Arp, piège à nuages

Avril 1999

CréAtions 86 - Naturellement créateur  - publié en mars-avril 1999


Classe de CP de l’école de Crozon (Finistère) – Intervenante : Nicole Bizieau


 

Arp, piège à nuages

Jean ARP (1887-1966)

Jean Arp aimait beaucoup la nature mais ne souhaitait pas la copier. Il voulait plutôt produire comme elle, c’est-à-dire créer des objets aussi purs que des galets et des nuages. Toutes les formes de ses sculptures et reliefs se ressemblent. Elles donnent l’impression de pousser, de se déformer, de se métamorphoser. Celles des relies sont regroupées chaque fois autrement comme des feuilles sur un arbre. Arp était aussi poète. Il s’inspirait de ses œuvres pour inventer des titres insolites ou des textes plus longs. Aujourd’hui encore, ses poèmes nous font rêver et nos fond découvrir un monde où l’écrit et les formes ne font qu’un.

 

Dans Jours effeuillés, Jean Arp définissait ainsi la création : "Il suffit de fermer les paupières, et le rythme intérieur passe dans la main avec plus de pureté. Je me laisse mener par l’œuvre en train de naître, je lui fais confiance. Je ne réfléchis pas. Les formes viennent, avenantes ou étranges, hostiles, inexplicables, muettes ou ensommeillées. Elles naissent d’elles-mêmes. Il me semble que je je fais, pour moi, que déplacer mes mains. Ces clartés, ces ombres que le "hasard" nous envoie, nous devrions les accueillir avec étonnement et reconnaissance.
Le "hasard"par exemple qui guide nos doigts lorsque nous déchirons du papier, les figures qui apparaissent alors, nous donnent accès à des mystères, nous révèlent les cheminements profonds de la vie."

 

Les formes et le hasard, sources d’inspiration pour Arp, le sont aussi devenus pour une classe de C.P. qui a réalisé des écrits poétiques en devenant des "chasseurs de nuages".

Suivons donc leurs traces sur la piste de leurs jeux surréalistes "arpiens".

 

Tout d’abord, il faut prévoir son matériel : des formes abstraites de couleurs différentes découpées dans du carton puis le jeu peut commencer !

1. Si le ciel a des nuages, les observer. En essayant d’ "attraper" leurs formes, les dessiner. Les fabriquer en papier déchiré.

2. Montrer les formes découpées. Chacun trouve un nom imaginé.
 
3. Dresser une liste de verbes de ce que les nuages peuvent faire.
 
4. Laisser tomber au sol les formes et juxtaposer certaines d’entre elles.
 
5. On obtient ainsi que réalisation que l’on peut garder telle quelle ou la modifier.
 
6. Là, jouer avec les mots comme avec les formes. Juxtaposer les mots, les formes et ainsi créer un texte surréaliste.

Voici donc la "chasse" réalisée par l’ensemble de la classe. Il ne vous reste donc plus qu’à en faire autant et… bonne chasse !

 

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