En Chantier n°11, novembre 2009

Novembre 2009

En Chantier, Publication du Chantier de Recherche documentaire de l'ICEM Pédagogie Freinet: productions de classes, recherches documentaires, exposés,  témoignages, pratiques...
Pour donner-trouver des idées : pour des élèves acteurs et auteurs de leurs savoirs.

En Chantier n°11, novembre 2009, Littérature : le récit uchronique

Présentation de deux ouvrages d’uchronie
et entretien avec un auteur, Johan Heliot

    Le récit uchronique repose sur un point de divergence historique à partir duquel le romancier ou nouvelliste choisit d’imaginer un autre devenir. Ainsi, que se serait-il passé si l’arche de Noé avait servi de point de départ à un refus de l’omniscience divine et de tout pouvoir ? Ou encore, que se serait-il passé si les homos sapiens avaient disparu et que les néanderthaliens avaient survécu ? Ainsi, Alain Gousset, dans cette première anthologie de l’uchronie a-t-il rassemblé des récits inédits (sauf un, celui du britannique McAuley) dans l’ordre chronologique des points de divergence, depuis les temps préhistoriques jusqu’à l’exploration spatiale en 2001.
    On peut juger sévèrement l’uchronie pour les risques de déréalisation des constructions historiques, mais on peut, aussi, y voir la possibilité de penser le monde comme un espace-temps sur lequel les humains peuvent influer. C’est ce pouvoir là de la littérature qui nous semble intéressant à retenir. Et c’est tout l’enjeu de l’intégration de ce genre à la littérature jeunesse, genre dont les racines plongent dans les années 1830, à l’ère, justement, où la bourgeoisie triomphait avec une certaine idée de l’Histoire.

Philippe GENESTE

1/ deux ouvrages d’uchronie

Divergences 001
nouvelles réunies et présentées par Alain Gousset, éditions Flammarion, collection Ukronie, 2008, 300 pages, 15 euros (pour les 12 à 15 ans)

Quel bel ouvrage rassemblant neuf nouvelles uchroniques, avec une préface intelligente et des présentations d’auteurs par Gousset auxquelles s’ajoute une postface bibliographique érudite de Eric B. Henriet qui a déjà écrit L’Histoire revisitée. Panorama de l’uchronie sous toutes ses formes paru chez Encrage, en 2004.

Les fils de l'air
Heliot Johan, éditions Flammarion, collection Ukronie, 2009, 300 pages, 15 euros, (dès 10 ans).

Charlotte (alias Madame Royale), fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette est contrainte en 1789 de fuir Versailles, envahi par les femmes de Paris, par la voie des airs, en ballon dirigeable. L'exil aux États-Unis fera de la famille Capet (Valois de Bourbon) des acteurs privilégiés de la scène politique, industrielle et militaire (la guerre avec Napoléon se prépare) dans laquelle Charlotte va se lancer dans une série d'aventures, avec, notamment, un certain Robert Surcouf...
Ce roman est relativement bien écrit et rentre admirablement dans le cadre du lectorat visé. Les règles de l'uchronie sont bien suivies –même si on ne sait quand le cours de l'histoire est modifié exactement—, et l'utilisation d'un jeune personnage principal aide le lecteur à s'identifier à l'histoire. De plus, il y a un intérêt  pédagogique important dans un ouvrage avec une telle richesse de patronymes. On peut toutefois constater que les rôles des personnages ne sont pas toujours conformes à ce que nous apprend l'Histoire. Mais cela n'a guère d'importance, c'est l'uchronie que diantre !
Enzo (élève de troisième)

2/ entretien avec un auteur, Johan Heliot

Enzo : Par quels moyens simplifie-t-on l'uchronie pour la rendre accessible au jeune public ?

Johan Heliot : Je n'ai pas spécialement cherché à simplifier ma réécriture de l'Histoire, je pense que les jeunes lecteurs sont assez intelligents pour s'y retrouver et faire des recherches le cas échéant, mais je me suis laissé porter par le souffle de l'aventure !

E. : Quelles sont les difficultés avec l'emploi d’un personnage aussi controversé que Surcouf ?

Johan Heliot : Surcouf, controversé ? Première nouvelle ! Louis XVI et Marie-Antoinette, je veux bien... Surcouf était un corsaire et un armateur de son époque, ni plus ni moins fripouille que les autres Malouins à exercer les dites professions (bon, peut-être a-t-il un peu plus trucidé son prochain...)

E. : N'y a-t-il pas un parti pris dans votre ouvrage (je pense notamment à la réhabilitation de Louis XVI ) ?

Johan Heliot : Je ne suis pas hostile par principe à une monarchie constitutionnelle, d'autant que notre république y ressemble de plus en plus ! Voir le récent Congrès de Versailles... Le modèle belge m'amuse, j'avoue.

E. : Travaillerez-vous sur d'autres ouvrages pour la collection «Ukronie» de Flammarion ?
 
Johan Heliot. : La décision appartiendra à son directeur et à ses éditrices ! J’y suis évidemment disposé, mais je n’ai pas le pouvoir d’imposer ce choix. J’aimerais beaucoup retrouver Surcouf et Charlotte, cela dit…


Entretien réalisé par Enzo
élève de troisième (collège A. Lahaye d’Andernos-les-Bains)
juin/juillet 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce travail a été réalisé par le groupe Doc2d (Recherche documentaire au second degré)
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En Chantier n°11, novembre 2009, Traduction à huit mains en latin

Traduction à huit mains en latin

Les 4èmes latinistes du collège Philippe de Commynes à Tours 

proposent leur traduction de deux extraits de L'Aulularia (la Marmite)

de Plaute, un auteur latin.

1. Compte rendu de l'expérience

2. Commentaires des élèves et de leur professeur
1661 mots

 

      Molière s'est inspiré de cette pièce pour monter L'Avare (L'Avare est au programme de français en 4e). L'intérêt de remettre les deux textes dans leur filiation est une approche connue. Ce qui est intéressant dans le présent travail, c’est l’originalité de la traduction : en partant des traductions individuelles qui proposaient chacune une atmosphère différente, des caractères plus ou moins marqués pour les personnages, nous avons eu la volonté de créer un texte unique, qui n'est pas l'addition de huit morceaux, mais où toutes les répliques sont dans la continuité. Notre ambition est bien de présenter UN auteur (travail à huit mains) qui a fait des choix quant aux caractères des personnages et les répliques qui leur conviennent le mieux.

      Nous sommes huit élèves dans la classe de latin avec comme professeur Mme Pico. Nous avons établi  la traduction de deux extraits de Aulularia de Plaute. Nous avons traduit un passage de l'acte I scène 1 et  un passage de l'acte IV scène 4. Ce travail est collectif : chacun a traduit les répliques puis nous avons mis  en commun la traduction et retranscrit par informatique.

Sujet de l'oeuvre :

      Euclion est un vieillard avare. Il trouve chez lui une marmite pleine d'or qu'il a cachée. Mais il soupçonne  tous les esclaves de vouloir la voler.

 

Acte I scène 1
        Il soupçonne d'abord Staphyla, gouvernante de sa fille. Dans cette scène les personnages se trouvent à la porte de la maison et Euclion chasse Staphyla hors de la maison.
        Staphyla tient tête à Euclion. Elle est habituée aux colères de son maître et elle a pris l'habitude de lui répondre. Elle n'a pas peur de lui et ne s'inquiète pas lorsqu'il menace de la chasser.

1 EUCLION - Exi, inquam, age exi! Exeundum hercle tibi hinc est foras.

Circumspectratrix cum oculis emissiciis !

2 STAPHYLA - Nam cur me miseram verberas ?

 

3 EUCLION- Ut misera sis ! (...)

4 STAPHYLA - Utinam me divi adaxint ad suspendium. Potius quidem quam hoc pacto apud te serviam ! 

5 EUCLION- At ut scelesta sola secum murmurat ! Oculos hercle ego istos, improba, ecfodiam tibi.

1 EUCLION - Sors, je te dis de sortir, dégage, par Hercule, hors de ma vue, va-t-en dehors...

Arrête de zyeuter partout, espionne !

2 SAPHILA - Mais pourquoi tu me frappes ? Ah quel malheur !

3 EUCLION - Eh bien, sois malheureuse, je te le souhaite !

4 STAPHYLA -Ah décidément ! que les dieux me poussent à me pendre, plutôt que de servir chez toi dans ces conditions-là !

5 EUCLION - Espèce de scélérate, qu'est-ce que tu murmures entre tes dents ? Je t'arracherai les yeux pour que tu arrêtes de m'épier.

 

A la fin de l'acte I, scène 1, Staphyla s'éloigne de la maison mais elle reviendra car elle est habituée aux colères de son maître.

