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Hans Walter Müller, architecte de l’éphémère (2)

Dans :  Pour les élèves › 
Janvier 1999

 

 

 

                                      

 

Pourtant, nous évoluons comme des poissons dans l'eau au sein de la matière atmosphérique. Un ventilateur, un moteur électrique maintiennent la pression nécessaire dans la bulle. On mesure cette pression en "colonne d'eau"; on pourrait la convertir en "colonne d'air". C'est sur elle que repose l'architecture.

Si H.W. Müller utilise les technologies d'aujourd'hui, s'il privilégie des matériaux inhabituels dans la construction, c'est que chaque matière a ses talents, le béton comme le plastique. Moderne ou ancienne, dure ou molle, elle est mise au service de l'idée.

Toutes ses structures sont mobiles, éphémères le plus souvent. Les formes de base sont variées: sphériques mais aussi coniques, cylindriques...

H.W. Müller souhaite créer une qualité d'espace où un être humain évolue avec plaisir et dont il garde la maîtrise. Il nous libère de contraintes que nous avons gardées par habitude alors même que les progrès techniques ne les rendent plus nécessaires. Par exemple, les murs!

L'architecture de H.W. Müller, fluide, évite les ruptures. Elle fonctionne comme le corps humain ou les plantes, dont il est féru, grâce à la pression des liquides. Son coeur est une pompe. Son enveloppe est une peau. Lieu d'échanges, elle permet les reflets, les transparences, les projections, les ombres portées. Fragile, elle est l'objet d'attentions et de soins et s'avère finalement très résistante: la maison de H.W. Müller a été gonflée il y a 27 ans!

En ce sens, on peut parler d'architecture biologique. La bulle est vivante et disparaîtra avec ses utilisateurs car H.W. Müller s'est aussi débarassé du droit de propriété...

 

 

 

A l'aube d'un millénaire où la mobilité est un atout majeur, où la communication est de plus en plus visuelle, H.W. Müller construit des espaces à vivre, des espaces à méditer, des espaces à rêver pour les citoyens du monde d'aujourd'hui et de demain.

 

 


 

H.W. Müller est né à Worms en Allemagne, en 1935. Il est architecte, mais aussi sculpteur d'images, mais encore prestidigitateur.

Voici quelques repères au sein d'une oeuvre importante à la fois par son message et par le nombre de structures gonflbles mises en place.

1963 : il expose Machine Cinétique.

1968 : il expose Volux au Musée d'Art Moderne à Paris.

1970 : créations d'un théâtre à Saint-Paul-de-Vence.

1971 : il s'installe à La Ferté-Alais. Il crée un atelier gonflable pour Jean Dubuffet.

1975 : créations d'une volière au Parc de Saint- Vrain.

Depuis 1979, il participe au Festival Cathédrale d'images aux Baux-de-Provence.

1980 : création de décors de théâtres, ballets, opéras.

1982 : création d'un volume a Trocadéro.

1983 : création d'un volume à La Villette.

1986 : création d'un volume au Bourget.

En 1992, il participa au Festival du Vent à Calvi.

Il travaille aussi à l'étranger: Tokio, Barcelone, Florence, Vienne, etc

La porte, lieu de passage entre l'intérieur et l'extérieur. On se sent aspiré, accueilli par la souplesse de la structure. On ne peut s'emp^cher de penser à la naissance, au passage d'un monde liquide à un monde aérien.

 

 

 

 

 

 

 
                                          

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CréAtions  N° 85

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