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Un après-midi d'échanges et de pratique avec les médiatrices de L'art dans les chapelles - juin 2012 -

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Un après-midi d'échanges et de pratique
avec les médiateurs de "L'art dans les chapelles"

 

Cette année, nous nous donnons plus de temps. Rendez-vous est pris pour 11 h avec les deux médiateurs pour la visite des deux chapelles. Après le pique-nique au bord du Blavet, deux heures de pratique puis découverte des réalisations de chacun et discussion.

 Vincent Ganivet

à

la chapelle

Saint Drédeno

en Saint-Gérand

Wilson Trouvé

à

la chapelle

Notre-Dame

de-Joie

en Saint-Thuriau

 

Pour la deuxième année consécutive, quelques membres du GD 56 participent à des visites guidées des oeuvres exposées dans le cadre de l'art dans les chapelles. Visite guidée le matin et réalisation l'après-midi par chacun d'entre nous d'une oeuvre individuelle ou collective. Il est important pour moi de préciser qu'il s'agit de la deuxième année, car sans l'avoir prémédité, les deux oeuvres que j'ai réalisées à un an d'intervalle constituent finalement un diptyque. L'an passé, je n'étais pas partie de l'exposition en place, j'avais travaillé autour du calvaire de la chapelle Saint-Nicolas en Pluméliau. Il s'agissait d'une lecture très personnelle de l'ascension du christ. De la même façon, cette année, à la chapelle de Saint Thuriau, mon regard s'est d'emblée porté sur l'architecture religieuse.

Je pensais travailler sur la figure d'un ange taillée au-dessus de la porte de l'église. En me dirigeant vers la statue, le christ du calvaire m'interpelle une nouvelle fois et me viennent les mots: "Allez saute!". Il me paraît finalement assez logique qu'après la mise en croix vienne le temps de l'émancipation. Me laissant donc portée par ces mots, je décide d'installer une sorte de hamac pour amortir la chute du christ. Une bâche, quelques branches plantées en terre pour la soutenir... Le symbole est en place. J'imagine ensuite, la course libératrice du christ figurée par quelques objets disséminés sur le sol . La couronne d'épines, symbolisée par quelques ronces nouées en cercle, sera la première à être ôtée puis nonchalamment sera jeté le morceau de drap sale qui lui camoufle historiquement le sexe. Par chance, j'avais dans ma voiture un vieux pantalon que je me suis chargée de découper. J'avais veillé à laisser sur le bord du chemin de course un bouquet de digitales, métaphore du poison que le christ laisse derrière lui. Stellane

Autant la première œuvre que nous découvrons, à la fois imposante et aérienne, occupe l’espace de la chapelle, autant la seconde se fait discrète: sur le pas de la porte, une interrogation : le mur est différent, une fissure ? Impossible, le régisseur n’aurait pas laissé passer ! Un faux mur coupé en deux ?  L’intervention de l’artiste certainement, mais quelle intervention ?  Plus j’approche, plus ce fragment de paysage que je perçois se précise, reflété par une fine bande de miroir verticale. Je me retourne : dans l’angle un paysage horizontal blanc et noir, dessin ? peinture ? Là aussi l’artiste nous invite - nous contraint ? -  à approcher pour "voir" des ardoises peintes et cassées, évoquant les frondaisons. Entre cette horizontale et la verticale, l’oblique de l’échelle.

Pour ma production, je retiens de l’œuvre de Vincent Ganivet le mot "martyr" * et de celle de Wilson Trouvé ces lignes noires.

Une grande affiche, des cartons, des couleurs : bleu, jaune, blanc, il n’y a pas de noir. Je peins l'un des cartons aux couleurs du paysage environnant afin de le déchirer ensuite. L'autre, mis à plat, me sert de gabarit pour fabriquer mon "martyr".
Si Wilson Trouvé a choisi de faire entrer le paysage extérieur dans la chapelle par ses lignes d’ardoises et de miroir, moi je choisis de mettre le ciel au ras du sol (enfin presque) en disposant mes bandes de carton déchiré sur le mur de l’enclos. Quant à mon "martyr", je l’installe dans le coin opposé à la ligne d’ardoises. Jacqueline


*terme utilisé en menuiserie et ébénisterie.

