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Le scénarimage

 

Le scénarimage

 

Tout le travail d’écriture filmique, avec son lot de tâtonnements et de réajustements, figure dans le scénarimage ou story-board du film, véritable colonne vertébrale du projet. Celui-ci est constitué de vignettes imagées qui se succèdent et retracent les moments importants de l’histoire filmée. Il s’apparente à une bande dessinée et cette proximité rend le scénarimage facile d’accès aux jeunes enfants. Mais sans se réduire à une simple bande dessinée, le scénarimage ne saurait être non plus confondu avec le film, dont il ne constitue que l’armature. Dans ce film, au cours de l’épisode du repas, l’héroïne, Cerise, regarde avec effroi s’approcher les bras articulés d’un « robot – nourricier », qui lui font avaler une fraise et du fromage. Une centaine de photos et deux plans ont été nécessaires pour illustrer ce passage de l’histoire. Sur le scénarimage, une seule vignette représentant Cerise attablée a suffi. Ici, l’image symbolise donc plus qu’elle ne reproduit. Les élèves de la classe s’emparent aisément de cet écrit-là, pour au moins deux raisons : tout d’abord parce qu’ils sont habitués à recourir au codage et à la représentation visuelle pour illustrer leurs actions (recettes, trouvailles, expérimentations), pour effectuer des classements, etc., et surtout parce qu’ils remplissent à la fois les rôles d’auteur et de réalisateur.
 

Le scénarimage ne s’adresse pas directement au spectateur mais à ceux qui fabriquent le film, en l’occurrence les enfants. Il est donc un outil de communication, un outil logistique chargé de coordonner leurs interventions et de préserver la cohérence du projet. Il joue le rôle de référent commun et encourage la coopération.

Il s’agit tout d’abord de fixer le contenu commun de l’histoire par la parole et le dessin. Parallèlement, il s’agit de réaliser graphiquement tous ces éléments constitutifs de l’histoire, tout en mettant régulièrement en commun les trouvailles de chacun et en complétant les dessins. L’histoire est racontée maintes fois, à partir des images obtenues, ordonnées au tableau. Puis nous passons à la phase d’écriture proprement dite du scénarimage, amorcée par une nouvelle problématique : Que doit-on voir dans le film ? Qu’est-ce qui bouge? Qu’est-ce qui ne bouge pas ?
Réunis en petits groupes puis en grand groupe, les élèves décomposent les scènes en séquences et représentent les séquences par des vignettes, en faisant la liste des éléments immobiles et mobiles. Chaque vignette est composée de codages ou de réductions de dessins d’enfants et elle s’accompagne d’un commentaire oral qui précise l’action à filmer à laquelle elle correspond.
Selon l’importance du sujet à décrire, les séquences en plans de cinéma se voient décomposées en plans : panoramiques, plans rapprochés, gros plans, tout en tenant compte des points de vue adoptés (objectifs ou subjectifs).

L’utilisation du scénarimage


Le scénarimage sert plusieurs types d’actions :
- l’organisation de la préparation des décors.
- la répartition des tâches : groupes travaillant sur un même sujet ou groupes travaillant sur des thèmes différents, selon les choix de la classe.
- le cadrage de l’image à photographier et le choix entre les types de plan pour être fidèle au scénarimage.
- les modifications qui s’imposent : ajout d’un nouveau plan pour mettre en valeur un détail.
- l’animation des images, en situant les actions dans le décor : trajectoires possibles, prise en compte des plans précédents et suivants.
- la possibilité de faire des propositions : apparition des personnages au début et non pas seulement au moment prévu (ainsi, on les situe mieux).
- le choix de l’éclairage.
- l’organisation du tournage : recenser le matériel nécessaire et faire le tri par la manipulation des vignettes selon trois critères : les scènes déjà tournées, les scènes prêtes à être tournées et les scènes dont les décors ne sont pas terminés.
- la création des sons et l’enregistrement des textes.
- la vérification de la fidélité du montage.

 

Puis les différentes vignettes obtenues sont rangées selon la chronologie de la narration filmique. On prévoit l’insertion d’éléments supplémentaires comme : les textes à enregistrer (discours du narrateur, rêverie de Cerise), à écrire (texte des génériques), composition musicale (ambiances sonores, chanson de Cerise), ou encore des didascalies (expressions de Cerise) et autres indications (par exemple au sujet de l’éclairage).

 

Intérêt pédagogique du scénarimage


Il rationalise l’acte créateur de l’enfant sans freiner l’élan de création et d’invention. Sa forme évolue au gré des corrections et des ajustements effectués par le groupe classe, avant, pendant et après le tournage. Il permet de se repérer dans le temps de la réalisation filmique : temps proche ou lointain (on tourne un ou deux plans par semaine, mais la réalisation entière dure six mois); de plus, le temps de la réalisation diffère du temps propre à la narration filmique : l’ordre de tournage ne respecte pas forcément l’ordre chronologique du film achevé. Le scénarimage aide donc l’enfant à se repérer dans le travail, à transférer ses connaissances acquises dans les phases précédentes, par conséquent à construire ses savoirs. Le scénarimage allie rationalité et imagination et il offre aussi au langage une place de choix. Les enfants prennent conscience qu’une image, pour être à la fois fidèle à l’intention de départ et lisible pour le lecteur, doit être pensée et construite, ce qui implique en particulier l’exercice de la mémoire et de l’anticipation.

 

 

 

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Suite de l'article : Création des décors et des personnages