Acte IV scène 4
        Nous sautons des scènes pour arriver directement à l'acte IV scène 4. Dans L'Avare, Molière s'inspire de Aulularia en réunissant ces deux scènes.

Strobile, l'esclave de l'amoureux de la fille d'Euclion arrive devant la maison de ce dernier. Euclion soupçonne Strobile de le voler.

Après les accusations d'Euclion, Strobile est étonné, il lui répond, il est insolent. Strobile n'a aucun respect pour Euclion. Leur face à face rend la scène comique.

 

6 EUCLION - I foras, lumbrice, qui sub terra erepsisti modo,

Qui modo nusquam compares ; nunc cum peris.

Ego edepol te, praestrigiator, miseris jam accipiam modis.

7 STROBILE - Quae te mala crux agitat ? Quid tibi mecum est commerci, senex ?

Non hercle equidem quicquam sumpsi nec tetigi.

8 EUCLION - Ostende huc manus.

9 STROBILE - Em tibi, ostendi : eccas.

10 EUCLION – Video. Age, ostende etiam tertiam.

11 STROBILE - Larvae hunc atque intemperiae in saniaque agitant senem.

12 EUCLION - Ne inter tunicas habeas.

13 STROBILE - Tempta qua lubet.

6 EUCLION - Va dehors, ver de terre, je t'écraserai.

Tu n'apparaîtras plus jamais de cette manière ! Par Pollux, viens et je te recevrai de belle manière, sorcier !

7 STROBILE - Quelle araignée as-tu dans la tête ? Qu'est-ce que tu me veux, espèce de vieillard ? Par Hercule, c’est vrai, j’ai rien touché, j’ai rien pris.

8 EUCLION - Montre-moi tes mains !

9 STROBILE - Tu veux que je te les montre ? Les voilà !

10 EUCLION - C'est bon, j'ai vu, mais montre moi la troisième.

11 STROBILE - Quels tourments l'agitent ; il devient de plus en plus fou ; il est ravagé ce vieillard.

12 EUCLION - Tu n'aurais rien caché sous ta tunique ?

13 STROBILE - Fouille autant que tu veux !

   

Conclusion
      Dans la suite de la pièce, Strobile trouvera l'occasion de voler la marmite pleine de pièces afin de faire du chantage à Euclion. Finalement, la fille d'Euclion se mariera avec Lyconide.

      Lorsqu'on lit toute la pièce, on ne s'attend pas forcément à cette fin. On peut être étonné que Strobile vole la marmite pleine d'argent pour faire chanter Euclion. Mais Strobile ne se laisse pas impressionner par Euclion parce qu'il veut aider son maître Lyconide.
      Ce sont deux scènes comiques, qui ont été amusantes à traduire.

4°C et 4°D

Les filles : Camille, Lisa, Marie, Pauline

Les garçons : Oilivier, Romain, Tanguy, Xavier

 


 

      Après réception de ce témoignage, pour «En Chantier», nous avons demandé aux élèves et à leur professeur, Hélène Pico, d’expliciter comment il a été possible de créer un texte unique qui n’est pas l’addition de huit morceaux mais où toutes les répliques sont dans la continuité.
      Voici leurs réponses :

Ce qu’en disent les élèves :


Marie :
A la base, c’était un devoir à faire à la maison que nous avons ensuite composé en classe de la façon suivante :  on a présenté au tableau, où à l’oral, nos propositions de traduction puis nous avons «voté» pour la meilleure proposition. Une fois la phrase retenue (généralement tout le monde était d’accord) nous l’avons un peu modifiée par la suite pour qu’elle soit parfaite.


Lisa :
Pour les mises en commun nous avons beaucoup discuté puis nous avons choisi les mots les plus appropriés au texte mais aussi à notre génération. Nous nous sommes la plupart du temps très bien entendus au niveau des traductions à choisir. Nous avons pris en compte les idées de chaque personne pour les intégrer dans le texte, à la phrase. Notre professeur nous a aussi aidé à pouvoir employer les bons termes.


Pauline :
Au moment de la mise en commun, nous nous concertions ensemble pour savoir quelle phrase serait la meilleure. Tout le monde se met d’accord et nous écrivons une traduction en commun. Aucun élève n’a été mis à l’écart : nous avons pris toutes les traductions, de chaque élève, et nous avons choisi celle qui plaisait à tout le monde avec une sorte de vote.

Un élève ajoute :
Nous nous sentons auteurs car nous reconnaissons notre travail sur les traductions.

Ce qu’en dit leur professeur, Hélène Pico :
Je vais essayer de détailler la façon dont j’ai guidé le groupe.
Chaque élève planchait individuellement sur sa traduction et j’ai corrigé de façon professorale ce travail.
Pour la mise en commun et l’établissement de la traduction commune je leur ai donné un seul critère d’évaluation : «Est-ce que ça sonne bien ?». Je suis partie de l’idée que les élèves ne sont pas neutres par rapport à la langue : ils ont déjà étudié depuis le Primaire plusieurs pièces de théâtre, surtout des pièces de Molière, ils en ont mémorisé des passages ; cette langue leur est donc familière ; sans savoir dire pourquoi ou sur quel élément, ils peuvent néanmoins affirmer que telle phrase «sonne» comme Molière, comme une pièce de théâtre, ou bien s’en éloigne catégoriquement.
D’autre part ils manient habilement les registres de la langue et savent pertinemment classer leur vocabulaire dans chaque niveau de langage. D’ailleurs en classe, pour traduire, ils s’auto-censurent systématiquement et osent à peine franchir la barrière imposée à l’école, même pour rendre des expressions très familières.


M’appuyant sur ces deux constats, nous avons établi la traduction choisie «à l’oreille». Les répliques étaient
jouées, chacune séparément, et les élèves ont de cette façon placé le rythme ; puis chaque réplique était ajoutée à la précédente et la question était : «est-ce que ça colle ? est-ce qu’il y a une unité avec le reste ?»
C’est ainsi que, essayant la confrontation de chacune de leur traduction avec l’ensemble, nous avons sélectionné les mots qui, entre eux, prenaient une couleur commune.
Par exemple, texte 2 réplique 7 : un élève avait traduit “senex” par “pépé” ; c’était une très bonne traduction qui s’inscrivait tout à fait dans le registre actuel des jeunes manquant de respect à leurs aînés. Mais le langage des autres répliques s’éloignait de ce registre «jeune» et nous avons renoncé à cette possibilité de traduction.
Tout n’est pas entièrement satisfaisant (par exemple la réplique 3 du texte 1) mais il y a un moment où il
faut arrêter le travail et fixer cet état sur le site. Nous avons rencontré là l’insatisfaction de l’auteur, rien à y
faire !! De toute façon une traduction est la création de quelques personnes, à un moment donné ; elle suppose un sens. A d’autres de s’en emparer et de le faire évoluer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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En Chantier n°11, novembre 2009, Une recherche documentaire sur l'art et le pouvoir sous le Haut-Empire Romain

Une recherche documentaire sur l'art et le pouvoir sous le Haut-Empire Romain

Récit d’un travail de recherche d’une classe de 3ème latiniste
du Collège Philippe de Commynes à Tours
pour préparer le rallye latin (concours académique)

1. Bilan du travail de recherche documentaire pour participer au rallye latin

2. L'article proposé par la classe

3. Le chantier Doc2d propose

2093 mots

 

  

1./ Eva et Nicolas, deux élèves, font le bilan du

travail de recherche pour participer au rallye latin

      Pour la deuxième année consécutive, notre professeur de latin, Mme Pico, a invité toute notre classe de troisième à participer au Rallye latin. C'est un concours qui se passe au niveau académique, et qui se déroule de la façon suivante : un thème est donné, nous faisons des équipes au sein de la classe, puis nous avons deux mois pour faire toutes les recherches qui se rapportent à ce thème. Tout est permis : CDI, livres personnels, Internet, magazines, interview... Ensuite, à l'approche de l'épreuve, chaque équipe se partage le travail à apprendre, pour avoir le maximum de données.

      Le jour de l'épreuve, qui se déroule dans une salle qui est la même pour les niveaux cinquième, quatrième et troisième, nous nous installons par équipe, on nous distribue le sujet, qu'on lit, puis on se répartit le travail car le sujet est extrèmement long et complexe. Puis on met tout en commun sur une même feuille que l'on rend. Tout cela dure deux heures.

      Cette année, le sujet était «Art et pouvoir d'Auguste à Commode». Nous avons tout d'abord pris une heure en classe, en commun, pour poser les questions qui nous venaient à l'esprit par rapport au sujet. Elles permettront de centrer nos recherches sur des thèmes précis : qui était au pouvoir ?  Quelles étaient les différences par rapport à avant ? Pourquoi associe-t-on art et pouvoir ? Ont-ils un lien ?...

