face à la classe à cause de la qualité ou de la nature de son texte.

Pour un élève faible ou timide, le maitre est en posture protectrice près de lui, face au reste de la classe.

Après cette lecture, la classe apprécie et commente le texte. On peut établir un grille de vigilance (comme pour toutes les autres activités), au fur et à mesure de l'année, qui sensibilisera les élèves à certains critères et leur apprendra à mieux apprécier, mieux regarder, mieux parler de ce qu'ils sont en train d'entendre, voir, etc. Ils auront ainsi plus de clefs pour comprendre.

Le maitre est très attentif à l'ambiance de classe (pas de moqueries...).

Plus tard dans l'année, si les textes deviennent trop longs et que leur qualité diminue (début à rallonge et fin en queue de poisson), on peut revenir à une séance collective comme ces premières séance, ou on ne laisse pas aux élèves le temps de trop s'étendre sur le début, et ou on averti à l'avance de la fin pour qu'il prenne le temps de l'écrire vraiment.

 

Au fur et à mesure de l'année, quand on sent qu'il en est capable, on incite l'élève à se corriger lui même en signalant simplement l'erreur.

 

La dictée coopérative :

le maitre dicte la dictée, phrase par phrase, tous les élèves écrivent sur leur cahier, et un au tableau.

Pour chaque phrase, on se met d'accord sur l'orthographe.

A chaque fois qu'il y a une erreur, le maitre la numérote dans la marge (numéros croissants tout au long de l'année, même si l'erreur a déjà été rencontrée dans l'année).

 

Etude de la langue :

Sur la page de droite, pour chaque erreur repérée dans la marge, un petit rappel (leçon succincte, aide mémoire) est noté.

De temps en temps dans l'année, pour des erreurs rencontrées trop souvent, le maitre fait une « pause structurante » (leçon).

Après les remarques, l'élève auteur peut corriger son texte, et le taper pour qu'il soit inclus dans le recueil de textes de la classe (édité régulièrement à raison d'un exemplaire par élève, éventuellement vendu....).

 

 

Textes libres (synthèse) :

Lecture de textes écrits la veille.

Normalement, les temps de présentation sont plus tard dans la journée (problème d’ambiance de classe.)

Analyse de pratique : on essaie de caractériser la pratique de texte libre.

Moyen d’expression pour l’enfant.

 

Mise en commun :

Engagement personnel et affectif des élèves dans la démarche.

Plaisir d’écrire et d’entendre les écrits des autres

Ecrire, c’est exister en tant qu’individu

L’étude de la langue (EdL) devient un outil au service de l’écriture et de la communication

Transformer la peur de se dévoiler, l’angoisse, en plaisir et en surprise de ce qui sort

C’est une création

Faire l’expérience de la littérature

Notion de liberté, de libération

Par rapport au programme : beaucoup d’apprentissage se font par implicite (pas de leçon structurée si pas besoin). Le programme va donc être couvert puisque soit les élèves savent déjà, soit on fait un rappel ou une leçon, selon besoins.

L’enfant est auteur (=il s’autorise, l’école l’autorise)

Effet de groupe, cadre sécurisant, valorisant

Attention : groupe et activités peuvent être anxiogène.

La part du maitre (comment peut-il juger de la qualité des textes ?) : subjectivité de l’évaluation

Enthousiasme

 

Recette pour une soirée sympa

Ingrédients :

- des copines

- des bonbons

- des pyjamas

- une chambre

Ustensiles :

- de la bienveillance

- des ragots gentils

- une bonne résistance

 

1. Prenez quelques copines et enfermez-vous à clé dans une chambre pour éviter les intrus qui, comme chacun le sait, s'incrustent toujours quand il ne le faut pas.

2. Mettez-vous en pyjama, les chemises de nuit sont acceptées, pas les nuisettes, on n'est ps au concours Miss France non plus !

3. Ouvrez les paquets de bonbons. Vous pouvez faire des brochettes mais ce n'est pas indispensable ; le feu de bois est interdit dans les locaux.

4. Commencez à discuter...

Anita

 

La pédagogie Freinet en maternelle

Mercredi 22 août 14h/16h30

 

Questionnement

 

 

Lorsque que l'on veut débuter en PF il est conseillé de choisir une entrée telle que :

 

 

Le Quoi de Neuf

 

 

techniques d'animation

 

Rôle de l'enseignant :

 

 

Le conseil de classe

 

 

La gestion des conflits ne pouvant pas toujours être différée, surtout chez les plus petits, on peut utiliser la technique des « messages clairs », renforcée (ou non) par la présence de médiateurs

 

 

Les ateliers permanents :

 

 

Exemples d'ateliers :

 

 

Pour une aide sur la mise en place des ateliers, consulter le site « matern'ailes ».

 

 

 

 

 

 

 

Musique sans matériel... ou presque

Compte-rendu de l'atelier du jeudi dans le hall du rez-de-chaussée

 

Le propos de cet atelier était de montrer une façon de pratiquer la musique en groupe et de faire progresser ce groupe dans sa pratique lorsqu'on ne dispose pas d'instruments, ou si on en dispose, de les oublier afin de s'émanciper au maximum des contraintes de la musique musicale acceptée des musiciens musiquants. Cet atelier développe différentes activités dirigées destinées à nourrir l'imaginaire sonore en vue de création libre libre.

Le schéma général est celui des méthodes naturelles d'apprentissage.

Exploration/découverte

Échanges

Essais

Échanges

Développements/Productions/présentations

Échanges

Développements/Productions/présentations

Échanges

et si possible comparaison des productions des enfants avec les œuvres d'artistes.

 

Les premières activités sont proposées à un petit groupe (6 à 15 participants). En classe, on peut utiliser un temps d'atelier, les autres ateliers se pratiquant en autonomie.

L'ensemble du cycle de ces activités se mène sur plusieurs séances.

Tous les moments d'écoute se font évidemment dans le silence complet.

Pour plus d'efficacité, on peut enregistrer les productions pour les réécouter après un premier échange pour vérifier ce qu'on a dit. On trouve aujourd'hui des dictaphones numériques à des prix compris entre 50 et 100 € avec des petits hauts-parleurs pour l'écoute, si on n'a pas les moyens d'acquérir un enregistreur numérique pour 180 à 300 €.

 

Il existe bien sûr de nombreux autres jeux permettant d'arriver au même résultat. Ce cycle est un exemple que j'utilise personnellement. Le but n'est pas d'utiliser tous les jeux possibles, mais d'arriver à des créations libres et autonomes en suscitant parallèlement la création d'instruments.

 

Utilisation des objets du lieu.

On s'installe en rond dans la salle pour les écoutes et les échanges.

 

Consigne : Chacun va explorer le lieu par les sons qu'il peut produire. On peut utiliser tous les objets ou éléments présents dans la salle à condition de ne pas le détériorer (pas le droit de briser une vitre pour entendre le son produit !).

 

On laisse le temps aux participants d'explorer un maximum de sons ; 5 à 10 minutes.

Dans une classe, on peut utiliser les chaises, les tables, le tableau, les murs, les cahiers, les règles... à condition de ne pas les abîmer.

 

Consigne : Maintenant, chacun choisit UN son à faire écouter aux autres. On peut le choisir parce qu'on le trouve beau, surprenant, dérangeant,..

 

On laisse 1 à 2 minutes pour le choix. On passe à l'écoute de tous les sons : chacun leur tour, les participants font écouter leur son dans le silence. À la fin, on échange sur les impressions. Si l'objet n'est pas déplaçable, on peut néanmoins le faire écouter.

 

Consigne : On repart à la recherche d'un son à faire à l'aide d'un objet déplaçable pour le faire écouter.

 

On laisse 2 mn pour le choix, puis on se regroupe avec les objets pour faire écouter.

