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EN ÉDUCATION ARTISTIQUE ... ••• QUELLES PERSPECTIVES !!!

Juin 1978
 

EN ÉDUCATION ARTISTIQUE ...

••• QUELLES PERSPECTIVES !!!
 
 

Nous avons tiré une sonnette d'alarme dès la connaissance du rapport Daudrix qui proposait une réforme de "L'Éducation Artistique" (voir La Brèche 1977 ou L'Éducateur Numéro 12 - 1977).

 

Il nous apparaissait à tous, praticiens, dangereux de parer "doués " et "non doués". Ce fameux rapport mis en sommeil, "l'Éducation Esthétique" devenue "Éducation Artistique"est apparue en sommeil ? Alors ? Quel bilan Pour nous qui voyons passer en moyenne cinq cents élèves par semaine en vingt heures (deux heures de plus que les autres certifiés).


LA VIE AU JOUR LE JOUR :
Les crédits de fonctionnement varient de 1 F par élève et par an, à 2,50 F.
L"éducation artistique" est la seule discipline à n'avoir pas profité des subventions de la réforme(pour les autres disciplines : crédits pour livres,crédits d'installation pour les E.M.T.).
 
L'ÉDUCATION ARTISTIQUE EST UN MYTHE À DÉNONCER :
- Comment serait-il possible à un même enseignant d'intervenir aussi valablement et efficacement en arts plastiques, qu'en musique, qu'en architecture, qu'en cinéma, qu'en artisanat,qu'en ...
Il ne faut pas confondre Éducation Artistique avec délayage artistique !
- L'administration se sert de l'argument qui consiste à montrer les professeurs des disciplines artistiques comme des marginaux ! C'est faux !
Ce type d'enseignant cloisonné tend à disparaître. Nos collègues font des efforts d'ouverture, aussi bien dans leur apport de techniques que dans leurs relations interdisciplinaires. D'ailleurs, comment progresser avec de telles conditions de travail ?
- Alors qu'un bon nombre de ces collègues montre une légitime demande pour se former ou pour "s'ouvrir", l'administration organise des stages de 3 jours - auparavant il n'existait aucun stage dans ces disciplines -, pour "adapter"les enseignants d'arts plastiques et d'éducation musicale, à la réforme !
Une majorité de collègues a refusé ces stages qui ont d'ailleurs été repoussés à une date ultérieure.
 
SI L'ON NE DONNE PAS LES MOYENS
- Matériels (crédits).
 

- En personnel qualifié (créations de postes permettant des dédoublements) : c'est en disciplines artistiques, il y a le plus de catégories : 14, allant de ·l'agrégé au MAIII ; et qu'il y a le plus de collègues insuffisamment formés. C'est en éducation musicale qu'il y a le plus d'enseignants n'ayant pas ru de formation spécifique ; plus de 100 % en comptant les auxiliaires ; en arts plastiques : plus de 60 %.

 
SI L'ON NE FAVORISE PAS UN TRAVAIL EN ÉQUIPES PLURIDISCIPLINAIRES
l'enseignant des disciplines artistiques interviendrait autant que celui d'autres disciplines -chacun étant spécifiquement formé dans sa discipline; il existe encore trop de collèges n'ayant qu'un poste budtaire soit d'arts plastiques,soit d'éducation musicale, les heures restantes étant données à des collègues d'autres disciplines ; il n'existe pas de moyens nouveaux pour lducation artistique en France, on assiste seulement à une nouvelle répartition des moyens existants.
 
SI L'ON N'AUGMENTE PAS LE TEMPS CONSACRÉ À L'ÉDUCATION ARTISTIQUE
(actuellement d 'une heure en musique et d'une heure en arts plastiques au collège, dessin et musique étant optionnels en lycée).
Il est certain que nous ne parviendrons pas, ni à surmonter les quilibres éducatifs (élèves formés uniquement à l'intellectuel et jamais au sensoriel), ni à assurer les bases minimales d'une réelle éducation artistique de masse, c'est-à-dire une éducation des sens - vue, oe, toucher -pour chaque élève.
Christian BIANCARDINI
Professeur de dessin
 
 
 

DESSIN ET MUSIQUE, EN SURSIS ?

 
 

Récemment, nous avions publié (1) un article qui dégageait de la pratique quotidienne du dessin en sixième les causes d'inquiétude des enseignants. Ceux-ci, accueillant dans leurs classes un nombre accru d'élèves, se trouvent de plus en plus dans l'impossibilité de les initier à un nombre suffisant de techniques vraiment libératrices de l'expression,et de leur donner l'accès à l'autonomie.

 

Cet article reprend et amplifie, à la suite de celui de C. Biancardini, les exigences minimales d'un enseignement enrichissant du dessin et de la musique, refondus en"éducation artistique".

Après l'aggravation de nos conditions de travail ? Un démantèlement encore plus grand est envisapour la prochaine rentrée scolaire :
• Cette année des stages de trois jours ont eu lieu dans toute la France au premier trimestre, pour recycler les enseignants d'éducation musicale et d'arts plastiques :
Chacun de ces enseignants deviendra enseignant de musique ET de dessin, c'est-à-dire d' ÉDUCATION ARTISTIQUE !!!
• Au deuxième trimestre, ces stages ont été brusquement suspendus et repoussés à une date ultérieure. La raison, inconnue, est sans doute facile à deviner quand on sait que dans plusieurs académies, ces stages ont été le lieu de vives protestations ! Mais il ne faut pas s'attendre à une annulation !
 
POURQUOI CETTE BIVALENCE ?
- Économie de postes.
- Avec un minimum de professeurs, un maximum d'enfants seront touchés et ceci dans les pires conditions.
- Et dans un proche avenir, on débouchera sur une éducation artistique théorique et consommateurs passifs.Ces grignotages, ces économies faites au détriment des élèves et des enseignants, cet anéantissement de deux disciplines vitales et indispensables, ces "stages-miracles" de recyclage, cette impossibilité d'être à la fois spécialiste de la vue et scialiste de l'oreille, doivent être dénoncés par chacun de nous dans toutes les instances il nous est facile de le faire : réunions de parents, conseils de classe, conseils d'administration, tout en menant parallèlement des luttes syndicales !
Commission dessin et musique 2D degré
 
(1) La Brèche, mars 78, numéro 37, page 3