      Ensuite nous sommes allés au CDI afin de rechercher toutes les informations contenues dans les livres ou sur Internet et qui se rapportent au thème. Grâce aux questions posées, nous avons pu saisir des mots-clés dans le logiciel de recherche documentaire, et trouver des ouvrages concernant l «art et le pouvoir d'Auguste à Commode». Nous avons trouvé énormément de choses.  Pour faire le tri, nous avons commencé par situer notre sujet : il correspondait à la période de l'Empire Romain, plus précisément ce qu'on appelle le «Haut-Empire». Puis nous nous sommes intéressés à tous les empereurs qui on gouverné à cette époque : d'Auguste, le premier, à Commode, le dernier. Nous les avons datés, caractérisés, puis nous avons étudié les poètes qui vivaient et écrivaient à leur époque, pour faire le lien entre «art» et «pouvoir», ce qui nous semblait être l'objectif du sujet.

      Puis, le jour de l'épreuve approchant, nous nous sommes répartis par équipes le travail à apprendre, que ce soit de la civilisation ou de la grammaire (déclinaison, conjugaisons... Le jour de l'épreuve, nous avons essayé de résoudre la maximum de choses à partir de nos informations.
                                                                                                                                                                    …/…
   

  

      Comme nous avions passé deux mois de notre année à faire des recherches sur le Haut-Empire, et que celles-ci nous paraissaient intéressantes et très complètes, Mme Pico, notre professeur, nous a proposé de synthétiser nos recherches et d'écrire un article pour une future BT. Nous avons organisé nos recherches, par empereur et par poètes. Ce fut un travail difficile : en effet, cet article demandait une logique dans les évènements, que nous n'avions pas forcément, car nous n'avions sur certains sujets que des bribes d'informations. Nous y sommes tout de même parvenus, avec l'aide de notre professeur. Nous avons ensuite déniché des photos en rapport avec notre article, que nous pouvions utiliser pour l'illustrer.

      Au final, nous obtenons un article complet, plutôt logique, qui reflète les recherches que nous avons faites. Cela montre en tous cas le plaisir que nous avons pris  à faire ces recherches, nous avons appris énormément de choses.


Eva et Nicolas

 

Le Colisée : photos prises par Eva



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2./ l’article proposé par la classe


A partir du sujet proposé pour 2009, par l'association  «Rallye Latin»  de l'Académie d'Orléans-Tours, nous avons  fait des recherches sur le lien entre l'art et le pouvoir au Haut Empire. Ceci est la synthèse de notre travail.

Les empereurs du Haut-Empire

Auguste (27av.J-C – 14ap.J-C) né Octave, est le premier empereur à Rome. C'est le successeur de Jules César. Après avoir vaincu Antoine, son rival, à Actium en 31 avant J-C, il fonde l'empire. La période de son règne est une période de paix après les conflits sous la République. On l'appellera le «siècle d'or». Il reçoit le titre d'Auguste par le sénat, qui lui offre en cadeau un bouclier d'or. Il réorganisera les provinces de l'Empire en deux catégories : celles appartenant au sénat et celles appartenant à l'empereur. Il fera en sorte que Rome ait une armée permanente. Il a été énormément glorifié, notamment par des poètes comme Virgile. On lui doit un certain nombre de monuments comme l'Autel et le Mausolée.

Tibère commence son règne en 14 après JC ;  il meurt en 37. Sa mère a épousé Auguste, et il succède à cet empereur en devenant le deuxième empereur de la dynastie des Julio-Claudiens. Au cours de son règne Tibère a fait payer la construction des temples. Au moment de sa mort, le peuple crie : «Tibère dans le Tibre !»
                                                                                                                                        

Caligula succède à Tibère en 37 et il meurt en 41, fou.

Claude succède à Caligula en 41 et il meurt en 54. Cet empereur avait beaucoup de problèmes physiques (il boîtait, bégayait et avait des tics). Il est proclamé empereur à 51 ans et  mène son règne avec sagesse jusqu'à sa mort. Parmi ses grands travaux, il a commencé à aménager le port d'Ostie.

Néron (54–68) est un des empereurs les plus cruels et sanguinaires ayant régné sur Rome. Son règne commença à cause d'un événement singulier : Agripine, sa mère, empoisonna Claude, l'empereur précédent, pour mettre son fils, Néron, sur le trône. Par la suite, Néron obligea son précepteur, le grand Sénèque, à se suicider. C'est donc un empereur despotique et mégalomane, épris d'art mais voulant être admiré. Il sera contraint  de se suicider, car il est élu «ennemi». Les monuments qui lui sont associés sont «la Maison Dorée», sa deuxième résidence construite après «la Maison du Passage» qui fut brûlée.Elle était orientée selon les quatre points cardinaux. Le second monument est une statue de 30m de haut, preuve s’il en faut de sa mégalomanie, qu'il fit construire à son effigie.

Domitien (81-96) est un empereur tyranique et despotique : il porte le costume triomphal et se fait appeler maître et dieu.

Nerva (96-98) Cet empereur a un règne court ; il commença à l'âge de 66 ans et le règne dura 2 ans ; c'était un bon empereur, adepte des valeurs républicaines.



La statue équestre de l'empereur Marc-Aurèle
Statue équestre de Marc-Aurèle

Hadrien

(117-138) est un empereur pacifiste. Pendant son règne, c'est une période de paix et de stabilité à Rome. Les frontières de Rome restent fixes. Culturellement, il favorise les lettres. Hadrien est un grand empereur, qui aime être admiré : il fait construire d'immenses statues où il est très beau, avec de belles parures ; il fait également construire une immense villa de cinq kilomètres de long, mais dans laquelle il n'habitait presque jamais la «villa Hadriana». Il est aussi l'auteur du Mausolée, du temple de Zeus, et de la coupole du Panthéon. C'est un empereur provincial, qui aime beaucoup voyager en Orient.

Antonin est aussi appelé le Pieux, il a régné 22 ans et 8 mois. Contrairement aux autres empereurs, Antonin n'est pas général de l'armée mais il vient de l'administration civile. Il se marie avec la nièce de la femme de l'empereur Hadrien. Son règne est une époque paisible avec un empereur pacifique.

Marc-Aurèle (161-180) est un empereur apprécié  qui a installé une prospérité dans l'Empire. Par ailleurs, au cours de ses études, il reçoit une formation de philosophie stoïcienne.

Commode (180-192) est le dernier empereur ayant régné à Rome. C'est un empereur cruel et sanguinaire. Despotique, il fait faire une statue de lui en Hercule. Il est assasiné en 192. On lui associera la colonne et la fameuse statue.

 

 

De nombreux poètes se sont succédé sous le règne d'Auguste
parmi eux il y a :

Virgile : 70-19 av JC  est né en Italie du Nord près de Mantoue. Il se fait connaître par ses vers et obtient le soutien de personnages influents comme Mécène, le protecteur des écrivains  et Octave le futur empereur. Il écrit «Les Bucoliques» et «LesGéorgiques», et «l'Enéide»,

Horace : 65-8 avant JC. Il est né dans une petite ville du sud de l'Italie, son père, un ancien esclave affranchi, l'envoie tout jeune en Grèce puis  à Rome, où il fait des études approfondies. Ami de l'empereur Auguste et de Mécène. Il écrit «Les Odes »
     

Catulle : est né en Gaule Cisalpine vers 82 av JC. Il passe son enfance au bord du lac de Garde, puis s'installe à Rome. Il fréquente les milieux littéraires et mondains. Il tombe amoureux de Claudia, la soeur d'un célèbre homme politique. Il lui consacre alors de nombreux poèmes où il la désigne sous le nom de Lesbia. Il meurt jeune en 52 av JC,
  

Martial : 40-104 après JC. Il est né en Espagne puis va à Rome en 34. Il est l'ami de Pline le jeune. Il est le maître de l'épigramme qui est un petit poème satirique.

Ovide : 43 av JC -17 ou 18 après JC.  Il est né en Italie dans le Samnium. Fils d'une famille de chevaliers, il fait d'importantes études de rhétorique et de philosophie à Athènes. Pour devenir poète il abandonne son métier d'avocat. Il est condamné à l'exil sur les bords de la mer Noire (à l'époque le Pont Euxin) par l'empereur Auguste. Il fit de nombreuses demandes de grâce mais cela ne servit à rien, il mourut en exil. Mais avant de mourir, il écrit des poèmes d'amour et  d'inspirations mythologique comme «Les Métamorphoses». Il écrivit aussi les Tristes et les Pontiques durant son exil.