On échange sur cette écoute.

 

Consigne : On garde son objet et on essaye de trouver le maximum de sons différents qu'il peut produire.

 

On laisse expérimenter puis on se regroupe pour l'écoute. Après chaque écoute, les autres peuvent proposer d'autres façons de produire des sons avec le même objet.

En fin d'écoute, on demande de verbaliser : quelles sont les différentes façons de produire des sons avec les objets ? On recentre sur les verbes d'action : taper, frotter, gratter, secouer, souffler. On peut comparer avec des instruments connus.

 

Premier jeu. Jeu à 2 en relais.

Consigne : Nous allons jouer avec nos instruments. Quelqu'un commencera seul. Du regard il appellera une autre personne pour jouer ensemble. Après avoir joué un moment, le premier s'arrête et le second joue un peu seul. Du regard il appellera une autre personne qui n'a pas encore joué pour jouer ensemble. Après avoir joué un moment, il s'arrête... et ainsi de suite jusqu'à ce que tout le monde soit passé.

Jouer ensemble signifie : jouer avec l'autre en essayant que "ça aille bien ensemble".

 

On échange sur ce qui s'est passé en insistant sur l'écoute : les joueurs ont-ils joué ensemble réagissant à ce que fait l'autre, ou ont-ils seulement joué en même temps ? Quelqu'un a-t-il dominé ou chacun a pu proposer à l'autre ?

On peut recommencer ce jeu.

 

Utilisation avec des objets.

 

Maintenant, on peut également introduire une "malle à sons" contenant divers objets sonores : boites de conserve, morceaux de bois, de carton, de PVC, bouteilles vides…, en bref tous objets permettant de produire des sons.

 

Jeu à tous.

On va jouer, tout le groupe ensemble, en cherchant des règles de jeu (début, fin, développement).

Première règle minimale proposée :

Consigne : Nous allons jouer tous ensemble. On commence par du silence, on finit par du silence.

 

On échange sur ce qui s'est passé en insistant sur l'écoute : a-t-on bien entendu tous les instruments ?

On recommence plusieurs fois le jeu en cherchant d'autres règles, en changeant éventuellement d'instrument. L'important est de se rendre compte qu'on ne joue pas tout le temps : on doit aussi se taire pour écouter avant d'intervenir à nouveau.

On demande maintenant de choisir deux objets pour qu'ils produisent des sons ensemble.

On peut ensuite passer à un jeu à toute la classe avec la même exigence d'écoute.

La première règle est minimale afin de ne pas trop influer sur les propositions ultérieures de règles.

 

 

 

Je pense qu'après ce cycle, des petits groupes d'élèves peuvent se constituer pour préparer une présentation au groupe avec comme consigne : préparer une production en prévoyant un début, un développement et une fin. Le développement peut être "improvisation".

En attendant des présentations de productions libres-libres.

Philippe Wain

Organisation de la classe - animations Danièle et Marcel Thorel (2)

Organisation de la classe animations Danièle et Marcel Thorel

30 présents

 

Extrait du journal télévisé n°2 de l’école de Mons (on y voit entre autre, une commémoration du 11 novembre, à l’école, et non pas au monument aux morts, animée par 2 chanteuses-comédiennes).

 

Questions matérielles

 

1. la correspondance scolaire

l’intérêt : recevoir des nouvelles de l’extérieur qui vous nous forcer à regarder notre milieu.

Quelques conditions à remplir pour que ça marche :

On peut écrire des lettres collectives, sur un grand format. On répond aux questions et on en pose.

On peut écrire des lettres individuelles : il y a un format type pour l’école pour en faciliter l’écriture.

L’enfant écrit une lettre, un texte, un petit truc maths ; le format sert de pochette, on peut y ajouter des objets, pas de cadeau personnel, mais des cadeaux pour la classe.

Les dates d’envoi sont fixes et prévues et les enseignants s’engagent à les respecter. C’est important, car de cette façon on a un mois pour répondre, on n’est pas trop bousculé, on assure son contrat.

Au total : 5 lettres collectives, 5 lettres individuelles. Elles se font dans le moment étude de la langue.

On apprend à remercier, poser des questions,…

Intéressant d’un point de vue didactique : le courrier nous permettra d’employer le nous, le futur

On la décore dans les moments d’arts plastiques.

 

dates

Classe A

Classe B

1

collective

individuelle

2

individuelle

collective

3

Coll.

Indiv.

4

 

 

5

 

 

La lettre collective va être lue, décortiquée.

Les classes qui n’ont pas le même nombre d’élèves : on prend 2 corres au lieu d’un. Celui qui écrit à 2 enfants, fait une seule lettre avec les 2 prénoms, photocopiée 2 fois. Il faut bien sélectionner les enfants et qu’ils acceptent (dans les 2 sens).

Comment faire les couples ? la 1ère lettre indiv commence par « cher ami », dans laquelle on se présente. Les maîtres peuvent se contacter. Les enfants se choisissent.

Dans les lettres collectives, on ajoute le journal, des textes, des recherches, etc.

Pour que ça marche, ça doit faire partie intégrante du travail de l’enfant, et non pas un travail supplémentaire.

On veille à la qualité et au soin de la lettre. Au moment de l’envoi on photocopie sa lettre, à mettre dans le cahier d’écrivain, et qui permet de garder en mémoire.

On pense à garder dans une boîte tout ce qu’on va envoyer.

 

Les échanges par internet c’est possible (mail, blog)

A Mons on reste attaché à la forme papier.

La lettre collective est une source de motivation pour la lecture.

Pour des maternelles, on peut matérialiser l’envoi par une valise que l’adulte emporte.

 

Dans les prolongements : allez en classe de découverte ensemble.

 

2. les stages d’enfants

4X3h 2 classes + 1 intervenant

L’idée est de concentrer sur un temps donné un apprentissage qui servira après dans la classe.

Exemple : stage informatique apprendre à taper un texte libre.

Les enseignants à 2 aident les enfants à mettre au point leur texte ; un adulte pour l’illustration, un pour le traitement de texte. A la fin de la semaine chaque enfant aura produit une feuille. Les rapides pourront en faire plusieurs.

 

Même chose pour la musique libre, histoire, arts, théâtre…

Ce ne sont pas les enfants qui choisissent mais de retour dans la classe ils redeviennent libres de choisir.

Ces stages permettent aux enfants d’être autonomes.

Dans la ZEP de Mons (5 ou 6 écoles) tous les enfants font au moins 3 stages. Il y a 2 enseignants qui ne font que ça ; on établit un calendrier en début d’année.

 

3. l’emploi du temps par blocs

ex 9h-9h45 salle de rédaction : tout ce qui s’écrit

C’est intéressant car la notion d’atelier apparaît. Ce qui n’est pas fini le lundi, sera continué le mardi.

On peut faire un bloc maths et un bloc étude du milieu.

 

4. les fichiers

Le but c’est de s’en séparer, mais l’intérêt c’est d’assurer ses arrières.

Ça évite de les faire mais ça ne sera pas exactement en rapport avec la vie de la classe.

L’ambiguïté de l’affaire c’est que vous mettez du temps pour le mettre en place.

Ils existent en lecture, géométrie, orthographe, maths, lecture-sciences…

Ça demande un gros travail de préparation en début d’année.

 

5.les plans de travail

 

Jour 1

Jour 2

Jour 3

Jour 4

Lecture

 

 

 

 

Texte

 

 

 

 

maths

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut le faire sur 7 jours d’école.

Si on a des enfants peu autonomes, il faut qu’il soit très détaillé (écrire, recopier, illustrer son texte)

Certains plans sont des constats, d’autres servent à programmer un travail par l’instit ou par l’enfant ou les 2.

C’est un contrat de l’enfant avec lui-même ou avec le maître.

