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Notre classe, ça pourrait être un musée comme on sculpte!

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Octobre 2004

 

 Matière à sculpter 

Après ces découvertes, expérimentation et apprentissages, nous décidons de réaliser une sculpture collective en terre cuite.

Ce projet part des recherches des enfants : chacun dessine son projet de sculpture puis essaie de le réaliser en pâte à modeler. Passer du plan au volume reste difficile et certaines sculptures ne correspondent pas au croquis mais cela reste une proposition de l’enfant. Tout d’abord, un temps est consacré aux observations, analyses, choix: « En premier, Florent a regardé nos dessins et nos sculptures pour le projet ; il y a des animaux, des personnages et des plantes. On a voté pour choisir ce que l’on va faire : des personnages. »

Trois groupes se forment alors : dans le premier groupe, les enfants veulent faire un personnage debout, d’autres un personnage assis et le denier groupe, un personnage couché ; il y aura donc trois sculptures monumentales car les enfants veulent crée en grand, « comme dans les musées ».


Florent, l’intervenant, commence avec le premier groupe qui s’inspire d’une reproduction d’une sculpture primitive accrochée dans la classe.

     

Après échanges et discussions avec Florent, des blocs de terre sont superposés sur une armature et chacun, après avoir choisi sa tâche, dessine sur les différentes faces une partie du personnage. Puis à l’aide de mirettes, la terre est creusée pour faire ressortir le volume des différentes parties du corps.

 

« On a fait un bonhomme assis en terre rouge. »

« Des mirettes, ça sert à creuser la terre, des ciseaux, à appuyer dans la terre pour faire l’empreinte, des clous à enfoncer, des bâtons à faire tenir la sculpture et les bras. »

« La terre est en bloc, Florent a posé tous les blocs de terre sur un grand bâton. »

 

Lors de la séance suivante, les enfants continuent à faire ressortir certaines parties du corps, soit en creusant, soit en cernant ou en ajoutant de la terre. La collaboration dans le groupe n’est pas toujours évidente : certains ont trop d’initiative et effacent la création du voisin mais agir en coopération dans une situation de production collective est un des objectifs de ce projet, et petit à petit chacun respecte le travail de l’autre et sculpte en complémentarité de ce que fait le voisin.

Florent démarre les projets avec chaque groupe puis l’enseignante prend le relais dans le même esprit, l’intervenant étant présent dans la classe et s’occupant d’un autre projet.

Pendant la séance, les enfants prennent un temps pour observer leur réalisation : critiques, échanges, transformations puis, en accord avec Florent, après trois ou quatre séances pour chaque projet, les enfants décident de la touche finale de leur sculpture. C’est un moment délicat dans le processus de création car certains veulent arrêter et d’autres auraient toujours des transformations à apporter et ne voient pas l’œuvre terminée ; c’est là que l’adulte doit intervenir sinon l’œuvre perdrait de sa spontanéité.


  sommaire Créations n° 113 

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