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Je tisse ce que je peins, je peins ce que je tisse

Dans :  Arts › Principes pédagogiques › Techniques pédagogiques › 
Novembre 2004

 

 


Quatre petites écoles rurales du nord de Roanne : Coutouvre, Jarnosse, Maizilly et Mars.
 
 
Sur les pas de Michèle Bonnetain
 
 
Ces quatre classes, qui travaillent en R.P.I, (regroupement pédagogique intercommunal) utilisent l’aide financière apportée aux projets des classes à PAC en s’emparant du patrimoine local qu’est le tissage. D’ailleurs, Charlieu, la ville la plus proche est connue pour le tissage de la soie et son musée expose souvent des artistes qui exploitent ce moyen d’expression (voir dans le même numéro de Créations, l’article sur Odon).
 

Tisser fut pour les humains le moyen de fabriquer divers objets utilitaires, avec les matériaux dont ils disposaient ou qu’ils transformaient. C’est ainsi que les herbes, les feuilles, les tiges, les écorces, la laine, les fils de toutes sortes ont servi pour fabriquer vêtements, pièges, abris…

 
Cette histoire se prolonge aujourd’hui avec les matériaux composites qui forment la structure des fusées.
Au-delà de l’utilitarisme, les artistes comme Michelle Bonnetain exploitent aussi les multiples possibilités offertes par le tissage.
 
Pour tisser, il faut réaliser ce qu’on peut appeler un fond « la chaîne » et y entrecroiser d’autres éléments qui forment la trame. A partir de ces éléments de base, de multiples variations sont permises.
 

Au cours de leur expérimentation, les enfants explorent eux aussi une multitude de possibilités.

 

La palette est large sous l’œil et la main pour créer à sa guise. La technique, si elle est la même au départ, se laisse apprivoiser et exploiter à la guise de chacun ; elle se soumet à l’expression des sensibilités différentes. Mais elle reprend souvent le dessus avec la loi du hasard et là, c’est elle qui soumet le réalisateur ! Il est difficile d’imaginer d’avance l’effet qu’on veut obtenir et de l’obtenir réellement.

L’un mélange les matières, le fond en papier fort et les bandelettes en papier souple, plus fin, de nature différente.
Un autre utilise du papier Kraft tel que ou froissé pour donner du relief, l’obligeant à dévoiler ses richesses d’utilisation.

On s’intéresse à une seule face mais aussi, après avoir constaté qu’on obtenait d’autres effets au verso, avec plus d’habileté, on essaie de maîtriser les effets obtenus sur les deux faces. Recto et verso offrent ainsi des images différentes.

 

 


 

 

Ils utilisent également des magazines, sélectionnent des pages avec des portraits et tissent deux feuilles entre elles en prenant soin de mettre le portrait de l’une en recto et le portrait de l’autre en verso. De chaque côté le portrait obtenu après tissage apparaît ainsi modifié par le hasard de l’imprimerie qui se trouve derrière l’image choisie. Avec ou sans intention préalable, il est difficile de maîtriser les effets obtenus. Mais c’est cela aussi qui est agréable, la surprise ! Les visages se présentent sous mille facettes. On est peut-être proche de la réalité…


Pour affronter les mers, les enfants peignent les matériaux, avant de les utiliser, avec les couleurs qui rappellent l’atmosphère du milieu aquatique, avec du jaune, du bleu et du vert comme dominantes. Les tissages réalisés, ils ont envie d’y ajouter la vie. Ils fabriquent des pochoirs de poissons, mouettes, hippocampes, étoiles de mer pour rompre les rythmes croisés par des éléments nouveaux, peints par dessus, ça et là, avec des formes et couleurs tranchantes.
Pour la trame, les enfants découpent, déchirent des bandes d’épaisseurs, de largeurs régulières ou irrégulières, de la forme des vagues ou plus droites…
Le support est découpé, fendu de façon traditionnelle, en lignes parallèles aux bords, mais aussi en diagonales, en lignes courbes, vagues ou spirales…
On peut tisser tout ou partie de la surface support en laissant des secteurs non tissés… C’est la fantaisie qui dirige les opérations.

Les bandelettes tissées terminent leur chemin, collées ou libres, hors support… On les torsade, plissées ou on les garde plates, au choix de chacun.

 

 

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