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Cahier de roulement en allemand

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Novembre 1979
CAHIER DE ROULEMENT ALLEMAND
1978-1979- SYNTHESE
 
Des enseignants échangent leurs expériences et leurs idées. Voici le bilan d'une année de travail en langue à la recherche de l'autonomie des élèves et du mieux être en classe...
 
Six participants (cinq enseignants en C.E.S., un en lycée).
Le cahier a fait deux tours complets entre le 15.11.78 et le 2.7.79. Le premier tour servait essentiellement à présenter nos classes et notre manière de travailler. Il y était question de l'organisation matérielle de la classe (répartition du travail dans la semaine, plans, bilans...), du genre de travail (que faisons-nous ? pourquoi ?) et des outils. Le deuxième tour était beaucoup plus consacré à un échange sur des questions de fond (cet échange aurait très bien pu se faire entre profs de matières différentes).
 
Organisation de la classe
 
Dans l'organisation de notre travail nous prenons tous des libertés par rapport au système traditionnel (travail sur manuel, progression programmée par celui-ci). La plupart parmi nous utilisent le manuel comme support, car le problème-clef est : comment introduire les structures nouvelles dont l'apprentissage est indispensable en classe de langue ? De plus nous manquons presque tous de documents en nombre suffisant pour constituer la base du travail et encore moins de toute une classe, de plusieurs classes de niveau différent. Celles qui se passent du manuel travaillent dans des conditions favorisées (emploi à mi-temps, une certaine documentation personnelle etc.).
 
Dans toutes les classes cependant il y a un certain temps prévu pour un travail plus libre, individuel ou de groupe, axé sur l'expression personnelle des jeunes et la présentation à la classe des travaux qui en résultent. Pour organiser ce temps libre nous utilisons des plans et des bilans de travail, plus ou moins systématiquement selon les personnes.
 
Les méthodes de travail correspondent à notre double but : l'acquisition de la langue étrangère d'un côté, l'épanouissement personnel de l'enfant de l'autre.
 
Ainsi il y a d'une part un travail d'assimilation assez structuré :
- leçons,
- fiches de grammaire,
- exploitation de textes et de leçons étudiés (sketches, dialogues, récitation avec mime...),
- travail de diction au magnétophone, etc.
 
d'autre part on trouve un travail bien plus libre et personnel :
- des textes et des poèmes libres souvent illustrés, aboutissant dans certains cas au journal de classe ou à un recueil de textes,
- des sketches, des dialogues, des scènes mimées, inventés librement par les enfants,
- des B.D.,
- un travail théâtral, pratiqué essentiellement dans les classes de l'une parmi nous ce qui a donné aux autres envie d'essayer, surtout depuis que la démarche suivie nous a été communiquée par le cahier,
- des débats proposés, préparés et animés par un ou plusieurs élèves,
- un travail par thème (la famille, l'éducation...),
- des enregistrements ou montages au magnéto, quelquefois accompagnés par des diapos dessinées,
- la correspondance.
 
Les documents utilisés sont :
- les manuels en usage,
- des magazines pour jeunes, tels que "Das Rad", "Schuss", "Roller" (Mary Glasgow), "Scala-Jugendmagazin" (Postfach 2929, 6 Frankfurt am Main 1 ),
- toutes sortes de fiches que nous avons fabriquées: fiches de grammaire, fiches de textes, fiches d'exploitation d'un texte ou d'une image, fiches de méthode, fiches d'incitation à la création personnelle, etc.,
- des chansons et des chants
- des images, des dessins, des B.D.,
- des coupures de journaux ou revues allemandes,
- des livres de lecture (bibliothèque de classe).
 
Nos satisfactions
 Ce qui nous satisfait dans notre manière de travailler, c'est :
- le plaisir que les enfants y prennent (et moins c'est scolaire plus il est grand),
- l'autonomie qu'ils acquièrent petit à petit.
 L'autonomie du langage d'abord : être capable de s'exprimer spontanément en allemand, savoir dire ce que l'on a envie de dire plutôt que de répéter ce qu'on a ingurgité au cours d'une leçon. Mais aussi une autonomie plus générale : organiser un travail et le mener à bien, tout seul ou en groupe, sans être dirigé constamment par le prof ; être capable de se trouver face au groupe-classe, l'animer ou lui présenter un travail personnel et défendre celui-ci ; savoir utiliser un magnétophone, etc.
 - le niveau des connaissances, qui est dans l'ensemble au moins égal à celui d'une classe traditionnelle, bien que nos élèves aient souvent l'impression de travailler peu.
 
Les difficultés que nous rencontrons
 
Les difficultés auxquelles nous nous heurtons sont essentiellement de deux sortes :
- celles qui sont dues aux conditions matérielles existantes dans l'enseignement public, par exemple :
. des effectifs trop lourds,
. la difficulté de garder les classes sur plusieurs années, et le problème des classes remaniées d'une année sur l'autre (sous prétexte de les "équilibrer"),
. les initiatives personnelles récupérées par la direction de l'établissement,
. les groupes-langues composés d'élèves de plusieurs classes et qui souffrent d'un manque de structuration ;
 - et les difficultés qui viennent d'une conception traditionnelle et assez généralisée de l'enseignement, où la notion du travail est contraire à celle du plaisir et selon laquelle l'enfant, enclin par nature à la fainéantise, doit être forcé à travailler :
. les enfants qui " ne font rien ". Il s'agit de ceux qui ne participent pas à la classe, qui ne rendent aucun travail écrit, qui s'occupent de tout, sauf de l'allemand,
. le refus plus ou moins conscient des enfants de prendre la responsabilité de la discipline dans la classe. Ils sont nombreux à penser que c'est au prof de "faire la discipline",
. la difficulté des enfants, surtout jeunes, à travailler d'une manière autonome, et qui va de pair avec notre manque de disponibilité dû aux conditions matérielles,
. une demande d'inspection formulée par un chef d'établissement suite à des réclamations non qualifiées de la part de parents d'élèves.
 
Comment faire face au découragement ?
 
A certains moments ces difficultés nous ont découragés et chacun a cherché comment faire face à ce découragement. L'échange qui a eu lieu dans ce cahier de roulement nous a aidés à nous sentir moins isolés et à reprendre courage dans des moments difficiles. Ce moyen d'échange est peut-être d'autant plus important pour nous que les germanistes sont très nombreux à l'I.C.E.M. et très dispersés et de ce fait ont des possibilités très limitées de rencontres.
 
Trois parmi nous tendent vers la solution d'un travail en équipe avec des profs sympathisants dans l'établissement.
 
Une suite possible à ce cahier
 
Nous avons soulevé dans ce cahier plusieurs questions qui mériteraient un échange approfondi par la suite. Les plus importantes sont :
- Le rôle de l'école dans la société.
- L'enfant qui "ne fait rien".
- L'équipe pédagogique.
 
Une suite possible: lancer un cahier de roulement axé d'une part sur ces questions à creuser, d'autre part sur un échange plus précis au sujet des travaux ayant bien marché dans nos classes et des documents que nous utilisons (par exemple: listes de livres, revues ou disques, copies de fiches etc.).
 
Août 1979 Dietlinde BAILLET 67530 Ottrott