Raccourci vers le contenu principal de la page

Classe-promenade dans le quartier

Dans :  Principes pédagogiques › 

 
 

 

 Classe-promenade dans le quartier, suite

 

 

Le lendemain, je suggère de réaliser des peintures collectives.

Pour cela, je dispose une grande feuille sur trois tables et nous choisissons ensemble les techniques :

 

 de l'encre bleue et jaune à la spatule en mousse pour l'herbe et de la peinture blanche et noire au rouleau pour la route.

L'assemblage de ces feuilles pour y installer les maisons pose un problème technique.

Les enfants tranchent en disant qu'il n'y a pas de maisons sur la route et veulent poser les maisons sur l'herbe.

Par contre, ils partagent la route en deux : la partie trottoir avec « les gens qui marchent, qui promènent leur chien » et la route avec « les panneaux routiers, source de longues observations pendant les promenades, le passage piéton, les voitures, le camping car, objet de fascination des enfants !

Les enfants posent les maisons avant de les coller pour avoir la possibilité de changer de voisins !

La place choisie se fait clairement en fonction des affinités.

C'est à ce moment là qu'arrivent les propositions d'ajouter les panneaux de nom de rue, des fils électriques, les arbres, les fleurs, des guirlandes de fête etc. Ils seront réalisés à partir de récoltes : morceaux de bois pour les arbres, photos de promenade pour les fleurs, dessins à l'ardoise pour les animaux, la guirlande, et.

            

Le tout se fait sur la grande table de la classe, une fois les besoins identifiés : de quoi avons-nous besoin si on veut faire un arbre?
Avec quoi?

 

Les recherches se font dans les livres, par observation lors de la récréation suivante, en regardant par la fenêtre ou spontanément à partir des ateliers permanents.

Ainsi, l'après-midi, Quentin a-t-il pris une ardoise pour dessiner « c'est le chat de ce matin ».

Tout est finalement et densément installé puis exposé dans le couloir, qui n'est plus très fréquenté en ces temps d'éviction des parents du cœur de l'école, mais les enfants ont ainsi vécu un premier moment collectif fort et on « construit leur maison » et même leur quartier !

 

 

Et maintenant ? Tout ceci était au mois de septembre, depuis, nous avons continué les classes-promenades, les observations d'habitat, dans les livres et dans le quartier, alors peut être qu'un jour une boulangerie, une pharmacie, un petit parc s'installeront dans le quartier des enfants ?

Rien n'avait été préparé, programmé, prémédité ! La part du maître a été de marcher dans les pas de chacun, d'apporter l'aide matérielle et d'être le garant que cela se structure et se déroule au mieux, en intervenant le moins possible.

C'est le désir des enfants d'inventer ainsi leur quartier qui a été le matériau premier de cette mini-aventure, qui a contribué à constituer le groupe en ce début d'année autour d'une expérience collective. Ils ont eu la liberté d'inventer ce quartier et se sont imposé la contrainte de le faire au mieux. Des créations, à l'origine, individuelles se sont rencontrées et ont donné lieu à une œuvre collective.

 

 

Témoignages en liberté 

Début de l'article