Rome : forum

Art et vie quotidienne

 

Les Romains adorent décorer leurs maisons de statues et de mosaïques.
Les jardins sont le plus souvent ornés de statues de bronze ou de pierre.
Pour la coiffure, les hommes ont le plus souvent les cheveux courts, soit ramenés sur le front, soit bouclés. Pendant le règne d'Hadrien la barbe est à la mode.
Le forum des villes comprend toujours des temples dédiés aux dieux  et aux déesses mais il ya aussi des temples aux hommes célèbres.
Le plus souvent le théâtre se joue en plein air. Parfois les spectacles sont payants.
Le profil des empereurs est gravé sur les pièces de monnaie, pour montrer à quoi les empereurs ressemblent.
Les pièces de monnaie sont en or, en argent ou en bronze.
Elles sont enfermées dans des bourses en tissu ou en cuir ou des boîtes en bois.

                                                                                         

Conclusion 
     
      Quatorze empereurs se sont donc succédés durant le Haut-Empire. Avec trois dynasties, Rome a connu des empereurs très différents, du vieux Claude bégayant au sanguinaire Commode, en passant par le vaillant Auguste. Rome a aussi connu une formidable période d'épanouissement des arts. Effectivement, c'est pendant le Haut-Empire que sont nés des poètes comme Ovide, Virgile ou encore Horace.
      L'Empire romain fut donc une période très riche, qui tient une très grande place dans l'Histoire et le patrimoine de l'humanité. 

Classe de troisième latiniste
(professeure : Hélène PICO)

Collège Philippe de Commynes, Tours

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Chantier doc2d propose

Le Chantier doc2d propose de reprendre les recherches sur l’art et le pouvoir dans le Haut-Empire romain afin de l’enrichir, le compléter, le mettre en forme pour BTn, notre Bibliothèque de Travail numérique.
Contacter la responsable,  Marjolaine BILLEBAULT par courriel : <billebault.marjolaine[arobase]neuf.fr>

Voici quelques pistes :

1. Vous avez lu un article qui traite des empereurs du Haut-Empire romain et de leurs rapports à l’art. S’il existe trois chapitres et une conclusion, il manque une introduction.
Que met-on dans une introduction ? Pouvez-vous en proposer une qui permettrait notamment de définir rapidement des termes importants évoqués dans l’article.

2. Les empereurs : cet article propose une liste de tous les empereurs du Haut-Empire. En vous souvenant que le sujet de l’article est l’art et le pouvoir, choisissez de parler de trois empereurs dont le nom est associé à des productions artistiques et expliquez les raisons de votre choix.

3. Pouvez-vous proposer des exemples de poèmes et/ou des photos de monuments, statues… qui illustreraient le rapport entre le pouvoir et l’art (poèmes censurés, satiriques, poèmes laudatifs, monuments, statues…)
Proposez-en un petit commentaire.

 

Ce travail a été réalisé par le groupe Doc2d (Recherche documentaire au second degré)
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En Chantier n°11, novembre 2009, Recherche documentaire et exposés en classe de langue (espagnol)

Recherche documentaire et  exposés en classe de langue (espagnol)

Nadine DRUET, professeur d'espagnol, classe de 3ème A
Collège  René Bernier à  Sainte-Sébastien-sur-Loire (Loire Atlantique)

1. Compte rendu de la recherche documentaire

2. Annexe 1 : les sujets

3. Annexe 2 : la fiche de travail

4. Annexe 3 : le bilan par les élèves

5. Annexe 4 : un dossier : les fêtes

2888 mots

 

 

 

Pourquoi des exposés ?

Les objectifs étaient multiples : il s'agissait de permettre aux élèves de s'intéresser à la culture, l'histoire, la géographie en travaillant différemment. Une heure sur les 3 heures d'espagnol a été consacrée pendant deux trimestres aux exposés. Nous souhaitions apprendre aux élèves à faire des recherches en les guidant mais en les laissant aussi prendre des initiatives, acquérir une certaine autonomie et tâtonner. Il s’agissait aussi d’éveiller leur curiosité en découvrant d'autres sujets lors des autres exposés, d’enrichir leurs connaissances sur les pays hispanophones.

Quelle organisation ?

Nous avons travaillé en collaboration avec le documentaliste, M. Vogels. Le temps imparti était assez long pour que les élèves puissent avoir du temps en évitant le «dépêchez-vous !», qu'ils expérimentent, tâtonnent et apprennent à travailler en autonomie.
Les élèves avaient à choisir un sujet dans une liste établie par le professeur et proposant soit des personnages hispanophones célèbres, soit des sujets ayant trait à la culture, à la géographie, à l’histoire (voir cette liste en annexe numéro 1)
Les sujets étaient nombreux et très larges pour qu’ils aient un véritable choix. Ils devaient être à deux, se regroupant par affinité ou par choix du même sujet.

Comment ?

Un certain nombre de «compétences» devant être acquises ou au moins identifiées pour prétendre maîtriser l'information, nous avons porté nos efforts dans ce sens : les élèves devaient interroger et cerner leur sujet, trouver des informations, les trier, les organiser, choisir le support de restitution en fonction de leur sujet. Il leur fallait aussi gérer le temps et répartir les tâches. Le fait que les sujets étaient très vastes et non ciblés représentait une difficulté dont nous étions conscients mais dont il a fallu tenir compte dans notre travail.
Au lieu de fournir des fiches guides très précises et injonctives, nous avons voulu laisser les élèves commencer leurs recherches seuls. Ils se sont «rués» sur les ordinateurs et internet et au vu de leurs remarques et difficultés, nous leur avons demandé de s’interroger sur les difficultés (attendues) rencontrées : «On ne sait pas par où commencer.», «Qu’est-ce qu’il faut faire ?», «Il n’y a rien sur internet.», «L’heure passe vite et nous manquons de temps.»,  «Que faut-il chercher ? où ? quand ?», «Les sujets sont trop vastes : comment faire ?». Les élèves ont classé leurs interrogations par catégories et ont proposé des éléments de réponses pour les résoudre. Le documentaliste leur a montré ensuite sous forme de tableau que c’est avec la même méthode qu’ils pouvaient traiter leur sujet : poser des questions pour le cerner, chercher des réponses dans des supports variés, trier et organiser les réponses (plan), rédiger, composer et présenter sous une forme à justifier.
Les élèves ont pu ainsi identifier les problèmes, en chercher la solution par eux-mêmes selon une méthode en plusieurs étapes qu’ils pourront réinvestir dans d’autres situations et ainsi développer leur autonomie et le sens de leurs apprentissages.

Quelle évaluation ?

Les critères ont été donnés et expliqués aux élèves : leur dossier (écrit) était évalué sur 10 points, leurs recherches sur 10 points et leur présentation orale sur 20 points. Lors des exposés, deux élèves évaluaient le groupe qui présentait son travail et leur note comptait pour 5 points dans l'évaluation orale sur 20. Ils se sont impliqués dans ce travail avec sérieux et enthousiasme.
Les élèves devaient faire leurs recherches en cours mais ils devaient prendre une ou deux heures sur leur temps libre pour aller au CDI et continuer leur travail en étant aidés par le documentaliste. Le «pass CDI» permettait de faire le point et le documentaliste complétait la fiche d'évaluation sur les recherches. Bien sûr cette fiche ayant été complétée au fur et à mesure, les élèves pouvaient améliorer leur travail à partir des conseils et l'évaluation sur les recherches n'étaient pas figée. Par exemple, si un élève ou un groupe ne notait pas les références, ils pouvaient le faire par la suite et obtenir progressivement les points concernant cette compétence.

Bilan

Le bilan fait par les élèves et nous-mêmes a été très positif et en fin d’année, M. Vogels et moi avons décidé de monter un nouveau projet en tenant compte bien sûr des remarques des élèves et des difficultés rencontrées.

Et de nouveaux projets …

Un des projets de cette année 2009-2010 est de repartir des dossiers commencés par les élèves l’année dernière pour que les élèves travaillent un autre point du sujet et puissent enrichir ce qui a déjà été fait. Nous utiliserons aussi l’expérience et le bilan fait par les élèves. Il nous semble que le tâtonnement reste important et qu’il est une des richesses de notre projet. Nous le reprenons pour atteindre l’objectif d’autonomie et de recherche.
Les dossiers constitueront les premiers documents de la Bibliothèque de la Classe que tout élève peut consulter.