Il n’y a pas une seule réponse pour le plan de travail, il peut évoluer.

 

6.l’évaluation

3 couleurs : vert, bleu, rouge.

L’école a un langage chiffré pour l’évaluation.

Les textes n’obligent pas à mettre une note jusqu’à la terminale.

Au lycée de la Ciotat, pas de note sauf pour ceux qui en auront besoin pour l’après bac.

Evaluer ça veut dire donner une valeur à quelque chose.

A Mons, Marcel avait un bulletin remis aux parents chaque trimestre avec des commentaires.

2 types d’évaluation : l’évaluation relative qui estime les progrès (en gal, positive), par recherche maths, texte libre, etc.

Et l’évaluation absolue qui apprécie le niveau. Pour ne pas se faire d’illusion tout en gardant un œil positif. Les parents étaient reçus trois fois dans l’année avec l’enfant.

Certains enseignants avaient des brevets, cahier de réussite,…

Aller voir « brevets et chefs d’œuvres » de Célestin Freinet.

 

7. l’heure des parents

Pour la dernière heure, l’enfant montre quelque chose de bien aux autres.

On a directement le résultat du travail de l’enfant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Peinture collective - jeudi 23 août

 

 

 

 

 

Atelier son

Un petit montage photo/vidéo sur l'atelier "Recherche son"...

 

Atelier son (2)

Une vidéo sur l'atelier "recherche son"

 

Quelques photos du stage de Rostrenen

 

 

Catherine!

Humeurs...

Il y a une demande sur « genre et mixité »... sûrement quelqu'un qui a remarqué que les doublettes d'animateurs ne sont pas mixtes !

 
J'ai acheté une carte pour le bar du stage. Ça compte pour la découverte du milieu ?
 
 
Super cette idée de « balayer » le programme !!!
 
Philippe Wain
 

 

Atelier poésie avec Martine Boncourt

Cinq participants : Anne, Thierry, Olivier, Pierrick et Martine L.

Tour de table sur nos pratiques de classe :

Cycle 3 de Pierrick:

- Lecture offerte. Je lis un poème le matin en arrivant. Fichier avec de nombreux poèmes de grands auteurs. Les enfants en choisissent régulièrement quand ils le désirent ou sur sollicitation de l'adulte et recopie le poème sur leur grand cahier d'auteur. Il y a une nécessité intérieur profonde quand il y a création poétique.

Cycle 2 d'Anne :

- En atelier ou pendant le plan de travail les enfants sont amenés à choisir un poème. A un autre moment, je lis des poèmes. Ils en choisissent un et on voit collectivement comment l'apprendre.

- En atelier école, une semaine par an : création poétique. Nous faisons appel à un BIP (Brigade d'Intervention Poétique). C'est un acteur de théâtre qui s'est spécialisé. Il intervient dans les classes, à la piscine ... Il dit un poéme par surprise dans le creux de l'oreille, en face à face, à un petit groupe ...

Cycle 3 classe de Thierry :

- Classeur et recueil de poèmes dans la classe. Choix et copie dans le cahier dans le cahier des auteurs.

- Ecriture de petits poèmes par quelques enfants. Pour les aider, je leur ai proposé la technique des carrés lescuriens. Beaucoup de plaisir dans cette activité.

Cycle 2 d'Olivier :

- Moment chaque matin où on se dit des poèmes. On s'entraîne à les dire de différentes façons. Au début c'est moi qui les dis puis petit à petit ils se lancent.

- Puis ils en viennent à créer des poèmes. Il peut y avoir des propositions d'amélioration si l'auteur l'accepte. Il sera dans le journal de classe s'il le souhaite.

Cycle 2 classe de Martine L:

- Un temps de lecture de poèmes : une fois par quinzaine je lis au groupe une dizaine de poèmes. Ils choisissent celui qu'ils souhaitent apprendre. Certains poèmes seront choisis par un ou deux ou trois enfants.

- Atelier école (cycle de trois semaines) : lors du décloisonnement école, hebdomadaire, il m'arrive de proposer un atelier poésie. J'ai alors un groupe avec une douzaine d'enfants des cycles 2 et 3. Je fais la lecture de nombreux poèmes et leur demande quelles images ils se font à la lecture d'un poème. Je leur dis que nous ne pouvons pas voir tous les mêmes choses dans un même poème. Nous n'avons pas le même vécu, la même histoire... Nos images viennent de notre histoire. Ce que vous écrirez ne sera donc pas perçu par les autres comme vous le perceviez en l'écrivant. De belles créations suivent.

Martine B : Le bain poétique est très important. Les deux actions de lire et d'écrire, en poésie, doivent être parallèles. La poésie est un des axes forts de la pédagogie Freinet : c'est l'indispensable superflu. La poésie est à la fois une parole de la complexité, de la totalité, de l'incertitude.

"A quels mots pensez-vous  lorsque je vous dis le mot  poèmes ?" : liberté, inconnu, plaisir, envie, jeu, sensualité, sonorité, musicalité, l'homme, rythme, image impromptue ...

Les poéticiens qui étudient la poésie se cassent les dents à vouloir identifier la poésie. On n'est pas dans la poésie quand on est dans les procédés. Même si...

Martine dit le mot "arbre". Nous avons des images à peu près identiques lorsque ce mot est dans un registre prosaïque.

Lorsque nous rentrons dans le registre poétique, nos images se modifient. Elles se chargent de connotations issues du vécu de chacun. Voici celle du groupe : "majesté, debout, rugueux,vent, couché, douleur, écureuil, ciel, caché, roseau, balançoire ..."

La poésie, c'est le contraire de l'étude de textes. Ce qui compte c'est ce que je ressens en lisant le poème. Il y a un émetteur et un récepteur. La poésie est une partition qui se joue à deux.

La phrase poétique s'appuie sur une évocation sensuelle. Tout le corps est sollicité.

En poésie, c'est comme en musique, le silence est important.

La  poésie renvoie à cette période foetale pendant laquelle on était dans les rythmes du coeur, sanguin, respiratoire...

Nous avons dit des poèmes, avons parlé sur des poèmes, en avons appris...

 

Moi, j'ai adoré participer à cet atelier !

 

Essai de compte rendu par Martine Legay.

 

 

 

 

Démarrer, continuer en Pédagogie Freinet ? Quelques interviews… (1)

Démarrer, continuer en Pédagogie Freinet ?

 Quelques interviews… 
 
Faisant partie du CA de l’ICEM depuis un peu plus d’une année, j’y ai à plusieurs reprises entendu dire que les stages de formation organisés par le mouvement étaient largement fréquentés par les jeunes enseignants surtout lorsque qu’un module « Démarrer en pédagogie Freinet » se mettait en place, constat qui hélas était assorti d’un autre beaucoup moins réjouissant : peu d’entre eux revenaient. Pourquoi ? C’est la question que j’ai posée à quelques uns d’entre vous pour tenter d’y répondre.
Jérémie, Chloé et Olivier ont répondu aux questions suivantes :
 
Quels sont les processus qui vous ont conduit à choisir la PÉDAGOGIE FREINET ?
Comment voyez-vous l’avenir de ce choix ?
 