Le résultat de mon "travail" importe peu : j’ai tenu compte de l’aspect minimaliste de l’œuvre dans la chapelle.Ma propre contribution a donc été rapide et simpliste d’autant plus que je me sentais pas inspirée du tout par ce que je voyais dans la chapelle : pas d’émotion, pas de compréhension d’une quelconque démarche…
MAIS, au moment de la présentation quand le groupe a "commenté" mon "œuvre", j’ai à nouveau été très sensible au côté bienveillant des interventions, je me suis sentie acceptée malgré la médiocrité de mon travail… c’est ça la magie de la Pédagogie Freinet !
Du coup, mon regard et ma compréhension des œuvres exposées dans la chapelle se sont modifiés : je ne me sentais plus extérieure mais faisant partie du même monde et progressivement, j’ai commencé à apprécier cette bande minimale qui reflète…
Et même lors d’une visite ultérieure avec des amis dans la même chapelle je me suis surprise à "aimer" retrouver cette même bande qui m’est apparue plus complexe, plus riche, plus vivante encore.
Hélène

Sur le fond blanc de la chapelle, le noir de l'ardoise me frappe. J'aime la simplicité de l'œuvre, ce contraste noir et blanc. J'y vois des paysages, je pense à la montagne, à tous les plans que l’on découvre face à un paysage de montagne.

Je me lance dans ma production toute seule (et c'est moins facile que l'année dernière car à deux j'hésite moins). J’ai du mal à m'y mettre ….
Je choisis plein de couleurs je ne sais pas trop pourquoi, sans doute pour faire le contraire de l'artiste. Je réalise une accumulation de papiers déchirés qui se chevauchent pour dessiner les lignes d'horizon de mon "paysage de montagne", je les cerne avec un crayon ou de la peinture.
Je reprends l’idée de Jacqueline qui travaille près de moi et à la peinture, j’ajoute d'autres lignes en utilisant un pochoir, c’est très chargé. Sur le coup j'aime un peu cette réalisation que je ne place pas dans un lieu précis, je la laisse sur la table.
Après la présentation des autres (au cours de laquelle nous avons bien ri), je n'aime plus mon travail car je le trouve vraiment trop chargé.
Ann

- Pourquoi j’ai eu envie de faire ça ?
Je fais partie des victimes de l’enseignement traditionnel, pour ce qui est des arts plastiques. Aussi, lorsqu’il est question de créer, je me réfugie toujours derrière une technique : photo, vidéo… Quand j’ai pratiqué la poterie, j’ai voulu apprendre à tourner (j’ai d’ailleurs échoué).

- Y avais-je pensé avant ?
A la première séance de GD, j’avais assuré le reportage photo. Je n’avais pas envie de refaire pareil. Alors j’ai pensé animation. J’avais déjà expérimenté cette technique pour faire un ciel "accéléré". On voit souvent ce truc dans des films. Je crois que ça s’appelle "time lapse". Avec mon appareil photo, il y avait sur le CVD un petit logiciel qui permet de piloter l’appareil par l’ordinateur. On peut paramétrer les intervalles de prises de vues. Ça marche bien. Donc j’ai décidé de rendre compte par une vidéo en "time lapse", de notre "après-midi créations GD 56". Et j’ai prévu tout le matériel nécessaire.

- Quel a été le déclencheur de ce travail ?
J’ai tout mis en route et y’avait plus qu’à attendre… C’est là que m’est venue l’idée d’un point fixe dans cet accéléré. Mais le décor est déjà fixe. D’où l’idée d’un mouvement lent que je créerais en me déplaçant très peu et en gardant la même posture.

