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L’Imprimerie à L'Ecole au Congrès de Clermont-Ferrand

Octobre 1932

Disons tout de suite que notre exposition a obtenu un beau succès, un succès dépassant nos prévisions.

La section du Puy-de-Dôme et plus particulièrement le camarade Sénèze avaient bien voulu mettre à notre disposition tout ce qui nous était nécessaire.

Notre matériel était exposé dans une salle­couloir que traversaient obligatoirement les auditeurs (et ils furent nombreux) se rendant au Congrès et dans laquelle vinrent aussi beaucoup de délégués.

Comme nous étions peu nombreux pour préparer l'exposition (dois-je dire qu'en 3 jours je n'assistai pas à plus de 2 heures de Congrès) nous n'avions pu fixer au mur, comme tous les ans, quelques panneaux de nos réalisations attirant l'oeil du passant. C'était plutôt sobre comme indications mais les quelques titres qu'on lisait sur du papier noir furent suffisants pour susciter l'intérêt on tout au moins la curiosité bienveillante.

On peut affirmer que tout notre matériel d'imprimerie : presses tout métal ou automatique, casse, clichés... est connu désormais de nombreux camarades et si la plupart ne l'utilisent encore pas, ça n'est pas pour des raisons d'ordre pédagogique, c'est uniquement pour des raisons d'ordre matériel (emploi d'adjoints par exemple). Peu de camarades nous font encore de sérieuses objections, que je ne veux d'ailleurs pas réfuter dans ce bref compte-rendu, l'ayant fait verbalement le cas échéant. Ces objections : perte de temps, classes trop chargées, etc...

Les livres de vie, résultat incontestable du travail personnel spontané de nos petits, les cahiers de vie manuscrits, illustrés parfois si artistiquement furent lus, relus, admirés même.

On devinera facilement que tous les numéros de la Gerbe ou des Extraits que nous avions apportés s'écoulèrent sans trop de peine. Il manque un bon journal pour enfants comme nous le souhaiterions ; aussi beaucoup de camarades suivent-ils avec intérêt les efforts que nous faisons pour que la Gerbe devienne ce journal.

Quant aux autres réalisations, l'Imprimerie à l'Ecole par exemple, il faut dire que les 5 ou 600 numéros que nous avions, furent emportés un par un sans avoir à les distribuer. Il serait vraiment curieux que le chiffre des abonnés ne s'en ressente pas.

Le Fichier de français n'est pas encore très connu et son utilisation n'en est pas très comprise.

Le Fichier de calcul présenté un peu comme matériel autodidactique permettant à l'élève en retard de travailler seul eut plus de succès, peut-être à cause du prix, malgré ses imperfections.

Les brochures de travail de Carlier intéressèrent vivement de nombreux camarades à cause de leur présentation si nette et de la valeur incontestable de la documentation.

En somme beaucoup d'intérêt, aussi bien du côté imprimerie technique scolaire que du côté réalisations.

Déjà, l'an dernier, au Congrès de Paris, nous avions été heureux de constater qu'un grand nombre de camarades avaient remarqué nos efforts et étaient désireux de voir de près notre technique.

Cette année, après le nombre encore plus important de camarades qui se sont arrêtés devant notre table à cause de leurs demandes si précises d'explications montrant un désir marqué de nous suivre dans l'utilisation de techniques nouvelles - condamnation réconfortante de certains procédés périmés - nous pouvons affirmer que la partie militante du personnel est avec nous ou nous observe avec sympathie.

Serait-ce un signe des temps qui nous ait valu de pouvoir exposer complètement notre technique à l'Inspecteur d'Académie, M. Pomot ? Et surtout d'être arrivé à lui faire approuver entièrement notre façon de procéder.

Nous sommes sur la bonne voie, camarades.

Petit à petit, il semble que le personnel de plus en plus nombreux abandonne des méthodes et procédés plus ou moins rétrogrades, plus ou moins adéquats - malgré et peut-être même à cause de la logique -.

Et si nous sommes heureux de le souligner, ce n'est pas à cause des résultats matériels dont pourrait en bénéficier notre coopérative, ce serait bien mal nous connaître, c'est uniquement, uniquement je le répète, à cause du profit que pourront en tirer le nombre de plus en plus grand des petits qui nous sont confiés.

 

G. CAZANAVE,

Bellegarde-en -Forez (Loire).

 

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