Jérémie - 28 ans - T1
« Quand j’étais gamin, à l’école, il y avait un formatage des esprits. J’étais révolté par l’attitude de certains enseignants qui avaient des pratiques humiliantes : donner des notes par ordre croissant ou décroissant, les jugements de valeur : « T’es un bon à rien, tu ne réussiras jamais en math », mais aussi l’encouragement à la compétition. Paradoxalement, même si j’avais de bonnes notes, je souffrais de cette situation : les moins bons me traitaient d’intello, j’étais exclu par certains. Les notes, c’est toxique aussi bien pour les bons que les moins bons. Je me souviens en particulier d’un prof de sixième que j’ai trouvé tellement injuste que je me suis dit : « je voudrais être prof pour être un bon prof ».
J’ai suivi un cursus scolaire jusqu’en master2 en écologie. Mais le métier auquel ça me destinait ne me convenait pas. J’ai donc commencé à réfléchir à ce que je pourrais faire d’autre. Cette période a duré à peu près deux ans jusqu’à ce que je me rende compte que je voulais être prof/instit. Ce qui m’a motivé c’était l’approche pluridisciplinaire et la relation humaine. J’ai commencé à me renseigner sur des pédagogies alternatives et j’ai trouvé que la PÉDAGOGIE FREINET me plaisait beaucoup avec sa visée émancipatrice, et j’ai aussi accroché avec le texte libre car j’aimais beaucoup écrire. Je me suis inscrit au concours que j’ai préparé en candidat libre avec le CNED tout en travaillant dans un collège comme prof vacataire de bio en SVT. J’étais aussi assistant d’éducation. Cela m’a permis d’approcher la pratique de classe, d’avoir une expérience concrète. Une année s’est écoulée, la PÉDAGOGIE FREINET m’est sortie de l’esprit. J’ai eu le concours, et j’ai commencé ma formation de PES en sep/oct. A la mi-octobre 2011, j’ai reçu un mail de ma directrice m’invitant à participer à un mercredi après-midi de découverte de la PÉDAGOGIE FREINET à l’école Léon Grimaud à Rennes. C’était pour le lendemain. J’ai foncé. C’était comme si la PÉDAGOGIE FREINET était revenue vers moi.
J’ai redécouvert le texte libre, les créations mathématiques, et pendant les vacances de la Toussaint, il y avait un stage « Démarrer en pédagogie Freinet » à la Côte St André (38). J’y suis allé en covoiturage avec Damien. Le voyage a duré deux jours, nous avons beaucoup discuté. Je me suis senti proche de sa façon de voir la pédagogie, la relation avec l’enfant… C’était parti.
J’ai trouvé la façon d’enseigner qui me convient, même si je sais que cela va être une longue recherche. J’ai trouvé aussi un groupe de collègues au GD35 dont je me sens proche, et avec lesquels je peux vraiment échanger sur ma pratique de classe. Je me sens appartenir à une communauté. Ca fait du bien, ça donne du sens.»
 
Chloé - 39 ans - prof des écoles S1
« Jusqu’à l’heure actuelle, j’ai eu une vie précaire de militante faite de luttes différentes qui convergeaient vers une pensée anticapitaliste, libertaire, écologiste. C’est à travers le militantisme et les pédagogies alternatives que j’ai abordé l’éducation. Ce que j’ai vu et vécu de l’enseignement bridait les émotions et enfermait dans des normes.
J’ai vécu des expériences d’éducation populaire sur un mode mutuel, égalitaire.
Au moment où j’ai décidé de m’inscrire au concours, j’ai lu trois pages de Montessori et je me suis endormie. Par ailleurs, j’avais beaucoup entendu parler de Steiner par des babas cool que je fréquentais, mais j’ai senti que ce n’était pas pour moi, c’était trop ésotérique. Par contre, j’ai lu « l’Education du travail » et dès la préface j’ai compris que Freinet avait la vision socialiste d’après 1945, super optimiste sur l’arrivée d’un monde meilleur, mais aussi une vision émancipatrice. Je me suis dit que c’était vraiment ça que je voulais, car j’ai toujours eu une lecture politique du monde. Des rencontres humaines m’ont confortée dans cette direction.
Il n’y a que chez les instits Freinet que j’ai rencontré un véritable accueil et une envie de transmettre un métier, un savoir-faire et la liberté. Je sais que pendant les années de stage je ferai patte de velours, mais après, c’est vraiment cela que je veux faire.
Quand je vois ici des gens qui pratiquent depuis quinze ans et que cela devient fluide et simple, ça donne envie.
Pour moi, l’éducation c’est de la politique, c’est de la pratique concrète plus que des idées. »
 
Olivier – 36 ans – T10
« Ma première rencontre avec la PÉDAGOGIE FREINET, c’était à l’IUFM, l’année de la préparation du concours : des gens du GD72 sont venus faire une mise en situation (méthode naturelle de polonais). Sur le coup, ça m’a intrigué. J’étais dans la découverte du métier. J’ai passé mon concours. J’ai commencé de manière très traditionnelle et avec ce dont je me souvenais de l’école telle que je l’avais vécue.
Ca ne s’est pas trop mal passé les premières années. Au bout de trois/quatre ans, je me suis rendu compte que je ne pourrais pas continuer à enseigner de manière traditionnelle. Plusieurs sentiments m’habitaient : le respect des enfants, leur adhésion, leur motivation, et je me suis rappelé la PÉDAGOGIE FREINET. Il y a eu ce souvenir d’IUFM et je me suis renseigné. J’ai commencé à lire ce qui se faisait ailleurs. De Freinet j’ai d’abord lu « les invariants pédagogiques » et les « dits de Mathieu ». J’ai lu plein d’extraits de revues éditées par le mouvement. Ce qui m’a intéressé le plus, ce sont les productions des enfants, leurs créations. Ce mot « création » m’a beaucoup parlé. Il avait du sens.
C’est ainsi que j’ai commencé à mettre en place des choses dans ma classe. J’ai commencé par le journal, le QDN et le Conseil. C’est ce qui me paraissait essentiel. Mais j’étais seul, je me sentais isolé.
Quand je suis arrivé dans mon école, celle où je suis actuellement, j’ai rencontré une instit qui pratiquait la PÉDAGOGIE FREINET. On a fait des choses ensemble. Puis elle est partie. Je me suis retrouvé à nouveau seul. J’avais quand même des collègues qui touchaient un peu à la PÉDAGOGIE FREINET. On en discutait ensemble parfois. J’étais sûr que c’était ça que je voulais faire. C’est grâce à la collègue qui est partie et qui fréquentait le GD44 que je m’en suis rapproché.
De plus, j’ai construit ma maison dans la commune d’à côté où j’enseigne, et j’ai scolarisé mes deux filles dans l’école de la commune qui fonctionne en PÉDAGOGIE FREINET. Ca m’a encouragé à faire des liens avec des instits Freinet. Tout cela s’est passé dans la même période.
J’ai avancé par petites touches. Chaque année je faisais valser les pratiques traditionnelles, je faisais bouger les lignes, en lecture, en math. J’avais compris que je ne pouvais plus cloisonner les matières, que tout s’entremêlait.
Depuis trois ans, j’y suis complètement. Actuellement, il n’y a plus rien de ce que je faisais au début de ma carrière.
Dans mes lectures, il y a eu beaucoup de sites internet : de nombreux instits mettent en ligne ce qu’ils font. L’ICEM aussi. J’ai pris beaucoup de choses qui au début n’étaient que des essais que j’ai fait évoluer.
Depuis que je suis complètement en PÉDAGOGIE FREINET, je suis beaucoup mieux dans mon métier. J’en suis très heureux. Je n’ai aucun doute sur cette façon de procéder.
Le militantisme qui va avec la PÉDAGOGIE FREINET est venu avec la fréquentation du GD44 et la multiplication des rencontres. Je ne le vivais pas au début de ma carrière. Aujourd’hui, je ne me contente pas de ma pratique de classe. Mes convictions me poussent. Je milite et je me bats dans mon école pour faire valoir ce qui me semble essentiel. »
 
Propos recueillis par Francine TETU
Le 23 août 2012, Rostrenen
Stage Grand-Ouest 
 
 
 
 

 

Démarrer, continuer en Pédagogie Freinet ? Quelques interviews (2)

