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Nous, biologistes après tout

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Février 1975

 

NOUS, BIOLOGISTES APRES TOUT ...

 Eh bien, nous aussi nous sommes représentés dans le groupe Freinet Second degré.

 

Les réunions :

 Les collègues biologistes de la région parisienne se retrouvent aux réunions générales qui ont lieu une fois par mois environ, le mercredi après midi. Comme les professeurs des autres disciplines, nous nous réunissons entre temps pour débattre des problèmes plus particuliers aux sciences naturelles. Cela nous a permis d'échanger des "trucs" sur les élevages, certaines techniques d'observation, des adresses etc. Nous pouvons aussi discuter, expliquer notre travail, nos techniques.

 Avec comme idée de départ : des sujets de travail choisis par les élèves et des équipes formées autour de ces sujets, il semble qu'aucun de nous ne s'ennuie dans sa classe ! Il se passe toujours quelque chose !

 Les problèmes et les solutions sont multiples. Une difficulté constante : faire transmettre aux élèves, les résultats de leurs travaux. Lorsque l'horaire hebdomadaire est réduit à 1 ou 2 heures, l'exposé des camarades est considéré comme un cours qui retarde l'aboutissement du travail que l'on a choisi. Une enquête préalable menée par l'équipe dans la classe : "que voulez-vous savoir sur tel sujet ? " et la distribution de polycopies facilitent parfois les choses. Enfin un travail n'est bien accepté par tous que lorsqu'il apporte aux autres quelque chose que l'on n'aurait pu trouver tout seul sans difficulté.

 Nous avons parlé du problème que nous pose l'information éducation sexuelle. Des problèmes plutôt, et des multiples façons d'en · sortir ... Cette information· éducation sexuelle ne peut être et ne doit pas être l'apanage des professeurs de biologie. Serions-nous les seuls capables (coupables) ? Il nous semble plus important, pour nous pencher sur les questions de nos élèves, de nous connaître bien nous-mêmes et d'avoir fait personnellement le point sur cette question. Le groupe Second degré de la région parisienne a accepté des réunions sur ce thème avec des collègues de toute discipline. A nous· de préparer quelque chose, à tous de nous faire parvenir des idées et des documents.

 Les visites de classe :

 Il est question aussi de "voir" travailler les autres.

 NOUS avons donc compulsé emplois du temps et horaires des trains. Quelques rendez-vous sont pris. Ainsi je dois, un vendredi matin. de janvier, rendre visite à une collègue dans sa classe, non pas pour la voir se "dépatouiller" mais plutôt' pour essayer de participer quelques heures à son travail et en discuter.

 

 Les cahiers de roulement :

 Les contacts ne se limitent pas aux collègues de la région. Nous communiquons avec les naturalistes éloignés par l'intermédiaire du cahier de roulement.

 Comme nous nous comptons 17 cette année, plusieurs cahiers circulent. Nous sommes 5, inscrits avec notre adresse, sur la première page de celui où je figure. A tour de rôle, chacun y inscrit ce qu'il fait, pense, regrette, espère, ce qui le remplit de rage ou de béatitude.

 La page en regard du texte est laissée blanche, de façon à ce que les lecteurs puissent écrire ... en face ce qu'ils pensent sur un point précis. On peut aussi, bien sûr, répondre à celui qui a écrit sur celui qui a écrit sur ... ce qui peut aller loin, jusqu'en bas de la page au moins ... laquelle se remplit de points de vue différents.

 Le cahier est envoyé par la poste au suivant sur la liste ! Et comme le dernier de la liste est un petit malin, il l'envoie à celui qui est en tête et... ça roule ...

 Ainsi le récit de votre expérience personnelle vous revient, accompagné de commentaires divers : approbations, critiques, encouragements ou conseils. Ce système permet de faire le · point sur notre propre évolution pédagogique, d'être informé d'autres façons de travailler.

 Le petit nombre de participants par cahier doit favoriser un roulement rapide ... et si le départ n'a pas été fulgurant au 1er trimestre ce n'est pas du tout du tout de notre faute !

 Ce cahier peut aussi donner envie d'écrire. C'est ainsi qu'il m'a donné envie d'écrire cet article que je dois faire depuis 1 mois ... Enfin il est là, et vous me pardonnerez ce retard. Pensez que pendant des années j'ai écrit ce qu'il fallait, ce qu'il convenait, ce qui plaisait (pas à moi ; quand ça me plaisait, on me disait que c'était mauvais) . Puis pendant des années j'ai noté, en virtuose de l'écriture rapide, les cours à ressortir tels quels à l'examen. Maintenant, plus personne ne m'oblige à écrire (c'est plus la peine, je n'ai plus envie). Que c'est difficile même lorsque je le veux ! c'est le blocage ! toutes les excuses sont bonnes pour retarder le moment de m'asseoir au bureau : tasse de café pour me donner du courage, calcul du nombre de jours qu'il me reste pour ce travail avant la fin des vacances, bricolage urgent etc.

 Heureusement, il y a le cahier, les réunions, les camarades qui attendent, alors, on se force ... et c'est bon.

 Voilà. en quelques mots ce que nous, biologistes par désir, nécessité, ou "hasard" (?) faisons pour exister.

 Fait le 2 janvier 74 pour le journal La Brèche à la demande de mes collègues biologistes du groupe Freinet Second degré

 Gisèle ROSSETTI