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Congrès Strasbourg 2009 - atelier "Pikler-Loczy"

 

 

 

 

 
 
Historique
Emmi Piker, pédiatre hongroise (années 20) a été influencée par les courants d'éducation nouvelle. Dans le cadre de ses expériences pédiatriques, elle a perçu la liberté de mouvement et d'activité des bébés comme une dimension essentielle du développement des enfants.
 
Voici un extrait du Texte de J. Falk, « Lóczy a 40 ans » :
« Très tôt, Emmi Pikler avait pressenti que le nourrisson, pour prendre, garder, ou abandonner les différentes positions du corps, pour changer de posture ou se déplacer, ou encore pour apprendre à se mettre debout et à marcher, n'avait aucun besoin de l'intervention de l'adulte, que l'enfant passif devenait une personne active de même qu'elle doutait que cette intervention puisse accélérer le développement du nourrisson. Et d'ailleurs, si tel était le cas, elle ne pensait pas que cela constituait un avantage au point de vue de son mode de vie et son développement. »
 
Elle s'est occupée d'une pouponnière à partir de 1946 (rue Loczy, à Budapest) au sein de laquelle elle s'est concentrée sur leurs besoins et sur cette dimension de liberté.
Son équipe a réfléchi aux détails qui allaient permettre aux bébés d'exercer leur autonomie. Par exemple, le fait d'annoncer à l'avance ce qu'on va faire à un bébé quand on le change va lui permettre de gagner petit à petit en autonomie. On peut parler d'anticipation positive.
Aujourd'hui, cette pouponnière existe encore.
 
Les deux fondements de ce « mouvement » sont :
S’appuyer sur les temps de soins corporels de l'enfant, qui sont en même temps des soins psychiques entre deux vrais partenaires. Le but d'un change est une rencontre, pas seulement un acte de propreté.
S’appuyer sur les temps d'activités libres initiés par l'enfant lui-même, sous le regard et l'attitude vigilante de l'adulte
Cette alternance entre ces 2 temps renforce l'enfant car on lui permet de jouer sur les deux tableaux.
 
Le visionnage de séquences filmées en crèche permet de faire ressortir les points essentiels pour les très jeunes enfants :
Au réveil, on laisse un bébé « tranquille » (on ne le prend pas tout de suite dans les bras) pour qu'il ait le temps de bouger librement et découvrir ou consolider les premières sensations motrices. Il faut donc prévoir une surface suffisamment grande pour autoriser tous les mouvements (l'enfant ne sera pas libre de tous ses mouvements, par exemple, dans un siège coque).
 
Les rituels, au moment des soins (expliquer les gestes) permettent au bébé de ne pas être surpris par les gestes de soins. Cela va lui permettre d'être plus spontané. Progressivement, il va pouvoir assimiler les gestes et les anticiper.
 
L'enfant doit se sentir sécurisé pour pouvoir découvrir sereinement.
 
Il faut bien réfléchir aux « outils », aux jouets qu'on propose. Ceux-ci doivent être simples mais permettre de multiples découvertes. Par exemple, un saladier léger, argenté, lui permet de se voir comme dans un miroir quand il le veut, de se recouvrir le visage, de le faire osciller au sol, etc.
 
Pour favoriser la rencontre entre deux bébés et la construction de la personnalité de chacun, les bébés sont positionnés côte à côte, à une juste distance, pour qu'ils puissent se toucher sans se faire mal.
 
Le choix des objets mis à disposition des bébés est important. On donne des objets que le bébé aime manipuler, découvrir. La nouveauté des objets arrive toujours sur un terrain connu (le bébé a eu le temps de découvrir) et en le présentant (« Tiens, je t'ai amené cet anneau vert, aujourd'hui. »)
 
On peut trouver des parallèles entre le positionnement de l'adulte dans ce type de crèche et celle d'un instit' en classe Freinet, notamment du point de vue de la part du maître :
L’observation des enfants est primordiale.
Laisser les enfants découvrir, s'approprier des outils, des jeux plutôt que les guider en ayant en tête les apprentissages possibles, l'est tout autant.
 
Notes prises par Christophe Girard - GD84