Barbara – 31 ans – T5

«  Je n’ai pas fait le choix de la PEDAGOGIE FREINET. Je suis venue ici pour voir ce que c’est exactement. J’ai passé quatre ans directrice d’un triple niveau. Ca a été difficile la première année, mais difficile aussi le dernière pour des questions d’ambiance.
En fait à l’IUFM où j’ai été formée, on m’a enseigné des techniques dont je découvre maintenant qu’elles viennent de la PEDAGOGIE FREINET. En T1, on reçoit les visites d’un conseiller pédagogique. C’est lui qui m’a dit que ce que je faisais ressemblait beaucoup à la PEDAGOGIE FREINET. Mais moi je ne voyais pas en quoi.
Pendant quatre ans, j’ai surnagé, j’ai inventé, j’ai bricolé, j’ai piqué des idées à droite à gauche, j’ai expérimenté. J’avais envie de voir ce que c’était que la PEDAGOGIE FREINET. Puis je me suis dit que puisque ce que je faisais y ressemblait, je pouvais essayer d’aller voir jusqu’au bout. Sauf que des bouquins sur internet, ça ne m’a jamais permis de comprendre la spécificité de la PEDAGOGIE FREINET. Un stage près de chez moi se mettait en place, pas cher, je me suis décidée à aller voir.
Je commence au bout de trois jours à voir ce que je vais prendre et laisser. J’ai déjà une petite idée. J’ai compris en particulier que la PEDAGOGIE FREINET ce n’était pas des techniques, mais plus un mode de vie dans la classe.
Je pense que je vais piquer un certain nombre d’activités, mais je ne suis pas encore prête à changer complètement de mode de vie pour plusieurs raisons : j’arrive dans une nouvelle école, je suis à trois-quarts temps et je vais partir en congé de maternité. De plus j’ai un simple niveau (CM2). Il me semble que la PEDAGOGIE FREINET est plus adaptée à un travail par cycle où on a les élèves trois ans, en classe unique ou dans une école à deux classes.
Dans l’école où j’étais avant, tout le monde me faisait confiance (enfants/parents), et puis j’avais tout le cycle3. Si j’avais gardé mon ancien poste, j’aurais pu prévoir de passer à la PEDAGOGIE FREINET sur deux/trois ans.
Là je vais mettre en place un QDN, l’écriture libre, et après la créamath de temps en temps. Pour le moment, j’éprouve le besoin de garder la sécurité des progressions. J’espère pouvoir convaincre peu à peu les collègues de me donner un double et même un triple niveau d’ici quatre/cinq ans.
 
 
 
Cécile - 42ans – T6
« Avant même d’avoir fait le choix de la PEDAGOGIE FREINET, j’ai fait le choix d’être instit  qui est une reconversion. Avant, je travaillais dans la brocante après une fac de droit.
Je me suis intéressée à l’école suite à une énorme divergence de point de vue avec l’instit de mes enfants à l’école maternelle. Avec l’aîné ça se passait plutôt bien, par contre avec le deuxième il y avait de grosses difficultés. J’ai commencé par me poser des questions : est-ce l’enfant, est-ce moi ? Puis, je me suis aperçue que la moitié de la classe était en difficulté : tensions internes, pleurs pour aller à l’école le matin… Je pouvais accompagner tout cela car j’étais en congé parental.
J’avais des tas de copines instits qui m’ont donné l’envie de passer le concours. Dans mon idée, c’était évident que l’enfant que l’enfant devait être au centre des apprentissages. J’ai fait la connaissance de Freinet à l’IUFM. J’ai assisté au Congrès de Nantes et j’ai fréquenté le GD35 (quelquefois).
Je suis très partisane de la formation personnelle puisqu’on ne nous la donne pas, il faut se former soi-même. Maintenant, je vais être titulaire dans la même école. Avant j’étais TRS, c'est-à-dire que je changeais de niveaux tous les ans. Je suis très favorable à la culture d’école.
C’est difficile de savoir ce que l’enfant doit savoir et quand on peut l’évaluer. Plus t’as d’expérience, plus tu as de recul, plus tu vois l’horizon. Au départ, j’avais le nez dans le guidon. La PEDAGOGIE FREINET correspond à la façon dont j’ai envie de faire avec les enfants et surtout le fait qu’ils soient au centre, que l’on soit au niveau de ses besoins, de ses attentes. Pour le moment, mes élèves sont acteurs, je voudrais qu’ils deviennent auteurs. Je pars encore beaucoup trop de moi.
A la rentrée, je vais avoir un CM1/CM2. Même si je suis toute seule à mettre la PEDAGOGIE FREINET en place, je vais avoir les enfants deux ans, ce qui est favorable à la mise en place de la PEDAGOGIE FREINET. S’agissant de travail en équipe, je crois pouvoir en entraîner d’autres enseignants dans mon sillage. Par petites touches au départ. Et l’on peut travailler aussi avec ceux qui ne font pas du FREINET, ou qui ont l’impression de ne pas en faire. J’ai pu voir dans leur classe des outils qui me laissent à penser qu’on n’en est pas loin.
Je vais adhérer au GD35, car j’ai besoin de partage et d’étayage. De plus, je ne vais avoir que seize élèves et ça m’encourage aussi. J’ai vraiment l’intention d’y aller progressivement, je ne pars pas en croisade. Ce qui m’intéresse c’est que l’enfant progresse et aille bien. La PEDAGOGIE FREINET favorise cela.
Il y a un autre point qui me plait dans la PEDAGOGIE FREINET, c’est qu’elle a fait ses preuves dans les milieux défavorisés. Je suis pour l’école publique. Je n’adhèrerais pas à une école FREINET privée. Je suis favorable à l’accès de tous à l’école, surtout aux enfants dont les parents ne réfléchissent pas forcément à la pédagogie et à l’éducation. »
 
Séverine - 39 ans – PES
« Pour ce qui est de la façon dont je suis arrivée à la PEDAGOGIE FREINET, je devrais d’abord dire que le fait d’être instit est une reconversion. J’étais commerciale dans le carton. Mais les questions d’éducation m’ont toujours passionnée.
Au départ, j’étais plus attirée par Montessori dont l’approche est plus sensorielle et calquée sur le rythme de l’enfant. Il s’agit de créer un environnement favorable sur lequel l’enfant s’appuie pour s’orienter. L’idée de liberté et de plaisir est très présente.
Moi, je ne me positionne pas sur une orientation définitive en direction de telle ou telle pédagogie. Je vais avoir des CM2 et Montessori n’est pas adaptée dans ce cas. Et puis Montessori est privé alors que FREINET c’est plus dans la mouvance du public. A l’IUFM de Chartres (28), on nous a très peu parlé de la PEDAGOGIE FREINET.
J’ai aussi eu des contacts avec le GFEN. C’est encore autre chose, c’est plus une vision égalitaire et sociale de l’accès au savoir, et une culture de la bienveillance de l’enseignant. Je suis aussi imprégnée des idées du GFEN.
La PEDAGOGIE FREINET a une approche plus concrète au moyen des outils.
C’est ce que j’en perçois actuellement. Dans le 44, il n’y a pas de GFEN, alors que le mouvement FREINET est présent. Il ne m’est pas possible de démarrer sans garde-fou. Ce stage est un garde-fou. Je pose des jalons, j’installe des sécurités. J’ai besoin d’adhérer à l’ICEM et à un GD. J’ai besoin de soutien.
Ca a l’air difficile d’entrer en PEDAGOGIE FREINET, de mettre en œuvre tout ce qu’on voit ici ; et en même temps, c’est enthousiasmant, c’est grisant. J’éprouve un plaisir fou à être là. Il y a un projet de société. C’est tellement différent de la société de consommation. Il y a ici des gens qui ont envie de construire autrement.
Et je me dis aussi : je suis angoissée de débuter. L’approche évènementielle de FREINET, c’est aussi hyper angoissant. C’est l’impression d’un truc hyper ambitieux.
On en discute entre nous. Par exemple en mathématiques, je vais commencer par petites touches. Les GD et l’ICEM c’est hyper important car on peut y rencontrer des personnes relais qui sont des tremplins. C’est à travers les stages futurs que je vais me consolider, à travers des échanges.
Après, il y a toujours la question : t’es en stage, il y a quelque chose de très fort qui te nourrit qui fait contraste avec l’école où l’on va rencontrer la solitude la pression de parents. Suis-je assez solide pour faire face          ?
Je ne suis pas venue là en me disant : je vais être FREINET. Je veux que mes élèves soient heureux, alors FREINET peut-être, mais peut-être pas seulement.
Le côté enfermant de Montessori m’a déplu. N’y a-t-il pas un risque comme cela dans la PEDAGOGIE FREINET ? Et pourtant j’y ai rencontré des gens hyper ouverts, hyper adaptables…Mais est-ce que la PEDAGOGIE FREINET évolue ?
J’ai toujours des réserves par rapport au fait de mettre : « tous mes œufs dans le même panier ».
 
