Raccourci vers le contenu principal de la page

Pourquoi? Comment ? La recherche documentaire

Juin 1986

POURQUOI ? COMMENT ?

LA RECHERCHE DOCUMENTAIRE

par Pierrette Guibourdenche et Marie-Claire Traverse

avec l'aide du comité d'animation de la Bibliothèque de Travail (B.T.)
1986

 COLLECTION : "Les POURQUOI-COMMENT DE L'ÉCOLE MODERNE PÉDAGOGIE FREINET"
 


Mots-clés
méthode de travail - socialisation - confrontation coopérative  - structuration de la pensée - autonomie - esprit critique- création de documents - part de l’adulte - réseaux documentaires - formation


SOMMAIRE

 

1ère PARTIE

POURQUOI pratiquer la recherche documentaire ?

PARCE QU'ELLE RÉPOND A DES BESOINS RÉELS
Curiosité naturelle à tout individu
Quête de connaissances
Nécessité de notre vie de citoyen

PARCE QUE C'EST UN VRAI TRAVAIL
Qui développe ou réactive ces besoins

PARCE QU'ELLE AIDE L'ENFANT, L'ADOLESCENT, A SE STRUCTURER, EN LUI APPORTANT DES MOYENS
Compréhension plus approfondie du réel
Accès aux ressources de la société
Socialisation par le travail en groupe et la communication
Conquête de l'autonomie

PARCE QU’ELLE LUI PERMET DE MIEUX INTÉGRER DES SAVOIRS EN LUI OFFRANT, GRÂCE A SES EXIGENCES PROPRES, UNE FORMATION
Appréhension d'un système, prise de conscience d'une organisation
Acquisition d'une méthode de travail
qui apporte des savoir-faire
Dépassement des idées reçues et développement d'un esprit critique
Relativisation de la valeur des documents
Structuration de la pensée

• Ainsi, la recherche documentaire permet d’acquérir savoirs, savoir-être, savoir-faire

COMMENT pratiquer la recherche documentaire ?

QUELS DOCUMENTS UTILISER ?
Qu'appelons-nous, ici, documents ?
Les supports des documents

QUE DEMANDE-T-ON AU DOCUMENT ?
Un classement des documents
Quelles qualités doivent avoir les documents ?

OU TROUVER LES DOCUMENTS ?
En classe élémentaire
Dans les écoles
Dans le secondaire
Hors de l'école
Et aussi…

COMMENT CLASSER LES DOCUMENTS ?
Le Pour tout classer
Inventer d'autres modes de classement

QUAND ET COMMENT ENFANTS ET ADOS EXPRIMENT-ILS LE BESOIN OU LA NÉCESSITÉ DE SE DOCUMENTER ?
Avec certaines pratiques pédagogiques
Le besoin naît aussi d'un contact avec les livres
Le maître les amène à se poser des questions
Il propose des thèmes

L'ORGANISATION DU TRAVAIL
Comment préciser les questions et démarrer la recherche
Comment organiser le travail de groupe : la recherche éclatée
L'organisation de l'emploi du temps : les plannings

COMMENT UTILISER LES DOCUMENTS LORS D'UNE RECHERCHE ?
Démarche générale
Comment lire des documents écrits
Et d'autres documents
Les fichiers de travail

LA MÉTHODE DE LA RECHERCHE DOCUMENTAIRE
Faire surgir les questions
Se donner une problématique
Organiser le travail
Travailler sur documents
Communiquer
Évaluer

EN CLASSE, NOUS CRÉONS DES DOCUMENTS
Enfants et adolescents réalisateurs de documents
Classes auteurs de B.T

LA PART DE L'ADULTE
L'enseignant
L'équipe des enseignants
D'autres adultes
Et la formation ?

2ème PARTIE

TÉMOIGNAGES (sommaire II)
RESSOURCES
BIBLIOGRAPHIE : petit guide documentaire

 


1ère PARTIE

Place de la recherche documentaire dans la classe

Chacun de nous est en situation de recherche d'une manière quasi permanente et la recherche documentaire participe de ce besoin fondamental.

Besoin et aussi nécessité, car à une époque où nous ne pouvons nous passer de l'information, de la documentation, elle nous donne le moyen de nous y retrouver.
Nous l'utilisons pour construire notre savoir et, en même temps, pour nous construire nous-mêmes grâce à la réflexion et à la méthode de travail qu'elle suppose.

Il nous faut faire la distinction entre :
se documenter et faire une recherche documentaire.

Il y a entre ces deux termes,
• une différence d'échelle :
- se documenter vise un objectif précis et limité, trouver une réponse à une question ponctuelle ;
- la recherche documentaire, beaucoup plus vaste, obtient des réponses complexes qui nécessitent d'explorer les interactions entre les phénomènes et de maîtriser différents concepts ;

• une différence de méthode :
- si, dans le premier cas, savoir lire un ou quelques documents et en extraire ce qu'on cherche est suffisant,
- dans l'autre cas, il s'agit d'appliquer une véritable méthode scientifique d'investigation.

POURQUOI pratiquer la recherche documentaire ?

Parce qu'elle répond à des besoins réels

Curiosité naturelle à tout individu

Les enfants sont curieux et d'autant plus, peut-être, qu'ils trouvent moins de réponses, ou même d'écoute, autour d'eux. La télévision les fascine, mais elle ne leur répond pas ; les parents sont souvent pressés... Et les informations non dominées abondent. Pour peu que l'accueil des questions existe, c'est alors l'avalanche.

Michel Pellissier

L'enfant a spontanément des questionnements très divers ; si ceux-ci ne sont pas occultés ou étouffés, ils entraînent le besoin de rechercher des réponses. La recherche documentaire est l'un des moyens de les trouver. Elle ne doit ni précéder, ni remplacer l'observation et l'expérimentation, mais, comme celles-ci, il est souhaitable qu'elle devienne une habitude, intégrant dans l'expérience personnelle les multiples expériences matérialisées dans la documentation.

Fabien et Julien observaient depuis un moment les escargots dans le terrarium où nous les avions installés. Ils ont commencé à se disputer car Fabien soutenait que les escargots ont quatre cornes alors que Julien affirmait qu'ils n'en ont que deux. Nos escargots n'étaient pas très «réveillés» et sortaient à peine de leurs coquilles ; il n'était pas possible pour l'instant de vérifier.
Très vite, ils m'ont prise à partie pour que je tranche leur différend. Je les ai invités à aller à la bibliothèque de l'école chercher des documents. Ils sont revenus triomphants avec une B. T.J.
* sur les escargots. Ils ont regardé avidement les photos pour trouver la solution à leur problème (ce qui a été vite fait) et m'ont demandé de lire le texte pour avoir des compléments d'information.
Nous avons découvert que l'escargot possède trois paires de tentacules et appris d'autres renseignements sur son mode de vie.

Catherine Perin
Voir témoignage n° 1


La recherche documentaire ne se substitue pas au tâtonnement expérimental** des enfants mais en constitue un élément. Elle prolonge leurs observations, leurs sensations, leurs découvertes.


 

*-B.T.J. est une des collections de la Bibliothèque de travail éditée par la Coopérative de l'enseignement laïc (C.E.L.), pour les 8-12 ans. Les autres collections sont : B.T. pour CM. et 1er cycle du second degré (et S.B.T.), B.T.2 à partir de 14 ans et pour les adultes, B.T.Son production audiovisuelle pour tous.

**-Démarche libre et individuelle d'appropriation des savoirs, basée sur l'observation, l'action, la réflexion.

 

Quête de connaissances

Dès sa naissance, l'enfant acquiert des connaissances. Il ouvre les yeux, il écoute et peu à peu il se forme. Et ce qu'il a acquis lui permet d'aller plus loin, une connaissance en appelle une autre. Cette quête, née de questions qui viennent naturellement ou non (induites par le maître ou le programme), peut se faire par la recherche documentaire. Celle-ci permet d'embrasser la complexité d'un sujet, d'élargir les questions, elle permet aussi à l'individu découvrant qu'il fait partie d'un ensemble géographique, historique, de se situer dans l'espace et dans le temps.

Nécessité de notre vie de citoyen

Notre vie en société est largement conditionnée par notre aptitude à rechercher ou à maîtriser des informations diverses et contradictoires. Apprendre à se repérer dans leur flux, à saisir leur teneur (de quelle source elles proviennent, dans quel courant idéologique elles s'inscrivent) est un premier pas vers une citoyenneté active et responsable. Celle-ci sera mieux assumée si l'on a appris à maîtriser tôt la recherche documentaire. Savoir chercher et trouver l'information, puis savoir l'exploiter.

Michel Debré a écrit, dans le Figaro du 17.08.84, un article sur la démographie occidentale (en baisse) intitulé « un Sedan démographique ». Pour le comprendre, mes élèves ont dû rechercher :
- des chiffres démographiques permettant de vérifier si la natalité occidentale baisse et si celle du tiers monde augmente ;
- des documents montrant à quels courants d'opinion (les positions natalistes européennes) Michel Debré se rattache, leur liaison avec le racisme, etc. ;
- des articles contradictoires permettant de saisir à quoi se rattache l'article : faits réels, enjeux sociaux, etc

Soisic Julien

• Parce que c'est un vrai travail

Le chercheur adulte observe, expérimente, vérifie et recourt à tout moment — après s'être fixé un objectif — à la recherche documentaire pour progresser dans son travail.

L'enfant suit la même démarche : partant de ce qui l'intéresse, la recherche documentaire lui permet de mener à bien un projet dont il a fixé l'objectif. En outre, elle touche son affectivité, il s'y investit, s'y passionne.
S'il recourrait au seul manuel ou au cours, il y trouverait des réponses court-circuitées, éloignées de ses objectifs précis, une recherche déjà menée à sa place. Ceux-ci peuvent cependant s'intégrer à une recherche comme documents à côté de plusieurs autres.

Qui développe ou réactive ces besoins

Il est fréquent que la curiosité s'émousse à partir d'un certain âge :
du fait de la difficulté à obtenir des réponses à ses questions personnelles,
du fait aussi de l'obligation d'apprendre des réponses à des questions qu'on ne s'est jamais posées.
Or, il est important de sauvegarder cette curiosité, essentielle dans l'éducation de l'individu, capacité d'être curieux de tout événement qu'on y soit impliqué directement (famille, travail...), indirectement (politique, syndicalisme...) ou pas du tout (actualités...).

La recherche documentaire permet :

D'éveiller une curiosité qui ne se manifesterait pas d'elle-même ou qui ne s'est pas encore manifestée, en incitant à se poser des questions. C'est le rôle des documents incitateurs.

Planning :

Sur le planning collectif annuel (affiché au mur de la classe), tous les sujets possibles ont été relevés et classés selon la méthode décimale simplifiée du « Pour tout classer ». Sur chaque fiche, sont notées les références à une documentation ou des directives de travaux. Sur le planning individuel (classeur individuel simple, feuilles ronéotées), réplique exacte du planning collectif, chaque enfant peut trouver des idées de travaux à entreprendre.

M. et Mme Bourdarias

De stimuler cette curiosité en ne se contentant pas de réponses closes mais en faisant entrevoir d'autres questions.

Nous allons rassembler les fiches-guides parues dans le F. T.C , des questionnaires d'enquêtes, des canevas... Nous allons également collectionner les témoignages d'enfants et de parents de l'école. Ces témoignages viendront prendre place parmi les fiches de lecture. Ces outils se montreront attrayants, très diversifiés. Ils ont pour but essentiel de provoquer chez les élèves des habitudes de recherche, des attitudes devant les documents, et par là, de favoriser une certaine autonomie de l'élève.

Michel Bonnetier
Voir témoignage n° 2

Pourquoi Comment Recherche Doc - FTC

• Parce qu'elle aide l'enfant, l'adolescent, à se structurer en lui apportant des moyens

Compréhension plus approfondie du réel

L'enfant peut approcher des concepts quel que soit son âge, si on lui permet de saisir lui-même dans l'ensemble ce qu'il faut comprendre. La recherche documentaire permet une approche du réel dans sa complexité et sa globalité :

En faisant accéder directement l'enfant aux sources : la documentation prédigérée, choisie par des adultes selon des critères variables et discutables de ce qu'il faut connaître, donne une vision réductrice de la réalité. Le contact direct avec le document dans toute sa complexité permet à l'enfant, à l'adolescent, d'acquérir une vue plus large de celle-ci.

Voir témoignage n° 3

En obligeant la classe, le maître, le jeune, à affronter sans faux-semblants tous les sujets : l'école écarte trop souvent de son champ les problèmes considérés comme difficiles qui touchent à l'affectif, aux comportements, à ce qui fait l'identité humaine.

Lors d'une recherche sur le développement du travail féminin salarié en France, les élèves de seconde se sont aperçus qu'il y avait désaccord entre eux sur les conséquences du travail des mères sur le comportement des enfants. Pour certains, le fait que la mère travaille pouvait aider l'enfant à acquérir plus d'autonomie ; pour d'autres, il pouvait être une des origines de la délinquance. Nous nous sommes aperçus que cela traduisait des expériences toutes personnelles dont il n'était pas facile de rendre compte, et nous avons été amenés à étudier un texte sur la délinquance juvénile et ses causes présumées, texte difficile mais devenu ainsi plus accessible, de Jean-Claude Chamboredon (La délinquance juvénile, Revue française de sociologie, juillet-septembre 1971).

Maylis Durand-Lasserve

L'utilisation de documents variés, différents, contradictoires, conduit à comparer, à chercher les interactions entre les faits, à se reporter à de nouvelles sources pour trouver des vérifications, ce qui permet de connaître des faits globaux traitant d'un groupe social ou d'un espace économique ou culturel dans sa complexité. L'éveil se fait sur les mécanismes qui fonctionnent dans notre société
Mes élèves ont eu à utiliser un article du « Monde diplomatique » (avril 83) dont voici le résumé : La pollution de la rivière Bogota, entraînant des morts d'hommes, est un problème prioritaire pour le gouvernement colombien ; mais la dette extérieure de ce pays est trop lourde et absorbe tous les efforts financiers, ce qui entraîne l'impossibilité de régler ce problème efficacement. Quelles interdépendances entre les domaines biologiques, géographiques, politiques, économiques, pour faire l'histoire !

Soisic Julien

Pour traiter cette complexité, des enfants ont inventé un outil, le canevas.

Le canevas reste toujours ouvert, il permet d'approfondir un domaine.
Exemple : Qui a commencé la conquête de l'Ouest ?
Il permet de faire des liens, des relations entre la naissance des villes et le banditisme, entre la conquête de l'Ouest et l'immigration européenne... Le canevas met parfois en relief l'absence d'une documentation réalisée à partir de témoignages sur la vie courante. Il permet de visualiser des faits actuels : le cinéma, le western.

Michel Bonnetier

  Pourquoi Comment Recherche Doc - canevas


La recherche documentaire permet l'appréhension des mécanismes complexes des sociétés.


 

Accès aux ressources de la société

Par l'utilisation des réseaux documentaires souvent délaissés, voire ignorés par l'école. L'enfant, l'adolescent apprend à les connaître et à s'en servir : bibliothèques municipales, archives municipales ou départementales, offices publics divers (D.D.A.*, D.D.E. , etc.).
• L'accès direct au document, comme l'accès direct aux sources d'information, permet d'élargir dans les classes le contact, l'ouverture vers l'extérieur, vers la vie.

A plusieurs reprises, que ce soit à propos de recherches concernant la famille, soit encore lors de l'étude des différentes catégories socioprofessionnel/es (agriculteurs, cadres supérieurs, ouvriers), les élèves de seconde se sont aperçus que beaucoup d'informations étaient contenues dans les « Données sociales » de l'I.N.S.E.E. (Institut national de la statistique et des études économiques).« Il y a tout là-dedans », ai-je souvent entendu dire, jugement, bien sûr, à redresser. Suite à une expérience de recherche en collège, un de mes élèves a pris l'habitude de se rendre au siège du journal « Sud-Ouest » pour consulter les archives. Il en ramène souvent des documents intéressants.

Maylis Durand-Lasserve
Voir témoignage n° 4

Socialisation par le travail en groupe et la communication

Pour accéder aux sources d'information, pour aller plus loin dans une recherche, l'enfant, l'adolescent, seul ou avec une petite équipe, fait preuve d'initiative, est amené à prendre des décisions, à assumer des responsabilités. Tout au long de sa recherche, il travaille avec un groupe, en relations constantes avec le grand groupe qu'est la classe. Il est confronté avec les réalités du travail dans un groupe, avec celles de l'organisation du travail dans une classe, avec celles que lui offre son environnement.
Ainsi, il se socialise et apprend beaucoup de choses qui ne se mesurent pas : la connaissance de l'autre, le respect de son travail, l'impression de faire partie d'une sorte de « chaîne » où chacun a une place importante.
La recherche finie, il veut la faire connaître aux autres et découvre toutes les difficultés de la communication : en même temps, il devient créateur, produisant un document nouveau.

Voir témoignage n° 5


La recherche documentaire suppose : tâtonnement personnel, confrontation coopérative, émulation induite par le groupe.


* D.D.A. : Direction départementale à l'agriculture. D.D.E. : Direction départementale à l'équipement.

Conquête de l'autonomie

L'enfant, l'adolescent accède directement aux sources d'information, est confronté à des documents divers et ouverts. L'information ne lui est pas donnée par une seule voie, cela lui permet d'échapper au point de vue unique : celui de l'auteur du manuel, celui du maître (ce qui remet ainsi en cause leur monopole).

La lecture d'un livre, « Même Santerre », a conduit un groupe à étudier « 1936 et le Front populaire ».
Tandis que ma tâche de maître était de donner le fil directeur sur le développement industriel, les progrès techniques, les régimes politiques, à partir du manuel utilisé pour ses graphiques, ses schémas, parallèlement, les enfants se lançaient dans leurs recherches.
« 1936 » les mène au travail des ouvriers, au travail à la chaîne. Ils cherchent des documents, rencontrent des syndicalistes, écrivent à Renault qui propose deux films. L'équipe organise la séance de projection, demande les films pour une date précise, etc. Ils font un exposé sur le Front populaire à l'aide de documents divers et de la Bibliothèque de travail.
Le manuel était loin, et « 1936 » est resté gravé dans les mémoires de la classe.

Pierrette Guibourdenche

En lui permettant de mieux intégrer des savoirs

La multiplicité des sources permet de mieux argumenter sa propre réflexion. Elle nécessite une intégration par l'élève, une appropriation personnelle des contenus.

Romuald (8 ans et demi) s'intéresse à la vie préhistorique.
Parmi les animations de la B.C.D.* de l'école, s'est faite une exposition sur le thème de la préhistoire. Romuald a eu l'occasion de regarder, feuilleter les livres.
Peu après, il rapporte un livre emprunté et en parle au moment de l'entretien.
A propos des animaux préhistoriques, je lui propose les fiches « Safari » qui parlent des dinosaures et situent les lieux où ils pouvaient vivre.
Le lendemain, il revient avec une boite contenant des figurines en plastique représentant des animaux et des hommes préhistoriques. Son père lui avait montré sur une carte du livre emprunté, les lieux de découvertes des hommes préhistoriques.
Un groupe de quatre ou cinq enfants se forme autour de lui.
But de la recherche : placer les figurines sur une carte du monde. Romuald me demande si j'ai une telle carte : je lui en fournis une qui lui convient, dans un atlas. Afin de bien situer les figurines dans le temps, je montre aussi au groupe concerné une frise du temps qui indique bien que les hommes préhistoriques ne pouvaient vivre en même temps que les dinosaures.

Johnny Thurin

L'enfant, partant d'un intérêt personnel et poursuivant un objectif qu'il s'est fixé lui-même, s'investit dans sa recherche. Cette dimension affective le rend exigeant de mieux comprendre : il ne se contente pas d'enregistrer des connaissances mais s'approprie les savoirs dont il a besoin pour faire passer aux autres ce qu'il a découvert (et vécu).
La recherche documentaire repose sur une démarche de construction personnelle, voire de création, qui, une fois acquise, lui permet de comprendre plus vite toute démarche, tous mécanismes analogues à ceux qu'il a étudiés.

* B.C.D. : Bibliothèque centre documentaire

• Parce qu’elle lui permet de mieux intégrer des savoirs en lui offrant , grâce à ses exigences propres, une formation

Appréhension d'un système, prise de conscience d'une organisation

Pour trouver rapidement, sans s'épuiser en vaines recherches ni renoncer prématurément, le document ou l'ensemble de documents correspondant aux informations recherchées, l'enfant, l'adolescent est amené à utiliser des outils, à recourir à une organisation, destinés à faciliter sa recherche : bibliographies, index, annuaires, dictionnaires, bibliothèques, centres de documentation, etc.
Prendre conscience d'une organisation, c'est apprendre à s'organiser soi-même ; c'est maîtriser peu à peu les informations et les sollicitations de notre environnement, c'est comprendre les rouages de la société.

