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Atelier Barbotine au congrès

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L'atelier "Barbotine"

(suite)

 

 

Le regard de Simone Cixous

 

Pendant le Congrès, l'atelier proposé par Anne-Marie n’a pas désempli.
J’ai assisté à l’une des séances, en observatrice seulement, mais fortement concernée, ayant déjà vécu un tel atelier sur les terres Saint-Amand en Puisaye au cours d’un stage du secteur Créations. C'est dans ce haut-lieu de la poterie, riche de ses très anciens fours et de ses superbes carrières d’ocres, où elle exerce sa passion, qu'Anne-Marie nous avait accueillis.


Mon regard sur l’atelier en porte bien sûr des traces.

Une aventure à vivre : tenter la rencontre, guidée par Anne-Marie, de cette matière fluide, filante, soyeuse.

D’abord des yeux, une dose de kaolin blanc, nacré, lisse, coulée sur le support noir de la table.

Puis, en silence, par étapes, explorations des deux mains, ou d’une main, « dans tous ses états » : paume, dos, tranchant, poing, l’autre main parfois en appui sur le support, les gestes traçant, dessinant des symétries, des courbes, des volutes, des écritures.

Gestes pour rassembler, ramasser pour donner forme ou au contraire séparer, étaler, lisser la barbotine.

Trouver la bonne assise du corps, sentir le sol sous ses pieds.

Tâtonner pour trouver le bon contact qui apprivoise le fuyant, le filant, sous, dans les doigts. Tentation de «s’en débarrasser» : s’essorer, secouer les mains (bruits mouillés des gouttes lourdes sur le support noir), pianoter, étaler, tamiser, saupoudrer (comme farine ou sucre… familiers), pour délier la main, le geste, sollicités, absorbés, actifs - ou dissous, englués là, dans la matière qui se dérobe.

Puis, à tâtons, les yeux bandés, avec, sans le relais de la musique (qui apaise ou guide), chacun s’éprouve à faire corps avec cette matière «première», apprivoisée assez pour que formes naissent.

Enfin sur la page lissée de kaolin blanc, Anne-Marie invite chacun à tracer son « graphe » personnel : à l’aide d’une spatule, sur le fond noir du support, un motif, une histoire, un objet…qui lui est sensible.

Véronique : «C’est un couple d’amoureux, ils sont seuls au monde».
Marlène : «Une promenade dans un bois, parents et enfants, ils ont un grand chien avec eux, ils s’aiment bien, ils se donnent la main ».
Jane : «Ca peut être moi qui danse, en me sentant plus forte que le dragon»
Annick : «J’ai représenté le plaisir de la danse».
Nathalie : «Le phare et la tempête en négatif».
Carine : «Un dos aimé qui ne l’est plus».
Odile : «Histoire de Pierre et le loup : ici le loup, le canard et l’oiseau».
Claire : «Un serpent et un oiseau avancent de conserve sous le soleil».
Anne : «Un corps replié sur lui-même qui se déploie vers l’extérieur sur le monde».

 

 


 
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