Propos recueillis par
 Francine Tétu
Rostrenen le 24 août 2012
Stage Grand-Ouest
 
 
 
 
 
 
 
 

 

L’atelier d’écriture collective

L’atelier d’écriture collective

ROSTRENEN
Stage Grand-Ouest août 2012
 
Une dizaine de personnes y ont participé sur trois plages de trois heures les 22, 23 et 24 août et témoignent ci-dessous de leur expérience.
***
 
« On écrit pour nourrir la poubelle
On s’y met à plusieurs
C’est pas les tables qui tournent mais les feuilles
Des histoires à tiroirs à pleurer de rire
Elle est goulue, goulue et pour l’alimenter, on griffonne une phrase, un mot sans s’appliquer. On attend la feuille qui vient avec impatience. On y découvre les perles, les jeux de mots… Le cerveau mâche les images et recrache les phrases. Et on pisse dans son froc de rire.
Ou pas.
Il y a des histoires qui disent des choses aux uns, qui s’attardent, s’appesantissent quand d’autres n’y entendent rien. Cette histoire là, qu’on écrit à plusieurs mains, la poubelle l’avalera, mais tous, nous l’aurons entendue.
Au début on a le cœur qui bat, on n’a pas l’habitude, on n’a pas la confiance, ni la patience. J’ai peur de ce qui va sortir de ce stylo. Les mots vont-ils dépasser ma pensée ? Vont-ils mettre mon âme à nue ?
Ouf, très vite, mes mots sont pris dans le flux des flots collectifs, emportés, brassés.
Ouf, ils deviennent ANONYMES.
Le petit fantôme bienveillant de Paul* nous chatouille délicieusement les synapses. Il se réjouit de chaque porte qui s’ouvre, de chaque clé forgée qui viendra garnir nos trousseaux d’éducateurs. Nous croisons parfois quelques monstres intimes et pervers qui s’échappent de nos billes. Malgré nous. Ou presque. Mais nos hennissements de rire les désarment instantanément. Et c’est à la poubelle qu’ils connaîtront leur dernier spasme. Nous laissant apaisés, disponibles à l’écriture. Libres.
Pas toujours facile d’écrire ensemble, de créer ensemble, mais la liberté est à ce prix, et le joie d’exister aussi. J’ai retrouvé le plaisir de sentir de l’intérieur à quel point un groupe mis en situation de bonne santé intellectuelle et affective était capable de créer et d’être plus que les membres qui le composent. C’est jouissif, étonnant surprenant.
Et puis ces mots s’envolent, disparaissent… Qu’importe ! « On n’est pas on devient » disait souvent Paul. Libres de tout attachement à nos productions, nous devenons autres, et c’est ce qui compte. Dites moi pourquoi cet atelier se fait si rare ?
Ecrire, imaginer une table sur ses pieds accrochée à l’antenne du toit, du Toit ça m’va.
Et la petite souris dans son tiroir se marre…
 
Paul le Bohec « Ah vous écrivez ensemble » (Documents de l’Educ mars 83)
                               «  Le texte libre… libre » (Odilon Ed. collection P4 Août 1996)
 

 

Atelier d’écriture collective, animé par Philippe Bertrand

Atelier d’écriture collective

animé par
Philippe Bertrand
 Stage Grand-Ouest Rostrenen Août 2012
 
« Ah, vous écrivez ensemble », article écrit par Paul le Bohec relatant son expérience d’écriture collective à l’IUT carrières sociales de Rennes dans les années 70, était bien présent au sein du groupe d’écriture collective qui s’est formé à Rostrenen les 22,23 et 24 août 2012, à l’initiative de Philippe Bertrand.
« Attaquer les tabous » « S’asseoir sur le rire » pour mettre le groupe en bon état de santé intellectuelle et affective, ont été des moyens utilisés heureusement par Philippe pour engager le groupe sur la voie de la création. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas retrouvée dans cette situation si particulière d’écriture collective ! J’avoue avoir reconnecté non seulement  le plaisir d’écrire, mais aussi celui de sentir de l’intérieur à quel point les productions d’un groupe œuvrant en interactions sont riches, étonnantes, surprenantes et si différentes des productions individuelles.
Jetées à la poubelle, elles ne peuvent pas illustrer mon propos. Mais qu’importe ! L’essentiel n’est-il pas la ou les transformations provoquées par lesdites productions plus que les productions elles-mêmes ?
Paul disait souvent : « On n’est pas on devient »
Merci donc à Philippe et au groupe d’avoir rendus possible ces moments de joie et de création, de transformation à la fois individuelle et collective, même si parfois la douleur était au rendez-vous et faisait dire à certains d’entre nous : « Si j’avais su… ».
La liberté est jouissive, mais l’atteindre nécessite parfois et même souvent des abandons, des lâchages auxquels nous ne sommes pas forcément habitués. Mais quelle récompense !
Belle expérience que j’aimerais que j’aimerais pouvoir vivre beaucoup plus souvent.
Francine Tétu

 

Texte libre au cycle 3

Compte rendu de l'atelier texte libre au cycle III
Martine Boncourt - Sylvie Guergnon
 
Présentation des participants : surtout des débutants en Méthode naturelle. Deux collègues du secondaire.
 
Texte libre ? Les représentations des stagiaires : Un texte avec de fortes contraintes – Pas de sujet donné – Pas de type donné – liberté de diffuser – liberté de montrer.
 
Martine Boncourt donne quatre libertés :
- Liberté d'écrire ou non
- liberté du moment d'écriture
- liberté du sujet
- liberté de la forme
 
Vivons un moment de choix de textes
 
Lecture de textes parus dans les journaux scolaires apportés par Martine Boncourt et Sylvie Guergnon.
 
Ce moment se passe d'ordinaire à partir des premiers jets.
 
Les premiers jets ne sont pas forcément des brouillons – la part du maître peut y être importante ; Freinet considérait que la part du maître, dans son aide à l'enfant dans le processus de création d'un texte libre pouvait aller jusqu'à 80 %.
 
Choix par les participants de textes qu'ils aiment.
 
Un responsable ( comme l'élève en classe) gère le moment de lecture. Les participants lisent leur texte.
 
Tout lecteur qui propose son texte mérite un commentaire ( J'ai été "entendu" et un merci ).
 
Choix de deux textes qui serviront de support pour le travail de langue ultérieur.
 