Acquisition d'une méthode de travail

Nous pouvons schématiser de la façon suivante la démarche suivie dans la recherche documentaire :

représentation —► questionnement —-émergence de problèmes —- élaboration d'une problématique —► recherche documentaire —► mise en forme pour communication.

• Première étape, des représentations au questionnement : cette méthode fait partir l'enfant de lui-même, de son propre questionnement. Que le sujet de recherche soit fortement ou peu motivé, que la question initiale soit bien ou mal posée, avant de partir à «l'aventure documentaire», il importe de mieux cerner la recherche, en se posant de nombreuses questions :

Pourquoi avoir choisi ce sujet ? Raisons apparentes et raisons profondes ? Sommes-nous vraiment intéressés par tous les aspects de ce problème ?
De ce questionnement va sortir une liste de pistes, de notions, de mots-clefs, ou mieux, une mise en relation de notions qui s'enchaînent les unes les autres et qui vont permettre une vision plus globale, faisant apparaître les relations, l'interdépendance des domaines.

Cette phase est essentielle. La représentation que l'élève a du sujet abordé, lui permet de faire l'inventaire de ses propres connaissances initiales et aussi de ses ignorances ; c'est un premier pas vers l'appropriation du thème par l'investissement personnel : l'élève se situe. Le questionnement qui s'en suit, lui permet de préciser ce qui l'intéresse. Nous n'insisterons jamais assez sur ce questionnement de départ.

Des moments de réflexion (en groupes ou collectifs) aboutissent à des collections de questions sur un sujet donné.
Une question entraîne l'autre. Bien souvent, on entend des questions au premier degré : où a-t-on trouvé l'objet ? A quoi sert-il ? En quoi est-il fabriqué ? Combien coûte-t-il ? Ce sont des questions fermées, les réponses sont oui-non, en cuivre, 320 F, etc.
Il en va tout à fait autrement pour les questions ouvertes que certains de mes élèves commencent à poser. A propos de la rage, par exemple : quels autres animaux peuvent avoir la rage ? Pourrais-je avoir la rage ? Comment le premier renard a-t-il « attrapé » la rage ?

Michel Bonnetier
Voir témoignage n° 6

Le questionnement permet de faire l'inventaire des problèmes qui se posent et, partant de là, de se donner une problématique.

• 2ème étape, de l'émergence de problèmes à l'élaboration d'une problématique : cette méthode oblige l'enfant à se donner une problématique. Une problématique, c'est un questionnement qui contient une mise en relation de différents facteurs et qui conduit à formuler une hypothèse. Cette démarche, née du questionnement, est en rupture totale avec la monographie, le plan à tiroirs ou la connaissance encyclopédique.

Thème : Les États-Unis.
Le plan à tiroirs passera en revue la nature (relief, climat puis végétation), la population et les activités économiques : ou comment tout savoir sur les États-Unis. Un enseignant plus judicieux peut proposer un ordre différent mais le résultat ne sera guère modifié. L'approche des jeunes n'ira pas naturellement vers le relief : leur représentation des États-Unis passe par le Coca-cola, les jeans Levis, M. Jackson, la navette spatiale, à la rigueur le dollar parce qu'ils en entendent parler, etc. C'est à partir de ces représentations que surgit leur questionnement et, de là, la problématique : ce n'est plus les États-Unis, mais la puissance des États-Unis ou leur présence dans le monde... La recherche documentaire intervient à ce niveau pour répondre à une demande précise de résolution de problèmes : et là, peut-être aura-t-on besoin de connaître la nature, la population, l'organisation économique des U.S.A. ou autre ; ces connaissances précises sont signifiantes et répondent à un besoin.

Marie-France Puthod

• 3ème étape, la recherche documentaire : cette méthode l'amène à organiser sa recherche.
Il est nécessaire de savoir ce que l'on cherche (ceci a été délimité dans les phases précédentes) et où on peut le trouver, en faisant appel, dans la mesure du possible, à des documents de première main. La mise en forme des connaissances n'est pas une simple compilation de documents mais une véritable construction à partir des données rassemblées.

• 4ème étape, mise en forme et communication : elle le conduit à mettre en forme pour communiquer aux autres ce à quoi il a abouti. Ainsi, elle permet à l'élève d'évaluer ses acquisitions et l'intérêt de sa recherche.

Voir p. 39 § 5 : La méthode de la recherche documentaire

Qui apporte des savoir-faire

Les buts de la recherche documentaire, à proprement parler, sont multiples :
- apprentissage de la lecture de différents codes : écrit, oral, graphique, iconographique, statistiques, cartes...
- apprentissage de techniques : description, comparaison, confrontation d'idées différentes : le point de vue, au départ restreint, s'étoffe, élargit son champ d'investigation, se complexifie, devient plus critique,
- apprentissage de l'interrogation : savoir ce qu'on peut chercher après un premier résultat, quel document interroger, où le trouver (ce qui n'est pas toujours facile, même pour le maître), préparer l'interview ou la visite, utiliser le magnétophone.
- apprentissage de l'utilisation du document : le tri de ce qu'on a entendu ou vu, la lecture du document écrit et sa « traduction » sous forme de texte simplifié, de croquis, de courbes...
- apprentissage de la démonstration, de la communication.

Au cours des séances de lecture pour les CM., je mets à la disposition des élèves des documents variés, courts, qui ne comportent pas de difficultés ou très peu. Ils sont rassemblés par thèmes dans de grands classeurs (format 21 x 29,7 cm) : il y a des documents sur la nature, les animaux, les plantes, la forêt, la ferme, les métiers, des documents d'histoire, de géographie, et aussi des recettes de cuisine, des règles de jeux, le code de la route... Un classeur rassemble des lettres de correspondants. Plusieurs buts sont poursuivis :
• montrer la diversité des documents et par là, habituer les élèves aux différents styles, présentations : descriptions, tableaux, graphiques, cartes, publicités, factures... ;
• confronter les élèves à des documents écrits par d'autres élèves, leur faire sentir qu'ils sont aussi capables de fabriquer des documents ;
• à travers des travaux de comparaison, faire naître les bases d'un esprit critique. Ces documents sont d'origines diverses : coupures de B. T., de journaux, reportages de revues enfantines, définitions du dictionnaire...
Ils peuvent aussi servir de tremplin pour une recherche plus longue avec d'autres documents du Centre de documentation.

Michel Bonnetier

Il est indispensable que cette méthode s'applique à un projet précis : ce n'est pas la méthode pour la méthode qui fait agir l'enfant dans le vide. Elle doit être explicite pour l'élève, sinon ce ne peut être que manipulation. Lui en faire prendre conscience permet à l'élève de se l'approprier et, a posteriori, de la réinvestir : elle lui donne les moyens, au lieu d'en rester à des acquis ponctuels, de passer à la généralisation et d'accéder à des concepts qu'elle a fait émerger.


Chacune des phases vise à aider l'enfant à construire son raisonnement, sa personnalité.


 

Dépassement des idées reçues et développement d'un esprit critique

La recherche documentaire amène à dépasser les idées reçues, à toutes les étapes de l'élaboration d'un travail de recherche. Elle contribue ainsi à former l'esprit critique.

- Dès le questionnement initial :
Si le sujet de recherche n'est pas fortement motivé ou s'il est mal posé, les stéréotypes, les idées reçues surgissent. Et même si la recherche est très motivée, l'environnement (médias, milieu...) impose souvent une vision très orientée (par exemple sur l'accroissement de l'insécurité, la peine de mort, le racisme...). Comme on l'a souvent dit, le plus spontané est le plus stéréotypé. Mais il peut arriver aussi que, sous une apparente naïveté, ce questionnement touche à des notions essentielles auxquelles l'adulte n'aurait pas songé au premier abord. (Lire ce que dit Michel Barré sur « l'importance de la vision naïve » in « L'aventure documentaire »).

Voir témoignage n° 7

- Dans le traitement de l'information :
L'esprit critique sera sollicité si cette information est large, ouverte, contradictoire ; si l'origine des documents est variée. Il s'ensuit des prises de conscience importantes, sources de perplexité salutaires. Voir l'étonnement de certains élèves qui ne connaissaient du nucléaire que la vision donnée par E.D.F.
Mais là encore, il ne faut pas se leurrer : la part du maître est nécessaire. D'une documentation importante et contradictoire sur la peine de mort, certains retiennent uniquement les arguments favorables à celle-ci !

- Dans la phase de communication :
Lors de la communication des résultats de la recherche, les questions des autres conduisent à confronter des opinions contradictoires, à confronter les faits, les chiffres et les idées reçues.
Un écueil serait d'en rester à cette confrontation, d'induire une vision sceptique ou négative des problèmes. L'important, c'est de montrer la complexité de ces problèmes, leur interdépendance ; montrer que l'essentiel est de se poser des questions, même si les réponses sont différées; faire comprendre qu'une recherche n'est jamais terminée. Une conclusion n'est souvent qu'une suite de questions laissées en suspens.

Une classe de seconde étudiant la ville, un groupe communique sa vision de celle-ci à la classe par une représentation théâtrale. Perplexité ! Au lieu de tableaux un peu statiques de différentes scènes de la vie urbaine, la représentation est violente, angoissante. La ville apparaît invivable pour ses habitants. Cette pièce est plus qu'une introduction : si on cherchait pourquoi, dans les villes, on en est arrivé là ?

Pierrette Guibourdenche


La confrontation avec des opinions différentes des siennes apprend à être à l'écoute de l'autre, à respecter, à tolérer l'autre ; en même temps, elle aiguise l'esprit critique par rapport à ce qui est dit et à sa propre pensée. Ainsi s'amorce un apprentissage de la notion de relativité.


 

Relativisation de la valeur des documents

Être confronté à plusieurs documents oblige à les situer ; il est indispensable que l'enfant prenne l'habitude de noter leurs références : auteur, nature, origine, époque, etc. Leur comparaison fait surgir des différences de contenu : l'enfant comprend ainsi qu'un document n'est pas objectif, qu'il ne contient pas tout, soit parce qu'il est partial, soit parce qu'il est partiel. La recherche documentaire fait naître un comportement d'analyse critique que l'enfant, et plus tard l'adulte, réemploie pour tout événement du quotidien.

Nicole avait apporté des documents à classer, lors d'un stage. Le contenu d'un article sur le lait lui posait problème, sans qu'elle puisse analyser pourquoi. Nous avons lu cet article, qui n'était pas référencé (date, journal d'origine), et nous avons découvert la cause de son malaise : c'était une publicité déguisée dont elle n'avait pas vu l'annonce insérée très discrètement en bas de page.

Marie-Claire Traverse


La recherche documentaire permet à l'enfant d'acquérir un pouvoir sur le document et, partant, sur ce qui l'entoure.


 

Structuration de la pensée

L'accès à la documentation permet à l'enfant de se resituer dans l'ensemble de la société : on ne refait pas le monde chaque fois. On reçoit en héritage les apports réalisés par d'autres, dans un autre lieu, dans un autre temps : ainsi, l'élève prend la notion de continuité et d'évolution dans une démarche de création personnelle.
Il acquiert des connaissances mais qui s'intègrent dans un processus de construction de la pensée. Celui-ci n'est peut-être pas directement perçu par l'élève et la part du maître y joue un rôle important.


Parallèlement aux questionnements d'enfants qui visent à la connaissance d'un mécanisme, qui cherchent une réponse à une demande précise, la recherche documentaire est aussi le moyen d'acquérir des structures de réflexion, des outils d'analyse et de compréhension.


  ***


• Ainsi, la recherche documentaire, comme toute recherche, permet d'acquérir tantôt seul, tantôt ensemble :

- des savoirs,
- des savoir-faire,
- des savoir-être.

La recherche documentaire est particulièrement importante dans le cadre de notre pédagogie : la pédagogie Freinet. Elle trouve sa place parmi ses techniques fondamentales.

La créativité, l'expression libre, le tâtonnement expérimental, la formation à l'autonomie et à la coopération, favorisent l'émergence et la pratique de la recherche documentaire qui, en retour, forme à l'autonomie, à la coopération et mène à la créativité, à l'expression libre.


 

COMMENT pratiquer la recherche documentaire

• Quels documents utiliser ?

Qu'appelons-nous, ici, documents ?

Michel Barré, dans son livre « L'aventure documentaire », montre que tout peut entrer dans le champ documentaire : milieu naturel et humain, êtres vivants, objets...
Michel Bonnetier parle de « témoins-documents » que peuvent être les grands-parents, les vieilles pierres...
Nous nous en tiendrons plutôt à la définition de Pierre Guérin pour qui, se documenter, «c'est prendre connaissance de l'expérience des hommes grâce à des mémoires, sans la présence physique d'informateurs, sans contraintes d'espace et de temps.»

 

Les supports des documents

Les documents écrits sont ceux auxquels on recourt en premier lieu, le plus souvent.
Les manuels présentent un certain danger : ce sont des synthèses qui peuvent apparaître comme des vérités indiscutables et qui conduisent rarement à la réflexion. Lorsque le manuel fournit des documents bruts, ceux-ci sont déjà inscrits dans une stratégie, organisés, orientés dans leur lecture.
Les livres qui traitent d'une question (exemple : économie du Japon, vie d'un animal...) sont souvent très complets mais longs à lire. Il faut apprendre à en extraire les parties utiles, quand c'est possible.

Certains documents sont incitateurs :

La consultation libre des B. T. a valeur incitatrice : elle donne à l'enfant le désir d'étudier, d'aborder un thème nouveau, par confrontation avec celui traité dans un autre milieu par la classe qui a réalisé la B. T. C'est d'ailleurs aussi le cas dans la correspondance scolaire où il n'est pas rare de voir des classes sollicitées à une étude, à une enquête, par d'autres classes. « Voilà comment le ski s'est développé dans notre vallée, et chez vous ?... » La lecture d'une B.T., créée dans cet esprit, joue aussi ce rôle auprès de l'enfant ou du groupe d'enfants qui l'aura consultée.

Chantiers pédagogiques de l'Est Voir témoignages n° 8 et 9

• Quand on le peut, soulignons l'intérêt d'aller à la source, au document témoignage, au document de première main :
- mémoires,
- articles de journaux,
- archives,
- comptes rendus d'activités,
- statistiques, etc.

Se documenter, c'est aussi aller ailleurs qu'aux documents écrits. C'est chercher une information auprès de « personnes-témoins » qu'on interviewe, qu'on interroge au cours de visites, d'enquêtes. Ces personnes, ces lieux visités, sont des sources d'information. Les élèves enregistrent, transcrivent et l'information traitée devient ainsi document : textes, photos, dessins, graphiques, films... dont d'autres pourront se servir et grâce auxquels ils iront, dans certains cas, du particulier au général.

Dans un premier temps, il est toujours préférable de mener des investigations dans le milieu ambiant ; ensuite seulement, le recours au document permet d'élargir le champ d'observation et d'extrapoler les déductions faites, transposant ainsi les concepts à d'autres réalités non observables. C'est vrai, entre autres et à titre d'exemple, dans le domaine de la géographie : les concepts de plaine, de vallée, de montagne, d'adret, d'ubac, d'espace cultivé et aménagé par l'homme... s'acquièrent par l'observation directe avant tout. Ces concepts sont ensuite réinvestis dans d'autres milieux nature/s, étudiés à l'aide du document (photo, diapositive) et à l'aide d'éléments statistiques (évolution d'un peuplement en parallèle avec celle de l'industrie ou d'une activité humaine donnée...). C'est donc une méthode expérimentale et comparative; avant les objectifs notionnels, les connaissances, ce sont les savoir-faire qui sont essentiels.

Chantiers pédagogiques de l'Est

• Toutefois, aucun support n'apporte à lui seul la totalité de l'information. De même qu'il est souhaitable de compulser plusieurs documents sur le même sujet, de même, on a intérêt à chercher non seulement les écrits, mais aussi les objets, les dessins, les gravures, les sculptures, les images fixes (photos, dia-pos), les sons (radio, disques, cassettes), les sons et images (films, vidéo...). Le corpus documentaire offre de multiples tiroirs.
Chaque système a ses limites et il y a complémentarité des différents supports.

Voir témoignage n° 10


Il est important de pouvoir mettre à la disposition des enfants et des adolescents un maximum de supports d'information afin de ne pas les enfermer dans un type de documents.


 

Que demande-t-on au document ?

Voici un classement des documents en fonction de leur utilisation possible :

(ce ne sont que des propositions et quelques types de documents pris principalement dans nos collections B.T.).

Les documents à fonction précise et limitée :

- Fichiers divers : fichiers d'images, de textes, certaines fiches de réalisation ou de contrôle...
- Brochures B.T. de détermination : sur des végétaux : « Les champignons », B.T. n°s 851 et 866 ; sur un animal : « Les pucerons », B.T. n° 952... ; ou encore B.T. d'informations de type encyclopédique comme, par exemple, la B.T. n° 930 « Les Dogons, peuple du Mali ».
Ces documents sont nombreux... Ils répondent à un besoin d'information ponctuelle, à une demande du moment.

Des documents qui font aller plus loin, soit parce qu'ils apportent des informations qui font saisir des interactions entre les phénomènes, soit parce qu'ils conduisent à des expérimentations et à des recherches.

Les documents de type plutôt scolaire, fréquemment employés, permettent à l'acquis de se structurer :

Ainsi, les B.T. sciences (série des « Pourquoi... ») mettent en place un dispositif d'observation et d'expérimentation (exemple : B.T. n° 909 : «Des thermomètres, pourquoi ça monte ?» et B.T. n° 924 : «Comment construire et graduer des thermomètres»).

Il ne s'agit pas cependant d'en rester aux observations et aux activités technologiques.
Les B.T. sciences permettent aux enfants de prendre de la distance et de déboucher sur les problèmes scientifiques, d'arriver à généraliser leurs acquis par une construction progressive des concepts.
Par exemple, « l'effet de serre » dans la B.T. n° 949 «Chauffons-nous par le soleil» ou en histoire, la B.T. n° 918 : «Histoire du fer : le fer et la transformation des sociétés», ou la B.T. n° 901 : «La Brière, le marais aujourd'hui», donnent des exemples d'interprétation et d'interaction de phénomènes économiques, techniques, sociaux et psychologiques qui agissent dans toutes les sociétés.

Quelques fiches incluses dans les B.T. offrent la possibilité de faire le point sur le parcours suivi lors du travail, d'évaluer ses acquisitions. La plupart des B.T.2 donnent, à la fin du reportage, des fiches de travail ou des directives pour aller plus loin.

Voir témoignage n° 11

Les documents de type « témoignages », sont l'écho d'un moment vécu dans sa globalité :

- L'enquête toujours préparée permet de connaître les divers milieux et de préciser, développer, nuancer les impressions, les connaissances superficielles acquises au hasard. C'est en saisissant, dans un cas particulier, les mécanismes d'un fonctionnement et de ses transformations éventuelles, que la réflexion permet de passer aux cas généraux.

- Le témoignage indirect écrit, enregistré, a le même impact, mais il ne permet pas d'avoir des réponses immédiates à de nouvelles questions qui se posent. Les B.T.Son sont des exemples excellents de ce type de documents.

Voir témoignage n° 12

Quelles qualités doivent avoir les documents ?

Ils doivent être rapidement accessibles aux utilisateurs par la présentation, par le niveau de compréhension.
Ils doivent être choisis en fonction du niveau des élèves. Au besoin, le maître peut élaborer des fiches explicatives, notamment pour situer le document partiel dans un ensemble auquel l'élève a difficilement accès.

• Leur impact affectif est important : cas d'un vécu, d'une enquête.

• Ils doivent correspondre à la préoccupation des utilisateurs. L'objet doit en être bien défini et clairement apparent afin que l'effort ne se disperse pas en vaine lecture.

Tout document est plus ou moins partisan et engagé, c'est d'ailleurs ce qui fait son intérêt : il est le témoin de la société.
Dans certains cas, il est bon de signaler sa tendance aux élèves qui vont l'utiliser, afin de les former à l'esprit critique.
Dans d'autres cas, il est important de fournir des documents contradictoires sur le même sujet, de ne pas donner des documents uniquement de la même famille de pensée.
Non seulement certains documents sont partisans, mais ils ne s'avèrent pas fiables.
Le maître doit donc être vigilant et connaître le document qu'il fournit aux élèves.

