Raccourci vers le contenu principal de la page

Expression - Création - Coopération

Dans :  Arts › Arts plastiques › Arts › Français › Principes pédagogiques › Principes pédagogiques › Principes pédagogiques › Principes pédagogiques › Techniques pédagogiques › Techniques pédagogiques › 
Décembre 1999

 

 

 

 

 

Et la coopération entre adultes ?  

Michel Prost – Dans l’enseignement, il y a d’abord l’humain […] Faire la classe différemment, c’est faire une révolution sur soi-même, par rapport aux représentations qu’on a de l’école. Cette révolution personnelle à faire, il faut la vouloir et elle n’est pas facile, d’où l’intérêt de la faire à plusieurs, en se faisant aider.


Clem Berteloot – La notion d’homme est passée dans la notion de profit. La télé, les médias, vous le savez, dominent son existence, si bien qu’il n’aspire même plus à utiliser une liberté qui ne lui est pas forcément supprimée ; d’où la nécessité d’aller toujours plus fort, toujours plus loin, toujours plus dangereux, ce qui amène obligatoirement des lois répressives. L’isolement et la solitude deviennent irréversibles, on bombarde l’enfant, on lui inculque un savoir. Dans un milieu coopératif, il établit des relations, il se construit, il indique aux autres ce qu’il est, ce qu’il voudrait être. Il y a là une philosophie qui est totalement différente et si vous ne posez pas ça au préalable, alors vous continuez à faire classe comme vous l’entendez, et certainement bien, parce qu’elle correspond à votre tempérament. Mais il faut savoir qu’à partir du moment où vous changez de philosophie, il vous faudra vous bagarrer, et pour pouvoir vous bagarrer, il faut forcément coopérer aves les autres…
Daniel Favre – On constate effectivement que la valeur de coopération est peu développée parmi la majorité des enseignants, en dehors du mouvement Freinet, et je pense que cela devient un peu le problème de tout le monde maintenant, parce que je crois qu’on va devoir choisir collectivement entre des valeurs très différentes, soit elles issues de la société marchande (valeurs fondées sur la compétition, l’élimination et l’échec) et qui visent à gagner en affaiblissant autrui […] soit celles de la coopération qui est nécessaire pour l’épanouissement de l’individu, de l’être humain, et je dirais, pour un usage plus rationnel de ses ressources cérébrales. Mais ce dernier choix ne va pas se faire sans grincements. Il faudra que tout le monde s’en mêle et qu’on demande que l’école serve un tel projet […] Je pose également que ces deux types de valeurs peuvent être compatibles, mais à condition qu’on ait reconnu une place à la coopération et qu’on ait réservé une place à la compétition ; que tout ne soit pas compétition parce que tout fonder sur la compétitivité fabrique nécessairement l’exclusion.

 

 

  début de l'article 

 

   suite de l'article