Nadine Druet, professeur d’espagnol
François Vogels, documentaliste

Classe de 3ème A
collège René Bernier


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Documents annexes

ANNEXE 1

Les sujets proposés aux élèves par le professeur :

PERSONNES HISPANOPHONES
CELEBRES

Peintres
Pablo Picasso
Francisco Goya
Salvador Dali
Joan Miró

Ecrivains
Federico García Lorca
Miguel de Cervantés (Don Quijote)
Pablo Neruda

GEOGRAPHIE

- Les paysages d’Espagne (mer, montagne…) et en présenter un en particulier
- Les grands paysages de l’Amérique Latine et en présenter un en particulier
- La faune en Espagne et présenter une espèce typique de l’Espagne
- L’organisation politique de l’Espagne
- L’agriculture en Espagne et présenter une activité en particulier
- L’écologie et présenter un problème écologique en particulier

CULTURE

- Le système scolaire en Espagne, en Angleterre et en Allemagne
- Le système scolaire au Mexique et en Espagne
- Les fêtes en Espagne et présenter une fête en particulier
- Les fêtes en Amérique Latine et présenter une fête en particulier
- L’école en Espagne et en France
- Les danses en Espagne et en présenter une en particulier
- Les danses en Amérique Latine et en présenter une en particulier
- La musique en Espagne et en présenter une en particulier
- La musique en Amérique Latine et en présenter une en particulier
- La cuisine traditionnelle espagnole et présenter une recette ou un plat typique
- La ruta Quetzal et présenter un circuit en particulier

HISTOIRE
- Les cultures précolombiennes
- Les différentes périodes historiques de l’Espagne et présenter une période en particulier
- Les grandes découvertes et présenter un des navigateurs  espagnols
- Les mystères en Amérique Latine

 


ANNEXE 2

La fiche de travail remise aux élèves :

TRAVAIL DE GROUPE SUR UN THEME
Le choix du sujet
Tu dois faire ce travail avec un autre élève. Soit il s’agit d’un élève qui a choisi le même sujet que toi soit tu décides avec qui tu veux travailler et vous choisissez un sujet ensemble.
Vous choisissez un sujet dans la liste proposée. Vous ne pouvez pas prendre un sujet qui est déjà choisi par un autre groupe.

Les objectifs de ce travail
Il s’agit pour vous de faire un travail collectif et de le présenter à la classe.

Vous devez répondre aux cinq étapes suivantes pour réaliser ce travail :
- cerner votre sujet et vous interroger,
- regrouper et classer les informations,
- préparer une partie  en espagnol que vous présenterez à la classe (sous forme de dialogue,  de textes…) et le reste en français.
- choisir la présentation de votre travail (tout support est autorisé : ordinateur, vidéoprojecteur, affiches, rétroprojecteur, diaporama…).
- présenter à la classe la partie en espagnol et le point ou les points de votre travail que vous trouvez le plus intéressant en 15 ou 20 minutes maximum. Les élèves pourront consulter l’ensemble de votre travail en classe. Le travail réalisé pourra être photocopié pour que vous en gardiez un exemplaire chacun et qu’un exemplaire soit intégré à la bibliothèque de la classe.

Remarque :  Je vous donnerai des fiches complémentaires pour vous aider si besoin.

La notation
Vous serez évalués sur les deux travaux : la partie écrite et la partie orale.
Je vous noterai selon des critères précis pour évaluer votre travail au CDI et en cours ou en salle multimédia ainsi que votre présentation écrite et orale du sujet.
Concernant la présentation orale, un  groupe  de la classe vous donnera une note sur 5 qui entrera dans la note de présentation finale sur 20. Je remettrai aux groupes qui noteront une grille d’analyse pour que vous puissiez noter selon des critères précis.

Les recherches
- Les recherches se feront en salle multimédia ou en salle de technologie pour pouvoir avoir accès à internet.
- Dans le cadre de ces exposés, vous devrez aller au moins une heure au CDI mais maximum deux heures. Vous devrez bien gérer votre temps et ne pas vous disperser. M. Vogels vous aidera. (voir « pass CDI »).

Possibilités : tous les jours à 13h00 pour les demi-pensionnaires
Une ou deux séances pourront être planifiées sur un mardi ou un jeudi à 13h pour permettre aux externes de manger à la cantine et de venir travailler au CDI.
Vous pourrez peut-être y aller pendant l’heure où vous travaillez sur l’exposé ou pendant une heure de permanence suivant les disponibilités de M. Vogels.

L’organisation
- Vous mettrez ce travail dans une chemise qui sera gardé dans l’armoire de la classe. Si vous allez au CDI, vous devrez me demander votre dossier.
- Une heure par semaine sur les trois (le lundi /le jeudi) sera consacrée aux exposés pendant une période de 7 ou 8 semaines. Puis vous présenterez votre travail (2 à 3 groupes par heure soit 4 heures ou une semaine consacrée entièrement à la présentation des exposés).

Le calendrier
- Première séance et deuxième séance
Vous organisez votre groupe et choisissez votre sujet.
Vous devez vous poser 10 questions maximum sur votre sujet pour vous permettre de le cerner.
- Ce travail sur feuille et en français sera ramassé à la fin de l’heure pour être rendu ensuite avec des conseils. Ce travail fait partie des critères d’évaluation. Ce travail préalable est très utile : il sert à cerner le sujet,   il vous guide dans la recherche des informations et il vous permet d'élaborer le plan de votre exposé.
Vous commencez vos recherches sur votre sujet.
Concernant votre sujet : vous devrez donner des informations générales et choisir un point en particulier (qui vous interpelle, vous plaît…) à développer ;
- Troisième, quatrième et cinquième séances
Recherches en salle multimédia.
Préparation de l’exposé : écrit, illustrations….sans recopier les documents trouvés.
Rédaction en espagnol d’une partie du sujet.
- Sixième séance, septième et dernière séance
Choix des points à présenter à la classe en fonction du temps de l’exposé (20 minutes maximum)
Mise au point de la présentation et préparation d’une fiche pour prévoir le matériel nécessaire.
Entraînement à l’exposé en évitant la lecture, en parlant de façon fluide, en mettant le ton….
- Présentation à la classe

 

ANNEXE 3

Le bilan fait par les élèves individuellement
En voici une synthèse rédigée par le professeur :

Ce bilan a été réalisé à partir d’un questionnaire distribué aux élèves après qu’ils aient réalisés et présentés leurs exposés. Ce bilan a été lu à la classe et les élèves ont pu rajouter des commentaires.

Apport de la réalisation des exposés :
Informations enrichissantes sur la culture espagnole et latino-américaine (sujets plus ou moins connus, détails…)
Apprentissage de méthodes de travail : organisation et gestion du temps, organisation et préparation de la présentation d’un exposé en fonction du sujet, autonomie, travail informatique

Intérêt de la démarche et de la méthode proposée :
- (aspects positifs) : Être autonome tout en étant encadré et aidé selon les besoins / avoir beaucoup de temps / faire le travail en classe à deux sans se retrouver seul à la maison / acquérir des méthodes de recherche et de travail / ne pas s’ennuyer lors des exposés puisque les sujets étaient variés, présentés de façon différente (diaporama, affiches, musiques…) / faire des recherches sur internet mais aussi dans les livres en étant guidés mais autonomes aussi…
-(aspects négatifs) : Difficultés pour se concentrer en classe (activités, bruit…) / volonté de ramener le travail à la maison pour le continuer / séances parfois moins productives suivant les difficultés (sentiment de ne pas avoir avancé).

Moments positifs :
Recherches d’infos en salle multimédia ou au CDI suivant les besoins et déplacements possibles (les deux étaient possibles vu que les séances étaient animées par le professeur et le documentaliste) / exposé fait à deux

Moments plus difficiles :
Ecrire la partie en espagnol / se mettre d'accord avec l'autre élève et trouver des compromis / sujet de départ très vaste, large (nécessité de le cerner et réduire) / difficulté à trouver des infos / sujets exposés parfois trop longs comme sortis d'un livre (faire un résumé sans copier/coller) / manque de temps à la fin pour mettre au point l'exposé / le stress au moment de présenter l’exposé

Améliorations possibles : les élèves ont cherché comment ils pourraient améliorer ce travail s’ils devaient en refaire un.
Aspect matériel : mettre des intercalaires pour diviser le sujet / prendre des pochettes pour mieux organiser

Faire un sommaire  / améliorer le diaporama et expliquer ce qu’on voit / plus se préparer à l’oral / parler plus des origines de la musique /  enrichir avec plus de documents / mieux expliquer / moins lire et apprendre plus le texte / faire passer des documents, amener des livres, faire passer les instruments à la classe / commenter les photos / parler plus fort…

Les élèves se sont exprimés sur ce qu’ils aimeraient conserver ou changer :

Conserver :
les séances en salle multimédia et au CDI / l'idée des dossiers / le travail en classe / l’autonomie….

Changer ou améliorer :
Augmenter le nombre de séances / apporter le travail à la maison pour le finaliser / pouvoir travailler seul si l’élève préfère pour éviter la gestion du groupe / améliorer l’efficacité du travail pendant les séances.

