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Expression - Création - Coopération

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Décembre 1999

 

 

 

« Le rôle des cultures de l’Europe pour la qualité de la société européenne […] n’a pas jusqu’ici mérité l’attention des décideurs politiques européens. Et pourtant, ce n’est que l’exercice de l’art, de nos sens et de la diversité des cultures de l’Europe qui est capable d’enfanter le vrai respect de l’autre et le désir de paix permettant d’accomplir nos propres réalisations ainsi que les réalisations collectives de tous ceux qui partagent notre responsabilité envers cette terre souffrante. Ce n’est qu’avec une formation créatrice qui ne supprime aucun don de l’enfant, mais au contraire le civilise, que nous pourrons ensemble engendrer une société qui domine et absorbe sa violence.
C’est l’art qui peut structurer les personnalités des jeunes citoyens dans le sens de l’ouverture de l’esprit, qui permet à chacun de des ressourcer dans le passé et de participer à la création du futur […] En ignorant d’une façon si manifestement aveugle la culture, vous nous construisez une tour d’ivoire fondée sur les sables. »
Yehudi Menuhin, le 17 février 1999, au Conseil européen.


                                     
Jacques Terraza – C’est le regard des autres qui va donner sa valeur à la production. Ce regard peut être celui du maître, mais à ce moment-là il y a risque de formalisme, de soumission de l’enfant à un regard, à une autorité et donc détermination d’un certain comportement, d’une certaine attitude de l’individu. Ou bien il va être regardé par ses paris, par ceux qui sont comme lui et il va y avoir un échange entre lui et la « société » que constitue la classe. S’élaboreront donc à travers l’échange entre celui qui a produit et ceux qui reçoivent la production un certain nombre de critères qui vont donner de la valeur au produit. Ace moment-là on peut dire qu’il y a coopération, que celle-ci va valoriser le produit et son créateur, entraînant le désir de recommencer. C’est un processus dynamique qui se met en place. L’enfant va vouloir réitérer, reproduire ou même dépasser ce qu’il a fait.

 

Daniel Favre, neurologiste, épistémologue – je vais essayer de répondre d’un autre point de vue sur le rapport entre création et coopérativité. La plupart des mammifères, et en particulier l’enfant humain, ont des comportements d’exploration, surtout au début de leur vie. On a pu montrer (des dizaines de recherches convergent) que les comportements d’exploration sont une source de plaisir. D’une manière générale, pour oser dans des situations nouvelles, prendre le risque de nous déstabiliser – et tout apprentissage implique dune part de déstabilisation, comme tout changement d’ailleurs – il faut qu’on accepte cette part de déstabilisation, qu’on la surmonte, il faut donc avoir une base sécuritaire. Or, il me semble que si le climat dans la classe est un climat de compétition, où l’enseignant ne met pas l’accent sur la motivation intrinsèque de l’élève, mais au contraire sur des motivations extrinsèques (autrement dit des récompenses, carotte et bâton), à ce moment-là, on est dans des conditions défavorables à la prise de risque et l’on ose moins. Créer un climat de coopérativité entre les élèves (c’est aller ensemble quelque part avec un objectif) me paraît une manière de créer une base sécuritaire, à partir de laquelle l’enfant va plus facilement oser le déséquilibre.

 

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