Une pratique, un outil : la cage à fils

 

Revue en ligne CréAtions n° 222 "Arts et Maths"
annoncée dans le Nouvel Éducateur n°184 - Publication : octobre 2007

Classe CP/CE1, École Marie Curie, Lisieux (Calvados) - Enseignante : Pascale Borsi

 

Une pratique, un outil : la cage à fils

Tâtonnement autour d'un outil conçu par Paul Le Bohec

Création de  figures géométriques en volume

Les enfants découvrent un outil conçu par Paul le Bohec : "la cage à fils".
 

La première cage à fils a été proposée aux enfants après les vacances de la Toussaint 2004. Ils pouvaient l’utiliser librement sur leur temps de travail personnel, seul(e) ou à deux. Le nombre d’élastiques blancs n’était pas limité.
Les premières créations ont consisté à tendre les élastiques entre les deux plateaux, verticalement ou en diagonales, au hasard ou selon un alignement choisi.
 
Ensuite sont apparus les croisements, les entrelacs, les ligatures pour obtenir des fuseaux ou des figures géométriques, les nœuds plus ou moins savants.

J’ai pu constater que les filles recherchaient plus l’effet esthétique lorsque l’une d’entre elles a apporté des fils à scoubidous colorés et pailletés : les créations se sont nettement orientées vers la recherche décorative tant au niveau des fils que des motifs formés par les clous sur le plateau supérieur.

Les algorithmes ont été suivis par les formes puis, un jour, un enfant a proposé son initiale avec les clous seuls et je lui ai demandé d’essayer de la reproduire à l’aide des élastiques tendus sur le plateau du bas. La lettre L ainsi obtenue en trois dimensions ayant beaucoup plu, certains se sont lancés dans la création d’une maison.

Aucune consigne ou obligation n’était associée à l’atelier cage à fils, les enfants observaient, imitaient, proposaient ou amélioraient. Sur les conseils de Paul, et pour réengager les créations vers le volume, j’ai supprimé les fils de couleurs et proposé des élastiques plus gros qui permettaient de mieux visualiser les créations obtenues. J’ai pu constater ainsi, comme pour le dessin libre au bic ou au feutre noir, qu’ une certaine « austérité » permettait de porter attention aux lignes, aux formes, d’entamer de véritables recherches originales alors que la couleur entraînait les enfants sur des pistes plus convenues. J’avais déjà fait ce constat en utilisant une pâte à modeler brune au lieu de leur fournir un choix de couleurs.

Je viens de proposer les cages à des enfants plus jeunes puisque j’ai cette année une classe de GS. Il semblerait que leur cheminement soit identique et, pour l’instant je ne limite pas le nombre d’élastiques. Ils m’en ont donc demandé plus. Le foisonnement des lignes les passionne et ils multiplient les diagonales.

Ce qui est intéressant car, parallèlement, sur le dessin au tableau noir et avec uniquement des craies blanches, j’assiste à des débauches d’enchevêtrements qui paraissent les enthousiasmer énormément….

« Les besoins réels et invariants des enfants ? S’exprimer, dire sous forme symbolique ses réactions au monde, ses découvertes, ses chagrins, ses peurs, ses émotions, ses expérimentations sur la langue, Ils auront toujours mille choses à dire. » Paul Le Bohec.  


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