 

ANNEXE 4

Un  des dossiers/exposés : les fêtes

I/ L'heure de la fête
    source : Les Aztèques et les Mayas ; Cote : 939.97MAC ; Livre.

    Les fêtes, avec musique et danses, étaient un moment important de la vie. Au centre de toutes les grandes cités aztèques et mayas se trouvaient un énorme espace à découvert, où la foule se rassemblait pour chanter et danser en l'honneur des dieux les jours de fêtes. Tous les vingt jours, des festivités marquaient le début du nouveau mois. Il y avait également des fêtes, avec prières et sacrifices, pour marquer les saisons importantes. En juillet et en août, les Aztèques célébraient la floraison des arbres et des plantes. En septembre se déroulaient les fêtes de la moisson et, en octobre, les chasseurs rendaient grâces aux dieux pour un gibier abondant. Pour les souverains Aztèques et leurs convives, les fêtes et les divertissements étaient fréquents et s'accompagnaient de musique et de chants. Parmi les instruments favoris figuraient maracas, sifflets, ocarinas, flûtes, clochettes et coquillages dans lesquels on soufflait. Les musiciens Aztèques jouaient également d'un tambour en bois a deux tons, le teponaztli, pour donner un rythme vif.

II/Cotabambas Yawar Fiesta (fête du condor)
    Source : ABC Latina : Pérou (http://www.abc-latina.com/perou/fetes/yawar.htm)

    A Ccollurqui, province de Cotabambas, à huit heures, les Fiestas Patrias sont célébrés par des courses de taureaux dont les caractéristiques symbolisent un véritable rituel. Les protagonistes sont un taureau et un condor qui représentent l'espagnol et l'andin (langue parlée dans les Andes). Une fois capturé, le condor est attaché sur le dos tu taureau auquel il donne des coups de bec pour s'échapper. Le taureau est alors excité et se lance dans l'arène. Le taureau est en général vaincu par le condor. Si le condor est blessé ou mort, c'est un signe de malchance. La nuit, on peut voir des danseurs, des défilés, des feux d'artifice et des cortèges de torches.

III/Le carnaval d'Oruro
    Source : Le blog de Jérémie :  carnaval d'Oruro (http://imerege.com/blog/index.php?2005/05/17/183-photos-du-carnaval-d-or...)

    La ville d'Oruro est très connue pour son carnaval. C'est le plus grand du pays (Bolivie), il se tient juste avant l'entrée dans le carême. Pendant quelques jours, les croyances païennes et chrétiennes, le folklore, les danses endiablées et les vapeurs de chicha se mêlent. Les habitants décorent leur maison avec des serpentins et des papiers de couleur. Les gens viennent parfois de très loin pour participer à ce carnaval. On lance des ballons d'eau et de la mousse.

IV/ La fiesta del sol

    Source : Les Incas ; Cote : 939.97 BUR ; Livre

    La fiesta del sol tenía lugar cuando el sol estaba muy alto, a los doce, en el santuario de Cuzco. El Sapa Inca bendecía el llama blanco y la sacrificaba en la montaña. El Sapa Inca era el jefe de Cuzco. El pueblo hacía una fiesta : escuchaba música, bailaba, beb?a la chicha (una bebida fabricado con grano de maíz). En cada ciudad se bailaba y en este momento el pueblo recordaba que el Sapa Inca era el hijo de Inti (dios del sol) y que gobernaba para que su pueblo viviera bien era como el sol que hace empujar las plantas y crecer los animales.

 

Ce travail a été réalisé par le groupe Doc2d (Recherche documentaire au second degré)
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En Chantier n°11, novembre 2009, Une fiche d'invitation à la recherche documentaire : Pourquoi le ciel est-il bleu ?

Le Chantier «Recherche documentaire au Second degré, collège et lycée»

souhaite établir une fiche d'invitation à la recherche documentaire en réponse à la question :

«Pourquoi le ciel est-il bleu ?»

Une telle  fiche doit s'appuyer sur quelques premiers travaux menés dans des classes de collège et/ou de lycée. C'est donc à cela que nous vous invitons : nous faire parvenir des travaux de classes sur le thème «Pourquoi le ciel est-il bleu?»

   Amandiers en fleurs sur ciel alsacien 06/04/2009

Voici quelques démarches possibles :

1/. Première démarche possible :

Dans un premier temps, demander à chaque élève d'écrire en une phrase (ou en un texte très court), pourquoi, à son avis et sans recherche préalable, le ciel est bleu.
Dans un deuxième temps, ces points de vue individuels sont communiqués au groupe (groupe classe ou demi-classe) qui les passe au crible de l'analyse critique. Il en résulte inévitablement des divergences, des consensus, des désaccords.
De cette confrontation peuvent ressortir des pistes de recherche pour trouver à étayer ou infirmer tel ou tel point de vue. Ces pistes sont alors prises en charge par un ou plusieurs petits groupes de deux ou trois élèves par question qui mènent des recherches.
Une nouvelle mise en commun permet alors de cerner le phénomène avec des données pertinentes.

 

                                                                  photographies : Ciel des Alpes italiennes (Trentin 12/2008)

2/. Deuxième démarche possible :

Pourquoi le ciel est-il bleu ? A qui pourrions-nous nous adresser pour obtenir une réponse pertinente ? Ou autrement dit : quelles sont les personnes qui sont susceptibles d'avoir une explication de ce phénomène par exemple en raison de leur activité professionnelle, de leurs activités de loisirs ou simplement de par leur formation. En effet le sujet peut être abordé de différents points de vue.
Au collège, au lycée il y a les professeurs de certaines disciplines : Sciences de la vie et de la Terre, physique ou chimie, géographie, mais peut-être également le professeur de littérature…


Et en dehors de l'établissement scolaire qui pourrions-nous interroger ?
On peut penser :
- au météorologue, (penser aux antennes régionales de Météo-France)
- à l'alpiniste (l'intensité du bleu en haute montagne par rapport au ciel vu de la vallée)
- au touriste ou au vacancier
- à l'astronome (le ciel est-il bleu la nuit ?)
- au cosmonaute (comment voit-il le ciel de la Terre lors d'un vol en orbite autour de la Terre)
- au photographe et à - l'artiste peintre
mais également - au poète, - à l'écrivain

 

3/. Troisième démarche possible :

Le ciel a-t-il une couleur ? ou des couleurs ? Comment, par quels mots peut-on nommer ces couleurs ? En faire une liste aussi complète que possible.
Puis noter la couleur du ciel à différents moments de la journée, de la semaine, à différentes saisons, dans des endroits différents, d'un même endroit mais dans des directions différentes,…
De ces relevés, quelles conclusions peut-on en tirer ?

 

 

 

Ciel alpin au soleil levant (Trentin 12/2008)

 

 

4/. Quatrième démarche possible :

Prenons l'affirmation : le ciel est bleu.
Qu'est-ce que le ciel ? Qu'est-ce que bleu ? Qu'est-ce que «être» (l'état) ?

5/. Cinquième démarche possible :

Le ciel, et tout particulièrement le ciel bleu, dans les représentations, dans l'imaginaire.
Par exemple dans les textes des offices du tourisme, dans les dictons, proverbes, dans les mythologies, dans la poésie…
Créer des textes, individuellement ou collectivement, des poèmes …

                                                                                        Ciel bleu et lever de Lune en montagne (Italie, Trentin août 2007)

 

Et il y a certainement encore d'autres approches possibles… 

Alors n'hésitez pas à emprunter un chemin non balisé, les découvertes seront peut-être encore plus fortes.



Vous pouvez nous envoyer les travaux de vos classes tout au long de l'année scolaire à l'adresse courriel de Laurence Bouchet,
< laurencebouchetbt2(arobase)yahoo.fr >
N’omettez pas de préciser le déroulement de ces travaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce travail a été réalisé par le groupe Doc2d (Recherche documentaire au second degré)
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En Chantier n°11, novembre 2009, Démarrer une réflexion sur... La théorie de l'évolution

Démarrer une réflexion sur...

La théorie de l’évolution

Une fiche d’invitation à la réflexion pour le collège et le lycée,
réalisée par des classes et les chantiers de production documentaire 2 degré de l’Icem-Pédagogie Freinet

Objectifs : aider à la réflexion par un questionnement, proposer des débats. Cette recherche pourra être
élaborée dans le cadre du cours d’histoire, de SVT et de philosophie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce que la théorie de l’évolution ?
Cette théorie fut énoncée par Darwin au XIXème siècle, elle s’appuie sur des observations (ressemblance entre les espèces, parenté entre des espèces disparues et des espèces actuelles) et développe pour en rendre compte, l’hypothèse que les espèces évoluent, se transforment et se diversifient en s’adaptant à leur milieu. L’homme serait le produit d’une évolution du vivant. Il possèderait un ancêtre commun avec le singe. Cette théorie remet en cause l’idée que les vivants (dont l’Homme) auraient été créés séparément et une fois pour toute par un dieu. Elle tente d’apporter des réponses à la question : d’où venons-nous ?

