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Atelier de poterie avec les Robinsons 4

Dans :  Principes pédagogiques › 

 

 

 

 
Les Robinsons à la gare

Samedi 22 octobre 2011
Cinq enfants et trois adultes
par Anne-Marie Bourbonnais

 

Etat des lieux

L'atelier des enfants potiers qu'est-ce que c'est ?
Le partage d'une expérience potière.
Un travail de l'argile qui exige continuité et expérimentations répétées.
La primauté donnée au désir de l'enfant et à la créativité.
....Et pour une première approche, la récolte des terres dans l'environnement naturel du village potier.

Les Robinsons et les Enfants potiers sont éloignés les uns des autres de 150 km.
Le ramassage des terres ne peut pas se faire puisque nous ne disposons que de deux heures trente pour cette première séance.

 

                                

 

Nous ne savons pas de manière certaine si un deuxième atelier pourra avoir lieu avec les mêmes enfants.
Pour toutes ces raisons, ce travail est pour moi un défi car le travail de l'argile nécessite un engagement dans le temps: engagement du groupe institué car il n'est pas facile pour les Robinsons de venir jusqu'ici et engagement individuel de chaque enfant (va-t-il pouvoir revenir ?).

La demande des Robinsons étant là, avec Anaïs, éducatrice et responsable du groupe des Robinsons potiers, nous décidons de relever le défi.
Aucun des enfants présents n'a travaillé l'argile auparavant.
Francine filme la première partie de l'aventure que nous construisons pas à pas cette année et qui, comme je l'espère, pourra aller jusqu'à la métamorphose de la matière.
   


Pour cette première séance, mon objectif est avant tout de sensibiliser les enfants au toucher de l'argile. Mon intention dans cette approche est d'accompagner les enfants vers une découverte de la terre, vers une reconnaissance des différents états dans lesquels on peut reconnaitre cette argile que peut-être une autre fois nous irons chercher dans la nature.

Je choisis une mise en situation à l'atelier de la gare pour une rencontre autour des terres de la carrière des Perchers, de Saint-Amand-en-Puisaye: carrière d'ocre, de grès et d'hématite.

Premier poste de travail : les terres sèches
Présentation et film I

Deuxième poste de travail : les barbotines de couleurs
Présentation et film II

Troisième poste de travail : le kaolin
Présentation et film III

Quatrième poste de travail : quand la terre devient volume
Présentation et film IV

Déroulement de l'activité

Les quatre postes de travail sont investis simultanément mais pour plus de clarté les films sont regroupés dans quatre thèmes correspondant aux quatre postes de travail. Les enfants et leurs éducateurs se sont répartis sur:

- le poste I (dessin individuel avec la terre sèche sur les cartons)

- le poste II (peinture collective avec les barbotines de couleurs).

Ils commencent à dessiner ou à peindre: ni l'utilisation du pinceau ni celle des morceaux de terres sèches ne demandent d'explication particulière, ainsi chacun se met au travail avec la terre sèche et liquide et des gestes que les enfants connaissent déjà.

 

Le travail collectif est privilégié afin de se nourrir des échanges.
Les enfants apprivoisent à leur rythme les différentes couleurs ainsi que les différentes textures de l'argile, individuellement.
Pour ces deux postes très peu de consignes sont données mais les gestes et l'utilisation des outils arrivent naturellement.

Deux enfants qui ont besoin de bouger se dirigent vers la planche à barbotine. (Poste III). Ils travaillent seuls, en jouant avec leurs mains puis sont rejoints par un quatrième puis par un éducateur.
Nous commençons
alors quelques thèmes de jeux sur la planche à kaolin, à deux : l'un dessine et l'autre efface. Les bras se délient, les corps bougent au rythme des gestes, des dessins apparaissent sur la planche. Il faut un bon quart d'heure pour que les premières créations émergent. Ce travail ne leur est pas naturel et les surprend. C'est parce qu'il y a une rupture dans leurs habitudes et réappropriation du toucher que ce travail est particulièrement riche. Les commentaires des enfants sont éloquents à ce sujet.
Ici l'autorisation de se salir ayant été donnée, la priorité est donnée à la libération du geste et de la parole.

Les plus rapides  commencent ensuite à mettre en volume l'argile collante. (Poste IV).
Puis nous nous rejoignons sur la grande table pour travailler avec la terre encore collante certains gestes essentiels du potier et quelques mots qui vont avec. : la boule, le creux.
Un enfant propose de faire un creux avec le coude. Allons-y ! quelle bonne idée à exploiter !

Quatre postes de travail, quatre manières de jouer avec la matière dans des situations différentes, quatre premières approches de créations.
Déjà la chronologie s'impose, le chemin de la transformation commence à se dessiner.
Des affinités diverses, des rythmes de travail variés. Le groupe se met au travail avec facilité. Aucun enfant ne reste en retrait . Dans cette première séance il n'est pas souhaitable d'intervenir sauf sur les « gestes du potier » poste IV. On avance tranquillement. On remarque une différence entre les gestes qui appartiennent à chaque enfant et les gestes qui deviendront ceux d'un travail artisanal.
Bien que des intentions apparaissent, les aspirations ne deviennent pas encore des choix mais déjà on est rentré dans le vif du sujet : le langage de la terre, sa matérialité.

D'autre part le groupe est suffisamment contenant pour rendre possible quelques créations individuelles avec la terre devenant volume : l'argile commence à durcir et les possibilités de choix entre contenant et modelage émergent (voir film sur le poste IV ) mais il est trop tôt pour verbaliser cette distinction.

A suivre .....

 

Objectifs pour la prochaine séance

Nous devrons reparler des différences entre le travail de la terre sèche, de la barbotine et le travail de la terre collante. Nous tenterons de reprendre le déroulement de ces différentes étapes et de comprendre à travers de multiples expériences la place de l'eau dans l'argile..
Au delà du toucher nous pourrons prendre conscience de nos gestes et de notre corps.

La notion de plasticité, celle qui va solliciter nos empreintes et ainsi nous permettre une "mise en route", "un engagement dans la création" pourra alors être appréhendée.

Mais prenons tout notre temps !

 

                        

 

 

Témoignage de Laurent Ott

Témoignage de Francine Tétu

Témoignage d'Anne-Marie Bourbonnais

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CréAtions n°206
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