Voir témoignage n° 13


Se documenter, pour l'élève, implique donc que le maître ait fait des choix dans la documentation qu'il met à sa disposition.


Où trouver les documents ?

En classe élémentaire

Les classes fonctionnant en pédagogie Freinet possèdent un « coin documentaire ». Les enfants y ont accès en permanence.

L'Éducateur-Dossier pédagogique n° 153

Pourquoi Comment Recherche Doc - BCD
 

Voir témoignage n° 14 accompagnant ce plan

Dans les écoles

De plus en plus de Centres de documentation ou de B.C.D., comme en témoigne l'école Karine de Strasbourg (L'Éducateur n° 3 du 15.12.84) et l'école Eisa-Triolet d'Oyonnax, s'installent.

Voir témoignage n° 15

Dans de rares écoles, un musée :

Une salle située non loin du Centre de documentation renferme le musée de l'école où des collections sont entreposées. Actuellement, une cinquantaine de boîtes de travail sont à la disposition des élèves. Ces boîtes contiennent des objets, des documents (images, photos, diapos, B.T.J., et un livret de travail. Celui-ci propose un certain nombre de travaux : dessin, pesée, lecture d'un document, d'un extrait de document... De nombreux liens existent entre le Centre de documentation et le musée.

École Karine

Dans le secondaire

Le C.D.I. (Centre de documentation et d'information) centralise en un seul lieu la plupart des documents, ce qui permet d'avoir un fond riche et diversifié et facilite le prêt et la recherche.

Dans mon lycée (Bordeaux, 1 500 élèves, une centaine de professeurs en 1985), le C.D.I. s'étale sur trois salles au cœur de l'établissement et offre des livres, des encyclopédies, des manuels, des revues variées, des diapositives, des disques, des bandes magnétiques, du matériel audiovisuel, des dossiers nombreux, des machines à écrire, des bandes vidéo, des films (à commander). Les élèves y ont accès librement mais des classes entières peuvent aussi s'y installer avec leur professeur pour mener à bien une recherche. Les deux bibliothécaires-documentalistes sont toujours prêtes à aider individu, groupe ou classe, qui peuvent très vite devenir autonomes grâce aux fichiers thématiques.

Marie-Claire Traverse
Voir témoignage n° 16

Il serait vain de vouloir énumérer tous /es lieux hors de l'école où l'on peut se documenter :
Bibliothèques, musées, archives, C.R.D.P., O.R.O.L.E.I.S... Organismes économiques, administratifs, touristiques...

C'est aux élèves, autant que possible, à prendre la responsabilité des contacts, surtout quand il s'agit de collégiens et de lycéens, même si le maître doit établir, dans la plupart des cas, les premières liaisons avec les personnes extérieures qui vont recevoir les enfants et les adolescents.
Le maître initie les élèves à l'utilisation d'une bibliothèque, des archives ; il les aide à se guider à travers les multiples collections d'un musée, dans une exposition...

Les documents sont peut-être aussi chez les correspondants... ou à l'école voisine...

Voir témoignage n° 17

• Chez soi. - Les papiers de famille, la bibliothèque familiale, les photos, les revues, les récits des grands-parents, ce que les parents disent de leur métier, voilà de nombreux documents facilitant les recherches.

• L'enseignant fournit sa documentation personnelle. - Au fil des ans, il constitue des dossiers, classe des revues, acquiert des livres. Il en apporte les éléments nécessaires aux thèmes de recherche des élèves. Ceci complète les documents du Centre de documentation ou d'ailleurs. Le plus souvent, il a rassemblé articles, témoignages, etc. en fonction de l'approfondissement d'une question ; ainsi, ce qu'il apporte peut permettre aux élèves de mieux cerner le sujet et de structurer leur démarche.

 Pourquoi Comment Recherche Doc - FTC 2


La tâche du maître est de permettre que la classe soit au centre d'un réseau de lieux ou de personnes, recours possibles pour se documenter ou s'informer.


 


Comment classer les documents ?

Le choix d'une classification étant arbitraire, nous donnons quelques exemples expérimentés dans nos classes.

Le « Pour tout classer » (P. T. C.) :

Il est utilisé à l'école élémentaire

Comment j'ai découvert le «Pour tout classer» :
Lorsque j'étais à l'école normale, mon frère m'avait passé une des premières éditions du P.T.C. J'ai commencé à classer les documents que j'avais. Je les rangeais dans des chemises numérotées.

Marie Drevet
Voir témoignage n° 18

Et aussi dans le second degré

Marie-Claire Traverse (lycée de Bordeaux) nous dit :

Je ne parlerai que de la partie « documentation- » du C.D.I.

Mes documents y sont rangés de deux façons selon leur nature :
- les revues par ordre alphabétique de nom de revue et par numéro d'arrivée ;
- les dossiers, diapos, etc. suivant l'ordre décimal de mon plan de classement qui est « Pour tout classer », chaque dossier portant sur la tranche un chiffre - cote - et sa traduction en clair (Documents 1 et 2).

Je dispose, par ailleurs,
- d'un «Fichier thématique» où tous les documents (articles de revues, documents des dossiers, diapos, etc.) sont regroupés selon les thèmes du «Pour tout classer » (Document 3), et
- d'un «Fichier alphabétique» qui est, en fait, l'index alphabétique du «Pour tout classer» mis en fiches. Chaque mot inscrit renvoie à une cote décimale du fichier thématique (Document 4). Vous trouverez ces documents dans la partie Témoignages.

D'où deux façons de chercher un document :
- On peut aller directement au document en regardant le sommaire des revues ou le dos des dossiers.
- On peut chercher dans le fichier alphabétique le mot qui synthétise l'objet de la recherche, puis consulter, dans le fichier thématique, les fiches correspondant à la cote indiquée. Une fois en possession des indications de documents, on va sortir ceux-ci des rayons.

(Cf. article de L'Éducateur n° 6 de décembre 1979, pages 3-7.)
Voir témoignage n° 19

On peut aussi inventer d'autres modes de classement :

Ainsi, à l'école Karine, Strasbourg :

• Premier outil : le répertoire

Le répertoire est réalisé à partir du plan du Centre de documentation et se divise en dix-sept parties : H, G, Z, B, A, M, P, R, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, E. Chacune des parties est subdivisée en un certain nombre de feuilles qui correspondent, en gros, aux cases des étagères. Les chiffres correspondent à l'homme et aux sociétés humaines ; le E, à encyclopédies et dictionnaires... Chaque page du répertoire donne la liste des ouvrages et des documents audiovisuels sur un thème donné. Le répertoire est mis à jour au fur et à mesure des acquisitions et de l'arrivée des abonnements. Les prêts sont notés dans un classeur spécial.

• Deuxième outil : l'index alphabétique

Très vite, nous nous sommes rendus compte, avec notre système simplifié de rangement, qu'il devenait difficile d'exploiter la totalité des documents. En effet, des documents traitant, par exemple, des poissons, peuvent se trouver en (Z) zoologie, (G) géographie (la pêche, les ports), en (2) alimentation, en (4) métiers (pêcheur), dans (E) encyclopédies. Nous avons dû concevoir un outil :
- qui tienne compte des différentes sources;
- qui indique ce que possède le musée de l'école : boîtes de travail, objets, documents et livrets;
- qui indique la documentation personnelle (dans les classes). Nous voulons que cet outil soit d'un emploi simple, pour l'enseignant et pour l'élève ; ceci suppose des codes précis, une vue synoptique. Nous décidons de constituer un index alphabétique qui restera en permanence au Centre de documentation et qui sera utilisable par tous. Les enseignants qui le souhaitent peuvent aussi fabriquer leur index à partir de photocopies.

Pour plus de détails, consulter le «Pourquoi-Comment : Créer et animer une B.C.D.»

Certes, chacun peut adopter un mode de classement répondant aux impératifs matériels et pédagogiques auxquels il est soumis : classement alphabétique par thèmes ou mots-clés ; autre classement décimal comme la C.D.U. ou la Dewey ou plus complexe comme le Rétorica dont vous trouverez l'explication dans la partie « Témoignages ». (Voir témoignage n° 20.)

N'oublions pas enfin, que l'informatique nous permet une approche des documents non seulement plus rapide mais surtout plus riche par le croisement de plusieurs données de recherche.


Quand et comment les enfants et les adolescents expriment-ils
le besoin ou la nécessité de se documenter ?

Pour réaliser ses objectifs éducatifs, le maître, en pédagogie Freinet, donne aux élèves le droit de s'exprimer et de communiquer. Il développe leur curiosité et leur apprend à faire des choix.

Dans cette pédagogie du travail, il part des intérêts des élèves pour les ouvrir à tous les domaines de la connaissance.

En classe, les questions surgissent d'autant mieux que l'on utilise certaines pratiques pédagogiques :

Les situations de libre expression dans la classe : moments d'entretiens, de débats, moments consacrés à tout ce qui peut venir de l'extérieur...

On ne saurait nier l'importance du questionnement dans l'approche d'un document. Dans ma classe, nous posons très souvent des questions aux élèves porteurs d'informations, à propos des objets qui entrent au musée, à propos d'images sans références...

Michel Bonnetier
Voir témoignage n° 21

L'ouverture de la classe :
visites à l'extérieur, enquêtes et interviews, discussions en classe avec des intervenants extérieurs...

La classe-découverte :
Au cours d'un séjour dans le Cantal, nous avons relevé le plan d'une étable et étudié son utilisation. Nous avons compris les motifs qui avaient conduit à cette architecture.
A notre retour en Vendée, nous avons fait le même travail avec une ferme du marais. Nous avons écrit à une classe pour avoir des renseignements sur la ferme du bocage.
L'évolution de la technologie appliquée à l'élevage, va peut-être conduire à un type semblable d'étables dans toutes les régions de France.

André Lefeuvre

Les échanges avec les correspondants :

Les élèves de Quaix ont observé une cheminée sur le toit de leur école, alors qu'il n'y a pas possibilité de faire du feu dans la classe.
Dans leur classe, ils visitent la chaudière de l'école, discutent du chauffage, élaborent le plan du toit de l'école, de la mairie et de l'appartement du directeur avec ses six cheminées
Suzon envoie un résumé de tout cela aux correspondants. La classe de Marcelle fait une mini-enquête dans les familles sur les différents moyens de chauffage chez eux.
La classe d'Emma fait une recherche sur les différents modes de chauffage... On envoie les documents aux correspondants.

Correspondance multiniveaux Groupe départemental 38(C.R. I. C. )


Par des pratiques pédagogiques ouvertes, lors de moments privilégiés aménagés dans l'emploi du temps, les enfants, les adolescents parlent, racontent, apportent leurs questions, leurs préoccupations, les textes ou les objets qui leur posent des problèmes.


 

Le besoin de se documenter est aussi le résultat d'un contact permanent avec livres, journaux, fichiers...

Les temps de lecture libre :

Ils sont programmés ou sont des moments creux entre d'autres travaux. Les documents de la classe, ceux de la B.C.D., ceux du C.D.I., sont d'accès libre et facile. Le «bain de lecture» donne le plaisir de lire, certes, et on peut se contenter de ce plaisir. Mais la lecture élargit les horizons, peut rendre curieux et donner envie de chercher.

Le «bain documentaire» :

Proposé par Michel Barré, il diffère de la lecture libre car il va plus loin : c'est une pédagogie de la réflexion à partir de la découverte. Il propose des itinéraires libres dans un «paysage» donné.

Ces différents itinéraires, proposés et détaillés, renvoient à des documents. Chaque série offre la possibilité de s'interroger, de chercher, de rapprocher les documents, de découvrir des liens. La découverte peut varier pour chacun, et quel plaisir de voir, dans un groupe, les chemins qui bifurquent !

Voir témoignage n° 22

Le maître part des élève pour les amener à se poser des questions :

Il part de leurs représentations

Mon travail est donc défini par cette recherche de la représentation initiale et, si possible, des représentations qui se substituent à elle au cours du cheminement de l'élève. Mais il ne faudrait pas croire qu'il suffit d'apporter une réponse très claire et très logique, à nos yeux, pour que l'élève abandonne son idée fausse de départ.
A la question : «Qu'est-ce qu'une fleur ?», les enfants de sixième répondent immanquablement : « C'est coloré, ça sent bon». Pour leur montrer des fleurs non «colorées» et nauséabondes, nous fîmes une sortie dans une combe, au moment de la floraison de l'ellébore fétide ou de la daphnée lauréolée. La preuve était là : les fleurs étaient très visibles, et vertes. Comme je le leur faisais constater, ils me répondirent : «Elles ne sont pas mûres, m'dame».

Marie Sauvageot
Voir témoignage n° 23

Il bouscule leurs certitudes et les incite à douter là où ils sont prêts à croire ce qu'ils entendent (information parlée ou écrite).

Au cours d'une étude sur la population française en classe de troisième, arrive à point une déclaration d'un homme politique faite le 4 novembre 1984 ; les extraits portant sur la natalité sont lus :

«(...) Des témoignages de savants incontestables considèrent que, dans la baisse de la natalité, 30, 35, 40 % sont imputables aux pratiques de contraception et d'avortement. Au lendemain du vote de la loi de 1975, il y eut une chute de l'ordre de 10 % pendant les dix-huit mois suivants et, au lendemain de la loi qui a institué le remboursement par la Sécurité sociale, une chute de 15 % (...) Dans trente ans, il y aura quatre fois plus d'hommes au sud de la Méditerranée qu'au nord. Il sera alors impossible d'empêcher les hommes du sud de monter vers le nord, si nous ne redressons pas notre natalité. Autre exemple : dans cinquante ans, 50 % de la population allemande aura plus de soixante ans. Nous serons dans la même situation quatre ou cinq ans plus tard, si nous ne faisons rien.»
Comment se situer par rapport à ces propos ? Les prendre pour argent comptant ? Ce fut la réaction de la presque totalité des élèves : on accorde foi à ce qui est dit par des hommes publics ; s'ils le disent, c'est que c'est vrai ! A l'enseignant de bousculer cette attitude : et si on vérifiait ce qui est dit ? Nous avons observé précisément l'évolution du taux de natalité et de l'indice de fécondité depuis 1975 en France, les avons comparés avec les chiffres correspondants en Europe : la responsabilité des lois françaises n'était plus aussi évidente. Nous avons recherché la population des pays du Maghreb, leur taux d'accroissement : dans quarante ans. ils atteindront cent quarante millions d'habitants et non quatre fois plus qu'au Nord ! France, Espagne plus Italie seront encore plus peuplées... Que peut-on tirer de cet exercice ?

• L'importance d'une recherche de type scientifique : il a fallu trouver des sources d'information fiables et diverses pour confronter les chiffres et les analyser.
• L'apprentissage d'un esprit critique :

- Les chiffres sont malléables ; on peut leur faire dire beaucoup de choses quand on sait bien les choisir ou les manipuler.
- Toute parole est à prendre avec précaution ; chacun de nous a la possibilité de la vérifier. En laissant le monopole de la connaissance à quelques-uns, on se fait manipuler.
- Une discussion a suivi sur les raisons qui peuvent expliquer de tels propos, et là, nous abordions des problèmes de société.

Marie-France Puthod

L'enseignant propose des thèmes d'étude

L'étude des problèmes d'actualité peut être essentielle à la compréhension de notre société : le maître est souvent amené à la proposer. D'autre part, nous sommes tous plus ou moins fidèles, par nécessité, à des programmes scolaires. Au sein de ceux-ci, nous sommes amenés à proposer des thèmes d'étude et de recherche à nos élèves.

Ayons aussi l'honnêteté de dire que toute question choisie directement par un élève ne peut pas, forcément et à n'importe quel moment, être acceptée comme base de recherche ; elle conduirait à des études d'interactions complexes de phénomènes dans lesquelles l'élève, manquant des bases nécessaires à ce moment-là, risquerait de perdre son temps et surtout son envie de travailler.

Il n'y a pas, en pédagogie Freinet, une pratique du « spontanéisme » qui permette à l'élève d'étudier n'importe quoi.
 


La classe est un lieu de travail qui, pour être efficace et utile, doit prendre en compte les intérêts des enfants et des adolescents ainsi que les préoccupations de l'ensemble de la classe.
Ces intérêts sont suscités souvent par la richesse du milieu scolaire et les propositions de l'enseignant.


 


L'organisation du travail

Comment préciser les questions et démarrer la recherche documentaire ?

Dans un premier temps, les questions qui sont posées par un élève ou un petit groupe sont reprises par la classe qui discute, questionne. Les interrogations des uns et des autres se succèdent en cascade, dans un processus questions-réponses, ou question qui mène à une autre question, etc.

Vivien, qui a effectué un voyage en voilier sur le Nil, nous apporte à son retour des diapositives d'Egypte sur la vie d'aujourd'hui et au temps des pharaons.
- Pourquoi construisaient-ils d'aussi beaux monuments ? Par qui étaient-ils tracés ?
Réponse. — Les pharaons étaient riches. Ils avaient de bons mathématiciens et des architectes habiles.
- Mais ils n'avaient pas de grues et de camions !
Réponse. — On utilisait l'énergie humaine, les esclaves étaient nombreux.
Il s'ensuit des réflexions qui conduisent à se documenter sur l'organisation de la société égyptienne au temps des pharaons, sur les arts, la conception du monument prestigieux...

André Lefeuvre

Pour aller plus loin, le maître, le groupe, la classe se disent : « Que sait-on à ce propos ? ». « Que sait-on déjà sur ce sujet ? ». Ainsi, la question se précise, s'affine, se consolide.
Et une deuxième interrogation arrive : «Que voudrait-on savoir de plus ?», c'est-à-dire : «Que faudra-t-il chercher ? Sur quoi exactement faudra-t-il se documenter ? Comment ? Comment faudra-t-il choisir le ou les documents ?»

Voir témoignages nos 24 et 25

Pour mieux orienter son travail, on peut réaliser un organigramme, «canevas»* de l'école Karine de Strasbourg. Ces « canevas » mettent en valeur les interactions, l'ensemble des liens sociaux, économiques, politiques, les pouvoirs qui caractérisent une société. Le cow-boy fait partie d'un tout, à une époque donnée. Si l'on veut se documenter sur le cow-boy, certes il faut choisir, mais ne pas oublier la toile de fond et s'en servir. Dans tous les cas, la part du maître est essentielle. Il s'agit d'accepter, d'accueillir toutes les questions, sans impatience, sans la moindre ironie. Il faut du temps pour discuter, tourner le problème dans tous les sens, patauger ensemble, sans faire un plan a priori. Ce compagnonnage exige une grande honnêteté, beaucoup de respect. Ce qui n'empêche pas d'être soi-même et de réagir en tant que personne. C'est un moment de réflexion capital.

* Se reporter aux « Pourquoi » page 10.


L'entourage incitateur enclenche le processus fondamental de la connaissance et de la construction du savoir : question, réflexion, recherche de réponses, en particulier ici par la recherche et l'utilisation de documents.


Comment organiser le travail de groupe la recherche éclatée

A l'école primaire :
En octobre, la classe du CM.2 est partie huit Jours en classe de découverte à Meschers, sur la côte Atlantique.

Annick Debord
Voir témoignage n° 26

Dans le secondaire :

Au lycée François-Mauriac de Bordeaux, travail de groupe et vie coopérative sont omniprésents dans la classe de Jacques Brunet.

Même au lycée, la recherche peut se présenter de façon éclatée, selon les questions traitées en petits groupes autonomes. Une organisation s'impose alors en diverses phases :
- Discussion sur les sujets intéressant la classe : choix par petits groupes.
- Moment de réflexion sur chaque sujet de recherche, sur les motivations réelles ; l'enseignant aide les groupes à mieux formuler les questions.
- Moment de recherche et de traitement de l'information ; ces deux moments sont souvent indissociables.
- Retour périodique au grand groupe (par exemple après une séquence de deux heures, on se réserve un quart d'heure ensemble) : ceci permettra peut-être au petit groupe de dépasser une situation bloquée (difficulté de méthode, de documentation...)
- Répartition du travail dans le petit groupe.
- Organisation de la communication : la classe fixe collectivement les échéances ; chaque groupe définit, avec l'aide du maître, le ou les moyens les plus adéquats de la communication (exposé suivi de débat, dossier circulant, exposition, montage audiovisuel... ).
A chaque étape, la part du maître est importante : au stade du questionnement, dans le moment de la communication... Mais à travers toute cette démarche et ses difficultés, en même temps que se construit le savoir, le groupe prend peu à peu conscience de lui-même.
• Les séances coopératives ont ouvert la curiosité.
• La classe, sensibilisée par les différents bilans, se sent concernée par le sujet et les questions posées.
•Le débat s'ensuit, qui peut ne pas être suivi par toute la classe, mais toute la classe a écouté l'exposé.

