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Insectes de papier

 

Insectes de papier, suite

 

Je propose alors aux enfants d’utiliser des reproductions d’objets piquants, coupants et en métal qui serviront de matière première à la réalisation d’insectes d’inspiration personnelle en deux dimensions. En tant qu'enseignante, j’y vois plusieurs intérêts plastiques pour ces élèves dont j’observe et connais les productions habituelles sur les murs de la classe ou du couloir.

 


L'araignée-bourdon, Aryan

 

J’y vois l’occasion de bousculer certaines habitudes : travailler en grand format, s’autoriser à faire des choix personnels quant aux formes, aux techniques, aux couleurs et aux matériaux, produire à « la manière de soi-même », aborder les notions de détournement de l’objet et de points de vue, faire des ponts avec le travail sur la langue, etc.

L’entrée pour représenter n’est pas donc le dessin mais des formes d’objets offertes au regard qu’il s’agit de sélectionner, de découper et d’assembler librement, sans consigne de l’adulte.
La séance suivante, j’apporte une collection de photocopies - en grand nombre et en plusieurs exemplaires - qui deviendra « le magasin ». Ce matin là, les dix élèves commencent par faire leur marché, puis découpent les formes qui les attirent et se lancent dans la composition d’un insecte imaginaire personnel.

Les élèves sont extrêmement concentrés, la classe est quasi silencieuse, ce qui me surprend car ces élèves sont assez bruyants d’habitude. Nous travaillons en deux groupes : l'un à la composition avec moi ; l’autre, en autonomie, achève un travail graphique entamé la fois précédente. Certains élèves, enjoués par cette activité, réalisent deux productions. Je reste à leur disposition tout en respectant leur silence. Je n’interviens pratiquement pas.

En fin de matinée, une mise en commun a lieu : nous regardons les collages et nous décidons que chacun donnera un nom à son insecte. Les élèves ont du plaisir à montrer leur réalisation aux autres et la découverte provoque des rires et des exclamations de surprise. Je les pousse à prendre le temps de construire leur regard et progressivement, ils commencent à remarquer les compositions symétriques, les présentations de profil ou de face, à percevoir aussi bien le caractère effrayant de certains insectes que la finesse et la grâce de leurs formes.


Les élèves reproduisent au feutre des idées de papillons inventées par la classe.


La mouche qui pique les mains, Aryan

 

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