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Une poignée d’appréciations

Mars 1935

Notre Pédagogie Coopérative

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Une poignée d’appréciations :
 
Je suis entièrement absorbé par ma classe. Je ne sais qui, du maître ou des élèves, est le plus intéressé par les techniques nouvelles. En tout cas, c’est la première année que je fais ma classe avec joie, et c’est la première année où j’ai réellement envie de faire ma classe.
Quant aux élèves, un fait entre autres m’a révélé l’intérêt profond qu’isl portent à l’imprimerie :
En décembre dernier, des cambrioleurs sont venus visiter l’école ! La première question des gosses en arrivant le matin : « Est-ce qu’ils ont volé la casse ? » Et il fallait voir leur satisfaction de trouver intacte leur installation.
En janvier, il m’a fallu changer de local et en occuper un situé dans un autre groupe scolaire. Lorsque j’ai annoncé aux élèves que je partais, ce fut une véritable consternation. Quelques uns d’entre eux, plus francs, avouèrent la pensée intime de tous :
-          Monsieur, partez, mais laissez-nous l’imprimerie !
Je dois avouer qu’à ce moment j’ai compris combien la méthode est moralisatrice dans ses effets. Dans de telles circonstances, l’an dernier, ces mêmes éléments auraient joué la comédie de l’attachement au maître, parce que dans les leçons de morale il est dit que l’on doit aimer le maître même lorsqu’il punit.
Les bambins ont d’ailleurs sauté de joie lorsqu’ils ont appris qu’eux aussi venaient avec moi.
Et je suis dans milieu très défavorisé. Ce sont de vrais prolétaires juifs, vivant dans des ghettos, côtoyant la prostitution, révoltés de naissance et d’instinct, rebelles à tout travail, et cependant s’inclinant devant le puissant, quitte à le narguer après. Les collègues m’avaient prédit un échec retentissant ! J’ai eu pas mal d’inquiétudes, mais maintenant je chante victoire car l’Inspecteur vient de me donner mon brevet de réussite.
                                                                                                                 HANEZ (Oran)
 
D’un camarade espagnol :
Ici nous pouvons travailler parfaitement avec l’imprimerie. Notre administration, très large, nous permet d’appliquer ce système à l’école. Chaque instituteur, sous la tutelle de l’inspection, peut réaliser selon son jugement personnel le programme scolaire.
Notre coopérative publiera bientôt un bulletin. De nombreux instituteurs espagnols sont enthousiasmés par cette technique.
 
 
                                                                                                     Millac, le 11 janvier 1935.
                               Cher camarade,
Je me suis très vite mis au courant de l’imprimerie et maintenant ça va très bien. Les résultats sont vraiment merveilleux en français.
Je fais de la propagande, mais deux choses arrêtent les camarades : la dépense et… la peur de ce que disent les chefs et les parents.                      
                                                                                          BAGOUET, Millac (Vienne)
 
Je vous accuse réception du matériel d’imprimerie commandé en mai dernier.
L’imprimerie fonctionne à la grande joie des élèves et de l’institutrice. C’est un renouveau dans la classe ! Le mois de juin, toujours « pénible » d’habitude, se passe dans la joie et le travail . C’est un surcroît d’efforts … d’enthousiasme, aussi nous « vivons » notre livre « L’Imprimerie à l’Ecole ».
                                                                                                     M. SPY (Nord).
       Ecole Normale d’instituteurs de la Vienne à l’instituteur de Gouëx (Vienne).
       Cher Monsieur,,
L’encombrement des occupations et des dérangements, les circonstances, mettons aussi (il faut tout avouer) un peu de négligence expliquent (et ne justifient pas trop bien) mon long retard à vous remercier de votre aimable envoi du châtaignier Rond. Je n’ai pas manqué de le communiquer à mes élèves-maîtres, avec le journal analogue de Millac, pour leur faire apprécier la valeur pédagogique du procédé de l’imprimerie à l’école, et le vif intérêt des résultats que vous avez su en tirer. Ils semblent bien résider, d’après votre exemple, dans l’attention et l’application plus grandes portées par les élèves aux exercices d’observation et de français, aboutissant à une découverte de plus en plus riche, une compréhension de plus en plus intime du milieu local, la réalisation, pour tout dire, de cet idéal vers lequel nous nous efforçons de tant de façons : l’union entre l’école et la vie. Il y a sans doute beaucoup d’autres choses dans l’Imprimerie à l’Ecole. C’est ce que, personnellement, j’y vois surtout, et de préférence ; c’est par là que le procédé mérite d’être connu et de s’étendre. C’est ce que je dis à vos jeunes camarades. Mais des exemples sont bien plus convaincants que des leçons ; et c’est pourquoi je vous suis si reconnaissant de m’avoir mis à même de placer sous leurs yeux celui de l’école de Gouëx.
Avec l’expression de leur gratitude et mes remerciements personnels pour vous, cher Monsieur, je vous adresse mes compliments les plus vifs pour vos jeunes élèves, rédacteurs, dessinateurs et imprimeurs.
Ainsi que nos vœux de succès pour « le Châtaignier Rond ».
Bien cordialement. Signé : illisible.
 
Et enfin cette appréciation d’un abbé, directeur d’une école religieuse que nous nous abstiendrons de nommer afin de lui éviter les désagréments qu’un télégramme d’ardente solidarité avait valus à P. Desfontaines, professeur eux Université catholiques de Lille :
Je serais heureux de recevoir votre revue. Toute recherche d’amélioration de notre système d’éducation et d’appel à l’initiative et à la spontanéité m’intéresse.
Les numéros de votre revue que vous m’avez adressés pendant les vacances ont été reçus et lus avec une profonde et très sympathique attention, avec un grand intérêt pour votre effort.
Cela nous console de l’opposition aveugle et systématique de tant de cléricaux qui ne connaissent pas le premier mot de notre effort et se contentent de hurler avec les loups.
Quant à nous, nous exprimons toujours librement nos opinions, mais nous savons rendre hommage aux hommes qui, sans penser comme nous, savent critiquer et apprécier en tenant compte de notre dévouement et de notre foncière honnêteté intellectuelle.
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Camarades Espérantistes
Le Numéro 2 de « Proleta Literaturo » vient de paraître. C’est un cahier copieux de 10 grandes pages contenant entre autres :
Le réclamer, contre 3 fr. à l’administration de la Revue : H. Bourguignon, Besse-sur-Issole (Var). On s ‘abonne à la même adresse, à 12 fr. pour 4 numéros, 18 fr. pour 6 numéros.
 
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