Voir témoignage n° 27


Le travail de recherche documentaire est, le plus souvent, un travail de groupes. Sans cesse, les petits groupes font retour au grand groupe (réflexion, aide). Ces pratiques créent et entretiennent la vie coopérative de la classe. Elles favorisent aussi la collaboration entre les enseignants et les documentalistes.


L'organisation de l'emploi du temps : les plannings

Le plan de travail collectif :

- A l'école élémentaire, dès le début de l'année, le maître et la classe fixent coopérativement, les temps de recherche de la semaine : observation, expérimentation et/ou recherche documentaire. Chaque semaine ou chaque quinzaine, un planning viendra compléter en indiquant les temps de recherche et ceux de communication à la classe ; chaque groupe sait alors quand il interviendra et quel temps lui est imparti. Les autres savent quel sujet sera traité. Tout emploi du temps peut être, bien sûr, bousculé, en accord avec la classe, selon les besoins, notamment par des sorties-enquêtes, des visites d'intervenants extérieurs...

- Dans le secondaire, la vie de la classe est beaucoup moins stable et le travail de groupes, partagé quelquefois entre la salle de classe et le C.D.I., peut paraître touffu et désordonné par rapport au cours collectif. Le plan de travail est donc indispensable. Il précise quelles heures seront des heures de recherche, où elles se feront, quand. Il précise également quelles semaines et quelles heures de la semaine il y aura communication, sous quelle forme et où (classe, C.D.I., autres...). Présenté sur une feuille que chacun possède dans son classeur et, si possible, sur un panneau affiché dans la classe de la discipline concernée, il sert de fil directeur... qui subit, malgré tout, bien des modifications.

Le planning individuel de l'élève
Il fixe les échéances des enquêtes, de la recherche des documents, de leur lecture, de la présentation ; il précise, au second degré, les heures de la semaine qui y seront consacrées. Il demande ordre et discipline de travail de la part de l'élève, exigence de la part du maître qui suit ainsi la progression de l'élève.

Pourquoi Comment  Recherche Doc Planning

  


Comment utiliser les documents lors d'une recherche ?

L'élève, l'adolescent sont face aux documents. Comment vont-ils s'en servir et comment vont-ils accéder à l'autonomie du savoir ?

Les difficultés rencontrées.
1. Il est plus facile de lire les documents que de se poser des questions. Il faut donc que j'use de mon autorité pour éviter que les élèves ne se jettent sur les documents.
2. Ils ont tendance à utiliser trop de documents. Je les incite à enrichir leur travail par des réflexions personnelles (textes libres ou poésies), dessins, photos, enregistrement de cassettes...
3. Ils ont des difficultés à noter les références des documents utilisés.
4. Le partage du travail est délicat. Il faut veiller à ce que chacun ait sa part selon ses capacités.
5. Il est difficile de garder un niveau sonore bas. Les classes ne sont pas insonorisées, je pénalise donc les élèves qui parlent fort dans l'évaluation finale.
6. La présentation finale est quelquefois bâclée. On essaie de ne pas lire les albums mais plutôt de répondre aux questions posées.

Nicole Garrouste

Démarche de travail avec documents :

La recherche
Avant d'aller aux documents, les élèves ont préalablement bien cerné le sujet, puis envisagé les sources et les formes possibles de documents. Il ne faut pas qu'ils en restent à la classe ou au C.D.I. ou qu'ils s'en tiennent uniquement au document écrit. Il leur faut aussi penser à la façon dont ils présenteront leur travail.

Voir témoignage n° 29

Le tri

Le rôle du maître est important.
Donne-t-on tous les documents, ou fait-on un tri préalable si l'on en possède beaucoup ? Question importante car les élèves en demandent souvent beaucoup, pour se sécuriser, quitte à se noyer.
Comment leur faire comprendre que le nombre ne fait pas la qualité, quand ils sont dans une société où priment le savoir encyclopédique et la consommation ?
Nous pensons qu'il est préférable que le maître effectue un tri préalable pour que le groupe dispose de documents peu nombreux, mais variés.

Face à ceux-ci, les élèves doivent quand même opérer un tri. Comment leur faire acquérir une technique de lecture en diagonale ?
- Leur fournir des fiches aidantes.
- Leur faire pratiquer des exercices d'apprentissage (exemple : analyser leur propre comportement face à un journal).
Mais le tri forme l'esprit critique et il est souhaitable, dans certains cas, de fournir tout le dossier à l'élève.

Comment lire des documents écrits ?

• Comment aider les élèves à se retrouver face au document qu'ils utilisent ?
- le maître peut cocher les passages importants (documents difficiles) ;
- leur apprendre des techniques qui évitent de recopier.
L'aide du maître est indispensable, mais comment passer dans tous les groupes ?
Pressé par le temps, il a tendance à leur donner tout de suite les réponses, sans les laisser chercher.
Une solution est le travail en demi-groupe classe : une partie en classe et l'autre au C.D.I. Une autre est la rédaction d'une petite fiche individuelle où sont consignés quelques conseils qui permettent d'être autonome en attendant le maître.
• Comment les aider à prendre des distances face au document ? Là encore, on peut créer des fiches destinées à leur faire acquérir une certaine rigueur (noter pour tout document son origine et sa date de parution, par exemple).

Voir témoignage n° 30 (Fiches I et II)

Pour la lecture, la rapidité d'exploration d'un texte, signalons qu'il existe des techniques diverses, des fichiers par exemple (comme le fichier « Atel » d'André et Foucambert).

Et d'autres documents

Savoir utiliser cassette, disque et autres documents audiovisuels, n'est pas facile et prend du temps. Là encore, l'aide du maître est importante et l'emploi de fiches permet à l'enfant d'être autonome plus rapidement.

Témoignage n° 30 (Fiche III)

Les fichiers de travail

Les fiches de travail existent dans la plupart des commissions de l'I.C.E.M.*. Il est évident que les fiches sont absolument nécessaires si l'on veut que les élèves soient autonomes, mais elles ne sont pas obligatoires : selon le sujet traité, les documents utilisés, le niveau de l'élève, on a besoin ou non de les employer.
Les fiches donnent un énorme travail au maître : les fiches toutes faites sont certes très utiles, mais le maître est amené souvent à les adapter aux documents dont il dispose, à la démarche de ses élèves, pour les inclure dans le tâtonnement précis de ceux-ci.

* Commissions de l'I.C.E.M. : Groupes de travail du mouvement Freinet autour d'un thème ou d'une discipline (mathématiques, lecture, second degré...).

 


La méthode de la recherche documentaire

Dans les deux chapitres précédents, « Organisation du travail » et « Comment utiliser les documents ? », nous avons forcément entamé le processus de la recherche documentaire. Nous voudrions ici en préciser la méthode et en rappeler la portée.
Il est souhaitable de former très tôt les élèves à la méthode de la recherche documentaire afin que l'apprentissage se fasse progressivement et que l'enfant et l'adolescent deviennent autonomes dans l'acquisition du savoir, formation indispensable pour leur avenir.

1. Faire surgir les questions, /es analyser

Nous avons insisté sur la nécessité de poser des questions à la fois multiples et précises, de dégager des pistes et de choisir.
Ces choix mènent tout naturellement à :

2. Se donner une problématique

Une recherche peut être encyclopédique, elle peut même parvenir à une monographie, consignation de constatations, d'observations, d'analyses de détails. Mais il faut aller plus loin : la recherche doit conduire à une analyse critique, être regroupée autour d'une question pertinente.

Une classe de troisième, à la suite de l'étude, en cours d'histoire, du nazisme, du franquisme et du fascisme italien, pose la question plus générale : «Qu'est-ce qu'une dictature?» Une hypothèse plus précise a permis non pas d'accumuler tous les traits qui caractérisent une que/conque dictature, mais de poser une question plus intéressante et susceptible de toucher personnellement les adolescents: «Aujourd'hui, risque-t-on une dictature en France?»

Mauricette Raymond

3. Organiser le travail

- Élaboration d'un plan.
- Élaboration éventuelle de fiches de travail.
- Répartition par groupes éventuellement.
- Recherche de documents à la B.C.D., au C.D.I.
- Recherche de documents à l'extérieur : contact avec des intervenants, enquêtes...
- Préparation et répartition du matériel.

4. Travailler sur documents

Ceux-ci sont triés, classés, lus, utilisés, les enregistrements sont décryptés, les photos développées et analysées...

5. Communiquer la recherche

Le traitement des documents sera différent selon le mode d'utilisation et de communication qui a été préalablement choisi.

Voir témoignages nos 31 et 32

La communication de la recherche est une phase importante de celle-ci :
- Elle exige la maîtrise du sujet étudié et oblige donc à approfondir le travail. Cette maîtrise demande l'aisance (physique, manuelle, de langage) en face du groupe ; elle s'acquiert peu à peu.
- La classe, le maître, les correspondants peuvent entamer un débat, poser de nouvelles questions ; élargir par des comparaisons, des analyses ; généraliser. Les concepts sont dégagés, acquis.
- Les chercheurs deviennent créateurs, producteurs de documents qui pourront servir à d'autres, immédiatement ou plus tard : dossiers déposés au C.D.I., dans la documentation de la classe, ou envoyés aux correspondants, ou exposés dans l'établissement, dans d'autres collèges ou lycées, au C.R.D.P...

Voir témoignage n° 33


La communication finale de la recherche exige la maîtrise du sujet étudié, fait surgir les concepts et permet aux chercheurs de devenir créateurs.


6. Évaluer, dernière étape de la recherche

Un contrôle se fait au cours du travail par les plannings individuels. Les fiches et feuilles de bilan permettent une auto-évaluation. Mais il nous faut bien retenir les buts de cette recherche : répondre à des questions, savoir acquérir des concepts et surtout s'initier à une méthode pour cerner les problèmes, chercher dans les documents, comparer, généraliser, communiquer.
On ne peut donc se borner à des exercices de contrôle restreints et formels et à des évaluations simplistes (exemple : Quelle est la production de pommes de terre de la France ?...)

La recherche documentaire permet une évaluation formative : c'est-à-dire que chaque élève, chaque groupe, peut se situer dans sa formation, savoir ce qu'il a acquis, ce qu'il ne maîtrise pas, personnellement, et comprendre, avec l'aide du maître, pourquoi ça bloque sur tel ou tel point.

C'est par ce type de travail sans cesse renouvelé que l'élève pourra acquérir la maîtrise de la méthode. Il est bon que ce soit lui, avec l'aide de l'enseignant, qui fasse le bilan de ses réussites et de ses difficultés, afin qu'il sache où il en est et qu'il réfléchisse - seul ou en groupe - à ce que lui a apporté le travail qu'il vient de faire :
- dans son savoir-faire,
- dans ses connaissances.

Voir témoignage n° 34


Amélioration de la communication, réinvestissement de la méthode et des concepts acquis, c'est là que se mesurent les acquisitions dues au travail de recherche documentaire.


 


En classe, nous créons des documents

La recherche documentaire fait des enfants et des adolescents, des réalisateurs de documents :

- Textes divers,
- dossiers de recherche, albums,
- bandes enregistrées,
- photos, dessins,
- panneaux...

qui peuvent être rangés à leur tour dans la classe, à la B.C.D., au C.D.I. Cette pratique est un moyen important de valoriser le travail des élèves. Par la récolte de documents de première main, par le rassemblement de textes d'information d'origines variées, par la construction qu'ils en font, ils deviennent journalistes, chercheurs, écrivains, etc.

Du traitement de documents parfois inédits à la production de documents nouveaux, l'activité scolaire devient acte créatif.

Des classes sont auteurs de B. T.

La Bibliothèque de travail (B.T.J., B.T., B.T.2, B.T.Son) est souvent l'aboutissement d'un travail de classe, soit qu'une réalisation puisse être utilisée comme B.T., soit que l'idée de faire une B.T. ait guidé un travail de recherche. Il est rare qu'une classe fasse entièrement la brochure : la part des adultes est grande. Cependant, souvent, les B.T. prennent naissance en classe à partir des centres d'intérêt des élèves.

Qu'on la lise ou qu'on la fasse, la B.T. implique une démarche d'information, de réflexion. A partir du moment où une classe décide d'utiliser un travail pour préparer une B.T., elle entre en relation avec le Comité de rédaction de la revue ; elle en reçoit des suggestions afin que son travail puisse remplir le rôle d'outil documentaire tel qu'il est défini pour la collection. D'autres classes produisent des documents sonores.

Voir témoignages nos 35 et 36

 


La part de l'adulte

L'enseignant

Tout au long de ce « Comment la recherche documentaire », nous avons souligné la part de l'enseignant. Elle est importante à tous les niveaux, de la maternelle au lycée, et à chaque étape du travail.
Le maître est là pour aider à :

- faire surgir les questions ;
- préciser, délimiter le sujet ;
- formuler une hypothèse ;
- enclencher ainsi la recherche ;
- trier des documents ;
- prendre des contacts à l'extérieur...

Le maître propose, le cas échéant, des fiches de démarche, de lecture, de réflexion. Lui et la classe déterminent la façon de travailler : enquêtes, recherches extérieures, temps de travail, groupes.
Il organise le coin documentaire, les salles de documentation ; il fournit le matériel et apprend à s'en servir (magnétophone, appareil photo, panneaux d'exposition...). Il favorise la communication.

L'équipe des enseignants

• C'est l'équipe d'enseignants de l'école, en classes élémentaires, ou de la section, en secondaire ; nous avons déjà parlé de l'organisation des heures de documentation :
La pluridisciplinarité en particulier, dans le secondaire, est très positive.
• Tous les travaux pluridisciplinaires sont, du point de vue documentaire, riches parce que complémentaires ! L'étude d'un phénomène souligne la complexité des « inter-relations » et un enseignant ne peut être compétent en tout. D'autre part, la pluridisciplinarité fait comprendre à l'élève que son éducation à l'école est un tout qui va dans le même sens et que le saucissonnage horaire est un non-sens.
• Ces activités, conçues dans une pédagogie qui fait éclater les murs de la classe, élargissent la quête de documents de provenances diverses.
• Quand un groupe d'enseignants a, vis-à-vis des élèves, les mêmes conceptions du travail, on débouche sur un résultat très positif : le but n'est pas de constituer des connaissances encyclopédiques, mais d'enseigner des démarches d'acquisition de connaissances opérationnelles. On peut décider ensemble de ne jamais décourager les élèves par des difficultés insurmontables : la part des maîtres est essentielle dans le traitement des documents.
En pratiquant une pédagogie pluridisciplinaire, les enseignants apprennent beaucoup et s'autoforment au sein des équipes.

Voir témoignage n° 37

D'autres adultes

Les intervenants extérieurs — parents, spécialistes —, apportent leur concours, leur savoir. Ces mêmes intervenants sont capables de critiquer le travail final, de suggérer des rectifications, de proposer de nouvelles idées.

Mais une grande question reste posée :

Les maîtres sont-ils formés à ce travail ?

- A la recherche documentaire ?
- Aux relations extérieures ?
- Au travail d'équipe et à l'interdisciplinarité ?

Nous devrions, à défaut d'avoir une formation de bibliothécaire-documentaliste, être capables de ranger des documents, d'en donner les cotes.
Nous devrions, par nos lectures, par des stages, être capables d'analyser la documentation que nous donnons à nos élèves.
Nous devrions être capables de dépasser une analyse superficielle, et comme on l'a fait pour l'étude de l'image, connaître les différents codes qui nous permettraient d'interpréter les documents.
Nous devrions être capables de critiquer, comparer des documents, et par là, investir au mieux les sommes prévues pour les achats.
Nous devrions être capables de forger de bons outils, capables de participer aux chantiers de la B. T.
Nous devrions être disponibles pour accueillir l'enfant dans ses erreurs, dans ses naïvetés, pour l'aider à progresser avec les outils que nous fabriquons.
Nous devrions pouvoir suivre ses cheminements, nous devrions pouvoir l'entraîner vers les études des notions fondamentales : la vie, la justice, la liberté, les besoins, la protection de la nature...
Nous devrions lire « L'aventure documentaire » de Michel Barré, les études publiées par les C.R.D.P. de Grenoble et Strasbourg. Nous devrions...

Mais aurons-nous suffisamment de temps pour « lire » tout ou une partie du Centre de documentation, pour essayer de mémoriser cet énorme outil de travail ?
Ne sommes-nous pas limités ?

N'est-il pas temps de se dire qu'il serait souhaitable que chaque école possède son Centre de documentation et son documentaliste ?
N'est-il pas venu le temps de l'exiger ?

Michel Bonnetier

La formation des maîtres, pour quel enseignement ?
(réflexions de Marie-France Puthod) :

«Elle doit, en premier lieu, rompre avec une idée souvent bien ancrée dans l'esprit des enseignants : l'efficacité de la recherche documentaire n'est pas évidente ; elle demande du temps qui hypothèque le reste du programme.
A cette étape de notre réflexion, nous ne pouvons faire l'impasse de la question essentielle : qu'est-ce qu'enseigner ? Quelle est la fonction de l'enseignement ?
Enseigner vient de «insignare» signifiant «signaler».
Enseignement : «précepte qui enseigne une manière d'agir, de penser» (Petit Robert).
Il ne s'agit donc pas uniquement de transmission de connaissances, de contenu de programmes ; tout le monde en est convaincu mais tout le monde n'arrive pas à prendre la distance nécessaire par rapport à ces éléments. Chaque démarche de l'enseignant, quelle que soit la méthode utilisée, doit faire la part des finalités et des objectifs visés.

Les finalités :
- Donner à l'élève un esprit critique, créatif.
- L'aider à se construire, à acquérir son autonomie.
- Le socialiser par la connaissance, la tolérance de l'autre. Voir le « Pourquoi ».

Les objectifs :
- Objectifs de connaissances.
- Objectifs de méthodes techniques, de savoir-faire : manipulation des textes écrits, de l'iconographie en général (graphique, carte, photo, tableau...), maniement de l'analyse, résolution de problèmes, synthèse ; entraînement à la communication sous ses différentes formes.
Il s'agit là de compétences précises exposées dans le «Comment». L'enseignant doit apprendre à mettre les enfants en situation d'apprentissage avec des objectifs précis. Et il faut bien reconnaître que les formations académiques n'insistent pas beaucoup sur cet aspect, quand elles n'en font pas purement et simplement l'impasse.»