Le lendemain le texte est mis au tableau avec les points délicats entre parenthèses (choix entre deux solutions dont la bonne...). Pour la conjugaison les verbes peuvent être mis à l'infinitif. Pas d'erreurs d'orthographe écrites au tableau par l'écriture de 'enseignant qui légitime inconsciemment une orthographe. Les élèves copient/corrigent uniquement les mots erronés en même temps que l'enseignant écrit au tableau.
 
Une correction orale du texte au tableau par les élèves volontaires permet de dire les points de grammaire, et de répéter les règles rencontrés.
 
Les termes grammaticaux et les règles sont abordés aussi dans des moments de phrases-clés.
L'après-midi ( en classe ), on procède à la mise au point du style, des idées, de la grammaire de texte, de la cohérence du propos.
 
Les participants sont ensuite invités à produire un texte libre.
 
Arrêt pour relancer/débloquer. Lecture de quelques débuts de textes.
 
Lecture des textes. Souhaites-tu le faire paraître dans le journal ?
 
Gilles
 
 
 

Texte libre au cycle 3 : synthèse

METHODE NATURELLE : LIRE ECRIRE (séance 2)

 

Intervenantes :

Martine Boncourt, 35 ans de PF, ICEM 67, Nouvel Educ, LRC.

Sylvie Guergnon: sur le 35, pédag sociale ATD ¼ monde.

 

 

SEANCE 2

OBJ : connaître les finalités du texte libre.

 

Qu’est-ce qui nous inciterait à recourir au texte libre ?

à le faire

à ne pas le faire

solutions

 

 

 

Que diront les parents ? l’Inspecteur ?

Pas assez d’expérimentation ?                      

Pas assez d’expérience professionnelle.

Réussir à faire sortir un élève d’un genre.

Cet atelier devrait fournir un argumentaire

 

travail suivi avec le GD

 

 

Idem

 

Faire le tour du programme.

 

Cocher sur programmes ce qui apparaît dans les textes

 

Pour l’élève : peur du regard des autres.

Ce qui peut donner confiance pour écrire :

-L’enfant peut ne pas le présenter, pas de moquerie : loi.

(en parler en début d’année : « pq on ne se moque pas ?»

« Vs aimez vs moquer ? »

«  Vs n’aimez pas rire alors ? »

« au fond, on aime bien se moquer. Mais du coup on s’expose aussi à elle ».

Critiques et félicitations du conseil.

-L’enseignant ne juge pas.

L’élève a déjà eu le regard bienveillant de l’enseignant.

-Confidentialité.

-projet, travail commun

-coopération : ce que tu dis, tu parles de moi en tant qu’être humain autorisé à se livrer. Aide pour améliorer. Phénomènes d'identification.

-la durée.

« Se mettre dans les pas de l’enfant »: essayer d’aller + loin avec l’enfant, transformation.

 

Aider l’élève en discutant avec l’enfant, en s’autorisant des transformations. Un questionnement +fin pose la question de l’intérêt de ce qui est écrit ou pas.

(ajouter, enrichir mais aussi barrer l'inutile).

 

Structuration du travail ?

Au fur et à mesure, élaboration, enrichissement, quête du sens, dans le but de rendre intéressant le texte.

Le texte libre ne doit pas être un prétexte.

Cela peut arriver mais cela dépossède l’enfant. Laisser le choix à l’enfant de prendre son texte avant modifications dans son cahier d’écrivain ou prendre le choix du texte travaillé collectivement.

 

-permettre aux élèves d’écrire ce qu’ils ont envie ou besoin, qqchose qui a du sens pour eux. (de tte façon ils le feraient apparaître à 1 moment donné).

-pr travailler la langue + efficacement car + d’implication, de manière émotionnelle aussi, situation choisie dc plus de chances de retenir.

-variété des sujets que l’enseignant n’aurait pas forcément traité.

-élève en position d’auteurs, et ex non plaqué et commandé. Respect de l’enfant.

-ne pas couper la créativité ms plutôt l’encourager.(puissance de vie).

-enfant actif.

-respect du rythme de chacun, de son niveau de production.

-empêchement comparaison car textes différents.

-pr le plaisir de l’enseignant, qui ne peut rayonner sur les élèves.

-aide à la construction de l’enfant en tant que futur citoyen, libre d’écrire, d’échanger, donner son avis, être « auteur ».

 

 

 

Ce qui caractérise la pédagogie Freinet :

Coopération, confiance, sécurité

Durée (ne pas attendre le résultat tout de suite).

Etre à l’écoute : observer les choses dans le détail.

Se mettre dans les pas de l'enfant.

Enfant auteur

Créativité

Puissance de vie

Liberté

Joie

Plaisir

Emotion

travail efficace sur la langue

Besoin

Du sens

Transformation

Sylvie

 

 

 

Texte libre : Sur les pas de M. Freinet

 
Je ne savais pas que M. Freinet s’était installé pour l’été à Rostrenen. Remarquez, il a raison. Ne dit-on pas que la Bretagne est « terre d’excellence » comme aime à le rappeler M. l’Inspecteur ? Mais ce matin, je n’ai pas trouvé M. Freinet.
Pourtant, ici, beaucoup de gens semblent le connaître. Alors, Freinet c’est peut être un petit Poucet. Il a semé des petits cailloux. Nous sommes libres de le suivre ou pas.
Céline

 

Texte libre La taupe

Dans mon jardin, il y a une taupe.
On ne la voit jamais, mais on sait qu’elle est là.
Elle monte de grosses taupinières un peu partout dans le jardin.
Mais toujours dans l’herbe, jamais dans le potager qu’elle doit doit sûrement respecter.
Je l’aime bien, la taupe de mon jardin.
Olivier 
 
« La taupe » d’Olivier ; le texte fait rire la classe ; texte vécu. Tu l’aimes bien ? Elle a un nom ? et si elle s’attaque à ton potager, tu l’aimeras toujours ? est-ce un animal nuisible ?

 

Texte libre - Enfin la pluie

Enfin la pluie
La pluie qui mouille
La pluie qui rafraîchit
La pluie qui vivifie
 
Enfin je vis
 
            Philippe Wain

 

Texte libre : Comment rester connecté ?

Bailler qu’est-ce que ça fait du bien !!!
Rebailler, ça fait vraiment du bien !
S’étirer aussi !
Ça détend !
Bon, je ne vais pas bailler tout le temps !
Ouf, c’est fini,
Je suis bien,
Encore un petit bâillement, j’en pleure…
Allez, frottons nous les yeux.
Ça va mieux.
 
Chantal
 

 

 

Texte libre : Rêve prémonitoire

Rêve prémonitoire

Je les attendais avec impatience sans avoir vraiment envie de me remettre au travail. Pourtant, je suis ravie de ce changement. Un peu inquiète, mais ravie.

Il y a un mois, j'ai fait un cauchemar. C'était le jour de la rentrée, et je ne pouvais pas entrer dans l'école. Je n'avais pas les bonnes clefs. J'en faisais le tour, j’essayai tous les portails, rien à faire. J'ai fini par réussir à escalader une grille à l'heure de la récré, pour trouver tous mes élèves en rang devant ma classe, dans le couloir, mais assis par terre. Ils m'attendaient, plus ou moins sagement, comme n'importe quelle classe. Les élèves de la classe d'à côté, les CM1 de Roland, étaient également assis en rang devant leur classe, tout ce petit monde surveillé par le maitre. Toutes les autres classes étaient rentrées, avec leurs maitres respectifs.

Quand j'ai raconté ce cauchemar à Aurélien, il a rit et a dit :  « Drôle de cauchemar ! Moi, mon cauchemar, ce serai plutôt de ne pas arriver à SORTIR de l'école ! »

Je les attendais donc avec impatience, ces clefs, et je les ai trouvées dans ma boite aux lettres en rentrant de nos vacances en famille.

Je suis donc allée à l'école mardi matin, pour voir ce qu'il y a dans ma classe, matériel et manuels.

