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L'éducation lente

 

Éditorial

 

Temps pis ou temps mieux ?
 
« Toujours plus », avec et dans un temps limité, devient forcément "toujours plus vite". Alors, je zappe avidement d’une chose à une autre1[1] : à la télé, au travail, dans mes loisirs, dans mes associations, dans mes "courses" (si bien nommées)… Dans ma tête, les rôles et les scénarios se bousculent sans cesse, de plus en plus vite, m’éloignant euphoriquement de ma vie présente.
Un temps conté pour ne pas voir mon temps compté ?
En éducation aussi, une "innovation" ou une activité chasse l’autre puisqu’"il faut bien que tout change pour que tout reste pareil"[2].
Alors quelques lucides se disent que ce qui compte, c’est ce qui se vit pleinement, avec et dans son temps "juste" : celui qui est ajusté, à la fois, à l’événement et à la personne.
Sous l’étiquette « éducation lente », ils entendent valoriser la « qualité » du temps – dont la quantité mesurable peut
alors être, en fonction de chacun et de la situation, objectivement longue, courte, lente, rapide…
Ce dossier de S!lence[3] présente leur point de vue.
Donnons-nous le temps de le découvrir.
Il sera bien temps, ensuite, de retrouver nos urgences et notre aveuglement à ce que nous cachons derrière elles.
Ou peut-être pas ?
Ou un peu moins ?
Jean-Pierre Lepri
 

Revue Silence n°382 - septembre 2010, 4,60 €

écologie - alternatives - non violence

 9, rue Dumenge, 69317 Lyon Cedex 04
Tél. : 04 78 39 55 33
Abonnements : Claire Grenet : mardi et jeudi : 10h-12h/

 

 

[1] Stéphen Kerckhove, La Dictature de l’immédiateté, Yves Michel. Présenté dans Silence n° 378, avril 2010, p. 44.
[2] Tommasi di Lampedusa, 1896-1957, in Le Guépard, 1963, dont Luchino Visconti a tiré un film, avec notamment Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale, Palme d'Or au Festival de Cannes 1963. Le texte originel est : « Tutto cambi perché nulla cambi ».
[3] Rien à voir avec le débat public que le gouvernement français engage ce mois-ci et jusqu’au 15 décembre 2010, dans tous les départements, sur les rythmes de l’école : c’est des rythmes de chacun, ensemble, qu’il est question ici – et non du rythme d’une institution qui ne « change » que pour mieux perdurer.