Fin de la 1ère partie

 

2ème PARTIE

TÉMOIGNAGES

N° 1. La place de la recherche documentaire dans la méthodologie de
résolution de problèmes en sciences

N° 2. Chemins à partir de ma question
N° 3. Rencontre avec des agriculteurs
N° 4. Les enfants de Lyon et le tracé de l'autoroute
N° 5. Mener une démarche de recherche documentaire
N° 6. Questions posées par mes élèves devant une ruche
N° 7. L'importance de la vision naïve
N° 8 et 9. La B.T., outil de recherche documentaire
N° 10. L'audiovisuel, outil de découverte
N° 11. Documents de type plutôt scolaire
N° 12. Documents de type « témoignages »
N° 13. Quelques documents utilisés en histoire-géographie au 2°d
N° 14. Le coin-documentation
N° 15. Le fonctionnement de la B.C.D
N° 16. Plan du C.D.I.
N° 17. Enquête en maternelle
N° 18. Comment je classe
N° 19. Pour Tout Classer
   - Fiches du fichier thématique
   - Fiches du fichier alphabétique

N° 20. Au 2° cycle, Rétorica
N° 21. On apporte en classe
N° 22. Itinéraires (l'eau)
N° 23. Représentations et stratégie
N° 24. Limiter le sujet de recherches et formuler des questions
N° 25. Démarrage d'une recherche
N° 26. Un exemple de recherche au C.M.2
N° 27. Relation d'une classe et du C.D.I., lors de recherches en groupes
N° 28. L'organisation de l'année en histoire-géographie au collège
N° 29. Organiser sa recherche
N° 30. 3 fiches
   - Le document écrit
   - Comment lire un document écrit
   - Comment utiliser cassette, bande magnétique, disque

N° 31. Définir le mode de communication des informations
N° 32. Le problème de la présentation
N° 33. Une approche pluridisciplinaire de l'environnement
N° 34. Critères d'évaluation d'un travail d'atelier
N° 35. Des travaux de classe à la réalisation de B.T
N° 36. La classe d'espagnol et la sonothèque
N° 37. Un P.A.E. pluridisciplinaire

 

Témoignage n°1 :
La place de la recherche documentaire dans la méthodologie de résolution de problèmes en sciences (biologie par exemple)

 Pourquoi Comment Recherche Doc schema

 Jean Villerot

 


Témoignage n° 2 : Chemins à partir de ma question

ma question            

je ne sais pas où
trouver une réponse

↲ ↳ je sais où trouver
une réponse
je cherche
     
           
je demande à…
de m’aider à trouver
  je ne trouve pas       je trouve    
         
je ne trouve rien   je m’informe   _ _ _ _ _ _    je lis    
             
j’abandonne :
c’est trop difficile
         

j’utilise les
renseignements trouvés

   
       
 
je m’intéresse
à autre chose
      je fais des relations,
des liens
      je fabrique
un document
     
     
    je critique
les documents
      je compare
des documents
  pour moi,
pour la classe,
pour les corres,…

 

Michel Bonnetier

 


Témoignage n° 3 :
Rencontre avec des agriculteurs

A la suite d'une recherche dans une classe de seconde, par l'intermédiaire de la Chambre d'agriculture de Grenoble, nous avons rencontré un technicien agricole d'une région du Bas-Dauphiné.
Il nous a adressés à un agriculteur de son secteur, et celui-ci s'est entendu avec ses collègues, sur un rayon d'environ dix kilomètres, pour recevoir chacun deux, trois ou quatre élèves pendant quatre jours. La rencontre avec les cultivateurs dans le travail et aux repas de midi, a été profitable pour les deux parties :
Elle a permis la connaissance, pour les adolescents, des différents travaux, des obligations (temps, argent) et surtout des hommes avec la découverte, pour les citadins, qu'il n'y a plus de paysans mais des techniciens, des producteurs en proie au marché, des syndicalistes, des citoyens engagés politiquement. Les agriculteurs ont fait connaissance avec des jeunes de la ville, agréables - pas des voyous ! - intéressés, curieux, ouverts.

Pierrette Guibourdenche

 


Témoignage n° 4 :
Des enfants de Lyon et le tracé de l’autoroute

Une enquête d'utilité publique a été ouverte sur la commune, pour le tracé d'une autoroute de contournement de l'agglomération lyonnaise. Les élèves avaient entendu parler de l'autoroute mais tous ignoraient ce qu'était une enquête d'utilité publique. Nous sommes donc allés consulter les registres disponibles.
Deux documents nous ont été présentés : l'un de présentation agréable à l'œil avec un texte aéré et de belles photos ; l'autre, plus aride, ne comportait que des cartes difficiles à lire.

S'en tenir là n'aurait pas apporté grand-chose. Comment aller plus loin ?
Pour comprendre, il faut connaître. Nous pouvions disposer de l'étude réalisée par la D.D.E., ce qui nous ouvrait un tout autre champ d'investigations.

Ce qui n'était que proposition de tracé devint étude de la flore, de la faune, de l'agriculture, de l'environnement, des nuisances, etc.
Où l'on a découvert qu'il y a des vestiges préhistoriques tout près de notre Z.U.P.
Où l'on a appris que les problèmes soulevés ne sont pas d'ordre technique mais humain.
Où l'on s'est rendu compte de la complexité d'un environnement et que chaque élément devait être pris en considération non pour lui-même, mais par rapport à l'ensemble dans un vaste réseau d'interdépendances.
Où l'on a porté un regard différent sur les problèmes de la circulation. De l'échelle locale, nous sommes passés à l'échelle nationale : «Il y a une autoroute ici parce que ça bouchonne sous le tunnel de Fourvière à Pâques, en juillet-août, etc

Cette première connaissance sur documents a servi de tremplin vers l'actualité : les élèves ont rapporté des coupures de journaux relatant des manifestations d'habitants, les inquiétudes quant à la nappe phréatique, principale réserve d'eau potable, etc. Ces événements sont maintenant compréhensibles.

Connaissant le point de vue des concepteurs, il nous restait à rencontrer un des responsables d'une association de défense.
Cette recherche s'est traduite sous forme de panneaux, où chaque groupe présentait la synthèse des différents problèmes soulevés : ce qui nous a demandé :
- un travail précis sur les cartes, lecture, compréhension, situation dans l'espace réel ;
- une intégration des connaissances pour pouvoir les symboliser en tenant compte des différents points de vue.

Marie-France Puthod

 


Témoignage n° 5 : Mener une démarche de recherche documentaire

(atelier de « Recherche documentaire », de l'université d'été de Lyon, août 85)

1. CE QU'ON A FAIT :
- Nous avons vécu, en grandeur réelle (taille des groupes, horaires disponibles, contraintes diverses), une démarche de recherche aboutissant à une communication et à une évaluation.
- Nous avons réfléchi à la démarche suivie, aux étapes successives, aux difficultés rencontrées (surmontées ou non).
Le mécanisme était le suivant : soit grand groupe (environ dix personnes), soit deux petits groupes (six + quatre). Il y avait va-et-vient entre le travail mené en petits groupes et les retours au grand groupe à mesure de l'avancement de la démarche.

2. ÉTAPES DE LA DÉMARCHE :
Faire émerger des sujets :
• de la vie quotidienne ;
• sous l'influence de l'actualité, des médias ;
• en fonction d'opportunités/de contraintes ;
• en fonction des goûts, des intérêts personnels.

Autour des sujets, constituer des équipes :
• Par affinités ?
• Quel nombre d'individus ? Par équipes :
- Brasser des idées, des hypothèses sur le sujet choisi.
- Formuler, expliciter un projet :
• questionnement,
• méthodes,
• aboutissement (quelle production ?),
• sources de documentation (documents, enquêtes...).
Retour au « grand groupe » (qui apporte un regard extérieur). Nouvelles idées, hypothèses, méthodes, sources...

Recherche documentaire sur le sujet, puis tri et organisation des acquis. Fabrication du document communicable (panneau, dossier, montage, exposé...). Communication du document au grand groupe. Discussion sur le document communiqué.

Bilan-évaluation sur l'ensemble de la démarche suivie :
• mode de fonctionnement du groupe ;
• problèmes rencontrés, échecs, réussites...

Michel Pilorget

 


Témoignage n° 6 :
Questions posées par mes élèves devant une ruche

(ruche moderne donnée à l'école par des parents )

- Par où sort le miel ?
- Par où entrent les abeilles ?
- Qui a fabriqué la ruche ?
- Qui a apporté la ruche ?
- Combien d'abeilles peuvent y vivre ?
- Combien d'étages y a-t-il ?
- Pourquoi les abeilles ont-elles quitté la ruche ?
- A qui sert l'auvent ?
- Pourquoi y a-t-il un trou ?
- Pourquoi est-il fermé avec du grillage ?
- Pourquoi la ruche est-elle en bois ?
- Pourquoi est-elle peinte et vernie ?
- Est-elle vieille ?
- A-t-elle été achetée ?
- Y a-t-il du miel dedans ?
- Comment fait-on rentrer les abeilles dedans ?
- Comment prend-on le miel ?
- Pourquoi la ruche a-t-elle la forme d'une maison ?
- Elle ne ressemble pas au nid de guêpes du musée, pourquoi ?

Michel Bonnetier


Témoignage n° 7 : 
L'importance de la vision naïve

Il arrive que les questions naïves révèlent une erreur dans la façon d'appréhender globalement un problème. Il est pourtant préférable d'en tenir compte car cela aura de fortes incidences sur la compréhension ultérieure.
C'est ainsi que l'on voit des adultes donner une importance démesurée à la chronologie historique... Si l'on prend conscience par leurs questions... que les enfants ont du mal à imaginer que leur grand-père n'ait pas connu Vercingétorix, on cherche... comment les aider à structurer le temps lointain, par exemple par une frise chronologique où ils fixeront les événements qu'ils connaissent.
Plus souvent, les questions naïves débouchent sur l'essentiel...
Lorsque les enfants ont l'habitude du questionnement, ils vont rapidement au-delà des questions superficielles et des lieux communs et discernent, même si c'est de façon encore vague, les problèmes essentiels.
Si les questions naïves des enfants impatientent souvent les adultes qui préféreraient s'en tenir aux réponses toutes faites, peut-être cela provient-il de leur malaise à se sentir entraînés, de pourquoi en pourquoi, vers des problèmes qu'ils ont mal approfondis...
Il est frappant de constater que les spécialistes ne méprisent jamais les questions naïves. D'abord, parce qu'elles permettent de redresser certaines erreurs d'appréciation qui faussent l'esprit de bien des gens (et pas seulement des enfants). De plus, ils apprécient qu'elles débouchent sur les problèmes qu'ils continuent eux-mêmes de se poser... Ne serait-il pas important que les enfants sachent que les adultes qui se posent les mêmes pourquoi, sont rarement satisfaits par les réponses simplistes qu'ils donnent et se donnent pour éviter l'angoisse de la non-réponse. Partager la même interrogation, même si c'est une inquiétude, c'est une forme éminente du dialogue entre les générations.
Dans une interview de Jean Rostand (documents sonores de la B.T., cassette CD, des enfants lui demandèrent s'il avait peur de mourir. Quel adulte aurait eu l'audace de poser une telle question à un octogénaire ? Le vieux biologiste fut peut-être interloqué quelques secondes, mais il est très émouvant de l'entendre dire honnêtement son appréhension de la mort et son amour de la vie. On assiste à un grand moment de dialogue.

Michel Barré « L'aventure documentaire » Chapitre IV, pages 61-63

 

Témoignages n° 8 et n° 9 : La B.T., outil de recherche documentaire

• Le point de départ d'une B.T. est une recherche menée par une classe : elle part de questions d'enfants sur un thème qui les intéresse.

• En cours de réalisation, le passage du projet dans les classes lectrices a un double but :Pourquoi Comment  Recherche Doc BT torrent
- les classes lectrices doivent adopter une attitude critique, donc se mettre aussi en situation de recherche sur le sujet proposé ;
- ces lectures obligent les auteurs à être plus précis et à aller plus loin.
Cette phase indispensable évite les décalages entre le texte et la compréhension des futurs utilisateurs ; elle fait de cet outil un travail vraiment coopératif.
• La B.T. réalisée devient alors outil de recherche pour les utilisateurs. Elle n'est pas simple livre de lecture, mais source de documentation, support d'une réflexion approfondie et autonome.
Elle donne priorité à une méthode de recherche plutôt qu'à l'acquisition de connaissances toutes faites :
- Elle permet aux enfants de s'approprier des notions difficiles que l'on a tendance à considérer du domaine du spécialiste, et ceci sans l'intermédiaire du maître. Mais il ne s'agit pas de tout réinventer : les enfants, les adolescents, sollicitent l'aide des spécialistes (J. Rostand comme le marin-pêcheur), prennent en compte les acquis les plus récents de la recherche (J. de Rosnay, Laborit...).
- Elle refuse tout endoctrinement, ce qui ne signifie pas neutralité aseptisée évitant tout thème difficile ; par exemple : la vérité sur la naissance des bébés en B.T.J., notre système nerveux en B.T.Son, l'hôpital psychiatrique en B.T., ou l'euthanasie en B.T.2

Marie-France Puthod

Première page de « L'étude des torrents » B.T. n° 970

La B.T. n° 970 sur les torrents propose une démarche d'étude :
- Phase descriptive*,
- suivie d'une phase de compréhension où toutes les données précisées dans la première phase sont mises en relation.
- Certaines pages plus difficiles, pour les plus grands, vont jusqu'à l'analyse, c'est-à-dire la décomposition du tout, le repérage des différents éléments.

* Phase descriptive : étape de base de toute recherche. Les verbes qui correspondent à ce premier niveau d'investigation, sont : nommer, citer, identifier.


 

 

Témoignage n° 10 : L'audiovisuel est un outil de découverte d'autres temps, d'autres lieux et d'autres milieux

En ce domaine, notre mouvement a réussi à définir et à promouvoir un certain type de documentation audiovisuelle. Contrairement à la majorité des collections documentaires existantes réalisées pour le maître, notre documentation est faite avec les enfants et elle leur apporte des réponses à ieurs interrogations dans une expression qui leur est accessible et leur fournit simultanément des ouvertures et de nouvelles pistes de recherches. Les documents audiovisuels de la Bibliothèque de Travail se présentent sous forme de documents sonores en partie illustrés par des diapositives et accompagnés d'une brochure elle-même illustrée.

Pourquoi trois supports ?
Le son et l'image sont deux voies de communication de l'expérience des autres que nous désirons nous approprier. Mais toutes les facettes de cette expérience ne sont pas communicables de cette façon. Nous nous efforçons de véhiculer chaque information par la voie qui lui convient le mieux. Pour une communication dans l'espace et le temps, le texte écrit et la photo imprimée sont aussi à utiliser.

Utilisation de la documentation audiovisuelle
La présentation sur trois supports permet une grande souplesse d'emploi, des approches multiples. L'entrée est toujours possible à tout endroit du son, de l'ensemble image, du livret, selon les besoins du questionnement initial et la démarche pédagogique adoptée. On peut projeter les diapositives d'abord, sans le son, discuter sur elles, et apporter les bandes sonores ensuite.
On peut procéder aussi dans un ordre inverse. On peut effectuer la projection en synchronisation avec la cassette. L'exploration de la vue, selon un rythme assez lent, se substitue alors au schéma personnel échafaudé pendant que la voix et les bruits, de par leur qualité, agissent sur la sensibilité du spectateur et aident à la compréhension de la globalité du message. Les pistes d'exploration sont très diverses...


 

Témoignage n° 11 : Documents de type plutôt scolaire

• Fiche de la B.T n° 924 «Comment construire et graduer des thermomètres», p. 20 : «Es-tu astucieux ?»
• Fiche de la B.T. n° 954 « Les fourmis rousses et la forêt » p. 32 : «Carte d'identité de la fourmi rousse».
• Fiche de la B.T.2 n° 146 « La corrida », p. 33 : « Quelques directions de travail et de débat ».
• Fiche de la B.T.2 n° 138 « Le chômage », p. 37 : « Les solutions de la classe ».

 


Témoignage n° 12 : Documents de type « témoignages »

La documentation audiovisuelle de l'I.C.E.M.
Aucun album n'est rigoureusement identique aux autres dans sa conception. On peut cependant distinguer :
1. Une série « reportages » : des prises de son et des prises de vue réalisées en situation : En pêche sur un chalutier (n° 868), Dans la mine (n° 892).
2. Une série « regards sur le passé » : par ceux qui ont vécu depuis un siècle : Soldats de 14-18 (n° 880) ; Quand le moteur c'était le cheval (n° 884) ; Naissance et petite enfance autrefois (n° 897-898).
3. Une série « des enfants se racontent » : Nous vivons en banlieue (n° 879) ; Vivre à la campagne aujourd'hui (n° 893).
4. Une série «rencontre des enfants avec une personnalité ayant une expérience exceptionnelle et capable d'apporter les dernières réponses de la science moderne» : Les origines de l'homme, avec Yves Coppens du Musée de l'Homme (n° 870) ; Origines de la vie, avec Joël de Rosnay (n° 872) ; et autres avec Jean Rostand, Haroun Tazieff, Henri Laborit, Charles Fehrenbach, Paul-Émile Victor, Robert Gessain, Philippe Taquet, Jacques Tixier préhistorien, etc.

S.B.T. n° 445 - Supplément à la B.T. n° 915 : Un biologiste, Jean Rostand et cassette audio C.E.L. n° 1
Exemple de question d'enfants que beaucoup d'adultes n'auraient pas osée (posée à J. Rostand)

- Avez-vous peur de la mort ?
- Peur ? le mot n'est peut-être pas juste, parce que pour moi qui ne suis pas croyant, après la mort on ne sera rien. Je n'ai pas peur mais ça m'ennuie beaucoup de mourir et je trouve ça assez affreux.
Je ne suis pas très sage devant la mort. Puisque vous me posez la question, je n'ai aucune raison de ne pas vous dire la vérité. Je pourrais aussi bien plastronner et vous dire : « Oui, je la vois venir avec stoïcisme » (18). Non, je trouve ça affreux de mourir, c'est-à-dire qu'on va tout abandonner, qu'on a tout de même réfléchi sur beaucoup de problèmes et que tout ça va être tranché d'un coup et qu'il ne vous restera rien ; non, je trouve ça affreux.
Les croyants sont persuadés qu'après la mort, tout n'est pas fini. Certains craignent la punition de leurs fautes. D'autres considèrent que là commence une autre forme de vie éternelle. Les rationalistes ne croient pas qu'il existe quelque chose après la mort. Certains la considèrent comme un phénomène si naturel qu'il ne faut pas la dramatiser. Le stoïcisme (18) est la doctrine de certains Romains de l'antiquité qui recommandaient d'accueillir avec calme, presque avec indifférence, les douleurs, les chagrins et même la mort.

B.T.Son n° 898 : « Petite enfance autrefois »

LES PROGRÈS DE L'HYGIÈNE
- Le docteur, il ne venait pas souvent...
- Le docteur, c'était un Monsieur qui arrivait avec son chapeau melon, et puis dites donc, c'était une affaire quand on parlait du docteur II...
- Moi, j'ai perdu trois frères, mes trois premiers frères : c'était la méningite. J'ai perdu une demi-sœur, cinq ans et demi : méningite, et un petit demi-frère : méningite, quatre mois.
- Il y avait beaucoup de jeunes qui mouraient à quinze, seize ans de la tuberculose. Ce qu'il manquait dans l'ancien temps, c'était l'hygiène. C'était l'hygiène qui manquait, parce qu'ils ne savaient pas, hein. Alors à partir du moment où il y a eu les écoles dans les villages qui ont été organisées, voyez-vous, à partir de ce moment-là, il y avait de l'hygiène, c'est là qu'on apprenait toutes sortes de choses, hein. Moi je ne sais pas... c'était l'âme de la commune, l'école, à cette époque là ! Quand j'entends dire aujourd'hui qu'il y a des illettrés : ça me surprend !


 

 

 Témoignage n° 13 : Quelques documents utilisés au second degré en histoire-géographie

• Spécimens de manuels scolaires.
• Manuels découpés en fiches documentaires
• Matériel C.E.L. : B.T. - B.T.2 - B.T.Son.
• Revues :
  - Éditions Floréal, B.P. 872 - 27008 Evreux Cedex.
  - Association française des enseignants de français : n° 49 : « L'histoire dans la classe de français ».
  - Textes et documents pour la classe.
  - Préhistoire et archéologie.
  - Documentation photographique.
  - Dossier et document du Monde.
• Livres, nombreux !
  - Sinouhé l'Egyptien - La dame du Nil - L'enfant noir - La vie privée des hommes (collection Hachette) - L'histoire vécue (collection Flammarion)   - Un lieu, des hommes, une histoire (Albin Michel Jeunesse) – Collections chez Nathan...
• Bandes dessinées...
• Cassettes de France-lnter : émissions « Le vécu » ; Radio-France : « C'était la France ».
• Organismes :
  - Catalogue avec documentation pour l'élève, le maître, sur le tiers monde à : Artisans du monde, 20, rue Rochechouard - 75009 Paris.
  - Catalogue très complet « Tiers monde et développement » répertoire audiovisuel. Commission Coopération-Jeunesse, 1 bis, avenue de Villars - 75007 Paris.
• Diapositives : Documentation française ; Office du tourisme de Paris : maison des provinces (dépliant ADIMAP)... et les ambassades, les maisons du tourisme, etc.

Témoignage n° 14 : Le coin documentation

Le centre vital de notre classe est, peut-être, le coin documentation. C'est ce coin qui permet de fonctionner efficacement. C'est lui qui permet d'alimenter les recherches en français et en mathématiques...
Ici encore, nous pouvons nous procurer des documentations de première urgence, simples et peu coûteuses et adaptées aux besoins des enfants et des différents niveaux :

- B.T., B.T.J., S.B.T., B.T.Son, F.T.C., documents de la C.E.L. ;
- photos et articles découpés dans les journaux ;
- sources vivantes (enquêtes, sondages de classe...) ;
- cartes ;
- enregistrements de bandes magnétiques ;
- bibliothèques de livres d'éveil ;
- dictionnaires, encyclopédies.

Une telle documentation est différente d'un livre scolaire seul, parce que plus fournie, plus diverse et donc plus objective. Elle s'enrichira de jour en jour. Il faudra, dans la mesure du possible, installer ou fabriquer des fichiers, des meubles pour l'audiovisuel, des tables de travail et des panneaux d'affichage, tous à la portée des enfants.