 

 

Des lycéens s’expriment
En janvier 2009 des élèves de terminale ES, STG, et de première L ont répondu au questionnaire suivant :
  - Comment penses-tu que les êtres humains sont apparus sur terre ?
  - Que sais-tu de la théorie de l’évolution ?
  - Penses-tu que l’école doit enseigner cette théorie ? Pourquoi ?
  - Es-tu croyant, si oui quelle est ta religion ?


Parmi les élèves interrogés, un quart environ affiche des positions créationnistes (un dieu serait à l’origine de
l’existence des vivants) mais cela n’empêche pas certains de connaître la théorie de l’évolutionnisme et d’y adhérer également. Parmi les élèves qui se déclarent athées, un quart environ pense que l’homme est bien le résultat d’une évolution mais qu’il ne faut pas enseigner cette théorie à l’école par respect de la liberté de penser de chacun.
Le résultat de ce questionnaire dont les élèves ont pris connaissance a suscité un certain étonnement et de
nouvelles questions :
  - La théorie de l’évolution a-t-elle sa place à l’école ? Que doit-on enseigner à tous ?
  - Comment comprendre que des personnes s’affirment à la fois créationniste et évolutionniste ?

Les élèves de première L se sont interrogés sur cette dernière question.

Voici le compte rendu de ce débat par Sarah :


Agathe : J’ai la foi et je l’assume. J’ai écrit que je pense que Dieu a créé Adam et Eve et que j’approuve aussi la théorie de l’évolution qui est vraie. Pour moi il n’y a pas de contradiction car le récit de la Genèse est une image. Bien sûr c’est l’évolution qui est prouvée scientifiquement mais à l’origine de tout cela il y a Dieu.

Jordan : Lorsque la science fait une découverte qui  la met en question la religion se raccroche toujours à  ce qu’elle peut pour ne pas perdre la face. La religion ne perd-elle pas en crédibilité en acceptant la théorie de l’évolution ?

Jordan : La religion ne s’appuie pas sur des preuves contrairement à la science.

Sacha : Marx a dit : « la religion est l’opium du peuple », les gens se rattachent à la religion pour se rassurer.

Héliacynthe : Au contraire il est plus facile de se rattacher à la science car il y a des preuves. C’est la science qui est plus rassurante. Pour avoir la foi il faut du courage car justement nous n’avons pas de preuves.

Agathe : En effet la science apporte des réponses toutes faites, la religion au contraire nous amène toujours à nous questionner même si on a la foi.

Le débat, on le lit, a dévié lorsque les élèves ont fait assaut d’arguments pour montrer que leur position d’athée ou de croyant était la plus courageuse. Cependant la discussion a eu le mérite de soulever l’idée que la science et la religion ne concerneraient pas les mêmes domaines de la pensée et de l’existence humaine. Comment départager ces domaines qui ont souvent empiété l’un sur l’autre ? Cette discussion, qui fut très animée, a aussi révélé que les théories de l’évolutionnisme et du créationnisme éveillent rapidement les passions sans doute parce qu’il y va de nos façons de concevoir la vie et donc le sens de nos existences. Mais pour dialoguer et s’écouter mieux vaut mettre de côté les passions en commençant par réfléchir sur le sens des termes qu’on emploie.

Des pistes de réflexion

 

 

Des notions à distinguer

Savoir/croire — Raison/foi — Science/ religion 

On peut définir chacun de ces termes par opposition à son contraire. On peut aussi chercher à relier les termes de ces couples de notions. Par exemple, la  religion demande au croyant d’avoir la foi c’est-à-dire de faire confiance à un dieu. Par opposition la science implique une attitude critique, élabore des hypothèses qu’elle cherche à vérifier…

Des recherches à mener pour mieux comprendre les enjeux de la théorie de l’évolution Après avoir mené une recherche sur les différentes explications de l’origine des espèces : le créationnisme, le fixisme, le transformisme, l’évolutionnisme, on peut confronter ces explications à des faits. Voici quelques observations : les pinsons des Galapagos ont différentes formes de bec selon les îles. Il y a des ressemblances entre les espèces de mammifères vertébrés : le squelette, l’embryon. Il existe chez l’homme et chez les animaux des orga-

nes rudimentaires ou caractères vestigiaux qui ne «servent à rien» : les dents de sagesse, la pilosité, l’existence de muscles infiniment réduits chez l’homme mais développés chez certains mammifères, etc. Quelles sont les explications théoriques parmi celles mises au jour lors de votre recherche qui rendent le mieux compte de ces faits ?

On pourra alors tenter de définir ce qui caractérise une démarche scientifique.

Des questions qu’on peut se poser pour débattre En quoi la théorie de l’évolution peut-elle relever de la science ?

La théorie de l’évolution peut-elle être l’objet d’une croyance ?

Faut-il enseigner la théorie de l’évolution à l’école ?

Remarque : La théorie de l’évolution a donné lieu à des interprétations abusives dans les domaines de l’économie et de la politique (le darwinisme social )


Pour faire un débat
Commencez par vous interroger individuellement sur le sens de l’une de ces questions : pourquoi peut-on la
poser ? Comment les termes de la question sont-ils mis en rapport ? Pourquoi la réponse n’est-elle pas évidente ?
Vous pouvez ensuite mettre en commun vos analyses et entreprendre un débat.
Pour cela il faut une personne qui l’anime : elle pose des questions, en demandant si tout le monde s’accorde sur l’idée qui a été proposée, si l’on peut envisager une objection. Elle recentre la réflexion quand celle-ci s’éloigne de la question initiale, elle opère des synthèses dans lesquelles elle résume ce qui vient d’être dit et note les articulations et la progression de la réflexion.
Un secrétaire peut prendre des notes, le débat peut aussi être enregistré ou filmé, l’idée étant de pouvoir revenir sur ce qui a été dit lors d’une séance suivante.

Pour continuer
Des livres :
Pascal Picq, Darwin et l'évolution expliqués à nos petits enfants, Seuil, 2009
Patrick Tort, L’effet Darwin, Sélection naturelle et naissance de la civilisation, Seuil, 2008


Des revues :
Télérama, Hors série sur Charles Darwin
Philosophie magazine, n°26, dossier sur Darwin avec un livret contenant des extraits de La filiation de l’homme et la sélection liée au sexe de Darwin


Des sites :
Darwin 2009, http://www.darwin2009.fr/ : propose un ensemble d’événements, conférences, expositions dans le cadre du 150e anniversaire de la publication de L’Origine des Espèces, ouvrage de Darwin
Institut Charles Darwin international, http://www.darwinisme.org/ : site dirigé par Patrick Tort
Philosophie sur le fil, le blog de Laurence Bouchet, http://surlefil.over-blog.net/ : blog sur lequel on trouve un début de recherche et des réflexions d’élèves de première et terminale sur Darwin et l’évolution.

 

 

Vous pouvez nous envoyer vos travaux réalisés en classe sur l’évolution (comptes rendus de débats par exemple)
Contact : laurencebouchetbt2[arobase]yahoo.fr

« Une théorie scientifique n’est pas une vision du monde, ni une vérité absolue et définitive, ce qui est le cas du créationnisme lorsqu’il propose une vision destinée à conforter une vérité dont l’objectif est de traverser la vie de la façon la moins douloureuse possible. Car au fond, les vérités de la foi sont des vérités qui aident à vivre, y compris à mourir. Leur finalité est de donner un sens à la vie ; ce qui est tout à fait différent d’une théorie scientifique qui cherche à étendre la connaissance.»

Dominique Lecourt (philosophe)

 

 

Ce travail a été réalisé par le groupe Doc2d (Recherche documentaire au second degré)
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En Chantier n°11, novembre 2009, BTn, Bibliothèque de Travail numérique

BTn, Bibliothèque de Travail numérique,
l'héritière des revues documentaires BT et BT2

 

BTn, Bibliothèque de Travail numérique,

De quoi s’agit-il ?

BTn est le lieu de publication, sur le site Coop’Icem,
de productions documentaires émanant des classes.
Elles peuvent être accompagnées du récit de la démarche et du vécu de la classe.


 
Comment peut-on participer ?
 
