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Février 1946

La préparation, l'édition ou la réédition de nos fiches autocorrectives ne doit pas nous faire oublier ni négliger l'autre face plus importante encore de Sa question : l'acquisition et le développement du sens mathématique et la résolution des problèmes que pose la vie.
Dans ce domaine, nous avons déjà une longue tradition, synthétisée dans la série Calcul de notre fichier scolaire coopératif : fiches-mères, fiches documentaires, fiches d'exercices.
Sur le principe théorique, nous sommes tous bien d'accord : le sens mathématique s'acquiert et se développe quand il s'exerce selon les normes courantes sur des problèmes qu'a posés la vie ou, du moins, l'intérêt dominant de nos enfants.
Par notre technique de textes libres, d'imprimerie et d'échanges, nous mettons à jour avec sûreté, les véritables centres d'intérêt des enfants dans le cadre de la vie ambiante ; nous découvrons, de ce fait, avec sûreté, les lignes les plus efficientes de nos travaux mathématiques.
C'est un fait acquis.
Mais il ne suffit pas.
Comment, en partant de ces textes vivants, de cette vie, organiser, non plus théoriquement mais pratiquement le travail des enfants; comment leur offrir, leur rendre possible les calculs dont ils sentent la nécessité ? L'enfant a envie de jardiner. Mais si vous n'offrez à un grand qu'un petit coin- jouet comme aux tout petits, il ne sera pas satisfait ; si le jardin est trop dur et trop pierreux, l'élève se découragera. Si les petits n'ont à leur disposition que des outils trop lourds et non à leur mesure, ils se lasseront avant même de commencer. Et l'on dira parfois : ils n'aiment pas travailler aux champs, il faut les y contraindre.
Mais offrez-leur un travail à leur mesure, où ils sentent leur efficience, et vous verrez quel emballement et quel profit. De même pour le calcul. Le centre d'intérêt est là. Mais il faut permettre aux enfants de pratiquer les calculs et les recherches qu'ils désirent avec des possibilités techniques à leur mesure. Autrement dit les calculs et les problèmes devront être à la mesure des enfants.
C'est là la grave difficulté pédagogique à résoudre.
Il est, certes, quelques éducateurs à génie mathématique qui seront capables de bâtir, en un tournemain les calculs adaptés qui passionneront les élèves.
Mais cela c'est l'exception. Dans la pratique, ce travail ne peut s'improviser. Et pourquoi les instituteurs ont alors recours aux manuels à exercices gradués,
Il faut que nous préparions le matériel nouveau qui permettra à n'importe quel instituteur d'offrir très rapidement à ses élèves, sur le centre d'intérêts révélé, les éléments de calcul adaptés et efficients.
Nous avons nos fiches documentaires qui, généralisées, seraient précieuses. Nous devons faire mieux encore, Je propose que la Commission du Calcul Scolaire fasse une statistique comparée des centres d'intérêts qui, au cours de l'année, apparaissent couramment dans presque toutes les classes, avec les dates probables de cette apparition. Autrement dit, nous établirons une liste très approchée de nos véritables centres d'intérêts.
Pour chacun de ces centres d'intérêts, nous établirons ensuite, sur fiches et sur brochures :
— les documents indispensables (à compléter selon le milieu et par des enquêtes):
— les problèmes à établir et à poser pour les différents cours:
— de nombreux problèmes d'exercices gradués (des renvois à nos fichiers autocorrectifs faciliteraient cette graduation).
Nous avons déjà des éléments importants pour un tel travail, notamment des fiches de Sebbah (Constantine) dont nous publions un exemple.
Il suffit de se mettre à la besogne.
Inscrivez-vous à la Commission de Calcul en vous adressant à Freinet en attendant que soit désigné le responsable.
C. F.