Par Sarah Vorger-Levant le 19/11/24 - 12:52

Éditorial
Notre objectif, déclare Freinet, est que l’enfant s’engage dans un travail véritable, l’opposant au travail scolastique de l’école, déconnecté de la réalité. Il nous faut donc d’abord identifier ce que représente ce travail véritable dans notre classe. C’est un travail choisi par l’enfant, l’adolescent qui en est partie prenante, parce qu’il répond à un besoin, à une interrogation personnelle ou collective, à un désir de création : un exposé en histoire ou en sciences, un texte libre, une recherche maths, etc. « Il n’y a pas de plan de travail véritable s’il n’y a participation, formulée ou non, motivée par la vie, ne serait-ce qu’affectivement, s’il n’y a choix et acceptation des intéressé·es… Cette question d’intégration du plan de travail à la vie est une chose essentielle et trop souvent et trop vite oubliée » martèle Freinet. Bien sûr, l’entrainement et les exercices de renforcement ne sont pas abandonnés. Mais ils répondent aux besoins apparus dans leurs productions.
Le plan de travail, quand il est une liste de tâches et de fiches d’entrainement, se trouve détourné de son objectif : l’élève obéit aux consignes et poursuit un travail dirigé et contraint, loin de l’émancipation souhaitée ! Mais souvent, cette procédure est une première étape rassurante qui permet à l’enseignant·e d’organiser sa classe et de maitriser le déroulement du travail, avant d’oser partir des propositions des élèves. Si les articles de ce dossier montrent des dispositifs divers, ils insistent d’abord sur l’importance du choix et la place des projets de travail personnel.
La mise en place d’un tel outil ne va pas de soi. Elle nécessite du temps et des réajustements successifs. L’autonomie ne s’installe pas de façon magique et il faut toujours accompagner patiemment la classe dans ces apprentissages. On tâtonne, on explore, on questionne, on s’inquiète et on se réjouit quand la classe entière, concentrée, travaille dans le calme, même quand l’adulte se met en retrait ou doit s’absenter. Gageons que les lectrices et lecteurs trouveront dans ce dossier autant de réponses que de questions. Mais surtout beaucoup de raisons de se lancer !
Le comité de rédaction