- Suis-je satisfait ?
Du coup, ça, je ne l’avais pas pensé avant. Il aurait fallu que je peaufine ça : déplacements coordonnés avec la cadence des photos, posture plus travaillée… Mais là, je me serais privé d’un petit plaisir : celui de la devinette. J’étais en train de créer, les mains dans les poches, alors que tout le monde s’activait. Personne ne se rendait compte de ce que je faisais. (Un artiste contemporain en écrirait des tonnes sur l’immobilité créatrice, alors que le monde fébrile s’agite autour de lui…). Ce n’est qu’au bout d’un très long moment que vous avez réagi. Avec une tentative très courte de participer tous, au moment des présentations d’œuvres. Et puis j’ai tenté de trop jouer, en « disparaissant entre deux arbres ». Ce n’était pas une bonne idée parce que le spectateur, il me semble, n’a pas encore eu le temps, à ce moment-là, de réaliser que je me déplace bizarrement dans la scène.Donc, mon déplacement n’est pas assez fluide, pas assez évident dès le départ. Anne, en rouge, est trop statique une grande partie du temps. C’est pas la faute d’Anne, c’est mon cadrage qui est mal choisi. Plus pas assez de batterie pour toute la durée de notre séance. Dommage, il y avait des solutions techniques pour éviter ça.
Philippe

Viens pou-poule !!! ou comment l'art ne rime pas nécessairement avec le cochon !
Une journée "Art dans les chapelles"
L'année dernière, les visites ne m'ont pas franchement inspiré et je me suis un peu réfugié derrière mon appareil-photo pour laisser produire les autres.
Ce qui n'est pas le cas cette année; l'installation de Vincent Ganivet à la chapelle Saint-Drédeno, notre première visite, me donne "envie de faire" : de l'art avec des briques, enfin de quoi avoir une "motivation béton"  !
Dans le matériel que nous avons apporté, je cherche ce qui peut me servir de matériau de base., en multiples exemplaires comme les briques : pas grand chose …., si ce n'est ces plaques d'œufs!
Je découpe beaucoup, beaucoup pour confectionner des bandes que j'assemble ensuite, tâche fastidieuse s'il en est! ! J'obtiens ainsi cinq bandes loin d'être aussi solides que la construction en briques vue le matin. Un poteau présent sur le site sert de socle, et me permet de disposer ces "cinq bras" façon pieuvre. Patrick
photo en attente

Après les visites des deux chapelles, je choisis de me confronter à l’œuvre de Vincent Ganivet . Je me mets dans la peau de mes élèves qui vont bientôt la découvrir : qu’est- ce que je ressens ? Qu’est-ce que j’y vois ? Cela m’inspire-t-il ? Quand je l’ai vue lors du pré-vernissage, elle n’était pas terminée, il y avait encore les supports, le « patron », à l'intérieur et tout de suite, j’ai pensé « si on les enlève, tout va-t-il tomber ? »
Et si moi, je construis une telle structure, ça se cassera la figure, sûrement ! Je choisis alors de la réaliser non vers le haut, majestueuse et gigantesque, mais vers le bas, comme un retour vers la terre :
- les mots, ce sont mes pensées, écrites en vrac, affolées, qui tombent comme l’œuvre ;
- la couleur rouge, c’est la chute, la colère de ne pas y arriver, voire la goutte de sang quand on ne réussit pas à clouer son œuvre et qu’on se fait mal avec un marteau ;
- les briques, ce sont les kaplas de ma classe auxquels j’ai tout de suite pensé ;
- l’élément en papier alu, argenté, c’est une tentative d’ascension vers le ciel, la victoire, mais au sommet de nouveau la déception, en partie transcrite.

 

Là je me confronte à ma pratique artistique et à la difficulté de traduire plastiquement toutes les idées que m’inspirent les œuvres. Mais ce n'est pas grave! L'important c'est le moment passé à essayer... Anita

 

Titouan

J'ai opté pour une intervention minimaliste au regard du fil brillant qui courait devant la porte de la chapelle... J'aurais pu faire encore moins de petits cercles. Mais finalement, j'y ai pris goût, comme au tricot ou à la broderie.

Anne GM

 

Marie-Etoile et Pierre-Antoine, les médiateurs, ont choisi tous les deux de travailler sur les lignes de paysage.

 

 Les arts plastiques dans le GD 56