Dossier pédagogique n° 153 Supplément à L'Éducateur n° 8 (01.02.81)

 


Témoignage n° 15 : Le fonctionnement de la B.C.D. à l'école Elsa Triolet d'Oyonnax

I - ANALYSE THÉORIQUE
1. Animation pendant les journées réservées aux cycles :

Pour chaque cycle de l'école, 2-4 ans, 5-8 ans, 9-12 ans, des demi-journées sont affectées. Pendant ces journées, les enfants des cycles concernés peuvent aller à la B.C.D., par groupes de cinq pour chaque classe, selon des durées et des rythmes fixés par chacune d'elles. La B.C.D. accueillant, par exemple, au maximum 15 enfants en même temps pour le cycle 9-12 ans (C.E.2-C.M.1-C.M.2). L'animation est toujours assurée, tout au long de la journée, par au moins une personne adulte : maître de Z.E.P., maîtresse «titulaire rempla-çante» ou «brigade mobile», parents d'élèves...
Les enfants venant en groupes autonomes sont accueillis et aidés dans leurs travaux par ces personnes. Les possibilités de travail sont nombreuses et s'étendent sur deux axes :
- Les enfants sont demandeurs : ils ont une recherche documentaire à effectuer, une lecture à préparer, un enregistrement à faire, un document sonore à écouter, un projet à mettre au point, un album à réaliser, etc. Les animateurs les aident et les guident dans ces travaux, très concrètement.
- Les animateurs proposent : ateliers de lecture, d'écriture, heure du conte, animation-lecture, théâtre enfantin, créations, marionnettes à partir d'un texte, radio scolaire, expérimentations, enquêtes, recherches et découvertes diverses... Ces travaux sont préparés par les animateurs en liaison avec les maîtres concernés des classes du cycle. (Cf. : le planning d'utilisation de la B.C.D.).

2. Plages horaires fixes pour chacune des classes de l'école maternelle et primaire :
On retrouve ici le fonctionnement des « vagues » comme pour les activités musicales et sportives. Chaque classe a, au moins, 1h par semaine réservée dans la B.C.D. Elle s'organise selon ses besoins, ses projets, ses motivations. Des ententes et arrangements peuvent parfaitement se faire selon des modalités définies entre les classes elles-mêmes.
Les activités possibles sont : prêts de livres, travail de la classe organisé dans la B.C.D., travaux spécifiques qui nécessitent le lieu et la documenta-tion, les livres de la B.C.D., etc. Tout est possible.

3. Animations sur projets :
Un temps est affecté dans l'utilisation de la B.C.D., pour les animations particulières, nées de projets spécifiques comme carnaval, fête de l'école, spectacles, projections, journée animation livre, poésie, écriture, etc., le samedi matin, jour où les parents des enfants sont les plus disponibles pour venir avec les familles.
Chaque projet fait l'objet d'études particulières avec les personnes concernées. On peut imaginer cependant un aménagement sur la semaine.
Les jours non affectés servent également pour le classement des ouvrages, le traitement des livres, la mise en forme, le rangement de la B.C.D. Des séances de travail parents/enseignants peuvent également se faire à ces moments-là.

 

     Planning B.C.D. 84      

LUNDI MARDI JEUDI VENDREDI SAMEDI
8h30 CYCLE
9-12 ans
Plages horaires fixes
pour les classes
C P H. Bouvet
• • • • • • • • • • • •
 CYCLE
2-4 ans
 CYCLE
5-8 ans
ANIMATIONS
sur PROJETS
P.E. TR-BM. -Z.P.
   - - - - - - - - -
Animateurs
= = = = = =
J.Villerot
TR BM
Maternelle
(grande section)
M.Bouvier
 - - - - - - - - - - - - - -
Animation
maîtresses de
la maternelle
 - - - - - - - - - -
Animateurs
= = = = = = =
J.Villerot
TR BM
Classement B.C.D.
11h30
13h30
 ⬇      ⬇  
  Claire
Annie
 CP J.Subtil Plages horaires fixes
CE 2 M.Rosseto
Claire
Annie
 
  Parents
d'élèves
  • • • • • • • • • •
CE 1 C.Bourru
+ TR BM
• • • • • • • • • • • • • •
CM 1 D.Juillard .
   
16h30
    • • • • • • • • • • • • •
CM 2 P.Persico
A.E.
P. E
 


 

Témoignage n° 16 : Plan du C.D.I. (Lycée François-Mauriac - Bordeaux)

Ce n'est qu'un exemple de plan de C.D.I. Certains ont plus d'espaces pour les dossiers, ont des coins «lecture-écoute» isolés en cabines

Marie-Claire Traverse


C 10 : conseillères d'orientation. C : fauteuil

 


Témoignage n° 17 : 
Enquête en maternelle

A propos d'une recherche sur nos os, nous nous sommes adressés d'abord à la «grande école», c'est-à-dire à celle qui est à notre horizon proche, l'école primaire. C'est notre habitude pour obtenir des renseignements, des compléments d'infor-mation, des documents que nous n'avons pas dans notre bibliothèque, des cartes, etc.
Cette fois, notre demande n'a pu être satisfaite, alors... Voici comment les choses se sont passées :
La maman de Pierre travaille au collège ; au collège, il y a beaucoup de choses, c'est encore plus grand que la grande école !
Nous écrivons à la maman de Pierre :
« Bonjour Madame, on voudrait voir nos os, parce qu'on en parle en ce moment. Vous avez un squelette au collège ? Si vous en avez un, est-ce qu'on peut venir le voir, un jour, sans le toucher ? Merci Madame, et au revoir »
La maman de Pierre nous a répondu : nous irons voir le squelette au collège, jeudi prochain. Elle nous envoie aussi des radios où on voit les os. Madame Vergnet aussi, nous a porté des radios. Nous avons cherché à la bibliothèque.
Nous avons trouvé un livre du collège où on expliquait notre corps, avec des images. Nous écrivons à la maman de Pierre :
« Bonjour Madame, merci de nous avoir prêté les radios. On les a affichées aux vitres, on voit bien les os, on les a reconnus. On est très content de les avoir I Merci aussi pour la lettre, merci de nous recevoir au collège. Nous viendrons jeudi prochain, le 4 juin, à trois heures et quart. Au revoir. Madame. Les grands
Jeudi après-midi, on est allé au collège. La maman de Pierre et deux autres dames nous ont reçus dans leur classe. On a regardé le squelette. On a vu tous les os qu'on a ! Et après, on a vu tout ce qu'on a dedans avec un monsieur en caoutchouc : les poumons, les tripes, le cœur, le foie, les reins, les tuyaux pour le sang, et même l'intérieur de la tête avec la cervelle.
Nous écrivons aux dames du collège :
« Bonjour Mesdames, on vous remercie de nous avoir reçus dans votre classe ! C'était bien! On voudrait revenir et revoir tout, parce que c'était bien. C'est plein de choses intéressantes, le collège...»

Extrait du journal scolaire « Pirouette »

 


Témoignage n° 18 :
Comment je classe

Je classe dans les dossiers : coupures de presse, reportages divers, textes et documents pour la classe, documentation pédagogique, diapos (quand elles sont sous pochette plastique).
Au moment où je classe, je ne lis pas tout. Je classe d'après les titres, principalement. Si le classement n'est pas immédiatement évident, je laisse les documents en attente pour une lecture plus approfondie...

Quand est-ce que je classe ?
L'idéal serait, bien sûr, de classer les documents au fur et à mesure de leur arrivée. Pratiquement, je classe une pile de documents. Je les numérote en haut à gauche (afin de pouvoir inscrire éventuellement des subdivisions) puis je les range dans l'ordre des numéros-cotes de classement.

Utilisation des documents par les enfants
Dans ma classe (S.E., C.P., C.E.1), l'équipe, ou l'enfant demandeur, m'accompagne au meuble et je lui en explique le fonctionnement.
Par exemple, nous voulons des documents sur le lézard. C'est un animal : les animaux sont sous la cote 3. C'est un reptile : dossier 34. Je sors alors le dossier, les documents sur le lézard sont dans la chemise 341.
Quand le dossier est peu important, je le donne entier aux enfants. Quand il est trop dense, nous regardons alors surtout les photos. Si nous décidons de travailler sur le sujet, nous reportons le travail à un autre jour. Le soir, je lis alors les différents articles en essayant d'éliminer les documents inintéressants, et si j'ai le temps, je fais une fiche-guide (points importants, possibilité de travailler à plusieurs, équipe) qui reste dans le dossier. Après utilisation des dossiers, j'exige que les documents soient rangés correctement dans les dossiers par les utilisateurs.

Classement des autres documents (revues, livres, manuels scolaires...)
J'ai décidé de rendre accessibles les revues Courriers de l'U.N.E.S.C.O., Géo, les manuels scolaires, que nous avions beaucoup de mal à consulter. Je classe les articles suivant le P.T.C. (Pour tout classer), mais sous forme de fiches.

  cote du
P.T.C.

   
 

titre de
l'article

J'ai une couleur de fiche par ouvrage : blanc = Géo ; vert - Courrier de l'U.N.E.S.C.O. ; bleu = manuels scolaires ; jaune = collection B.T.

Quelquefois, un article peut se classer à différents endroits. Par exemple, un document reportage sur l'Islande peut se classer en géographie : G41 Islande ; mais aussi peut comporter une photo intéressante de geyser : 114 geysers. Je fais alors autant de fiches que de possibilités.
Ce fichier, ainsi que les collections classées (sauf B.T.), reste chez nous. Nous descendons en classe les documents nécessaires.

Marie Drevet

 


Témoignage n° 19 :
Le « Pour tout classer » (PTC)

DOCUMENT 1. — Divisions principales

S.B.T. n°468
Nous partons des grandes divisions suivantes :
0 = ouvrages de référence
1 = le milieu naturel
2 = les plantes
3 = les animaux
4 = les autres sciences
5 = agriculture et alimentation
6 = travail et industrie
7 = la cité et les échanges
8 = la société
9 = culture et loisirs

S.B.T. n°469
G = géographie H = histoire
G6 Afrique
G7 Amérique.
G8 Océanie et monde polaire.
H HISTOIRE
HO Généralités
H1 Histoire locale
H2 Préhistoire et protohistoire
H3 Europe
H4 Moyen-Orient
H5 Asie
H6 Afrique
H7 Amérique
H8 Océanie et monde polaire

 

 

DOCUMENT 2. - Un extrait du tableau de classement détaillé :
7     LA CITÉ ET LES ÉCHANGES
700 Généralités.
71 L'agglomération. La commune
710 Généralités : la vie en ville...
711 Aspects : promenades et monuments...
712 Urbanisme : aménagement et embellissement de la cité ; logement ; pollution... (la maison 661).
713 Services techniques : A/Z pompiers, voierie...
72 Le commerce
720 Généralités.
721 Vente : expositions, foires et marchés, halles, magasins, libre-service.
722 Publicité. Les représentants.
723 Distribution (du producteur au détaillant) : les circuits commerciaux, gros et détail, importations, exportations, coopération...
73 Transports routiers
730 Généralités.
731 Portage et véhicules sans moteur : à main, à traction animale, cycles...
732 Véhicules à moteur : automobile, autobus et trolley bus, cyclomoteurs...
733 Gare routière.
734 Routes et ponts.
735 Circulation : signalisation, sécurité, code de la route...

G GÉOGRAPHIE
G0 Généralités.
G1 Géographie locale.
G2 Notre pays.
G3 Europe.
G4 Moyen-Orient
G5 Asie

  

 DOCUMENT 3. — Exemples de fiches du fichier thématique
Les fiches sont rangées par ordre alphabétique de nom de revues («Dossier» étant considéré comme un nom de revue) ; celles des revues sont blanches, celles des dossiers marron.

710. Généralités sur l'agglomération
710. La femme et les tâches ménagères autrefois - B.T.Suppl. n° 460, 15 mai 83, 25 p. NI. Les multiples tâches de la vie quotidienne, il y a 50 ans : cuisine, lessive, soins du linge et approvisionnement en eau, à la campagne et en ville. Des interviews et des photos anciennes complètent ce reportage.
710. Boudet Robert - Regards sur la ville -B.T.2 (Bibliothèque de travail, deuxième degré) n° 159-20 décembre 83 : p. 1-35 : ill., bibliogr., filmogr.
710. Dossier : La ville dans « Alcools » d'Apollinaire - L'école n°2 (68K9) Une ville née de l'usine : USINE - RTS Janv. 74.
710. Dossier : Poésie pour tous : la ville -textes et documents pour la classe n° 115, 20 sept. 73, p. 9-26, photogr. en coul. Bibliogr.
710. Désespoir des paysans et concentrations en Amérique latine - Le Monde diplomatique n° 342 - septembre 82. p. 15-17.
710. Jaubert Alain - Venise sauvée des eaux ? La Recherche n° 122, mai 81 ; p. 619-622.
710. Le climat des villes - Sciences et Avenir - n° 286 - décembre 70.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
DOCUMENT 4. - Exemples de fiches du fichier alphabétique
Chaque mot renvoie à une cote décimale du P.T.C., qui permet d'entrer et de chercher dans le fichier thématique. (C'est la mise en fiches de l'index du P.T.C., à paraître en S.B.T.).
   BOEING
Transports aériens : avions 772
 
     
   BARQUE
Transports fluviaux
Batellerie 751
 
     
   ASPIC
Serpents 322
 
     
   A I L
Cuisine 582
Culture 525
 
 


Témoignage n° 20 :
Au second cycle, Retorica

Retorica est un ensemble de dossiers, ensemble extensible.

Chaque dossier se compose d'une petite chemise cartonnée, pliée en deux et agrafée sur l'un de ses côtés, selon le schéma suivant.
Les agrafes sont masquées par une bande de papier repliée en deux, portant l'adresse du dossier, et collée au dos de la chemise de manière à faciliter la consultation.

fiches Retorica

 

Le numéro d'ordre sert à reclasser rapidement les dossiers en cas de manipulations importantes. C'est un numéro alphanumérique : 01 correspond à la lettre A, 02 à la lettre B, 03 à la lettre C, etc. jusqu'à la 26° lettre de l'alphabet, Z, qui porte le numéro 26. L'adresse ne comprend que trois numéros, correspondant aux trois premières lettres du mot vedette. Ainsi, ACADIENS est traduit par son début ACA et le numéro 01.03.01.
A l'intérieur du dossier, on glisse des documents : fiches de synthèse, fiches-guides, textes d'auteur, montages de lecture, etc. On peut également prévoir des chemises pour B.T.2, jeux de diapositives, B.T.Sonores ou disques 45 tours.

  <-Dossiers rangés de A à Z Pourquoi Comment  Recherche Doc fichier Retorica

   <- Serre-livres

 

Les dossiers sont ensuite disposés sur des étagères de bibliothèque, l'un à côté de l'autre, par ordre alphabétique. En tirant légèrement le dos de la chemise, on fait apparaître l'adresse, ce qui facilite la consultation.
A chaque fiche polycopiée correspond un stencil. Toutes les fiches sont normalisées pour le limographe petit format. Les stencils sont conservés dans des chemises analogues à celles indiquées plus haut, avec le même classement mais sur une autre étagère.

Il faut peu de temps pour se constituer un Retorica d'environ 1 500 à 2 000 dossiers. Retorica, c'est trois projets à la fois :
• C'est une méthode de travail générale qui vise à simplifier nos problèmes de classement.
• C'est un répertoire de renseignements concernant l'enseignement du français au second cycle, contenu et méthodes réunis dans un seul instrument, un seul outil.
• C'est un outil destiné au maître, mais utilisable par les élèves, visant à faciliter les recherches de tous et à enrichir mutuellement Retorica par un échange constant de fiches normalisées selon un format de base unique, fiches pouvant être tirées sur le limographe attaché-case, fiches dont les stencils peuvent resservir indéfiniment.

Roger Favry

 


Témoignage n° 21 :
On apporte en classe

Des objets
Un enfant raconte qu'il est allé dimanche, avec ses parents, chez un agriculteur. Il apporte trois noix : l'agriculteur lui a fait reconnaître les trois espèces par leurs formes. La classe réagit ; beaucoup d'enfants sont allés ramasser des noix dans la campagne. Les questions sont multiples, sur les noyers, les noix, l'huile de noix...
Pierrette Guibourdenche
Un animal
Un enfant, en C.E.1., apporte un insecte. Il dit : « C'est un scarabée ! » Beaucoup d'autres enfants sont d'accord. Le maître propose alors de s'en assurer. On recherche dans un ouvrage abondamment illustré. Les enfants trouvent très vite qu'il s'agit d'un carabe et non d'un scarabée. Les jours suivants, d'autres enfants amènent d'autres insectes. On les identifie en recherchant dans des ouvrages, on les compare, on s'interroge sur leur mode de vie... La recherche s'organise avec l'aide du maître.

Pierre Barbe

 


Témoignage n° 22 :
Itinéraires : l'eau

Michel Barré dit :
Nous sommes constamment environnés d'une foule d'informations, même celles que nous ne cherchons pas, même celles qui ne sont pas cataloguées comme telles parce que n'émanant pas d'une source d'information. L'important est de percevoir cette profusion et surtout de savoir trouver nos itinéraires dans la façon de les appréhender, de les organiser.

Par exemple, prenons le thème de l'eau. On peut déjà donner un premier outil de travail pour analyser la réalité et pouvoir appréhender la documentation. Ainsi, on indique tout ce que recouvrent différentes questions à propos de l'eau.
- Connaissance de l'eau (composition, états, propriétés, force, propagation...).
- L'eau sur la terre (voir le tableau donné et qui montre un exemple de l'échantillonnage détaillé de tout ce que peut recouvrir une documentation).
- La régulation de l'eau (adduction, eau et agriculture, protection contre les eaux, l'humide et le sec, l'évacuation des eaux...).
- Les utilisations de l'eau (l'utilisation quotidienne, les récipients, l'eau — lieu d'élevage — , l'utilisation industrielle, énergie de l'eau, peuples et métiers de l'eau).
- Les transports par eau (les chemins de l'eau, les moyens de transport par eau, les moyens de propulsion, se diriger sur l'eau, franchir l'eau...).
- L'eau, thème culturel (les mythes de l'eau, l'eau dans les religions, l'eau en peinture, musique, littérature, le vocabulaire de l'eau)...

• L'EAU SUR LA TERRE
Le cycle de l'eau :
- nuages - pluie, neige, grêle - glaciers - banquises - nappes souterraines - sources, torrents, fleuves - lacs - étangs, marais - mers.
La Terre et l'eau :
- crue, dépôt de limon - érosion - côtes, îles - inondation - sécheresse, désert.
Les mouvements de l'eau :
- ruissellement, infiltration - érosion – courant fluvial - courant marin - marée - vagues.
L'eau et la vie :
- la vie vient de l'eau - l'eau dans les cellules - pourcentage d'eau des organismes vivants - absorption des plantes - soif - circulation de l'eau dans le corps (sécrétion interne, sueur, urine) - moisissure, pourriture.


 


Témoignage n° 23 :
Représentations et stratégiePourquoi Comment  Recherche Doc BB

Des constats : les représentations
Quand les élèves de sixième choisissent d'étudier la reproduction des vertébrés avant tout travail scolaire, ils ont dans leur tête une image, une idée du problème, c'est ce que l'on peut appeler les représentations initiales. Ils savent que le futur bébé se développe dans l'organisme maternel et, si je leur demande de me dessiner comment ils voient le fœtus, Laetitia et Jean-Philippe schématisent un cordon ombilical qui relie la bouche de la mère à celle du fœtus ! Sans doute ont-ils entendu dire que la maman donnait à manger au bébé par ce cordon ! (figures 1 et 2).
De plus, Jean-Philippe situe l'utérus dans la cavité thoracique. Peut-être lui a-t-on expliqué que sa maman le portait dans son cœur ? Je me garderai bien d'interpréter, je me contenterai de constater les erreurs ainsi mises à jour. Il s'agit pour moi de les amener à une connaissance plus scientifique de la vie intrautérine, en prenant en compte leurs erreurs pour finalement les évacuer.

Une stratégie pédagogique
Ces représentations vont déterminer ma stratégie pédagogique. L'observation de son propre corps (d'où vient mon nombril ?) et de différents documents (radios, photos, films...) leur permettra peut-être de franchir un obstacle sur le chemin qui mène à la connaissance scientifique.

D'autres révélateurs
Les dessins ne sont pas les seuls révélateurs de ces représentations initiales ; les différentes formes de questions, l'observation des communications entre enfants, l'entretien, etc. sont d'autres méthodes d'approche utilisables.

