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Les maisons

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Février 2003

 


CréAtions 105-  Résonances - publié en janvier-février 2003

Ecole Maternelle – Aizenay (Vendée) - Enseignante : Anne Flamand.

 


Les maisons

 

Dans ma classe, je lie la poésie au dessin libre.
Pour accueillir celui-ci dans toute la dimension d’imaginaire où il est né,
Pour l’enrichir en proposant des correspondances avec une autre expression de l’imaginaire, celle du langage poétique,
Pour que puisse en bénéficier le développement du langage lui-même.

Concrètement, quand un enfant vient me montrer un dessin (et surtout quand il est difficile pour lui d’en parler) je lui propose un ou plusieurs poèmes qui reprennent un thème ou un élément de son dessin (dire et redire).
On colle ces correspondances dans un grand cahier, on complète et on y revient souvent.

L’écoute s’installe (on va de la surprise à la demande). De l’individuel, il est possible de passer au petit puis au grand groupe, sans renoncer pour autant à l’individuel qui, à mon avis, est essentiel.

Les textes sur fond rose sont de Paul Eluard   Les textes sur fond mauve sont de Gaston Bachelard, Poétique de l'Espace

La maison plus encore que le paysage est un “ état d’âme ”.
Même reproduite dans son aspect extérieur, elle dit une intimité.

 


La maison s’éleva comme un arbre fleurit
Sous les paumes du vent une aurore de briques
Tendit haut son filet de bouches réunies

Un mur gagnait un mur des chutes de lumière
Creusèrent leur chemin la sève circula
Le toit scella le ciel la fenêtre s’ouvrit.

 

 

La maison est notre coin du monde. Elle est – on l’a souvent dit – notre premier univers. Elle est vraiment un cosmos.


 

La maison est imaginée comme un être vertical. Elle s’élève. Elle se différencie dans le sens de la verticalité. Elle est un des appels à notre conscience de verticalité.

Le toit dit tout de suite sa raison d’être ; il met à couvert l’homme qui craint la pluie et le soleil [...] Le rêveur lui-même rêve rationnellement ; pour lui, le toit aigu tranche les nuées. Vers le toit toutes les pensées sont claires. Dans le grenier, on voit l’ossature des charpentes. On participe à la solide géométrie du charpentier.
Tout être fortement terrestre - et la maison est un être fortement terrestre – enregistre quand même les appels d’un monde aérien, d’un monde céleste. La maison bien enracinée aime avoir une branche sensible au vent, un grenier qui a des bruits de feuillage.

 

 

  sommaire n° 105 Résonances  

 

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