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Le noir, le blanc et la lettre

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Juin 2001

 

 

Conclusion

- La genèse de la production

L’idée d’un travail concernant ce groupe d’enfants provient de discussions entre les deux intervenants représentant des pratiques pédagogiques différentes. Ces discussions concernaient les apports techniques et pédagogiques que l’un et l’autre pouvaient échanger ou rendre complémentaires.
Le professeur d’arts plastiques rend compte communément d’une pratique graphique, bidimensionnelle, au contraire du styliste qui travaille en trois dimensions. Mais les groupes d’enfants avaient besoin d’appréhender ces approches différentes comme u n usage complémentaire, puisque les matériaux pouvaient être communs.

 

- Travail personnel et travail collectif

Chaque intervenant a maintenu l’idée d’une réalisation concrète qui se résumait pour l’un en une image bidimensionnelle et pour l’autre en une image tri-dimensionnelle. Pour les enfants, l’idée de l’appropriation du travail a été maintenue ; s’il paraissait peu probable que chaque enfant structure sa propre lettre, ils ont néanmoins joué sur le va-et-vient entre une réalisation personnelle et une contribution à la réalisation finale et collective (le défilé, la prise de vue). Chaque séance a permis de rebondir d’un travail personnel à un travail collectif, les manques techniques des uns étant aussitôt comblés par l’intervention des autres.

 

- Isabelle Lautrette

« Les autres années, le vêtement était une parure. Il mettait en valeur le corps. La photo était la trace du travail réalisé. Sur le thème « Le noir, le blanc et la lettre », la photo devient l’œuvre à réaliser. Le jeu optique et l’image fixée sur le papier sont la finalité. Pour la première fois, les enfants n’emporteront pas un vêtement en fin d’année mais une photo-tableau réalisée en groupe.
Les enfants du groupe stylisme ont été surpris par l’évolution du projet. Le rythme a été soutenu par les enfants du groupe peinture habitués à livrer une œuvre par séance. Le mélange complémentaire des deux groupes a été une réussite. Les uns ont une bonne connaissance des mécanismes du corps, les autres sont des plasticiens très entrainés et rapides. »

 

-  Bobby

« Jouer avec les lettres de l’alphabet, pour un enfant, n’est ni d’une grande facilité ni d’un attrait évident. Tous les enfants sont en âge d’être scolarisés : l’alphabétisation est le plus souvent entendue par eux comme un effort de lisibilité, une réitération d’un système de compréhension graphique imposé, très rarement comme un jeu permettant d’évacuer ces deux données linguistiques.
Il a fallu que les enfants acceptent d’emblée d’être eux-mêmes les lettres de l’alphabet, dans un rôle important et complexe où ils devaient gérer eux-mêmes la mise en scène, avec ses modes de réalisation.
Toutefois, l’idée du graphisme en noir et blanc leur a permis, malgré l’avatar d’une certaine illisibilité sémantique, de jouer sur la confusion des sons et des formes, du fond et de la forme, quand leur corps se trouvait être le déclencheur du processus créatif.
Enfin, il faut insister sur la différence des projets et des outils pédagogiques propre à chaque intervenant, pour souligner le rôle des enfants qui a permis le mélange, l’échange ou la complémentarité de ces techniques. »

 

 

 

 

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