Vous pouvez envoyer des textes documentaires issus d'un travail de classe
à l'adresse suivante  < btn[arobase]icem-freinet.fr
 Par un travail interactif entre le Chantier et la classe,
ces productions seront complétées, magnifiées.
Il s'agit bien de permettre à toute production d'élèves,
quelle que soit sa longueur, son aboutissement, d'être valorisée.

Vous pouvez aussi consulter
la liste des sujets en cours d'élaboration sur le site Coop’Icem
– onglet «ressources publications» —
et décider de les travailler avec votre classe.
Des propositions adultes peuvent avoir leur place.
Dans tous les cas, les classes interviennent dans le processus de fabrication.

Qu’est-ce qu’un article publiable dans BTn ?
 
 Le document peut être un article sous forme de texte illustré, de vidéo, de son ;
il peut s’agir d’une interview, d’un reportage, d’un compte-rendu de sortie,
d’une enquête, de photos commentées.
Le questionnement, la démarche, le point de vue, le vécu des classes sont les bienvenus.  L'article peut être formulé par un narrateur qui dit « nous » (= élèves).
 Le document publié est original, images comprises (créées ou obtenues par les classes)
L’article est un document  évolutif, grâce aux  commentaires
que l'on peut laisser au bas de l'article.
L'article est indexé par niveau de difficulté.
C’est un document gratuit accessible à tout public.

  Vers les travaux en cours et les publications de BTn

 

Ce travail a été réalisé par le groupe Doc2d (Recherche documentaire au second degré)
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En Chantier n°11, novembre 2009, Parution d'un livre sur "Les Tsiganes en France"

Vient de paraître :

Les Tsiganes en France : Un sort à part 1939-1946

un ouvrage de Marie-Christine HUBERT et d’Emmanuel FILHOL

 

Vient de paraître :

Les Tsiganes en France : un sort à part 1939-1946

un ouvrage de Marie-Christine HUBERT et d’Emmanuel FILHOL, paru aux éditions Perrin, prix 22 euros


Voici le texte de la quatrième page de couverture :
    A l'automne 1940, les Tsiganes de France furent rassemblés pour être transférés dans une trentaine de camps gérés par Vichy. Ces Français de souche parfois ancienne (certains sont arrivés au XVe siècle), quelquefois sédentaires mais le plus souvent nomades, étaient fichés depuis 1912 et tenus par la loi de faire valider leurs «carnets anthropométriques» auprès des gendarmeries : des fichages préalables qui facilitèrent leur internement.


    Ainsi le sort des Tsiganes en France fut particulier, différent de celui qui fut fait aux juifs déportés dans les camps de concentration et d'extermination et aux Tsiganes d'Europe. En mettant en lumière cette page ignorée de notre histoire, Marie-Christine Hubert et Emmanuel Filhol ont réalisé ici un travail inédit, souvent émouvant, grâce aux témoignages qu'ils ont retrouvés dans les archives, mais aussi auprès de survivants.


    Cette histoire tragique croise celle de la Seconde Guerre mondiale avec son cortège d'horreurs - abandonnés dans leurs camps, les Tsiganes vont vivre dans des conditions misérables et ne seront libérés qu'en 1946 -, mais elle puise aussi ses sources aux fondements de la Troisième République : une république fortement attachée à façonner un citoyen français à ses normes - laïc, sédentaire, éduqué - aux antipodes d'une culture orale, nomade, et... différente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les auteurs :

 

Marie-Christine Hubert est historienne et archiviste. Elle est l'auteur d'une thèse d'histoire sur les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale.


Emmanuel Filhol est maître de conférences hors classe à l'université de Bordeaux 1.

En 2006, sa collaboration avec le chantier BT2 a abouti à la parution d'une BT2 qui présente l'ensemble de l'histoire des Tsiganes en France :

BT2 n° 87 : La France et les Tsiganes (mars 2006)


 

 

 

 

 

 

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En Chantier n°11, novembre 2009, Chronique de littérature jeunesse de Philippe GENESTE : "Patron et employé" de Gianni Rodari

Un livre à découvrir (pour les 8/12ans et plus) :

Patron et employé ou L’automobile, le violon et le tram de course
auteur : Gianni Rodari
illustrations de Clotilde Perrin, traduction de l’italien par Roger Salomon, graphisme de Célestin,
éditeur  Didier Jeunesse, 2009, 40 p. 14 euros

 

Cet album s’adresse aux 8/12 ans et plus. Et c’est un chef d’œuvre. Rodari est une personnalité exceptionnelle en ce qui concerne l’approche des apprentissages et de la littérature, en particulier. Son œuvre pour la jeunesse, couronnée de nombreux succès, est exemplaire de sa démarche théorique : mettre la création au centre du goût de lire et d’étudier.

Il est né en 1920 dans le Piémont, fut instituteur de 1938 à 1943, date à laquelle il rejoignit la résistance en Lombardie et adhéra au parti communiste italien. Après la guerre, il quitte l’enseignement et devient journaliste et écrivain mais aussi membre actif du mouvement italien de l’école coopérative dont il dirige le périodique Il giornale dei genitori. Il est mort en 1980.

La dénonciation de l’injustice, le rejet de la guerre, l’appel à la liberté sont les caractéristiques de ses ouvrages. Rien de machiavélique chez lui, rien de dogmatique ; pas de morale toute faite. Cet album, par exemple, illustre la lutte des classes mais Rodari emprunte la voie de la création poétique pour plonger son regard dans le rapport social de la domination. Les clins d’œil à Blanche Neige, à la Belle au bois dormant, à Wagner et bien d’autres sont là pour rappeler au lecteur qu’une œuvre est le fruit d’une gestation multiséculaire et internationale. Pour Rodari, la littérature populaire est remplie de situations partant de la domination : gagnants et perdants, rusés et grugés, puissants et opprimés avec, sous-jacente, une philosophie de la résignation. Ses contes dont celui qu’offre à lire Didier jeunesse, s’enracinent dans la situation mais s’attaquent à la résignation par un travail d’écriture hors du commun. Le récit en vient, ainsi, à renverser la norme du conte et, du coup, ouvre à une contestation de l’ordre établi.

On s’étonnera, peut-être que Rodari donne des contes traditionnels en référence alors qu’il en torpille, par ailleurs l’idéologie sous-jacente. En réalité, il n’y a rien de contradictoire : pour Rodari, la condition même de l’innovation en littérature de jeunesse doit s’enraciner dans la mémoire collective afin de réussir à s’inscrire dans la culture multiséculaire de l’humanité.

Couverture de "Patron & employé"

Patron et employé est écrit à la manière des surréalistes avec une forte dose d’humour et une intertextualité explicitée et, nous l’avons dit, renvoyant à la tradition populaire. Il est intéressant de voir que dans un article des années 1970 où il défend le conte contre l’objection que «ça ne sert à rien, que ce n’est que de la fantaisie», Rodari nous donne pratiquement la clé de Patron et employé : «Il n’est certes pas indispensable, pour une grande usine d’automobiles, que les tourneurs aiment Beethoven, que les techniciens lisent Montale ou jouent au tennis, sinon dans la mesure où de telles occupations peuvent être conçues comme des “distractions”, des moments de “relax” entre une chaîne de montage et l’autre. Mais l’idéal éducatif de la direction du personnel d’une grande entreprise privée ou publique, n’est pas forcément le meilleur des idéaux éducatifs.  (…) Les contes comme la musique comme la poésie, comme l’engagement politique et social, appartiennent à la vie de l’homme libre, de l’homme complet. Ils peuvent même représenter pour lui une défense contre une totale réduction à l’état d’esclavage.»

Le choix de l’invention littéraire, de l’approfondissement des procédés créatifs du langage, servent, chez Rodari, à contrer la volonté d’embrigader les esprits : «Un bon producteur-exécutant, un consommateur docilement soumis aux conseils de la publicité ne doit pas avoir d’imagination : il doit seulement être disponible pour tous les conditionnements »… Ce qui sonne très actuel !

Et c’est par le travail d’écriture que les contes de Rodari évitent toute touche nostalgique d’un passé révolu pour œuvrer, à l’inverse à une dimension utopique de l’existence. Ce que Rodari cherche à éviter c’est le récit à thèse ; ce qu’il cherche à atteindre c’est le récit qui combat l’acceptation passive du monde pour développer la capacité de la critiquer. Le contenu de la critique sera l’œuvre, alors, du lecteur. Clotilde Perrin, qui illustre le texte, colle à l’esthétique de Rodari, pour le plus grand bonheur de l’histoire, et des lecteurs. En effet, sa peinture, inspirée de l’art naïf, intègre des touches surréalistes, rejoignant, par un travail des couleurs vives et gaies, l’humour qui sert d’assise à l’écriture de Rodari. Ainsi, l’album rejoint le conte écrit au rang des chefs d’œuvre.

Philippe GENESTE

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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