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logo ressource btn Les Troubadours

Niveau de lecture 3
Dans :  Histoire-Géo › 
Avril 2011
Les premiers d’entre eux apparaissent vers le début du 12e siècle, et leur aventure se prolonge jusqu’à la fin du 13e siècle.  On connaît aujourd’hui le nom d’environ 350 troubadours, 2542 poèmes en langue d’oc et environ 340 mélodies accompagnant certains de ces poèmes.

Le premier troubadour connu, Guilhem de Poitiers (1071 – 1126) est un puissant seigneur, cousin des rois de France et d’Angleterre, comte de Poitou et duc d’Aquitaine. Il invente les règles et les mots du « trobar » art poétique des troubadours. Il chante l’amour profane, la joie de vivre.
Comme lui, beaucoup de troubadours sont d’origine noble. Ils composent, laissant aux jongleurs* le soin de chanter leurs compositions et de les diffuser de château en château à travers toute l’Europe.
 
Bernart de Ventadorn, (vers 1147 - 1170)
Bernart de Ventadorn, lui, est un homme du peuple, serviteur du seigneur de Ventadour en Limousin. Comment un homme du peuple, à cette époque, peut-il être instruit et posséder aussi finement le langage poétique et musical ? Nous n’en savons rien. Toujours est-il que par son art, nous raconte le troubadour quercinois Uc de San Circ, il gagne l’amour de l’épouse de son maître, ce qui lui vaut d’être chassé pour entrer ensuite au service d’Aliénor d’Aquitaine. Il finit sa vie dans le monastère d’Alon, en Limousin.
 
Les ruines du château de Ventadour, près de Tulle
 
 
Ses chansons au caractère souvent mélancolique parlent beaucoup d’amour – mot inventé par les troubadours. Et déjà les chansons d’amour finissent mal : le poème « Quan vei la Lauzeta… » - « quand je vois l’alouette de joie agiter ses ailes contre le rayon du soleil… » se termine par une déclaration désespérée «  Puisque auprès de ma Dame ne peuvent me secourir ni prières ni merci ni bon droit et qu’il ne lui plait plus que je l’aime… »

 

 

Quan vei la lauzeta (extrait) Bernart de Ventadorn (vers 1147 -1170)
 
Quan vei la lauzeta mover
De joi alas contra-l rai
Que s’oblid’e-s laisa chazer
Per la doussor qu’al cor li vai
Ai ! tan grans enveia m’en ve
De cui qu’eu veia jauzion
Meravilhas ai car desse
Lo cor de dezirier no-m fos
Quand je vois l’alouette de joie
Agiter ses ailes contre le rayon du soleil
Qui s’oublie et se laisse tomber
A cause de la douceur qui lui vient du cœur,
Ah ! Une si grande envie me vient
De ceux que je vois joyeux
Et je m’émerveille que mon cœur
Ne fonde pas aussitôt de désir.
 
 
La musique de nombreux chants de troubadours nous a été transmise, notée comme l’étaient à cette époque les psaumes de l’Église. C’est une musique qui serait à rapprocher du chant grégorien, chant liturgique de l’Église, qui déroule les mots et les sons sur de vastes espaces sonores...et qui déroute nos oreilles. Des musiciens ont tenté de recréer ces chants, à partir des indications musicales, de ce qu’on sait des instruments, de l’interprétation, des influences musicales et poétiques diverses – et en particulier arabo-andalouse - qui ont pu influencer l’art des troubadours à ses débuts.
 
* les jongleurs, au Moyen-Age, sont les interprètes qui vont, de château en château, réciter les textes qu'ils connaissent par coeur. Ils ne s'interdisent toutefois pas de le modifier, d'où les versions différentes de certains textes.

 

 

Des pistes de recherche :
 Il existe de nombreux ouvrages consacrés aux troubadours ; des sites leurs sont consacrés sur internet. Par ailleurs, des musiciens, poètes, chercheurs, ont tenté de recréer l’art des troubadours à partir des rares indications qu’ils avaient en leur possession. On peut donc facilement trouver des CD qui leur sont consacrés.
On peut aussi s’intéresser aux instruments de musique utilisés par les musiciens de l’époque. Nous en avons plusieurs représentations sur des miniatures (peintures de petit format), des sculptures, etc. des instruments ont été reconstitués de nos jours, qu’on peut entendre jouer dans les enregistrements récents.

 À lire :
- Terre des troubadours de Gérard Zuchetto. Une anthologie commentée des troubadours, par l’un des meilleurs spécialistes de la question, accompagnée d’un CD.
Éditions de Paris, Max Chaleil éditeur, 1996.
- Voir aussi la BT 1111 « Troubadours au Moyen-âge » éditions PEMF, octobre 1999.
- J.C.Noguès : Le voeu du paon, éd.LP Jeunesse