En arrivant, les grilles étaient fermées. A clefs. Sur mon trousseau, deux clefs, dont l'une de la même marque que la serrure. J'essaie, rien. Ca ne rentre pas. J'essaie la petite porte à côté, rien non plus. J'essaie l'autre clef, non plus. Bon. Je vais devoir faire le tour par le collège. Je remonte en voiture et j'essaie les trois grilles de l'autre côté. Une vraie prison cette école. Et je ne peux même pas passer par dessus. Trop haut. Quand je pense à mon ancienne école, dont les portails n'avaient même pas de serrure....

Barbara

 

 

Texte libre : Isabelle

 

Il y a trois ans, Isabelle criait dans le couloir qu'elle voulait un certificat de radiation. Je ne l'ai pas fait. J'ai gardé Jules à l'école. Jeudi dernier, au premier rang, short neuf – chemisette – raie sur le côté il avait l'air encore plus fermé que d'habitude. Pourquoi Isabelle est-elle passée par la fenêtre ?
 
Gilles

 

Texte libre : Parfois, j'aimerais

Manschmal wäre ich gern...

Mais qu'est-ce que je fais là, sur la table ?

Manschmal wäre ich gern...

J'ai été pris au hasard parmi une pile de journaux d'enfants bien sagement posés dans un grenier pédagogique, dans ce grenier où ont été engrangés, rangés, dérangés pendant toutes ces années, le fruit du labeur.

Manschmal wäre ich gern...

La magie de la langue allemande, sa puissance d'évocation, la musicalité de ses sonorités.

Heidelberg son congrès Freinet.

Les copains allemands soucieux du détail. Aimant la lettre, le texte, la couleur et le reste. Des linos, des découpes, du soin. La beauté de la page.

Peter et Heidi. Comme dans les livres d'enfant. La montagne, les chèvres, la neige et un grand père...

Et ma mère...

Manschmal wäre ich gern... Parfois, j'aimerais être...

Martine

 

Texte libre : Partir...

Rostr'o bien, le journal de stage de Rostrenen...
Deux ans de réflexion, de lectures pédagogiques, de discussions où le monde est refait entre amis, Le Monde de l'Education, des visites chez les collègues qui amènent doucement mais sûrement vers des pratiques de la pédagogie Freinet, et le voyage à Rostrenen est annoncé.
Partir à Rostrenen c'est aussi se lancer dans une nouvelle aventure. Etre enseignant, enseigner autrement et découvrir cela en groupe avec d'autres individus. "Tu vas revenir survoltée" m'a dit dit un être proche. Survoltée, oui : n'y a-t-il pas une sorte de courant électrique entre les neurones ?
 
Stéphanie

 

Texte libre : Rostrenen, il y a vingt ans

Drôle de retour
 
Guerledan, il y a vingt ans
Le temps a passé et je ne le vois pas
Je ne le sens pas, il a filé si vite.
Et pourtant, si je mettais les compteurs en route, je prendrais conscience de ce que furent ces vingt ans.
Primo, il y a vingt ans, ne me serait jamais venue l'idée même de me retourner comme ça en arrière.
Pas de nostalgie
Plutôt dans le moment présent, moment vivant.
Deuxièmement, la même envie, le même plaisir d'être en groupe, de rencontrer des gens, d'être ensemble
Et de vivre de nouvelles z'aventures !
Anne-Josée

 

Texte libre : Sans titre et sans nom

Ma feuille ressemble à un compte bancaire

Beurk !

N'y pensons pas.

Pensons à Rostrenen. Ca se prononce comment, au fait ?

Nen comme Rostrenain de jardin

Ou Rostrenaine de jardin ?

Bon passons du nain de jardin au jardin à l'âne

Pourquoi le cycle 2 est plus féminin ?

Le pouvoir serait-il en cycle 3 ?

Ou bien serions-nous la matrice de l'école ?

C'est bien sérieux tout ça.

Finalement les comptes bancaires

C'est moins prise de tête

Anonyme du 21ème siècle

Texte libre : Vivent les vacances

  1. « Vivent les vacances » texte vécu
Les travaux, c’est sympa mais c’est du boulot
Des machines compliquées, des mesures démesurées…
Après, on découpe, on scie, on colle, on visse, on cloue.
Mais bientôt tout ça, ça sera terminé.
OUF !
Suzon

 

Texte libre : de l'inintérêt d'avoir des muscles

De l'inintéret d'avoir des muscles

 

On a crevé, sur la route, toutes seules.

On a réussi à trouver la roue de secours, toutes seules,

à trouver le cric, toutes seules,

à soulever la voiture avec le cric, toutes seules,

à desserrer les boulons, toutes seules.

Il restait le plus facile à faire: enlever la roue.

Mais la roue était collée.

Alors on a fait des grands gestes.

Des muscles se sont arrêtés.

Mais ils n'ont pas réussi.

Alors on a fait appel à une dépanneuse, puis à un marteau, puis à une grosse masse.

Ca y est!

Mais on a failli y arriver... toutes seules !

 

Frédérique

 

Texte libre : le dindon

Des chiffres partout, des chiffres dans tous les sens,
Des petits, des grands et soudain,
Une gamme absente et trois petits points en suspension.
La gamme s’est envolée, comme cette mélodie qui me trottait dans la tête depuis ce matin.
Cette mélodie sans nom soudain disparue,
Et je ne m’en rappelle plus.
Comment était-elle déjà ?
Je crois qu’elle me faisait me dandiner doucement sur place.
J’oublie déjà de la retrouver car je ne peux m’empêcher de penser
A un dindon qui se dandine et je cherche des sonorités semblables :
Le dindon se dandine tel un dandi à un dîner,
Il danse divinement avant de s’affaler sur un divan.
Et je repense à cette gamme absente,
Qui en fait, était sans doute,
Partie danser avec le dindon

 

Texte libre : le martien jaune

Le martien jaune dressa les yeureilles :
Encore une empreinte de terrien.
Il avança quatre pattes en arrière
Et s’assit tranquillement sur sa bouche pour réfléchir.
Pourtant la peur suait à grosses gouttes
De son cerveau arrière.
Cette espèce invasive maudite était donc revenue !
O ma belle planète rouge, pensa-t-il,
Que vont-ils encore faire de toi ?
Déjà, en glub dernier,
Il avait pu observer les abominables traces de leur présence.
Mais pourquoi fabriquaient-ils des choses aussi laides ?
Ça n’avait même pas de couleur.
Et puis ces énormes flaques noires menaçantes
Et leurs pierres qui rendent idiots.
Ils pensaient à tous ses copains qui s’étaient blessés
Avec leurs trucs coupants, ou brûlés avec leurs poudres.
Le pire c’est qu’il était impossible de leur parler,
Ils avaient trop peur.
Chloé

 

Texte libre : sans titre

Sans titre:

Fin aout, un stage Freinet a été organisé et je m’y suis inscrite.

Tout commençait bien. Je ne me suis pas trompée de route, ce qui est un exploit compte tenu de mes compétences en orientation.

L’accueil a été charmant et pourtant, je ne sais toujours pas à quoi m’attendre.

Je m’installe dans une chambre avec semble t’il deux autres personnes. Je ne les connais pas mais je suis sûre que cela va très bien se passer. Pourvu que personne ne ronfle. Mince, je n’ai pas apporté de lampe torche !!

La journée se passe : matin, présentation du stage, midi repas au self, et l’après midi, atelier d’écriture libre.

Tout se déroule normalement même si je ne sais pas à quoi ressemble un stage Freinet.

Le seul souci, il semble y avoir de moins en moins de monde. Deux groupes de cycle 2 et déjà à 14h00, plus que un….

Je m’interroge, mais ne pose aucune question.

Le lendemain matin….

Cécile