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Le lion amoureux

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Avril 2003

 

 

 

6. La bande dessinée

Nous avons créé la bande dessinée avec les différentes phases de l'histoire. Bande dessinée en une trentaine d'images. Gros et difficile travail collectif, où la rigueur doit côtoyer l'imagination. Le lion part à droite, la lionne arrive de ce côté…etc
Nous avons prévu quelques gros plans, pour casser le rythme et insister sur certaines choses.
Mais les compétences en dessin des enfants ont quand même quelques limites…Ce ne sont pas des spécialistes et moi non plus. Certains mouvements nécessaires auraient demandé des dessins trop difficiles (personnages tournant sur eux mêmes par exemple.
Raymond Bois nous a alors donné un truc : on peut les remplacer par des plans de coupe (on montre autre chose quelques secondes et… on revient sur nos personnages qui sont alors dans la bonne position).
Son aide nous est précieuse. Les enfants comprennent bien, grâce à lui.

 

7. Au travail !

Il ne reste plus qu'à (si l'on peut dire) faire les centaines de dessins qui font avancer ou bouger les personnages.

Les élèves de 3ème et 4ème de la SEGPA du Collège nous ont fabriqué plusieurs tables lumineuses.

Il y a donc dans la classe tous les matins pendant environ une heure (temps de travail individualisé) un atelier où deux ou trois élèves, devant leurs tables lumineuses, reproduisent tel ou tel personnage placé avec beaucoup d'application a tel endroit précis.
Ça donne : pour faire le dessin 5.15, je décalque le lion n° 3 (dans la série "lions qui marchent") qui est à 12,5 cm du repère et la lionne n° 6 qui est à 3,2 cm du repère.

Evidemment, il faut surveiller les placements et la qualité du travail de très près. L'approximation est proscrite. Même ainsi, les personnages seront à la projection légèrement tremblants. Un enfant fait ainsi deux ou trois dessins de suite (ça dure environ 5 à 10 mn) et laisse sa place à un autre. Ils passent de cette façon à tour de rôle presque tous les jours.

8. Des changements

Nous nous apercevons en cours de travail que le film sera plus long que prévu initialement et que c'est en réalité plus de 900 dessins (soigneusement numérotés) qui seront nécessaires ! C'est que nous avons dû, pour une bonne compréhension de l'histoire (il n'y aura que des images, pas de texte du tout), ajouter une ou deux séquences et quelques plans de coupe non prévus au départ.

 

9. La couleur

L'étape suivante est la mise en couleur. Pas question de colorier tous les personnages ! Nous ne passerons donc en couleur que certains éléments que nous désirons mettre en valeur : les larmes, la fleur, le cœur, l'eau etc…
Le tout sera quand même sur fond de savane (uniquement des couleurs, pas de formes précises), fait sur rhodoïd transparent à l'émail vitrail et qui sera posé par dessus chaque dessin à la prise de vue. Nous pourrons ainsi également faire bouger ce décor dans le sens contraire de la marche des personnages, pour accentuer l'impression de déplacement.

10. Finalement, ce sera sur ordinateur

Il serait dommage de ne pas utiliser des technologies plus modernes que le super 8, et qui offrent plus de souplesse. Les dessins seront donc filmés à la caméra numérique, et mis en ordre sur ordinateur (matériel que me prête Raymond Bois). Il s'agit d'un travail long et fastidieux, que nous ne pouvons pas faire avec les enfants : il aurait fallu immobiliser le matériel toute l'année ! Nous nous contentons donc de leur montrer à l’école comment on fait.
Et je passerai quelques dizaines d'heures pour la prise de vue, le chargement des images sur ordinateur et le montage.
Quant à la musique, il aurait fallu… un an de travail supplémentaire pour la création et l’ajustement aux images. Ce sera donc Raymond Bois lui-même qui s’en occupera.

 

11. Ça y est, c'est fini !

Première « projection » pour les enfants : le silence est impressionnant, presque religieux, émouvant en tout cas. Je dois rompre moi-même ce silence.
Puis, la joie. Enfin les critiques fusent, très « professionnelles » : tel plan est trop court, il aurait fallu… etc…
Chacun aura sa cassette vidéo.
Que c'est formateur pour les enfants ! (et pour moi !) Expression écrite, orale, maths, logique, rigueur, citoyenneté…nous n'avons pas perdu notre temps. Et je suis sûr que ces enfants abreuvés d’images auront compris qu’elles ne sont pas anodines. Qu’une image est toujours créée avec une intention. Ils les regarderont dorénavant, je pense, avec un regard plus critique et seront, je l’espère, des cibles moins faciles.
C’était, en tout cas, l’objectif principal de ce projet.

 

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