Figure 1 : J-Philippe - Figure 2 Laeticia ->

Marie Sauvageot

 

 

Témoignage n° 24 : Limiter le sujet de recherche et formuler des questions

Objectif de toute recherche :
Permettre de mieux se connaître, mieux connaître les autres, mieux connaître l'époque et le milieu dans lesquels on vit, pour mieux y vivre et y agir. (Ce pourrait être une définition de la culture, la recherche documentaire permettant de l'enrichir).

Moyens d'atteindre l'objectif :
1. Limiter les sujets d'ordre général aux aspects concernant directement les centres d'intérêt des chercheurs. (Exemple : avant de cerner la pollution en général, il est préférable de comprendre la pollution de notre région aujourd'hui. Après, on pourra voir ce qu'elle est ailleurs, et à d'autres époques).

2. Établir (avec la classe, si possible) un questionnaire qui limitera la recherche aux questions que se pose le groupe sur un sujet suscitant son intérêt.
3. Le groupe de chercheurs classe les questions et définit dès le départ :

Le mode de communication au groupe des réponses (informations) à ces questions ;

Le plan (têtes de chapitres) de l'information transmise.

Après seulement, vous partez à la recherche des documents. Il se peut que des questions restent sans réponse, qu'il y ait des blancs dans votre plan. Vous pourrez alors faire appel aux correspondants.

Mauricette Raymond

 


Témoignage n° 25 :
Démarrage d'une recherche

a) Motivations
On a constaté que beaucoup d'élèves choisissent un sujet de recherches parce qu'il faut choisir (pour faire plaisir au maître), ou choisissent n'importe quoi parce que, bloqués par le système, ils refusent de prendre des initiatives. Une recherche sera mieux menée si le thème correspond à un intérêt profond des élèves : intérêt affectif, curiosité, besoin de connaissances.
La classe peut aussi intervenir (un élève propose et cristallise, autour de lui, des camarades), et le maître proposer des sujets (cas de programmes contraignants).

b) Choix du thème
Comment limiter le nombre des sujets alors que la tendance est à autant de sujets que d'individus, ce qui aboutit à un émiettement de la vie coopérative ? L'intervention du maître et/ou de la classe est indispensable si l'on veut préserver l'intérêt de tous : pour l'élève et pour le groupe, les recherches doivent aboutir. Le maître ne pourrait pas non plus faire face à ce travail démentiel d'aide et de réflexion tous azimuths.

c) Questions
Pour les aider à limiter le sujet et à cerner leur véritable intérêt, le maître demande aux élèves de noter les questions qu'ils se posent, individuellement puis dans le petit groupe. Il est nécessaire, pour éviter les pistes qui aboutissent à des impasses, de veiller à ce que les élèves posent des questions ouvertes. (Exemple : « Les riches égyptiens habitaient-ils des citadelles ? » au lieu de : « Comment étaient les citadelles des riches égyptiens ? »).

d) Part du maître et du groupe
Elle est très importante pour éviter les échecs (abandon du sujet, fausses pistes, dispersion...).
Elle doit permettre à chaque groupe de pallier aux manques de questionnement ou d'améliorer celui-ci sans le faire dévier de ses objectifs.
En ce qui concerne le maître, on peut imaginer un outil (fiches méthodologiques) qui le seconde.

e) Questionnaire
Les élèves sont alors prêts à élaborer le questionnaire qui guidera leur recherche et sera éventuellement complété après la consultation des documents.
C'est à ce stade-là qu'il est parfois possible d'ébaucher un plan.

Stage de Cap-Breton - décembre 1981

 


Témoignage n° 26 :
Un exemple de recherche au C.M.2

Avant le départ, nous avons réuni tous les documents que nous avions concernant la mer et les activités qui s'y rattachent, et emprunté également des documents à la bibliothèque voisine de l'école. Durant le séjour, ce fond documentaire était à la libre disposition de chacun. Mais nous avons également fabriqué notre propre documentation : toutes les interviews ont été systématiquement enregistrées, les enfants ont fait des récoltes, ont pris des notes, des photos, ont réalisé de nombreux croquis.
Après le séjour, nous récapitulons tout ce que nous avons fait, vu, et nous organisons toutes ces informations pour déterminer de grands thèmes d'étude.

Par exemple, voici un sujet abordé cette année :
La végétation au bord de la mer :
- Dans un premier temps, nous faisons l'inventaire de toutes les plantes que nous avons vues.
- Nous essayons, par petits groupes, de les classer. La confrontation des différents groupes nous amène à affiner notre classement et nous arrivons à un tableau à double entrée assez élaboré :

  Herbes Arbustes Arbres Autres
Dans la mer        
Sur la première dune près de la mer        
Sur les autres dunes, plus éloignées        

• L'analyse de ce tableau fait émerger plusieurs questions :
1. Pourquoi ne trouve-t-on que des algues dans la mer ?
2. Pourquoi n'y a-t-il que des plantes basses sur la première dune près de la mer ?
3. Pourquoi y a-t-il des plantes abîmées juste derrière la première dune ?
4. Pourquoi y a-t-il trois hauteurs de végétation dans la forêt ?
5. Pourquoi trouve-t-on des arbres différents de chez nous ?

• On émet des hypothèses, mais comment vérifier les réponses à toutes ces questions ?
Pour les trois premières, d'emblée, les enfants savent où chercher les réponses :
- Il faut regarder, dans notre « cahier Meschers », les croquis et les notes qu'on avait pris avec le monsieur de l'O.N.F. ;
- Il faut réécouter l'enregistrement du garde-forestier ;
- Il y a une B.T. sur les plantes du bord de mer, une B.T.J. sur les dunes...
- On peut aussi regarder les plantes qu'on a rapportées.
Pour les questions 4 et 5, c'est moi qui propose la documentation.

• Très vite, on se met au travail par petits groupes. Suivant les documents dont on dispose, il peut y avoir un groupe travaillant sur chaque question ou, au contraire, plusieurs groupes en parallèle sur la même question. La phase de communication en sera d'autant plus riche.

Le rôle du maître :
• Au moment où l'on formule les questions :
- Veiller à ce qu'elles soient assez précises pour que les enfants sachent ensuite très exactement ce qu'ils cherchent.
• Pendant les travaux de groupes :
- Conseiller à chaque groupe de lire telie page ou tel passage plutôt qu'un autre.
- Faire dire aux enfants ce qu'ils ont compris pour vérifier le degré d'assimilation du document et les aider éventuellement à l'analyser.
- Leur demander d'écrire au brouillon ce qu'ils viennent de dire, à leur façon, pour les habituer à ne pas recopier le document intégral.

Cette phase de recherche ne doit pas être trop longue pour que la communication à la classe puisse avoir lieu dans la même séquence. Après la mise en commun de toutes nos réponses, un résumé est élaboré pour chaque question. Ces résumés seront recopiés dans le classeur d'éveil par chaque élève, mais serviront aussi à élaborer un album pour nos correspondants.
Tout ce travail de recherche documentaire n'est pas gratuit : il débouche tout naturellement sur la fabrication d'un nouveau document qui sera utilisé et peut-être complété par d'autres enfants.

Annick Debord

 


Témoignage n° 27 :
Relation d'une classe et du C.D.I. lors de recherches en groupes

Témoignage de la documentaliste :
« Jusqu'à présent, j'ai expérimenté trois façons de faire :
• Les élèves viennent pendant le cours chercher des documents (deux groupes à la fois seulement) qu'ils repartent exploiter en classe. Tous les groupes passent dans l'heure.
• Quelques groupes quittent le cours pour travailler toute l'heure au C.D.I. sur les documents qu'ils y trouvent.
• La classe entière et le professeur s'installent au C.D.I.
Au démarrage des recherches, ma part est importante pour aider à mieux utiliser les fichiers, à s'orienter dans la salle, à trier les documents, à se les partager. Je suis exigeante et refuse de commencer la recherche tant que le thème présenté est trop vaste ou que les élèves n'y ont pas réfléchi, qu'ils sachent au moins vers où ils désirent aller ensemble, ce qu'ils veulent chercher et trouver. Une fois la recherche démarrée, je réponds à la demande ou j'interviens pour aider les élèves à mieux s'organiser : empêcher le recopiage, indiquer les passages importants, suggérer une méthode de travail, etc. Des trois façons de faire indiquées ci-dessus, la troisième est la plus intéressante parce que nous sommes deux pour toute la classe, que le travail avance plus vite et que les élèves se sentent valorisés dans ce décor différent où on leur demande d'être actifs et même d'inventer ; cette façon de faire suppose un travail préalable avec le professeur. »

Marie-Claire Traverse

 


Témoignage n° 28 :
travail de groupe et documentation :
l'organisation de l'année en histoire-géographie au collège de Berre-i'Étang

Si enseigner, c'est éduquer, rendre autonome, responsable, alors pratiquons le travail de groupe : l'élève choisit son sujet, ses camarades de travail, ses documents, il est responsable...

Comment fonctionnent les classes ?
Dans mes classes, j'ai proposé cette année une double façon de travailler :
- des séquences de plusieurs heures consécutives consacrées à l'apprentissage des techniques et à la transmission des connaissances ;
- des séquences de libre recherche sur thèmes.
En sixième, par exemple, nous avons commencé l'année scolaire par l'étude du milieu local. Ce schéma vous permettra de comprendre ce que je demande aux élèves et ce qu'ils peuvent choisir : quelles sont mes exigences (en relation avec le programme officiel) et quel est leur degré de liberté.

  Sujets de recherches
proposés par le professeur
Sujets de recherches
choisis par les élèves
 
  Histoire de Berre.
Histoire de La Fare-les-Oliviers.
Histoire de Marseille.
Mon collège.
Le cadastre.
La vie du quartier.
« l'espace que je connais. »
La recherche historique.
Histoire de Berre (2 albums, 1 cassette).
Histoire de Marseille (album).
Mon collège (album, photos).
Histoire de Coudoux (album cassette).
La forêt méditerranéenne (panneau).
La faune provençale (album).
Les plantes en Provence (album).
 

N.B. — Les élèves ont une liberté de choix, les propositions servant de modèle incitatif.

Pendant les heures de recherches, nous changeons les tables de place. (Je suis toujours dans la même salle et j'ai une armoire). Chaque groupe s'organise librement. On se lève, on va chercher ses documents dans l'armoire ou au C.D.I.

Il arrive qu'un élève décide de travailler seul, ou ne puisse s'intégrer dans aucun groupe.
Il est alors homme ou femme volant(e) : il est sollicité par les groupes où il intervient ponctuellement pour chercher, critiquer ou dessiner, préparer un titre... Moi-même, je suis à la disposition des groupes.

En résumé, dans l'étude du milieu local : 9 heures ont été consacrées aux leçons et 6 heures à la recherche (selon la demande, mais une fois les deux semaines écoulées, on s'arrête, même si un groupe n'a pas terminé). Il faut aussi envisager une heure pour le contrôle des connaissances, et une heure pour la présentation des travaux.

Le travail de groupe en 6e et en 5e
Je distribue la fiche de travail de groupe (ci contre) à chaque élève qui la colle dans son cahier et va la remplir. Selon les connaissances ou l'intérêt des élèves je donne la priorité à la recherche ou aux leçons.
Par exemple, en 6e, les élèves ont choisi des sujets de recherche pour le mois de novembre sur la préhistoire. Ce thème les passionne et ils ont des documents. Ensuite, je ferai la synthèse et je les aiderai à préciser les connaissances essentielles à acquérir.
Inversement, j'ai commencé par 5 leçons sur la civilisation musulmane en 5e : la religion, les villes, l'espace commercial, l'art musulman, l'Islam aujourd'hui. Les élèves manquaient de connais-sances et de curiosité. Ensuite je leur proposerai des sujets comme : le ramadan, les Kabyles, la nourriture des Algériens, le pèlerinage à la Mecque, les travailleurs immigrés, l'Algérie, le racisme... En 6e et 5e, je répartis le travail pour chaque trimestre. Pour chaque thème, une séquence de travail de groupe et une séquence de leçons : 3 ou 4 thèmes sont abordés dans un trimestre.


Fiche de travail de groupe

1. Vous choisissez un sujet de travail :
Les animaux préhistoriques et l'apparition de l'homme.
2. Vous formez une équipe (noms) : Didier et Yannis.
3. Vous posez les questions nécessaires à la recherche:
   Quand sont-ils apparus ?
   Quels sont-ils ?
   Comment se reproduisaient-ils ?
   Y avait-il des hommes sur la Terre lorsque vivaient les dinosaures ?
   Quand et pourquoi ont-ils disparu ?
4. Ou notez toutes les idées et faites un plan.
5. Choisissez vos documents : indiquez, pour les sources écrites, le nom des auteurs et éditeurs, les titres, les numéros des pages utilisées :
B.T. n° 751 : Les animaux préhistoriques (C.E.L.).
Ellis Owen : Les animaux préhistoriques (Grùnd).
G. Ruggieri : L'aventure des dinosaures (Hachette).
Préhistoire : documents Hachette.

6. Présentation du travail. Elle peut prendre plusieurs formes : album, panneau d'affichage, montage diapo ou audiovisuel... Exposé oral et album.
7. Nombre d'heures prévues : Six heures.
Dates prévues pour la remise du travail au professeur : Vendredi 27 novembre.
Dates prévues pour la présentation à la classe : Lundi 1er décembre.
8. Notez le partage du travail dans le groupe (résumé, dessins, croquis, enregistrement, photos) :
Résumé et dessin : Didier et Yannis.

! Les phrases en italique sont les réponses des enfants

Un bilan nettement positif :
La recherche est essentielle. Mes élèves la désirent, l'attendent, la réclament, ils sont alors souriants, affairés, il faut les chasser de la classe à la récréation.
Le travail réalisé est affiché dans la classe ou envoyé aux correspondants. Il est aussi utilisé en français.

Nicole Garrouste

 

  FEUILLE D'ÉVALUATION DU TRAVAIL  
  1. Le groupe s'évalue lui-même
Présentation sur 5 : - écriture, - propreté, - originalité.
2. Évaluation du professeur
sur 5 :
 
  Valeur du travail sur 5 :  Intérêt et quantité.
sur 5 :  
  Respect des consignes : sur 5 :
- Avons-nous répondu aux questions posées ?- Avons-nous travaillé dans le calme ?
sur 5 :  
  Présentation finale à la classe : sur 5
Ce travail a-t-il apporté des connaissances et une réflexion…
- à notre groupe ? - à la classe ? - au professeur ?

sur 5 :  
  Note finale sur 20 :  


 

 

Témoignage n° 29 : Organiser sa recherche

Quand le sujet est choisi, inscris dans des bulles tout ce à quoi le sujet te fait penser ; essaye d'établir des liens, des rapports entre les bulles.

Première étape :
- Note toutes les questions que tu te poses à partir de cette première délimitation du sujet.
- Classe ces questions par grands thèmes : quel est celui qui te paraît le plus important ? Par quelle grande question peux-tu résumer le thème de ta recherche ?

Deuxième étape : la recherche des documents. Où ?
- Au C.D.I. ou à la B.C.D., consulte le fichier à plusieurs rubriques : pour cela, sers-toi des mots définis dans les bulles. Note précisément les références des documents et leurs titres.
- Dans tes livres : note les pages et le thème traité.
- En écrivant à des personnes qui peuvent te renseigner.
- A la bibliothèque, aux archives départementales...
- En enquêtant.
Ce peut être un document écrit : livre, article de journal, dictionnaire, encyclopédie, poème... Un document sonore : chanson, interview... Un document visuel : photo, dessin, graphique...

Troisième étape :
Quand tu as noté tous les documents disponibles, classe-les par grands thèmes en t'aidant des questions posées dans la première étape.
Tu ne vas peut-être pas tout utiliser, mais garde toutes les références, elles pourront t'être utiles.

Marie-France Puthod

 


Témoignage n° 30 :
Exemples de fiches pour l'élève

FICHE I : Le document écrit
1. Comment choisir parmi tous les documents rassemblés ?
- Commence par ne lire que les grands titres, les têtes de chapitres, l'index, la table des matières, l'introduction et la conclusion.
- Ne garde que les documents qui répondent à tes questions. Il est nécessaire d'avoir plusieurs documents (deux ou trois) qui traitent du même sujet pour pouvoir comparer, confronter les idées.

2. Lire et comprendre le document écrit :
- Note le titre du document, son auteur, les pages utilisées, la date à laquelle a été écrit le texte.
- Fais une première lecture, sans prendre de notes, en soulignant au crayon ce qui te paraît important (tu effaceras après). Recherche le sens des mots que tu ne comprends pas (fais un lexique).
- Relis le document et note ce qui te paraît intéressant sans recopier ; utilise tes propres phrases.
- Fais une synthèse en ne retenant que l'idée principale.
- Tu peux recopier des graphiques, des chiffres, des croquis...
Tu fais ce travail pour chaque document écrit et tu compares : les idées peuvent être les mêmes ou en opposition.

3. Reporte-toi aux questions posées dansla première étape.
- As-tu les réponses aux questions que tu posais ?
- Les textes t'apportent peut-être des idées auxquelles tu n'avais pas pensé au départ. Complète tes bulles mais attention à ne pas déborder de ton sujet.

4. Fais ton plan
Tu connais ton sujet maintenant, tu connais les documents dont tu disposes : tu peux choisir la forme finale de ton travail : exposé, panneau, montage audiovisuel...

M-France Puthod

FICHE II : « Comment lire un document écrit ? » 

1. Repère d'où il vient, situe-le dans le temps.
2 Lis d'abord en entier le document :
- sans prendre de notes,
- mais tu soulignes au crayon (tu l'effaceras ensuite) les passages qui t'intéressent.
3. Pour bien comprendre ce que tu lis :
- Cherche les mots difficiles dans le dictionnaire.
- Demande des explications à tes camarades, au maître, quand tu ne comprends pas.
4. Relis le document et ne conserve que ce qui te semble important pour ta recherche.
5. Prends des notes :
- Ne perds pas ton temps à recopier de longues phrases.
- Essaie plutôt de résumer les informations importantes que tu as trouvées, avec tes mots.

Françoise Serfass

FICHE III : « Comment utiliser cassette, bande magnétique, disque ? » 

- Écoute plusieurs fois et repère les passages qui te paraissent importants.
- Réécoute ces passages en notant les informations nécessaires à ton travail.
Il faut souvent écouter plusieurs fois sans te décourager.
Le repérage est facile sur les magnétos à compteur. Sinon, retiens les premiers et derniers mots du passage.

M-Claire Traverse

 


Témoignage n° 31 :
Définir le mode de communication des informations

Selon le type de recherche, on optera pour un mode de communication plutôt qu'un autre. Celui-ci doit être choisi avant d'entreprendre la recherche, car il influe sur le traitement que l'on fera de la documentation.
Dossier
- destiné à circuler, à être envoyé. Peut regrouper beaucoup d'informations précises ; photocopies de documents intégraux, collages de documents, résumés, etc. Les idées principales doivent être dégagées des documents photocopiés.
Panneaux
- destinés à être affichés, regardés ; limiter l'information à l'essentiel, cerner les mots-clés, les mettre en valeur. Un schéma sur un panneau parle parfois plus que des mots (idem pour le rétro-projecteur, mais il peut y avoir, dans ce cas, complément d'information oral).
Montage audiovisuel
- sélectionner les diapos pour qu'elles complètent le message oral, éviter la superposition de la même information à travers deux langages.
Article pour le journal
- (moins long qu'un dossier, nécessite donc un tri plus sévère de la documentation). Peut déboucher sur un engagement, des appels...

 


Témoignage n° 32 :
Le problème de la présentation

Comment aider les élèves à capter l'attention des camarades, lors des exposés ?
- Limiter le temps d'exposé.
- Utiliser l'audiovisuel (disques, cassettes, diapositives...).
- Alterner les voix des exposants.
- Utiliser le jeu théâtral (sketches...).

Tout, cependant, n'est pas un problème de présentation.
- L'écoute repose sur deux piliers : la confiance accordée par ceux qui écoutent au savoir de ceux qui présentent, la confiance en eux-mêmes de ceux qui présentent.
- Le travail de groupe risque d'aggraver l'individualisme de nos élèves : ceux qui exposent peuvent se replier sur eux-mêmes et ne pas vouloir communiquer. Les autres ne font pas forcément l'effort d'écouter.

• Comment alors maintenir l'équilibre entre les petits groupes et le grand groupe ?

