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Pour une éducation scientifique et technique

Février 2000

Des pluies violentes et des inondations, une marée noire, deux ouragans. Un inventaire sans poésie : plus d’une centaine de victimes et des milliards de francs de dégâts !
Nous oublions trop vite notre interdépendance avec notre milieu de vie. Le respect de la Terre, traditionnel dans de nombreuses civilisations,semble bien loin de nos préoccupations.
Urbaniser à outrance certaines régions, construire dans des zones inondables ou dans des couloirs d’avalanche, remembrer les terres et raser les talus pourrait-il être sans conséquences ?
Inutile de revenir sur la responsabilité directe et indirecte des multinationales dans les marées noires à répétition. Leur morale est suspendue aux fluctuations du cours de leurs actions boursières !
N’est-il pas temps de nous donner les moyens d’avoir des certitudes en ce qui concerne l’effet de serre ? Jusqu’à quand, au nom du progrès et du développement, continuera-t-on à détruire les milieux naturels ?
N’est-il pas temps de contrôler ce qu’autorisent les découvertes scientifiques et les avancées technologiques ?  Contrôle des manipulations génétiques, diversification des choix énergétiques,sécurité alimentaire,maintien de la biodiversité, gestion des déchets, promotion d’une agriculture sans pollution, limitation de l’urbanisation, lutte contre l’appropriation du vivant sont quelques-uns des enjeux auxquels l’humanité se trouve confrontée.
Trop souvent, c’est pourtant aux « experts » que les politiques demandent de donner un avis. Ces avis confinent parfois à la caricature quand ce sont les intéressés qui doivent se contrôler eux-mêmes.Principe de précaution et régulation devraient pourtant être les règles
incontournables de toutes les avancées technologiques. Aujourd’hui, l’absence de contrôle démocratique des décisions dans le domaine des techno sciences est criante.
Information du plus grand nombre et prise de conscience des enjeux scientifiques par une majorité de citoyens sont les clés d’une véritable démocratie participative. Comment donc faire éclore une véritable culture scientifique et technique de masse ? Il est clair que l’indigence des médias en ce domaine est patente.Aussi ne peut-on que saluer l’initiative du Conservatoire national des Arts et Métiers. Celui-ci organise cette année une conférence par jour pour comprendre la nature et les enjeux scientifiques du XXIe siècle.
Permettre aux enfants et aux jeunes de s’approprier des savoirs sur les savoirs. Leur donner les clés pour accéder à un savoir si le besoin s’en fait sentir. Les aider à construire des concepts scientifiques structurants. Les amener à avoir un regard rationnel et critique sur
le monde.Voilà des objectifs qui nous interpellent en tant que pédagogues Freinet.
La réflexion que nous menons sur la documentation, la relance d’un travail sur le tâtonnement expérimental dans le domaine scientifique et le lancement d’un chantier sur l’éducation à l’environnement sont des signes forts de la prise en compte de ces questions par nos
militants.
Gageons que nos groupes de travail sauront montrer lors de notre congrès de Rennes le lien entre leurs travaux et l’éducation populaire que nous appelons de nos vœux.
Jean-Marie Fouquer
Président de l’ICEM-Pédagogie Freinet