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Le quartier Picassiette

Un essai de transformation sociale à Chartres

Patrick Macquaire, Coll. Educateurs et Préventions, Ed. L'Harmattan, 192 pages, 2009, 18 €

Préface de Pascal Le Rest

Patrick Macquaire nous entraîne dans un récit où il ouvre pour nous un espace intermédiaire, un espace transitionnel où le changement est donné pour tous par l'initiative et la création de chacun.

 

La cité de transit construite en 1954 sur les Hauts-de-Chartres, derrière le cimetière municipal, est une cité provisoire, une cité ghetto faite pour durer. Particulièrement enclavée, elle reçoit jusqu'au début de ce nouveau siècle les populations mises au rebut de l'agglomération chartraine. Mis lui aussi au rebut, Raymond Isidore, dit Picassiette, le balayeur du cimetière, se rêve un destin d'artiste. II ramasse les choses jetées, les morceaux de verre et d'assiettes dont il couvre sa maison : il devient mosaïste.

Cet architecte singulier donne à Patrick Macquaire, chargé d'accompagner la réhabilitation du quartier, la matière d'une construction particulière, celle d'une Régie de quartier, cheville ouvrière d'une reconstruction qui est aussi celle des associations et des habitants qu'il prend en charge. Les balayeurs de la Régie, à l'instar de Picassiette, deviennent alors des artistes, des mosaïstes. Les pique-assiettes, convives inattendus, font le spectacle au banquet de la réhabilitation. Artistes, Picassos de l'assiette, ils versent leur tribut à une collectivité qui les voulait disparus. Ils changent la cité en dépit de sa propre volonté pour, nous dit Patrick Macquaire, lui donner une qualité qu'elle n'avait pas et dont elle ne voulait pas.

Patrick Macquaire nous entraîne dans un récit où il ouvre pour nous un espace intermédiaire, un espace transitionnel où le changement est donné pour tous par l'initiative et la création de chacun.

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