• Comment maintenir une vie du groupe tout entier ?

Bulletin de la commission « Histoire-géographie »

 


Témoignage n° 33 :
Une approche pluridisciplinaire de l'environnement

Le point de départ ici, est celui du milieu local, l'endroit où l'on vit.
Nous avons une chance. Notre classe a une immense baie vitrée qui donne sur une terrasse d'où nous dominons toute la ville. Continuellement, nous sommes confrontés à ce paysage, été comme hiver, matin, après-midi... Malgré nous, nous vivons avec lui et l'analysons sans toujours nous préoccuper de ce que l'on voit. Et puis un jour, la question est venue de savoir si on pourrait connaître ce paysage si familier, autrement que par cette vue de « carte postale ».

Ce qui frappe, c'est la juxtaposition de l'ancienne et de la nouvelle ville. Quelles sont les origines de ces deux aspects de la cité ?
Ce fut un débordement de recherche et une action dans tous les domaines : historique, socio-économique, technologique. Cette triple analyse de l'environnement trouve son compte rendu dans trois B.T. : les numéros 922 Les objets en matière plastique ; 928 Histoire du peigne et 948 Notre ville a changé. Elles forment un tout, témoignage d'une démarche d'investigation dans un milieu déterminé : ici, une petite ville industrielle.
- Quels types d'industrie ? Leurs découvertes technologiques par les enfants.
- Pourquoi ici, à Oyonnax (01) ? Analyse historique.
- Quelles influences sur les hommes et la vie de la cité ? (autrefois et maintenant).

Enquêtes auprès d'artisans, de travailleurs (parents d'élèves, visites d'usines, d'ateliers, travail au musée du Peigne, recherche à la mairie, dans la documentation de la ville...
Nous avons réalisé un moule miniature pour comprendre comment sont faits les objets en matière plastique (principale industrie), colorié une carte de la ville selon les époques de construction des quartiers, analysé les courbes de population, essayé de comprendre les causes de déclin, d'essor, de vérifier leur relation avec les avancées techniques, les besoins, l'époque, le développement urbain...
Quelle richesse et quelle difficulté pour faire connaître tous les travaux : albums, recherches, enregistrements, schémas, réalisés après chaque étape dans des B.T. A ce niveau, la part du maître est déterminante. Elle ne peut cependant trouver sa véritable expression si le travail des enfants n'est pas motivé et suffisamment élaboré par une réelle pratique, aussi modeste soit-elle. Rien n'est à négliger.

Ce qui importe dans ce type de projet, ce n'est pas de montrer ce qu'est notre environnement à nous, mais de montrer concrètement la méthode employée, la démarche, afin que d'autres classes, d'autres enfants puissent entreprendre eux aussi des recherches dans leur milieu propre ou celui de la classe transplantée. Je me suis aperçu plus tard, dans une autre occasion, en tant qu'adulte, combien nous avions su réaliser là une étude sérieuse et scientifique.

Jean Villerot



Témoignage n° 34 :
Critères d'évaluation d'un travail d'atelier

Sujet : …………………………
Équipe composée de :
a) …………………………
b) …………………………
c) …………………………
d) …………………………

   +  0   - 
I - DOSSIER
- Intérêt, originalité du sujet..
- A-t-il été bien délimité ? ou reste-t-il trop vaste ?
- Le plan est-il clair, cohérent, logique ? ou confus ?
- Les titres sont-ils bien formulés, sans équivoque ?
- Le contenu est-il objectif ? (s'il y a des positions divergentes sur ce sujet, sont-elles honnêtement exposées ?)
- L'origine des informations et des documents est-elle correctement notée ?
- Y a-t-il une réflexion personnelle sur la documentation rassemblée ?
- L'information rassemblée a-t-elle été suffisamment triée et résumée, ou est-ce du recopiage ?
- Dans les limites définies par le sujet, l'exposé est-il complet ? Points qui auraient pu être traités ?
- La présentation est-elle suffisamment lisible ? agréable (couleurs, titres) ?
- Y a-t-il des documents photographiques ?
des dessins ?
       
II - COMMUNICATION
- Durée de la communication :

   Formes de communication à préciser (encercler la ou les formes choisies) :
   exposé, panneau commenté, diapositives commentées, montage audiovisuel, montage de lecture...
  
Correction de la langue
  

- Voix bien articulée et bien posée, ou inaudible ?


 - Regard vers le public, attitude sans contrainte (ou embarrassée)

 - Indépendance par rapport aux notes (elles sont indispensables, mais il faut éviter de les lire).  

Autres remarques………………………………

a
b
c
d

   

 

     

Classe de J. Brunet (2°d)

 



Témoignage n° 35 :
Des travaux de classe à la réalisation de B. T.

Le point de départ n'a jamais été, dans mes différentes classes, le désir de réaliser une B.T. et à tout prix. C'est quelque chose qui est apparu au cours des recherches, lors de la mise en forme des travaux, comme un aboutissement d'un projet de travail pour d'autres destinataires.
Ce compte rendu abordera comment ces recherches ont constitué la base de projets B.T. et B.T.J., à travers les domaines de la biologie, de la musique, de l'histoire, de l'éducation du citoyen, de l'économie, de la technique...

En biologie
Plus que tout autre domaine peut-être, la biologie a nécessairement besoin d'une phase de discussion spontanée entre, et avec les enfants : de celles dont émergent des questions qui nous déconcertent. Il en est une qui revient souvent : « Pourquoi les poissons vivent dans l'eau ? »
La première fois que je l'ai entendue, c'est au retour d'une séance de piscine, en passant sur un petit pont qui enjambe le ruisseau-égout local. Et nous voilà partis à discuter :
- Les poissons vivent-ils bien dans cette eau sale ?
- Et pourquoi ne pourraient-ils pas y vivre ?
- Parce qu'ils manquent d'oxygène.
- Et c'est quoi l'oxygène ?
- Et bien, cela sert à respirer !
- Ah bon, il y a de l'oxygène dans l'eau ?
Et de l'émergence des problèmes à la formu¬lation d'hypothèses, succède la mise en place d'aquariums, de mesures, d'observations. Petit à petit, nous avançons dans cette dé¬couverte de la vie des poissons, sans être conscients complètement que c'est de démarche scientifique qu'il s'agit. Visites de mares, enquêtes auprès de pêcheurs, de pisciculteurs, classes de mer, furent autant d'élé¬ments qui, d'année en année, ont pu constituer un volumineux dossier de recherches sur les poissons. C'est ce dossier qui est à la base du projet B.T.J. n° 227 « Pour mieux connaître les poissons ».
Sujet transversal qui fut un des premiers à rompre avec les monographies de la collection.

En musique
C'est à partir d'une exposition sur la « Musique Verte » de l'A.R.C.A.M., organisée dans notre école, que les enfants se sont essayés à réaliser une foule d'instruments traditionnels à partir d'éléments naturels. Pendant des jours, nous avons réalisé des instruments qu'utilisaient nos grands-pères : appeaux, flûtes, tambourins... Notre idée fut de donner envie et de donner à faire à d'autres enfants !
En s'appuyant sur nos propres démarches, avec un texte explicatif de réali¬sation de l'instrument, des croquis et photos, mettre au point le projet fut aussi simple que de faire un bel album !
Gageons que pour les classes vertes du printemps, les centres de vacances... la B.T.J. n° 231 Musique des champs demeure un outil utilisable par tous les enfants !

L'éducation du citoyen (Cf : B.T.J. n° 229 Les élections municipales.)
Il y a (avait ?) très peu de recherches dans les classes sur ce sujet. Et pourtant, la classe coopérative, c'est une institution qui a ses lois, bien semblables parfois à celles de la société.
A l'origine de notre travail, le projet émis lors d'un conseil de coopérative : pour que notre école ait enfin un préau et une cour aménagée..., à qui s'adresser ? et d'interrogation en affirmation, c'est bien le maire qu'il nous fallait !
Et lors de sa visite, nous avons parlé de beaucoup d'autres choses, en particulier de son métier de maire, de la façon dont il avait été élu. C'est à partir de la bande son de ce long entretien que j'ai dégagé la trame d'une enquête sur les élections municipales, ces dernières se profilant l'année d'après.
Ici, la mise en forme a été réalisée au niveau adulte car il manquait certaines informations quant au mode de scrutin.

En histoire
Je ne me souviens pas exactement comment c'est arrivé, mais pour l'époque gallo-romaine, nous voilà partis avec Astérix : Qu'est-ce qu'il peut bien y avoir de vrai là-dedans ? Après de délicieuses séances de lecture, nous voilà arrêtant une vingtaine de questions avec le CM.2 : « le chef sur le bouclier ? » « le barde, la faucille ? », les centurions, Cléopâtre, etc.
Et de chercher dans les anciennes B.T., les livres d'histoire d'avant 1968, etc. Je crois qu'on s'est bien amusé et qu'on a beaucoup appris ! Cette fois-ci, un groupe d'enfants a même tenté une pré-maquette, dont l'esprit s'est retrouvé dans la B.T.J. n° 253, car avouez qu'il eut été dommage de ne pas publier ce travail sur « Qu'est-ce qui est vrai dans Astérix ? »

Jean Villerot 

 


Témoignage n° 36 :
La classe d'espagnol

Constitution de la sonothèque de la commission d'espagnol.
La sonothèque compte, en 1985, dix-sept titres. Les enregistrements, de vingt à cinquante minutes, ont une diffusion limitée aux enseignants coopérateurs de la commission.
1° Des classes enregistrent des hispanophones lors d'accueil d'intervenants au cours de voyages, etc. Les questions posées sont d'autant plus pertinentes qu'elles ont été bien préparées grâce à des documents divers.
2° On fait des montages à partir de ces enregistrements.
3° Grâce à l'aide technique du service audiovisuel de l'I.CE.M., dix-sept cassettes ont vu le jour, constituant des documents et des outils de travail... pour se lancer ou compléter d'autres recherches.
Exemples :
- E5 : « Un emigrado chileno en Toulouse » 32 mn - Auteur : R. Favry - entretien d'une classe avec un réfugié politique.
- E9 : « Valencia, las Fallas » 1973 - 22 mn -Auteur : N. Roucaute - entretien avec Rosario Santolaria, correspondante des classes d'un lycée de Grenoble.

Un rebondissement de recherche : production d'une B.T.
La production de la cassette E9 est le fruit d'une correspondance collective et individuelle pendant plusieurs années : d'où lettres, monographies, documents écrits et sonores. En 1981 et 1982, sont organisés des voyages à Valencia au moment de la grande fête régionale des Fallas ; enquêtes, photos, documents variés, ont permis de produire la B.T. n° 942 : Allons à la fête : las Fallas de Valencia.
La part du maître est essentielle, mais le rôle des élèves est important dans l'élaboration et la critique. Ils acquièrent dans cette participation un sens critique à l'égard d'autres documents et apprennent à mieux les « lire » (lire, écouter, regarder). Maintenant, d'autres classes se servent de ces documents (B.T., bande sonore) pour organiser leur voyage à Valencia... Cette production de documents sert d'incitation.


Témoignage n° 37 :
P.A.E. pluridisciplinaire

«Sur les pas de Carmen» : voyage en Andalousie
- 1984 - classes du second cycle du lycée des Eaux claires - Grenoble.

Cet exemple montre, entre autres, le rôle prépondérant des documents dans une pédagogie ouverte à l'étude des réalités contemporaines (lesquelles ne peuvent être appréhendées entièrement qu'avec l'aide du substrat du passé). La préparation de ce projet nourrit une partie des activités de classes du second cycle, dès la rentrée scolaire ; le voyage a lieu en mars ; l'exploitation se poursuit au troisième trimestre et au début de l'année suivante.

De ce travail riche et complexe, retenons l'aspect documentaire :

Première étape : élaboration pluridisciplinaire d'une bibliographie de documents disponibles pour le travail par ateliers sur des thèmes précis (espagnol, histoire-géographie, économie, musique, sciences naturelles).

Deuxième étape : élargissement de la documentation : récapitulation de personnes-recours et d'organismes susceptibles de fournir des renseignements : prise de contact avec des collègues espagnols des localités qui seront visitées, avec des maires, des syndicalistes, etc.
Ceux-ci envoient des documents souvent de première main. Un seul exemple : le « projet de réforme agraire dans la région de Cordoue », en espagnol bien sûr. Ce document est intéressant si l'on cherche à comprendre la situation agraire de l'Andalousie et les problèmes de son insertion dans le Marché commun.
• Le collègue de sciences économiques fournit les notions et les documents préparatoires qui font accéder à la compréhension du document reçu. Le professeur d'espagnol profite aussi de l'enseignement de son collègue : il faut alors baliser pour les élèves les difficultés du texte, souligner ce qui est essentiel, donner les explications nécessaires.
• Tout ce travail est nécessaire pour établir un questionnaire à l'intention des personnalités espagnoles compétentes et, à ce niveau, les groupes qui vont faire les interviews sont en mesure d'assimiler les réponses qu'on leur fera et d'improviser des questions complémentaires.
• Il faut ensuite traiter les informations reçues puis réfléchir au moyen de les communiquer.

Nuria Roucaute

Fin de la 2e partie




Ressources

Liste des secteurs et des chantiers de travail de l’ICEM - 1986 -

I – Secteur documentation
II - Autres secteurs

Coordination générale
B.T.2
B.T.
B.T. sciences
B.T.J.
Magazine B.T.J.
Pour tout classer
Audiovisuel et B.T.Son
Périscope

• Histoire-Géographie 2°d
• Français 1er et 2°degré
• ICEMATHS 1er et 2° d

Correspondance
J Magazine
Recherche
Lecture
Informatique
Télématique
Sciences

Environnement naturel
Second degré
Radio
Amis de Freinet
Équipes pédagogiques
Genèse coopérative
Enseignement spécialisé
L.E.P.
Éducation artistique
Musique
Quelle société, demain 

 

Personnes et ouvrages cités dans cette brochure

Pierrette GUIBOURDENCHE : secondaire. Michel PELISSIER : élémentaire. Catherine PERIN : maternelle. Jean VILLEROT : élémentaire. Soisic JULIEN : secondaire. M. et Mme BOURDARIAS : I.M.P. Michel BONNETIER : élémentaire. Maylis DURAND-LASSERVE : secondaire. Johnny THURIN : élémentaire. Marie-France PUTHOD : secondaire. Marie-Claire TRAVERSE : secondaire. Michel BARRÉ : ex-rédacteur de la Biblio¬thèque de travail à la C.E.L. Pierre GUÉRIN : élémentaire et audiovisuel. Marie DREVET : élémentaire. André LEFEUVRE : élémentaire. Marie SAUVAGEOT : secondaire.
Annick DEBORD : élémentaire. Jacques BRUNET : secondaire. Nicole GARROUSTE : secondaire. Mauricette RAYMOND : secondaire. Michel PILORGET : secondaire. Roger FAVRY : secondaire. Pierre BARBE : élémentaire. Nuria ROUCAUTE : secondaire

« Chantiers pédagogiques de l'Est », journal départemental I.C.E.M. 68. « Dossiers pédagogiques n°153 » (organisation pédagogique de la classe), C.E.L. L'Éducateur n° 6, décembre 1979, C.E.L. « CRIC » journal départemental, I.C.E.M. 38. « Pirouette » journal scolaire. Bulletin Commission histoire-géographie.

 

Ce POURQUOI-COMMENT a été réalisé en 1986 par Pierrette Guibourdenche et Marie-Claire Traverse
avec l'aide du comité d'animation de la Bibliothèque de Travail (B.T.) et la participation de Claude Cohen et Guy Champagne.

Iconographie : X. - Pierrette Guibourdenche

nota bene : Pour connaître les noms et adresses des divers responsables de secteurs et chantiers et des personnes citées dans cet ouvrage,
veuillez écrire à : C.E.L., Secrétariat pédagogique - B.P. 109 -06322 Cannes la Bocca Cedex.
Prendre contact avec le Secrétariat de l’ICEM - Pédagogie Freinet
– Secrétariat National 10, chemin de la Roche Montigny 44000 NANTES Tél. : 02 40 89 47 50
Ou consulter le Site : www.icem-pedagogie-freinet.org/

Petit guide documentaire - une bibliographie (1986) -

Cette bibliographie sélective présente les quelques ouvrages de base permettant d'aborder les différentes approches de la documentation de façon pratique et complète

.Des livres
• BARRÉ Michel : L'aventure documentaire - Casterman, 1983 - Collection E3.
« Un livre de base sur le rôle du document dans la classe : l'ouvrage définit le document : ce qui est écrit, audiovisuel, mais aussi tout ce que le réel et le savoir des enfants et de ceux qui les entourent, comporte d'information documentaire. D'autre part, il expose les problèmes fondamentaux de la POLITIQUE DOCUMENTAIRE : tout ce qui a trait au choix des ouvrages, à l'utilisation et à la nature des exploitations qui en sont faites. »

• CHEVALIER Brigitte : Méthodologie d'utilisation d'un centre de documentation - Hachette,
1980 - Collection Pédagogies pour notre temps.
« Ce livre informe sur le fonctionnement du C.D.I. et signale les principales techniques documentaires de base. Il fait le tour des richesses du travail pédagogique qui peut se dérouler dans le Centre ; à cette fin, il comprend des exemples de travaux pratiques. »
Livre un peu didactique et scolaire.

Par ailleurs, il existe un autre ouvrage de base sur la documentation doublant celui de B. Chevalier ; bien qu'un peu plus ancien, il s'agit de :
• HASSENFORDER Jean et LE FORT Geneviève : Une nouvelle manière d'enseigner pédagogie et documentation - Les cahiers de l'enfance, 1977 - Collection Éducation et développement.
En voici le sommaire :
1. Conduite de la classe et documentation.
2. indépendant, travail individualisé.
3. Vers des méthodes nouvelles.
4. Pour une pleine utilisation documentaire.
5. Une nouvelle école, une pédagogie différente autour du centre documentaire.

Doc, doc, doc, entrez ! Hachette.
« Un cahier de travaux pratiques pour savoir utiliser le fonds documentaire du C.D.I., en Dewey ou C.D.U. »

• FAURIE Albertine : La pédagogie de la documentation dans le contexte de l'audiovisuel et des mass média - Le Centurion, 1980 - Collection Paidoguide.
« Un ouvrage qui complète celui de B. Chevalier par sa réflexion approfondie sur l'approche documentaire de ce que l'auteur appelle « l'école parallèle » : l'image, le journal, la télévision, etc. Ce livre comporte également des exemples de travaux pratiques et d'expériences pédagogiques. »

Des dossiers et des revues
Mini-guide d'implantation d'une B.C.D. par le C.R.D.P. et le C.D.D.P. de Grenoble, la Bibliothèque municipale, l'équipe de recherche de l'école La Fontaine - C.N.D.P. 1983.

L'enfant et la documentation, numéro spécial de L'Éducateur n° 10, 1er avril 1981 - (Dossier pédagogique n° 154/156). C.E.L.

Comment nous utilisons la Bibliothèque de travail, dossier pédagogique de L'Éducateur, n° 100. C.E.L.

Utilisation de la documentation audiovisuelle, dossier pédagogique de L'Éducateur, n" 119.

Recherche pédagogique : les sciences naturelles au collège : documents collectifs et individualisation de l'enseignement, C.R.D.P. de Montpellier, 1983.

Le «Pour tout classer», supplément B.T. n° 468 (0 à 9) et n° 469 (G et H). C.E.L.

Index alphabétique des B.T., supplément B.T. n°481. C.E.L.

Des activités audiovisuelles dans une pédagogie de l'expression et de la communication. Pourquoi ? Comment ? n° 2. C.E.L.

Créer et animer une B.C.D., Pourquoi ? Comment ? n° 5. C.E.L.

Die Dac Doc, Cahiers pédagogiques n° 235. C.R.A.P.

nota bene
L'aventure documentaire de Michel
BARRÉ, mis à jour et restructuré en 2008, est disponible aux Éditions de l’ICEM (https://www.icem-vente-en-ligne.org/)
de nombreux « Pourquoi-Comment », et « Dossiers pédagogiques de l’Éducateur » sont en accessibles en ligne gratuitement dans les Archives de l’ICEM sur le Site: Coop’Icem www.icem-pedagogie-freinet.org/ (rubrique : Ressources  ==> archives ==> recherche guidée)

 

 

© 1986 – C.E.L. – Cannes – n° ISBN : 2.85311-041-9
Dépôt légal : 3° trimestre 1986 –

Document transposé pour les Archives du Site de l’ICEM : Coop’Icem – A.D. - mai 2011